Au plaisir …

… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Une année en Amérique du Sud

En un an de temps (359 jours plus exactement), nous avons parcouru l’Argentine, le Brésil, le Pérou, la Bolivie et le Chili. Idéfix, notre camping-car, a parcouru 37.000 kilomètres. Notre itinéraire et le temps que nous avons passé dans chaque pays dépendaient principalement des saisons, des rencontres, des envies, de la magie des lieux, du budget, des enfants, de l’état des routes ou de l’état de notre véhicule. Autant d’éléments qui font qu’un voyage n’est pas l’autre. De fait, nous sommes peut-être passés à côté de certaines choses. Aussi, le hasard nous a peut-être mené justement là où une planification rigoureuse ne nous aurait jamais portés. Toujours est-il que nous avons profité de chaque instant.

Les pays, vus par nos yeux

Inutile de nous demander quel est le pays que nous avons préféré. Chaque pays nous aura laissé tant de bons souvenirs et offert de merveilleux endroits à découvrir. En dehors de ça, quelques petits détails nous ont frappés:

  • Le Brésil (la partie sud en tout cas) est un pays de camionneurs. Ils dévalent les routes à toute vitesse en enfonçant les pédales avec leurs pieds chaussés de tongs. Le diesel, ainsi que le coût de la vie y sont relativement élevés. Les Brésiliens sont chaleureux. Le Brésil a pour réputation (préjugé?) d’être un pays dangereux. Nous n’y avons cependant jamais eu le sentiment d’insécurité. Peut-être parce que nous avons évité les grandes villes … . Nous avons eu un peu de mal avec la langue portugaise. Si nous parvenions tant bien que mal à nous faire comprendre, il était bien rare que nous comprenions avec précision le sens du torrent de mots que notre interlocuteur nous renvoyait.
  • Le Chili est sans doute le pays sud-américain le plus influencé par les États-Unis. Le coût de la vie y est aussi le plus élevé. Le diesel a le même prix qu’en Europe. Les Chiliens que nous avons rencontrés nous ont paru un peu hautains et leur accueil généralement moins chaleureux. Mais quel beau pays!
  • Le Pérou s’est déjà habitué au tourisme. “Vous voulez prendre une photo de moi avec mon lama? Ce sera 2 Sol (monnaie péruvienne)”. Dommage que le majestueux Machu Picchu et les infrastructures liées soient gérés par des entreprises étrangères en quête de bénéfices élevés. Entre deux endroits touristiques les paysages sont pourtant tout aussi surprenants. Les femmes et les enfants sont toujours tout sourire. Les hommes en général sont absents et grincheux.
  • La Bolivie est le pays où nous avons passé relativement peu de temps. Il est pour nous un pays aux paysages authentiques, traversé par des pistes qui ont donné du fil à retordre à Idéfix. Les Boliviens sont assez distants (ils étaient indifférents à notre présence), mais leurs visages s’illuminent dès que l’on s’approche d’eux pour entamer la conversation. Nous aurions voulu y passer plus de temps.
  • L’Argentine est un paradis pour le genre de voyageurs que nous sommes. Nous y avons circulé facilement et y avons campé un peu partout. Les Argentins mettent de côté toutes leurs occupations dès qu’il s’agit de donner un coup de main ou de vous inviter à partager un “asado”. C’est le pays où nous avons passé le plus de temps. Nous l’avons parcouru dans tous les sens. Il est vrai aussi que nous avons de la famille qui y habite. Ce pays a pris une place importante dans notre coeur.
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Les rencontres

On dit que le voyage facilite les rencontres. Cette expression est incomplète. Nous y ajouterons que les rencontres facilitent aussi le voyage. Nos rencontres tant avec les locaux qu’avec d’autres voyageurs nous ont beaucoup apporté. Elles nous ont permis de mieux connaître les pays que nous avons visités, de découvrir des endroits peu connus du grand public, de passer de bons moments, de nous faire de nouveaux amis. Elles ont permis aussi à nos enfants d’apprendre à s’ouvrir d’autant plus facilement vers des enfants qu’ils ne connaissent pas. Nous avons lié tant d’amitiés avec bon nombre de voyageurs qu’il nous tarde de les retrouver en Europe. Autour d’un « asado », par exemple.

Les enfants

Le but premier de notre voyage était de passer du temps avec nos enfants. Pourtant, ils n’ont rien demandé. Alors, comment ont-ils vécu cette expérience? A en croire leur propre réponse à cette question, il apparaît que certains endroits resteront gravés à tout jamais dans leur mémoire. Ils adorent parler du Pantanal, des chutes d’Iguazu, des baleines de la péninsule de Valdès, des Incas, des petits copains qu’ils se sont fait tout au long du voyage et même des nouveaux amis de maman et papa.
Maman et papa ont vu évoluer leurs enfants en les suivant 24 heures sur 24. Bien-sûr, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Ils ont eu leurs petits caprices et leurs petites disputes. Ils ont eu leurs coups de cafard aussi, surtout durant les trois premiers mois. Yann a appris à lire, à écrire et à calculer avec Sophie. L’apprentissage a démarré sur les chapeaux de roues et Yann progressait très rapidement. Vers la fin du voyage, sa concentration baissait un peu, car il aurait bien aimé faire les petits bricolages et autres jeux d’apprentissage que Damien faisait faire à Pauline. Le temps des classes était aussi le temps de passer au Néerlandais afin qu’ils maîtrisent mieux leur langue scolaire. Si, dans l’ensemble, nous pensons que leur apprentissage scolaire s’est bien passé, nous avons surtout été frappés par leur éclosion sur d’autres plans. Timide de nature, Yann a appris à se diriger plus facilement vers les autres enfants, tout comme Pauline d’ailleurs. Tous deux sont devenus très complices et fidèles compagnons de jeu. S’il est vrai qu’un DVD peut aider à les occuper de temps en temps en fin d’après-midi, ils réussissent néanmoins à s’occuper seuls en s’inventant des jeux avec les accessoires les plus simples: quelques lattes en bois pour faire un bateau, des bouteilles en plastique, des branches d’arbre pour faire des arc-à-flèche, ou des cailloux pour faire un feu imaginaire. Tous ces accessoires sont stockés dans le camping-car pour au cas où les enfants voudraient les partager avec des petits copains de fortune qu’ils croiseront peut-être en chemin. Le reste du temps, Yann dévore les livres et Pauline bricole, telle une vraie petite fille, avec les affaires de maman. Mais ce qu’ils préfèrent, par dessus tout, c’est de jouer « un jeu à quatre », c’est à dire un jeu de société avec maman et papa. Sans oublier les petits câlins …

