Au plaisir ... http://www.auplaisir.be ... d'emmener nos enfants voir le monde ... Wed, 25 May 2011 23:56:43 +0000 http://wordpress.org/?v=2.0.2 en Retour à la vie de tous les jours! (Belgique) - 19/06/2009 au 30/09/2009 http://www.auplaisir.be/?p=138 http://www.auplaisir.be/?p=138#comments Fri, 19 Jun 2009 21:51:31 +0000 Sophie et Damien Belgique http://www.auplaisir.be/?p=138 Vendredi 19 juin 2009, nous quittons l’Australie, ce superbe pays que nous avons sillonné pendant 9 mois. Nous montons dans l’avion avec un pincement au cœur car nous savons qu’une page importante de notre vie se tourne. L’aventure n’est pas tout à fait terminée, mais elle prend un énorme virage, nous retournons vers notre vie “d’avant”.

Le nez collé au hublot, nous regardons les côtes australiennes s’éloigner de nous. Pendant ces 24 heures de vol, nous avons tout le temps pour faire le point sur les deux années que nous avons passées en famille tout au long de cette fabuleuse aventure. Cependant, l’excitation du retour imminent ne laisse pas la place aux rêveries du temps passé. Bientôt, nous allons revoir nos familles et nos amis. Nous n’allons pas seulement les revoir et les serrer bien fort dans nos bras, mais nous allons nous réintégrer dans leurs vies. Nos familles et amis feront à nouveau partie de notre vie de tous les jours. Plus besoin de s’envoyer des emails ou de fixer des rendez-vous sur skype pour communiquer, ils seront là en chaire et en os.

Comment allons-nous vivre les premiers jours en Belgique? Comment sera la maison que nous avons louée pour une période de dix mois, le temps de récupérer la nôtre? Qui pourra nous aider pour le déménagement? Les enfants pourront-ils reprendre leur scolarité comme si rien ne s’était passé? Qu’allons nous faire d’Idéfix une fois qu’il sera de retour en Belgique? Comment vont réagir nos collègues de travail lorsque nous reprendrons nos métiers respectifs? Voilà les questions qui occupent vaguement notre esprit sans pour autant nous tourmenter. Notre retour est programmé. Dans quelques mois nous habiterons la même maison qu’avant, nous retrouverons les mêmes métiers, les enfants retrouveront la même école, les mêmes clubs de sport, nos familles et amis seront toujours là. Et nous, aurons-nous changé?

Nous rentrons au pays, alors que l’Europe patauge dans une crise financière qui fait des ravages. Est-ce que nous serons crédibles si nous balançons autour de nous des “tranquillo” argentins ou des “No worries” australiens? Combien de temps pourrons nous rester “zen” nous-mêmes sans tomber dans l’engrenage de la vie et des tracas de tous les jours?

Quelles que soient les réponses à ces questions, que seul le temps peut donner, nous sommes certains d’une chose: rien ni personne ne pourra nous enlever l’expérience fabuleuse que nous avons vécue. A lui seul, le souvenir du voyage nous donnera toujours un énorme sentiment de satisfaction.

Samedi 20 juin 2009, pour l’heure, l’excitation est à son comble. Nous descendons du TGV en gare de Lille, et guettons le quai tout en déchargeant le train de nos valises, sacs à dos, planches de bodysurf, koala et kangourou en peluche et le didgeridoo de Yann. Nos parents respectifs sont venus nous accueillir et se retrouvent tous les quatre avec l’un de leurs enfants ou petits-enfants dans les bras. Une fois l’écoulement d’intenses émotions passé, nous tentons de rassembler nos bagages éparpillés sur le quai. “Et voilà …”, c’est la seule chose que nous trouvons à dire pour signifier que notre retour est définitif, que finalement, ce n’était pas si long que ça et que nous mangerions bien quelque chose autour d’une grande table, entourés de tout ce beau monde. Christophe et Delphine nous font la surprise de nous rejoindre pour le repas, accompagnés de leurs 3 enfants, les cousins qui ont tant manqués à Yann et Pauline.