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Le camping car

Même après 359 jours de voyage, nous sommes toujours satisfaits du choix de notre « maison roulante ». Il est vrai que nous avons dû éviter certains endroits insolites parce qu’ils étaient difficilement accessibles avec un véhicule qui ne soit pas un 4×4. Notre Idéfix a l’arrière-train assez bas au sol, ce qui fait que nous sommes restés accrochés quelque fois ou que nous avons dû manoeuvrer délicatement pour monter, par exemple, sur des rampes d’accès de ferry et autres. Mais jamais cela ne nous a empêché d’aller là où nous le désirions.
Ces petits désagréments ne représentent rien de très important à côté du bénéfice du confort et de l’espace de vie que notre véhicule a offert à notre petite famille. Les enfants ont besoin d’espace pour pouvoir jouer et pour pouvoir travailler pour l’école. La disposition de la cellule privilégie l’espace de rangement, ce qui n’est pas négligeable vu la quantité (trop sans doute) de matériel (outils, jeux, livres scolaires, médicaments, romans et vêtements) que nous avions emmené.

Si le véhicule porteur Fiat a connu quelques problèmes d’ordre mécanique (Quel voyageur n’en a pas?), l’équipement de la cellule habitable (Hymer), lui, n’a pas bougé. Tout fonctionne toujours comme au premier jour. Nous avons entendu des voyageurs nous conter comment toutes leurs armoires s’effondraient au bout de 1000 km de pistes. Nous ne sommes pas mécontents d’avoir opté pour la qualité allemande.

Nous ne sommes pas mécontents non plus des équipements supplémentaires que nos avions prévus.

  • Le réservoir de gaz GPL: La plupart du temps une simple bonbonne de gaz (mélange butane/propane) argentine était branchée, mais nous étions bien contents de pouvoir remplir notre réservoir de gaz GPL (80 litres) au Chili afin de parer aux nuits de gel dans l’Altiplano, où nous avons passé deux mois sans devoir nous soucier de trouver du gaz.
  • Le convertisseur 12V-220V nous a paru bien pratique pour recharger les batteries des différents appareils électroniques (caméra, appareil photo) et pour l’alimentation de l’ordinateur portable. Sans quoi, nous aurions dû changer tous les adaptateurs de ces appareils afin qu’ils fonctionnent au 12 Volt.
  • Le panneau solaire nous a permis de faire du camping sauvage plusieurs jours de suite à différentes reprises. Par exemple, durant 15 jours sur la plage de Pardelas (Péninsule de Valdès). Cet argument suffit pour en illustrer l’importance.
  • Lorsque nous avons remplacé notre premier pneu (éclaté sur les pistes de Bolivie), nous étions soulagés de savoir qu’il nous restait encore un autre pneu de réserve.
  • Notre réservoir d’eau, agrandi jusqu’à 160 litres, nous permettait d’avoir une autonomie en eau d’environs 5 jours. Nous évitions de prendre des douches, lorsque nous risquions de tomber à sec. Il nous semble qu’un réservoir de 100 litres eut été trop juste pour nous quatre.
  • La plaque de protection du carter, sous le châssis. A différentes reprises, nous avons heurté de grosses pierres. Sans la tôle de protection le carter aurait été endommagé.

Les petits bobos d’Idéfix

  • Le pare-brise a pris un gros caillou dans les premiers jours de voyage. Un mois après, il était fêlé sur toute la largeur. Mais grâce à l’application du kit pare-brise il a tenu le coup jusqu’au bout.
  • Le porte-à-faux a touché le sol plusieurs fois, mais sans causer de dégâts.
  • Le train avant, du côté gauche, donne des bruits inquiétants sur les pistes. Les divers diagnostics nous ont poussés à faire diverses tentatives de réparation: remplacement de la « rotula » (Atelier Fiat à Salta), remplacement de l’amortisseur gauche (Atelier Fiat à Cordoba), remplacement de la « Casoletta » (Repuesto Fiat et Atelier Michelin à Commodoro Rivadavia.). Et le problème n’est toujours pas résolu. Il ne nous a cependant jamais empêché de rouler.
  • Les jauges des réservoirs d’eau ne fonctionnent pas toujours correctement. Sans doute les électrodes sont-ils encrassés.
  • Coupure du 12 Volt sur le salar d’Uyuni. Nous n’avons jamais trouvé la cause. Le problème ne s’est produit qu’une seule fois et s’est résolu tout seul.
  • Un jour, nous avons perdu tout le liquide de refroidissement parce que le radiateur était percé (par un caillou??). Il a été ressoudé dans un atelier Fiat à Puerto Madryn.
  • La serrure de la portière du côté conducteur s’est bloquée. (Réparation maison avec l’aide de Carlos.)
  • Perte de puissance: le tube d’arrivée d’air au moteur a lâché. (Réparation maison, il a suffi de resserrer la bague.)
  • 1 pneu crevé, 1 pneu à remplacer d’urgence. Nous avons trouvé des pneus Michelin à Salta et à Commodoro Rivadavia.
  • Découverte d’une vis tombée du bloc moteur et restée posée sur la plaque de protection du carter. (Réparation maison. Le plus dur a été de trouver l’endroit d’où provenait la vis.)
  • Un jour, le moteur s’est mis à vibrer et ne donnait presque plus de puissance. L’atelier Fiat à Bariloche a diagnostiqué, à l’aide de l’ordinateur, un faux contact sur l’un des injecteurs. Ce fut vite réparé.
  • Réparation maison du robinet mitigeur de l’évier.
  • Nous avons remplacé 3 ampoules dans la cellule.
  • Nous avons remplacé le fusible de la pompe à eau le dernier jour de notre séjour en Amérique latine.
  • La direction commence à faire du bruit. Il doit y avoir un peu de jeu sur la crémaillère de la direction. Nous la ferons vérifier en Belgique.
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Nos coups de coeur

Il y a des endroits et des moments forts qui ont marqué cette année de voyage et d’aventure. La manière à laquelle on vit ce voyage, les choses ressenties, sont modelées par le climat, l’humeur du jour, la compagnie, les petits désagréments qui peuvent se transformer en éclats de rire comme en cauchemars, la beauté de la nature, l’attitude des enfants, etc…

Ainsi, le Top 6 (dans l’ordre chronologique) de nos coups de coeur est le suivant:

  • Le Pantanal (Brésil): Le spectacle des animaux aux abords de la piste, dite « Transpantanera », est fascinant. Les enfants en parlent encore.
  • Le Paso de Jama et le désert d’Atacama (Chili): Paysages étonnants et colorés de l’Altiplano, survolés par des flamants roses. Malheureusement, Yann a souffert de l’altitude lors du passage du col (4.856 mètres) de Paso de Jama.
  • Le Salar d’Uyuni et les pistes qui y mènent (Bolivie): Passer une nuit sur le salar illuminé par la pleine lune représente déjà un moment insolite. Y manger à la lueur des bougies à cause d’une panne de courant y apporte une touche supplémentaire. Et puis les 640 km de pistes que nous avons parcourus, parfois à travers sable et rivières, font que l’aventure restera mémorable.
  • La péninsule de Valdès (Argentine): Nous avons passé 15 jours en bivouac sur une plage magique. Nous étions omnibulés par le ballet des baleines.
  • Le lever du soleil sur la glacier Perito Moreno (Argentine) : Les bruits des craquements provoqués par ce géant, les variations des couleurs sur le glacier au fur et à mesure que le soleil se lève, la solitude, le sifflement d’un petit oiseau qui passe, le calme, la force que représentent les tonnes d’eau glacée et tant d’autres choses rendent cet endroit, à ce moment précis de la journée, absolument magique !
  • La Carretera Austral (Chili): Drôles de sensations que d’arpenter les pistes, les corniches et les pentes raides de cette route mythique. Les paysages sont fabuleux. Nous nous sentons isolés du monde. Jusqu’à ce qu’une journée de rodéo nous plonge dans une ambiance délirante d’authenticité.
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Nos coups de gueule

Puisque tout ne peut pas être rose et rêve tous les jours non plus, voici le Top 6 de ce qui nous a quelque peu déçu ou ennuyé pendant le voyage:

  • L’amende infligée par la police de Entre Rios lors de notre cinquième jour de voyage.
  • Le cybercafé à Ushuaia, où le patron infect nous a refusé l’accès parce que nous avions deux enfants avec nous.
  • Les nombreux lieux qui sont considérés par la population comme décharges publiques. Et là où il y a réellement des décharges publiques, on voit des milliers de sacs en plastique s’envoler à des kilomètres à la ronde. Déjà vu un “arbre à sacs”? C’est pas très joli.
  • Au Chili, le projet de construction d’un gigantesque barrage hydro-éléctrique dans la région de la Carretera Austral, signifierait la perte des merveilles naturelles de cette magnifique région. Nous n’avons pas les éléments exacts qui nous permettent de mesure l’impact sur la faune, la flore et sur les terres dont vivent les locaux, mais nous aimerions soutenir l’idée du mouvement “Patagonia chilena, sin represas”.
  • Les barrages (sur les routes, cette fois), dans la province de Cordoba, nous ont permis de constater à quel point l’équilibre économique d’un pays peut être fragile.
  • Les quelques soucis administratifs belges qui nous ont cassé les pieds.

La suite

Le chapitre sud-américain est clôturé. Nos plans pour la suite restent inchangés, nous organisons notre transfert vers l’Australie. A notre retour définitif, en été 2009, nous continuerons notre vie “normale”. Nous reprendrons nos métiers respectifs et les enfants rejoindront leurs copains de classe. Mais quelque chose en nous aura changé. Ça, c’est certain…

 

Le Lac Titikaka (Pérou-Bolivie) - 14/08/07 au 19/08/07

Mardi 14 août 2007, nous quittons Cuzco avec une heure de retard sur le planning. En effet, sur le camping de Cuzco on prend sont temps pour dire au revoir aux autres voyageurs. Nous notons que Bernard et Audrey nous ont invités pour un barbecue dès notre retour en Belgique (clin d’oeil). Nous passons le portail après un dernier “Ciao” en passant le bras par la fenêtre, puis entamons notre route vers Puno. Pauline est triste car elle aurait voulu rester auprès de Nino, le chien du camping qui est si doux avec les enfants. “Sèche tes larmes Pauline, demain nous serons au Lac Titikaka, ce lac dont le nom te fait tant rire habituellement … ”

En route de Cuzco vers Puno
En route de Cuzco vers Puno

Nous arrivons à Puno, qui est située à 3840 mètres d’altitude, en fin d’après-midi. Nous logeons sur le parking d’un hôtel où Idéfix sera en sécurité lors de notre excursion sur le lac Titikaka.

Mercredi 15 août 2007, la principale préoccupation de cette journée est de trouver un bateau qui puisse nous emmener sur le lac Titikaka demain. Grâce au tuyau reçu des italiens que nous avions rencontrés au Brésil nous trouvons rapidement une agence qui nous organisera une excursion d’une journée complète sur le lac à un prix très raisonnable.

Lac Titikaka - îles Uros
Lac Titikaka - îles Uros

Jeudi 16 août 2007, le réveil sonne à 5h30. Dans une heure, un taxi vient nous chercher pour nous conduire au port de Puno. Le réveil est un peu difficile pour les enfants mais nous sommes prêts lorsque le taxi arrive. Arrivés au port, nous embarquons sur un des nombreux bateaux qui emmènent des centaines de touristes sur les îles Uros, des îles entièrement construites à base de roseaux. Après une demi-heure de navigation, et après avoir passé un contrôle, où l’on dispatche les bateaux vers différentes îles, nous mettons pied à terre sur une île appelée Kontiki. Marcher sur ce tapis de roseaux est comme marcher sur un matelas. Tout est fait en roseaux, le sol, les maisonnettes, les barques, les bancs sur lesquels nous nous asseyons pour écouter les explications du guide. Celui-ci nous explique que cinq familles vivent sur cette île, comment se construit une telle île, etc. Le tout est très joli, les dames portent de vêtements très colorés, mais comme tout le monde sait, ce n’est plus une île authentique. Nous n’y voyons que des dames vendre des souvenirs, mais il n’y a aucune trace de pêcheurs…

Lac Titikaka - îles Uros
Lac Titikaka - îles Uros

Quelques instants plus tard, nous débarquons sur une deuxième île, appelée Bari Huana. Cette île-ci ressemble fort à la précédente et toujours pas la moindre trace de pêcheurs… que des petits stands de souvenirs. Néanmoins, cette visite nous permet d’admirer la construction des îles et de ses habitations et nous pouvons très bien nous imaginer comment vivaient autrefois le peuple appelé Uros.