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Mardi 23 juin 2009, hier nous avons finalisé l’organisation de notre emménagement dans notre maison provisoire, où nous vivrons une dizaine de mois, le temps que nos locataires libèrent notre propre maison. Ce matin, nous prenons notre petit-déjeuner tranquillement, sous un soleil radieux, lorsque le facteur sonne à la porte pour nous apporter une lettre recommandée. Coup de théâtre! La lettre provient de nos locataires qui nous signifient qu’ils désirent résilier leur bail de location avant son terme! Faut-il en rire ou en pleurer? Subitement, nous nous rendons compte que nous allons récupérer notre propre maison bien plus tôt que prévu! Mais en même temps, nous nous retrouvons avec deux maisons sur le dos! La surprise est de taille. Difficile dès lors de rester “tranquillo” tout en sirotant un dernier café et en profitant du beau temps qui règne sur la Belgique. Nous passons le restant de la journée à passer des coups de fil, des fax et des emails afin de régler au plus vite cette situation épineuse.
Le lendemain matin, la situation semble s’être arrangée. Le soleil brille toujours et nous faisons déjà nos projets pour réintégrer notre doux foyer dès qu’il se libérera. Et pendant ce temps, Idéfix, notre maison roulante, vogue sur les eaux de l’Océan Pacifique.

Jeudi 2 juillet 2009, nous avons rendez-vous à l’école de Yann et Pauline. Ils doivent y faire un petit test afin que l’école puisse évaluer s’il peuvent commencer l’année scolaire dans leurs classes respectives. Ils passent le test avec brio. La coordinatrice de l’école nous annonce que Yann et Pauline sont très clairement à niveau pour entrer dans les classes qui correspondent à leur âge. Sauf Pauline qui, ayant sauté une année de maternelle pendant le voyage, pourra directement entrer dans une classe où elle sera forcément la plus jeune. Nous en profitons pour remercier l’école pour tout le soutien qu’elle nous a donné, avant, pendant et après le voyage. Les enfants explorent leurs nouvelles classes et commencent juste maintenant à se rendre compte qu’ils y passeront bientôt huit heures par jour. Mais ce dont ils ne se rendent pas encore compte aujourd’hui, parce qu’on est en période de vacances, c’est que bientôt ils seront entourés de dizaines de copains de classe.

Vendredi 3 juillet 2009, Sophie a la confirmation qu’elle pourra reprendre son poste de logopède (orthophoniste) dès le mois de septembre. Damien reprendra déjà son boulot à la mi-juillet. Apparemment, il y a du pain sur la planche. Si les collègues l’ont autorisé à partir en vadrouille pendant deux ans, il peut difficilement leur refuser de revenir dès que le boulot appelle.

Samedi 4 juillet 2009, nous passons les mois d’été à rendre visite à nos amis, à participer à toutes les fêtes de famille, à sélectionner nos photos de voyage pour en faire un album, à faire de la voile, à trouver une voiture, à organiser notre déménagement, à travailler, à jouer des jeux de société avec les enfants, et … à prendre des vacances. Eh oui, difficile de refuser un petit séjour à Saint-Emilion, à la côte belge ou en Bretagne dès lors que c’est la famille qui nous appelle. Nous avons encore tant de choses à nous raconter … et du bon temps à passer ensemble.

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Dimanche 30 août, la rentrée est dans deux jours. Et aujourd’hui, nous réintégrons notre maison. Nous embarquons quatre matelas et sélectionnons une dizaine de caisses en carton dont nous espérons qu’elle contiennent l’essentiel de notre service à petit déjeuner et quelques casseroles, histoire de pouvoir passer la première semaine d’école sans avoir à faire le grand déménagement. De toute façon, on a l’habitude de camper …

Par ailleurs, nous tenions à dire un grand merci à maman et papa Holvoet de nous avoir hébergés durant l’été!

Mardi 1 septembre 2009, c’est la rentrée. Les enfants bouclent leur cartable. Il n’est plus question de traîner lors du petit-déjeuner. L’école commence à l’heure! Bonne journée les enfants. Et n’oubliez pas de lever le doigt si vous voulez demander quelque chose, de ne boire de l’eau que lors de la récréation, de passer aux toilettes avant d’entrer en classe, de…

Premier jour d'école
Premier jour d'école

Lundi 7 septembre 2009, Pauline a un peu de mal à s’adapter au système scolaire. Elle a besoin de temps pour trouver ses repaires: elle se perd dans les couloirs de l’école et a surtout peur de mal faire. Un soir, en rentrant de l’école, elle nous demande même si elle a le droit de se moucher le nez en classe… Sophie la rassure et tente avec patience de lui expliquer qu’elle aura besoin de quelques semaines pour s’habituer à l’école, mais que très bientôt, elle s’y amusera comme une folle. Yann par contre, se régale. Il parle tellement de ses copains et des parties de foot, que nous nous demandons s’il pense aussi à rester concentré sur ses cours.