Lac Titikaka - îles Uros
Lac Titikaka - îles Uros
Lac Titikaka - Taquile
Lac Titikaka - Taquile

Maintenant, le bateau passe à travers d’énormes étendues de roseaux (mais avec dix bateaux identiques devant nous et autant derrière nous…). A la sortie de ces “champs” de roseaux, le bateau tombe en panne… chouette, un peu de suspens… Mais dix minutes plus tard, le bateau redémarre et nous voilà en route vers l’île Taquile.
Arrivés sur l’île, nous empruntons un petit sentier qui monte, qui monte, qui monte … dur, dur, à plus de 3800 mètres d’altitude. D’ici, malgré le ciel gris, nous avons de jolies vues sur le lac Titikaka, nous croisons des autochtones portant de gros baluchons sur le dos, voyons des dames “travailler” la laine et arrivons finalement sur la place principale. Les habitants vivent ici sans eau courante ni électricité. Par contre, il y règne un calme incroyable car il n’y a aucun véhicule motorisé, donc pas de gaz d’échappement, ni de bruits de klaxon !

Lac Titikaka - Taquile
Lac Titikaka - Taquile

Nous nous reposons un peu sur la place du village et continuons en suite notre balade. Nous devons rejoindre notre bateau à un autre endroit qu’à celui où nous sommes arrivés. Le ciel se dégage petit à petit et nous apprécions d’autant plus les paysages. Nous croisons des hommes qui tricotent de jolis bonnets, des enfants inspectant les cheveux blonds de nos enfants, des moutons, etc …

Lac Titikaka
Lac Titikaka
Lac Titikaka
Lac Titikaka

Au bout de quelques minutes de marche nous atteignons la dernière partie de la promenade : 500 marches et là, ça descend, ça descend, ça descend ! Tout le monde embarque sur le bateau et nous sommes repartis pour trois heures de navigation. La dernière heure sur le lac Titikaka est magnifique. Le soleil se couche et donne de très belles couleurs aux champs de roseaux et aux îles flottantes.

Malgré que nous soyons quelque peu déçus par le flux touristique, nous sommes néanmoins contents de notre journée d’excursion. Et les enfants, malgré le réveil très matinal et les nombreuses heures de navigation débordent encore d’énergie ! Mais comment font-ils ? Ce fut pour nous une très belle journée. Nous pensons beaucoup à ceux qui, par le hasard ou parce que la vie en a décidé ainsi, se trouvaient à la côte et ont vu leur vie basculer à cause de ce terrible tremblement de terre. Nous pensons également à nos amis voyageurs que nous avons revus et rencontrés à Cuzco et qui montaient vers Lima. Nous espérons qu’ils sont sains et saufs.

En route vers Copacabana
En route vers Copacabana

Vendredi 17 août 2007, cap sur la Bolivie. Aujourd’hui, nous roulons vers Copacabana, une ville située au bord du Lac Titikaka mais du côté bolivien. La route est superbe, elle longe le lac pendant plus de 100 kilomètres. Nous y voyons de nombreux pêcheurs et de nombreuses bergères habillées de plusieurs couches de jupes plissées, d’un gilet d’une couleur vive et d’un chapeau sur la tête. Les gens nous saluent et les enfants font de grands sourires.

Lac Titikaka
Lac Titikaka

Vers l’heure du midi, nous empruntons une piste qui nous mène au bord de l’eau et nous y déjeunons. Cet endroit nous offre un vrai spectacle ! Des pêcheurs reviennent avec leur barque remplie de poissons, d’autres hommes quittent la berge, coupent du roseau un peu plus loin, reviennent et chargent leurs ânes de roseaux afin de ramener leur ‘cueillette’ au village. Une bergère vient nous demander du pain et repart avec un large sourire, un ibis nous fait un spectacle de vol et encore et toujours que de belles couleurs. Nous repartons une heure plus tard, un peu à contrecœur, mais nous devons encore passer les douanes.

Lac Titikaka
Lac Titikaka

Les passages de douanes se font facilement et rapidement. Nous sommes arrivés dans le sixième pays depuis notre départ, c’est-à-dire en trois mois de temps. Nous nous rendons compte que c’est rapide mais nous avons voyagé selon notre feeling et selon nos envies. Cependant, nous nous promettons de le faire plus “tranquilo” en Argentine et surtout en Patagonie.

Copacabana se trouve à moins de dix kilomètres de la frontière. Nous trouvons facilement l’endroit où nous désirons loger mais … l’entrée est trop étroite pour nous. Tout à coup, un de nos amis voyageurs, que nous avons d’ailleurs croisé il y a moins d’une heure à la frontière, se trouve devant nous essoufflé. Il nous a vu passer dans la ville et il a couru jusqu’ici pour nous indiquer l’endroit où il se trouve avec sa femme. Sympa !

Copacabana
Copacabana

Mais … galère pour entrer sur le parking de cet hôtel ! Le réservoir de gaz d’Idéfix accroche et nous ne savons même pas comment nous allons faire avec le porte-à-faux ! Les allemands et la responsable de l’hôtel sortent des planches, nous sortons nos calles et après un ballet de va-et-vient et de trente-six manœuvres, Idéfix se trouve enfin installé sur le parking … avec vue sur le lac Titikaka. Nous profitons d’un magnifique coucher de soleil sur le lac.

Samedi 18 août 2007, située en bordure du lac Titikaka, Copacabana ressemble à une petite station balnéaire. On peut y louer des pédalos ou manger de la truite dans les petits restos au bord de la plage. On peut aussi y embarquer à bord d’un bateau afin de faire l’excursion organisée vers la ‘Isla del Sol’. L’avantage de notre façon de voyager est que nous pouvons laisser libre cours à nos envies. Et aujourd’hui nous n’avons pas envie d’aller vers la Isla del Sol, sans doute ayant en arrière-pensée les allures un peu trop touristiques de notre excursion vers les îles flottantes du côté péruvien.

Copacabana
Copacabana

Nous décidons d’aller jeter un coup d’œil au marché qui a lieu ce matin. La rue qui mène vers la place du marché est complètement obstruée par des voitures et des camions. Nous sommes surtout étonnés par le fait qu’aucun chauffeur ne s’énerve ou ne klaxonne pour tenter de faire avancer la queue. Nous avons déjà connu d’autres villes, certes plus grandes, où ce genre de situations aurait provoqué un brouhaha monstre. Ce n’est qu’une fois arrivés sur la place que nous comprenons ce qu’il se passe. Aujourd’hui, des centaines de véhicules sont conduits sur la place par leurs propriétaires et sont décorés de fleurs et de guirlandes, afin qu’ils reçoivent la bénédiction par le curé du village. Le curé se promène de voiture en voiture, de camionnette en camion et les asperge d’eau bénite en faisant un signe de croix au-dessus du moteur de chaque véhicule, capot ouvert. Les chauffeurs accompagnés de toute leur famille aspergent ensuite leur toto d’un vin mousseux acheté pour l’occasion. Nous nous amusons du fait que l’un d’eux ne parvient pas à redémarrer sa voiture une fois la bénédiction terminée. Nous sommes tellement séduits par ce cérémonial bon-enfant que nous décidons d’acheter également une petite guirlande aux couleurs boliviennes pour Idéfix. Ca lui donnera un peu de couleur et sa plaira sûrement aux policiers boliviens.

Copacabana
Copacabana

L’après-midi, nous nous offrons un petit tour en pédalo sur le lac Titikaka. Au moins, aujourd’hui, nous aurons fait un peu de sport…

Dimanche 19 août 2007, aujourd’hui la journée risque d’être pimentée. Trois épreuves nous attendent. Tout d’abord, nous devons quitter le parking de l’hôtel dont le dénivelé nous a déjà donné pas mal de fil à retordre lorsque nous y sommes entrés hier. Ensuite, nous devons mettre Idéfix sur une barque afin de traverser un chenal du lac Titikaka. Et en fin de journée, nous devons tenter de trouver l’hôtel Oberland à La Paz, en évitant à tout prix de passer par le centre-ville au risque de s’empêtrer dans ses ruelles et de ne pas en ressortir avant la nuit. “Allez, au boulot ! ”

Nous commençons par alerter les résidants de l’hôtel, dont la voiture est garée juste devant Idéfix, que nous allons partir. Nous nous frayons un chemin entre les autres voitures et parvenons à sortir de ce parking en “cuvette” à l’aide de quelques planches. Nous disons au revoir à la gérante de l’hôtel (Chasqui de Oro) qui a la grande gentillesse de nous offrir les planches qui nous ont permis de nous sortir de là. Gracias seniora … ces planches nous seront certainement encore utiles à l’avenir.

Tiquina
Tiquina

Au bout de 40 kilomètres, nous arrivons à Tiquina, petit village situé au bord d’un étroit chenal du lac Titikaka. De là-haut, nous voyons les barques qui traversent le chenal transportant voitures, bus et camions. Cette traversée est inévitable si l’on veut emprunter la route la plus courte pour se rendre à La Paz depuis Copacabana. L’embarquement d’Idéfix sur cette barque de quatre mètres de large ne pose pas trop de problèmes, même si le porte-à-faux menace encore de rester accroché sur la pente de terre au moment de la descente vers la passerelle. Heureusement, notre technique de manœuvre est déjà bien rodée. Sophie jongle avec les calles et me permet de poursuivre la descente sans risquer d’accrocher. Au départ, le capitaine du bateau et les villageois se marrent parce qu’ils ne savent pas très bien ce que nous comptons faire avec nos bouts de plastique. Ils nous demandent : “Vous êtes sûrs que c’est solide ces trucs ? “. Deux minutes plus tard, nous sommes garés sur la barque sans le moindre accroc. Comme des chefs ! La traversée dure un petit quart d’heure. A l’arrivée, nous effectuons la même manœuvre, en sens inverse. Et nous voilà repartis.

Lac Titikaka
Lac Titikaka

Nous avons quitté les rivages sans fin du lac Titikaka depuis une heure et voilà que nous arrivons dans la banlieue de La Paz. Nous voulons rejoindre l’aire de stationnement de l’hôtel Oberland, situé au sud de la ville. Bernard et Audrey nous ont donné un point GPS qui nous permet de trouver le début d’une piste qui nous mènera vers l’hôtel sans devoir passer par le centre de cette ville gigantesque. Il paraît que le centre de La Paz est pis que celui de Cuzco pour s’y retrouver en voiture. Merci donc pour le tuyau.

Nous trouvons le début de la piste qui se transforme un peu plus loin en petite route pavée. Au bout d’une heure et demie sur cette route cahoteuse, nous arrivons à l’hôtel où nous comptons nous installer pour quelques jours. A ce qu’il paraît, tous les voyageurs en véhicule s’installent ici. En effet, à notre arrivée sur le parking, nous apercevons le 4×4 d’un couple de suisses. Les enfants ont déjà repéré les balançoires. Sophie et moi nous nous accordons un sans faute pour notre parcours du jour.

La Paz
La Paz

 

Retour à Cuzco (Pérou) - 11/08/07 au 13/08/07

Sacsayhuaman
Sacsayhuaman

Samedi 11 août 2007, cette après-midi nous avons l’honneur de recevoir la visite de Christophe (”Enzo” pour les initiés), étant de passage au Pérou pour des raisons professionnelles. Les enfants sont tout excités. Après la visite du site Sacsayhuaman je pars chercher Enzo à l’aéroport. Ensuite, nous sortons les bières, le barbecue, le vin et le “best of” de nos aventures en Amérique Latine. Enzo nous raconte la journée de son mariage et nous montre la vidéo devant laquelle nous restons rêveurs. Ca fait du bien de retrouver les copains après trois mois de voyage, même s’il nous semble de ne s’être jamais quittés.