Dès cette première semaine de septembre, nous nous sommes tous les quatre plongés dans cette vie active si typique de notre pays: école, travail, courses, lessives, visites médicales, devoirs, mais surtout aussi le sport. C’est très simple, nous jouons tous les quatre au hockey… mais pas le même jour, ce serait trop simple…

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Samedi 12 septembre 2009, le camion de déménagement est plein à craquer, aujourd’hui nous ramenons à la maison toutes nos caisses que nous avons emballées et fermées il y a plus de deux ans. Mais comment avons-nous bien pu accumuler toutes ces choses? Lorsqu’on a vécu dans 15 mètres carrés pendant deux ans, il devient difficile de concevoir qu’on ait un jour eu besoin de tant de babioles. Qu’à cela ne tienne, les caisses s’entassent dans notre maison et nous nous contentons de déballer le stricte nécessaire pour l’instant. Par contre, les enfants se jettent sur toutes les caisses qui leurs sont destinées. Ils ont beau avoir appris à lire en Néerlandais, il ne leur faut pas beaucoup d’effort pour pouvoir déchiffrer l’inscription “Jouets” sur les caisses qui les intéressent. Ils déballent tout et mettent d’emblée un désordre épouvantable dans toutes les pièces de la maison. Ils vont même jusqu’à jouer avec les jeux de bébé qu’ils n’avaient plus vus ni touchés depuis si longtemps. Leur excitation est si émouvante que nous les laissons faire, bien évidemment.

Le déménagement
Le déménagement

Lundi 21 septembre 2009, les enfants s’épanouissent à l’école. Leurs résultats sont excellents. Dès que l’un d’eux rentre à la maison en brandissant un 10/10 pour une dictée ou un 15/15 pour un test de calcul, nous nous regardons avec fierté. Nous ressentons un certain soulagement également. Car si le but de notre voyage était bel et bien de passer du temps en famille, il n’en demeure pas moins que ce sont nous, les parents, qui avons en quelque sorte arraché nos enfants aux structures conventionnelles. Le challenge pour nous était de nous assurer qu’ils puissent y revenir dès que notre voyage se terminerait. Aujourd’hui, il semblerait que nous avons réussi ce challenge. Pourvu que nous puissions le confirmer en fin d’année scolaire…

Mercredi 30 septembre 2009, Idéfix est arrivé au port d’Anvers. Un docker vient le déposer à la sortie du parking du quai hautement sécurisé. Il est en parfait état. Quel soulagement. Le docker insiste pour que nous laissions tourner le moteur, car la batterie aura sans doute besoin d’un fameux coup de recharge. Damien passe au bureau des douanes afin de faire signer le carnet de passage en douane du véhicule, histoire de pouvoir fournir une preuve que le véhicule est bien rentré en Belgique. C’est la pause déjeuner, il va falloir attendre que les bureaux s’ouvrent, à 13h00. Bon, soit, on en a vu d’autres. A 13h00 l’employée des douanes semble perturbée par le document que nous lui présentons. Elle consulte ses collègues, puis fais quelques recherches sur internet. Au bout d’une demi-heure elle revient vers nous et nous demande comment cela se fait que le véhicule ait quitté l’Australie le 11 juin, et que nous ne le présentons en Belgique que le 30 septembre. Nous lui répondons qu’il a passé tout ce temps sur le bateau. “Quoi, il a passé 3 mois et demi en mer? C’était quoi ce bateau, un pédalo?” La douanière finit par nous croire et promet de faire suivre les papiers un peu plus tard lorsque son supérieur aura donné son aval sur cette situation apparemment très originale. Cependant, Idéfix est libre de partir et de reprendre les routes de Belgique. Damien s’installe au volant, mais … Idéfix ne démarre pas. Il a suffit d’une heure de palabres dans le poste de douane pour que la batterie décide de ne plus rien donner du tout. Nous sommes obligés de faire appel aux dépanneurs du port afin de donner un petit coup de charge à la batterie.

Et puis, en route. Idéfix rentre à la maison.

Epilogue

A l’heure où Idéfix passe sa première nuit sur notre parking, nous sommes déjà en plein milieu du train de vie habituel. Pourtant, nous avons franchement l’impression que notre vie de nomade nous a apporté une grande richesse. Beaucoup de souvenirs bien-sûr, mais sans doute aussi un nouveau regard sur la vie “à l’européenne”. Même si nous reprenons nos métiers et activités avec autant d’enthousiasme qu’avant, nous ne pouvons nous empêcher de réaliser que nous regardons les choses un peu différemment, avec plus de recul. Nous avons l’impression de moins nous exciter sur les détails, mais d’attacher plus d’importance à l’essentiel.