Dimanche 12 août 2007 (bon anniversaire Pascaline !), nous partons nous promener en ville et arpentons ses ruelles étroites. Comme tout bon touriste en balade à Cuzco nous partons à la recherche de la fameuse pierre à douze angles incrustée dans l’un des murs de la ville. Malgré le fait que Cuzco soit construite sur des milliers de pierres datant de la période inca, cette fameuse pierre dodécagonale n’est pas si difficile à trouver : c’est la seule pierre devant laquelle tant de flashs crépitent et devant laquelle un employé de la ville ne cesse de répéter “no tocar”.

Cuzco
Cuzco

Nous terminons notre week-end en compagnie d’Enzo dans un petit restaurant devant un repas succulent, arrosé de “Pisco Sour”. Enzo nous quitte demain matin à l’aube. Sophie et moi commençons tout doucement à préparer notre sortie de Cuzco et notre itinéraire vers Puno et le lac Titikaka.

Lundi 13 août 2007, en fin d’après-midi la Land Rover (la “land” quoi) de Bernard et Audrey refait son apparition sur le terrain de camping. Ils rentrent tout juste de leur périple au Machu Picchu. Leur itinéraire a pris plus de temps que le nôtre car ils sont passés par Santa Teresa afin d’éviter de devoir prendre le train pour rejoindre Aguas Calientes. Nous nous racontons nos périples respectifs et entamons les au revoir. En effet, nous quittons Cuzco demain matin.

 

Machu Picchu et la vallée sacrée (Pérou) - 07/08/07 au 10/08/07

Route vers Pisac
Route vers Pisac

Mardi 7 août 2007, ce matin, nous nous levons de bonne heure car nous partons vers Pisac et Ollantaytambo. Nous rangeons Idéfix, préparons nos affaires pour les excursions et disons au revoir à nos amis voyageurs. Nous savons que nous allons encore revoir Bernard et Audrey, nos compatriotes belges, mais il y a peu de chance que nous croisions encore Jürgen et Yves car ils “montent” vers l’Equateur et nous comptons “descendre” vers la Bolivie et ensuite vers la Patagonie. Les enfants se sont mis à genoux à leur fenêtre pour dire au revoir de la main à Yves et Jürgen.

A la sortie du camping, nous tournons à gauche, longeons les ruines de Sacsayhuaman et sommes tout de suite sur la route vers Pisac. Quitter Cusco nous est bien plus simple que d’y rentrer ! La route est bonne et les paysages montagneux toujours aussi beaux. Nous descendons de plus de 1000 mètres et arrivons en fin de matinée à Pisac. Nous trouvons facilement un endroit où stationner Idéfix et partons faire un petit tour dans le marché.

Pisac
Pisac

Une demi-heure plus tard, il n’y a plus de touristes et nous pouvons flâner à notre aise. Pauline craque pour un joli petit poncho en laine d’alpaga. Qu’elle est fière lorsque la dame le lui met. C’est un petit marché où l’on vend essentiellement des souvenirs mais également des aliments. Le tout est très coloré et très agréable.

Pisac
Pisac

Quelques temps plus tard, nous repartons avec Idéfix vers les ruines. La route monte très fort et est sinueuse mais Idéfix nous mène à bon port sans soucis. C’est sous un ciel bleu et un soleil étincelant que nous démarrons notre visite. Le sentier que nous empruntons est très étroit. Nous sommes étonnés qu’il n’y ait aucune barrière entre le sentier et le ravin qui se trouve à notre gauche. Plus loin, nous descendons des escaliers raides et toujours avec le ravin qui nous taquine. Finalement, nous arrivons à la première porte inca du site. Nous gravissons encore quelques marches d’escaliers et arrivons au sanctuaire.

Pisac
Pisac

Grâce à un livret qui décrit les différents sites autour de Cuzco nous essayons de trouver le temple du soleil, le temple de la lune, les systèmes d’irrigation, etc. Les enfants s’amusent beaucoup et prennent du plaisir à chercher avec nous les différents lieux. Nous finissons la visite par la cité qui se trouve nettement plus bas que le sanctuaire. C’est par un petit chemin très raide que nous rejoignons le parking et Idéfix.

Après cette belle visite nous reprenons la route vers Ollantaytambo, autre ville où se trouvent des ruines incas. Ollantaytambo est différente des autres villes, toutes les rues sont pavées et les maisons sont très typiques. Apparemment, c’est la seule ville péruvienne qui aurait gardé exactement le même plan de la ville qu’au temps des Incas. Même les écoulements d’eau, tout à fait apparents, sont identiques et toujours aux mêmes endroits. Nous cherchons la gare car d’autres voyageurs nous ont dit qu’il y a un parking gardé où l’on peut loger et laisser son véhicule le temps de prendre le train et de faire la visite du Machu Picchu. La route qui mène vers la gare n’est pas très large et il semble y avoir beaucoup d’animation au bout, des cars, des taxis, des minibus et des voyageurs. Nous arrivons au parking. Le gardien ne nous laisse pas entrer sous prétexte qu’il ne travaille pas demain… ? La rue est tellement encombrée que nous n’avons pas le choix que de continuer tout droit. Tout à coup, nous apercevons une vieille petite dame devant un vieux portail délabré. Elle nous fait signe. La rue est de plus en plus encombrée. Il est impossible de faire demi-tour et de toute façon, nous ne savons où aller. Nous demandons à la petite dame, habillée de gris et ayant un bâton pour canne, si nous pouvons entrer chez elle et y laisser notre motorhome pour quelques jours. Pas de problème ! En quelques minutes, nous sommes installés dans son jardin, alors que c’est toujours la cohue dans la rue.

Ollantaytambo
Ollantaytambo

Mercredi 8 août 2007, nous nous levons de bonne heure et partons visiter les ruines incas situées dans cette ville. Le site d’Ollantaytambo est fort différent de celui de Pisac. Nous sommes impressionnés par la main d’œuvre des Incas. Comment ont-ils su construire ces terrasses, ces escaliers, ces murs avec de si grosses pierres et de manière si minutieuse sur ces flancs de montagnes ?

Aguas Calientes
Aguas Calientes

Après cette visite, nous retournons dans Idéfix pour y déjeuner. Nous rassemblons nos affaires, faisons une petite valise et partons à la gare pour y prendre le train “Vistadome” vers Aguas Calientes. Arrivés à Aguas Calientes, Damien part tout de suite acheter les tickets de bus afin de pouvoir monter au site du Machu Picchu demain matin. Ensuite, nous trouvons rapidement l’hôtel où nous avons réservé une chambre pour nous quatre. Après une bonne douche, nous partons à la recherche d’un petit restaurant. Nous y mangeons une bonne pizza. Notre souper est accompagné de musique péruvienne. Ce soir nous nous couchons de bonne heure car notre réveil est mis à 5 heures et demie pour demain matin.

Machu Picchu
Machu Picchu

Jeudi 9 août 2007, nous attrapons le bus de 6 h 30. A sept heures, nous montons les premières marches du mythique site du Machu Picchu. La brume s’est déjà dissipée. Le soleil pointe son nez au-dessus de la haute montagne et illumine tout le site d’une lumière rayonnante nous offrant une vue imprenable sur les principaux vestiges, le temple du soleil, l’esplanade centrale et la montagne Huayna Picchu. Comme il n’y a pas encore de touristes qui se baladent entre les ruines, nous nous empressons de prendre quelques photos “carte postale”. Nous admirons ce sanctuaire, découvert il y a moins d’un siècle, symbole de la puissance et de la religion inca, chef d’œuvre de construction épousant la montagne et les couleurs de la nature avec tant d’harmonie. Nous marchons sur les sentiers qu’empruntaient les prêtres incas il y a plus de 500 ans. Aucune carte postale ne peut remplacer le spectacle qui nous est offert.

Machu Picchu
Machu Picchu

Nous visitons l’entièreté du site principal. Les enfants suivent la marche pendant plus de quatre heures. Nous leur épargnons néanmoins l’ascension du Huayna Picchu. N’exagérons pas. Nous mangeons quelques biscuits en cachette car les visiteurs ne sont pas censés emmener de la nourriture sur le site. Après ce riche casse-croûte, nous quittons le site satisfaits de notre matinée et prenons le bus afin de retourner à Aguas Calientes.
Pendant la descente du bus, un petit garçon vêtu d’un poncho orange salue les passagers, puis, se met à courir, faisant mine de suivre le bus. Pendant que le bus prend ses virages, le petit garçon dévale les escaliers à travers bois et nous le voyons resurgir après chaque lacet. Son petit spectacle impressionne tout le monde. Bien sûr, on le reverra en bas, où il réclamera sa petite pièce bien méritée. Nous nous demandons combien de fois par jour il accomplit cet exploit afin de charmer les touristes.

Machu Picchu
Machu Picchu

En fin d’après-midi, nous reprenons le train afin de retourner à Ollantaytambo où nous retrouvons Idéfix et la vieille petite dame en pleine forme.
Ravis de notre escapade de trois jours dans la Vallée Sacrée des incas, nous allons nous coucher et profitons du repos du guerrier.

Moray
Moray

Vendredi 10 août 2007, sur le chemin du retour vers Cuzco nous bifurquons vers le village de Maras. Nous traversons ce village totalement oublié du tourisme et empruntons une piste qui mène vers Moray. Nous y admirons un site de terrasses circulaires aménagées par les incas et doté d’une ingénieuse infrastructure d’irrigation. Le site est intéressant mais pas particulièrement spectaculaire. Toutefois, la piste qui y mène passe par de jolis paysages, entre les montagnes et les prairies où des bergères péruviennes font paître leurs troupeaux de moutons.

Piste ver Moray
Piste ver Moray

En début d’après-midi nous arrivons à Cuzco et retournons au même camping que nous avons quitté il y a quatre jours. Les enfants jouent dans le jardin. Ils ne jouent pas aux cowboys et aux indiens, non, ils jouent au incas aux prises avec les espagnols…

 

Aréquipa et Cuzco (Pérou) - 30/07/07 au 06/08/07

Arequipa
Arequipa

Lundi 30 juillet 2007, Aréquipa est réputée pour être une ville propre et agréable. Nous y faisons une promenade et quelques courses. A midi, nous nous offrons un petit resto. Yann, coiffé de son chapeau en cuir acheté une heure auparavant, pose à côté d’un cactus. Pauline parade avec son petit sac à dos de tissage artisanal.
Toutes les agences de tourisme proposent des excursions vers le Canyon de Colca. Nous aurions pu entreprendre cette excursion nous-mêmes, avec Idéfix, afin d’y observer les condors mais nous décidons de faire l’impasse sur le canyon à cause du col de 4800 mètres à passer. Nous pensons que Yann nous en sera reconnaissant. Demain nous partirons vers Cuzco pour nous rapprocher du mythique Machu Picchu et il faut que les enfants soient en pleine forme.

Arequipa
Arequipa
vers Cusco
vers Cusco

Mardi 31 juillet 2007, aujourd’hui la route sera longue. Il y a 600 kilomètres jusqu’à Cuzco et nous sommes impatients d’y être. Nous partons vers 8h30. En fait il n’est que 7h30, mais nous ne nous sommes pas encore rendus compte du changement d’horaire depuis notre entrée au Pérou. La route est bonne mais longue, très longue même. Heureusement, les villages que nous traversons dans la vallée, qui entoure la route lors des cents derniers kilomètres avant Cuzco, nous offrent un divertissement continu. Dans ces paysages ruraux nous sommes émerveillés par l’activité débordante des habitants qui s’affairent sur leurs champs, tirent leurs charrettes, mènent leurs petits troupeaux de moutons à coups de bâton ou boivent un verre de pisco attablés devant leurs petites maisons. De vieilles dames en habits de couleurs et portant le chapeau melon traditionnel font leur lessive dans la rivière ou marchent à petits pas le long de la route portant de gros ballots de branches sèches sur le dos.

Le soleil disparaît derrière les hautes montagnes qui bordent la vallée. Il commence à faire sombre lorsque nous atteignons enfin Cuzco. Le trafic s’intensifie. Le nombre de coups de klaxon aussi. Nous quittons les grands axes car nous devons traverser la ville afin de trouver le camping dont on nous a dit le plus grand bien.