Dans les magasins, nous nous rendons compte que nous gardons spontanément le sourire, même lorsque le vendeur en face a une mine grise à nous faire peur.
Il aura fallu 3 semaines pour faire installer une ligne internet à la maison. Pour sûr que ça irait plus vite en Argentine, car il suffirait là-bas de bavarder amicalement avec l’un des responsables ou de dégoter une petit bricoleur qui pourrait arranger les choses en dehors de ses heures de travail, pourvu qu’il y ait un steak sur le grill.
Dans notre entourage, tout le monde nous interroge sur notre aventure, sur notre retour, sur nos projets à venir. Mais par moment, nous n’osons plus trop répondre en long et en large, de peur d’ennuyer ou de déranger. C’est vrai que pour nous, l’aventure était tellement incroyable, qu’il nous semble difficile de transmettre notre enthousiasme aux autres, qui eux, souvent préfèrent vite reprendre la conversation classique sur la politique belge, le foot ou la crise financière. Chacun son truc. Nous ne leur en voulons pas.

Avant de partir en voyage, nous pensions être des précurseurs en installant un panneau solaire sur le toit d’Idéfix pour assurer une autonomie de batterie. Depuis notre retour, nous constatons que les panneaux solaires sont maintenant installés sur beaucoup de toits de maisons. La question climatique et énergétique semble être arrivée aux oreilles et aux factures d’électricité de tous les concitoyens.

En deux ans, nous avons manqué de nous faire 350 copains sur un site qui s’appelle facebook, et nous avons dû faire des recherches pour comprendre ce qu’était Twitter. Nous ne sommes vraiment pas dans le coup. Mais ce coup-là, avouons-le, nous ne le regrettons pas du tout!

Les enfants, qui pendant deux ans ont joué au monopoly, ont fait des bricolages avec des bouteilles en plastic et fait des arcs à flèche avec des branches d’arbre, qui n’ont cessé de faire des constructions, des dessins, de lire tous les jours, de s’émerveiller devant la beauté de notre terre, sont confrontés aux phénomènes qui font rage sur la cour de récréation de l’école. Ils aimeraient bien être dans le coup, eux, et avoir les mêmes choses que leurs copains de classe. Là, la lutte risque d’être dure, mais nous tenons bon et finalement, les enfants aussi.

Aujourd’hui, c’est la même question qui revient systématiquement:“Alors, pas trop dur le retour?” Les gens semblent très étonnés lorsque nous leur répondons que le retour se passe à merveille et pour cause, la Belgique n’a pas changée, nous retrouvons nos familles et nos amis et nous reprenons exactement la même vie qu’avant: même maison, mêmes boulots et même école!
En quelque sorte, nous avons juste fait un break extraordinaire de deux ans avec nos enfants. Finalement, en y réfléchissant bien, il y a une différence par rapport à la même vie d’avant: aujourd’hui, nous avons la tête et le cœur remplis de souvenirs intenses et uniques.

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Pendant ces deux années de voyage nous vivions dans un autre monde, dans un monde presque idéal. Transposer ce monde, cette manière de vivre et ces sentiments, dans l’univers occidental est impossible car la mentalité est trop différente, l’influence de la société est trop importante. Certes, il est toujours possible de faire ses propres choix, de voir les choses d’une certaine manière, mais l’influence de la société et des médias est là.

Le plus difficile, mentalement, est de savoir que nous exposons nos enfants à ces influences négatives, aux médias qui ne reflètent que des histoires horribles, à cette société trop compétitive et calculatrice, à la méchanceté gratuite.
Aujourd’hui, un de nos souhaits les plus sincères est que les sentiments de liberté, d’insouciance, de bonheur intense, de partages et de découvertes resterons éternellement dans le cœur de nos enfants et que ceux-ci les aideront à grandir, à faire face aux difficultés auxquelles ils seront confrontés et que ces sentiments les guideront dans leurs choix.

Dans la maison, les cartons qui n’ont pas encore été ouverts resteront sans doute fermés quelques temps. Il n’y a rien qui presse. Les activités de tous les jours prennent le dessus. Il faut à nouveau courir dans tous les sens. Mais nous essayons de trouver quelques moments de répit, et de garder l’esprit “zen”. Nous nous étions jurés de ne pas passer nos soirées devant la télévision, mais parfois les journées sont si intenses et si épuisantes, qu’il est bon de se plonger dans son fauteuil.

Il y a un film que nous voudrions absolument regarder. C’est un film qui montre des images extraordinaires de la planète, des paysages colorés à couper le souffle. C’est un film qui parle de rencontres chaleureuses et de choses simples, tout en montrant les merveilles de la nature. Un de ces soirs, lorsque nous serons confortablement installés dans le salon avec un verre de vin et un petit morceau de chocolat, nous tenterons une petite évasion en regardant ce film. Il s’intitule: “Au plaisir d’emmener nos enfants à la découverte du monde.”