Le plan de la ville a l’air plutôt simple. Les ruelles de la ville, par contre, ne sont pas toujours aussi larges en réalité qu’elles ne le paraissent sur le plan. La ruelle que nous empruntons monte assez fort. Idéfix grimpe sans problème mais il s’agit de ne pas s’arrêter en plein milieu de la pente. Espérons qu’aucune voiture n’arrive dans l’autre sens car cela nous obligerait à nous arrêter ou à passer deux roues sur le trottoir aux hautes bordures afin de la laisser passer. Nous arrivons en haut de la pente. Ca alors ! Cette rue se termine en cul-de-sac ! Pas question de redescendre la pente en marche-arrière. Il faut faire demi-tour, mais il n’y a pas beaucoup de place. Idéfix se tortille entre les deux murs qui bordent la fin de la ruelle. Il lui reste trente centimètres devant et derrière pour faire sa manœuvre afin de se retourner. Il nous faut quelques minutes de patience et de va-et-vient avant d’être en position pour rebrousser chemin. Allez, on redescend.

Au bas de la rue nous tournons à droite, puis nous devrions normalement prendre à gauche. Pas de chance, nous sommes sur la mauvaise bande et un agent de la circulation nous oblige à tourner à droite. Nous lui indiquons que la ruelle à droite est trop étroite pour nous et que nous aimerions beaucoup prendre la ruelle de gauche. Rien à faire, la dame qui tient le sifflet en bouche ne se laisse pas amadouer par nos “por favor”. Bon, nous tournons à droite. Comme prévu, le virage est trop court. Impossible de renter dans la ruelle sans faire passer la roue arrière sur le trottoir. La bordure du trottoir fait 30 centimètres de haut et Idéfix refuse de lever la pa-patte pour la franchir. Les pneus patinent. Idéfix est fatigué. Ses passagers aussi. Finalement nous réussissons à passer en force. Passés la Plaza de Armas nous demandons un dernier effort à Idéfix car la route monte encore. Ca monte, ça monte, ça monte jusqu’au portail du camping. Le gérant hollandais nous ouvre et nous invite à “monter” encore sur son aire de camping. Ca y est, nous y sommes ! La bonne nouvelle, c’est que nous avions choisi Cuzco pour nous installer pendant plusieurs jours et pour nous reposer un peu. Eh bien, nous commencerons demain.

Cuzco
Cuzco

Du mercredi 1 au lundi 6 août 2007, Cuzco, 3600 mètres d’altitude, Quinta Lala (camping tenu par un couple de hollandais).
Cuzco, qui signifie “nombril” en langue quechua, était la capitale de l’empire inca. Elle fut en grande partie détruite par les espagnols. Mais nous pouvons encore y voir les fondations ou les murs sur lesquels s’appuient actuellement des constructions espagnoles.
C’est une jolie ville, très animée et fort agréable. Nous y passons sept agréables journées.

Le camping est en quelque sorte un “meeting-point” de voyageurs avec véhicule. Nous avons le plaisir d’y rencontrer Bernard et Audrey, deux belges avec leur “Ambuland”, plusieurs couples de suisses, Frank et Andréa, un couple d’allemands et nous avons la joie de revoir Jürgen et Yves, les allemands que nous avions rencontrés à Buenos Aires lors des démarches douanières pour récupérer nos véhicules réciproques. C’est un vrai bonheur. Nous passons pas mal de temps ensemble à échanger nos aventures et surtout nos tuyaux concernant les lieux à ne pas manquer et les routes à faire ou à éviter.

Cuzco
Cuzco

L’ambiance est telle que nous organisons un barbecue accompagné d’une compote de pomme et d’une salade faites maison. Je leur fais la surprise de préparer un moelleux au chocolat (belge). Quelle plaisir de voir le sourire de nos amis voyageurs qui dégustent leur dessert et qui reviennent discrètement près de moi pour recevoir une autre part. Tout le monde a mis la main à la pâte pour préparer ce repas et tout le monde, Yann et Pauline y compris, profite pleinement de ce moment de partage et de convivialité.

Cuzco
Cuzco
Cuzco
Cuzco

De temps à autre, nous descendons vers le centre ville. La ballade nous permet d’admirer Cuzco du haut car le camping se trouve 300 mètres plus haut dans la montagne. Nous empruntons des petites ruelles dont les trottoirs sont en escaliers tant elles sont fort en pente. Des dames et des fillettes habillées en tenue traditionnelle s’y promènent, d’autres vendent des CD et des souvenirs et d’autres encore nous hèlent en espérant nous faire entrer dans leur restaurant. Il y a partout des boutiques de souvenirs, sur La Plaza de Armas de très jolis magasins, mais très chers et dans les ruelles, aux alentours de la place principale, il y a des petites échoppes où l’on peut admirer les artisans en plein travail.

Cuzco
Cuzco

Dans ces petites rues, on ne s’étonne plus de voir des lamas suivre leur maître tels des chiens. Au camping aussi, une péruvienne vient régulièrement faire brouter ses lamas et alpagas. Evidemment, au grand bonheur de Yann et Pauline qui se baladent entre ces animaux avec beaucoup de plaisir. Yann les apprécie tellement qu’il en a pris plus de 200 photos ! Vive les appareils numériques !

Cuzco
Cuzco

Nous préparons tout doucement notre trip vers le Machu Picchu. C’est un réel parcours du combattant ! Il faut réserver l’aller-retour en train ainsi qu’une nuit d’hôtel à Aguas Calientes. Il est impossible d’y aller en voiture. Damien se renseigne beaucoup. Personne ne sait donner “le meilleur” moyen, ou la meilleure combinaison. Il y a tellement de critères dont il faut tenir compte : du désir d’arriver tôt le matin au Machu Picchu, avant la horde de touristes, d’y rester jusqu’au coucher du soleil ou pas, de passer une ou deux nuits à l’hôtel, de prendre le train à partir de Cuzco ou d’Ollantaytambo et surtout, de l’état de notre portefeuille… Finalement, nous choisissons d’aller jusqu’à Ollantaytambo avec Idéfix, d’y loger une nuit sur un parking et d’y prendre le train vers Aguas Calientes le lendemain. Nous y logerons une nuit à l’hôtel. Ensuite, nous prendrons le bus le matin tôt afin d’arriver vers 7 heures au Machu Picchu et puis retour à Ollantaytambo le même jour.
Nous quitterons Cuzco ce mardi 7 août, irons visiter les ruines et le marché de Pisac et logerons comme prévu à Ollantaytambo. Voilà, notre itinéraire est fixé. D’ici quelques jours nous serons au “fameux” Machu Picchu !!