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La boucle est bouclée! (Australie) - 06/05/2009 au 19/06/2009 http://www.auplaisir.be/?p=134 http://www.auplaisir.be/?p=134#comments Wed, 06 May 2009 04:26:24 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=134 Itineraire Australie - Partie 15 et finaleMercredi 6 mai 2009, le Kimberley est une région située dans le nord de l’Australie-Occidentale. Nous retournons donc dans l’Etat par lequel nous avons débuté notre périple australien.

Petite salade de carottes, de pommes de terre, de tomates et de concombres juste avant de franchir la frontière de l’Etat d’Australie-Occidentale. Le contrôle sanitaire nous les confisquerait de toute façon. Autant les manger, même s’il n’est que onze heures du matin.

Nous arrivons à Kununurra en début d’après-midi et faisons un petit crochet vers le Parc National Mirima qui se trouve au nord de la ville. Dans ce petit parc, nous nous promenons entre des petits escarpements rocheux et des baobabs. Les sommets des rochers sont arrondis et les flancs sont striés. Les Australiens de la région aiment dire que ce sont les Bungle Bungles en miniature. Les Bungle Bungles, les vrais, sont situés bien plus à l’ouest, mais nous ne les verrons pas car il faut un 4×4 solide pour y accéder.

Mirima N.P. (Kununurra)
Mirima N.P. (Kununurra)

Jeudi 7 mai 2009, la région du Kimberley est le paradis du 4×4. De longues pistes parcourent le paysage dans tous les sens. Mais la route asphaltée que nous empruntons pour rejoindre Halls Creek parcourt elle aussi des paysages de toute beauté. Un vent de liberté souffle sur le pare-brise d’Idéfix qui se faufile entre les collines de roche rouge.

Le Kimberley
Le Kimberley

De majestueux baobabs au gros troncs gris dominent les plaines recouvertes d’herbes vertes et jaunes et d’eucalyptus aux fins troncs blancs.

Le Kimberley
Le Kimberley

Le soleil couchant apporte une dernière touche au tableau qui inspirerait plus d’un peintre. Nous passons la nuit à Halls Creek. Dans la plaine qui jouxte notre campement, sous l’éclairage d’une petite piste d’atterrissage, un groupe d’Aborigènes joue au foot avec beaucoup d’enthousiasme. Y a pas à dire, leurs voix portent loin.

Du vendredi 8 mai au samedi 9 mai 2009, traversant la Fitzroy River, nous arrivons dans le village de Fitzroy Crossing. Cet endroit doit son nom au passage à gué que les locaux empruntaient ici jadis pour traverser la rivière avant que le pont ne soit construit.

Fitzroy Crossing
Fitzroy Crossing

Nous nous y renseignons quant à l’état des pistes qui mènent à deux parcs nationaux ainsi qu’à la Gibb River Road (piste également). En aurions-nous marre de l’asphalte? Déjà dans Kakadu, de nombreux endroits étaient fermés aux visiteurs et ici, dans le Kimberley, tout accès semble réservé aux 4×4. La réponse à notre question est courte et claire: “Impossible pour vous d’y passer. Même les 4×4 avec un châssis bas n’y passent pas.”

Au Parc National Geiki Gorge nous montons à bord d’une barge dirigée par un ranger du parc. Nous naviguons le long des berges sablonneuses, perturbant la sieste d’un bon nombre de “freshies”, crocodiles d’eau douce, nettement plus petits et moins hostiles que les “salties”, crocodiles d’eau salée. Le cours d’eau s’engouffre dans la gorge de Geiki, dont les parois sont les vestiges d’un très ancien récif corallien. La “croisière” ne dure qu’une heure, mais elle est des plus agréables.

Geiki Gorge
Geiki Gorge

Dimanche 10 mai 2009, nous quittons la région du Kimberley et rejoignons la côte ouest. Dès à présent nous roulons vers le sud et longeons l’Océan Indien. D’énormes nuages de fumée, causés par un feu, passent au-dessus de l’endroit où nous voulions passer la nuit.

Bushfire (allumé volontairement pour l'entretien des terres)
Bushfire (allumé volontairement pour l'entretien des terres)

Soixante kilomètres plus loin un autre bel endroit nous accueille pour notre bivouac. C’est l’endroit idéal pour la leçon de didgeridoo de Yann et Damien. Ils s’entraînent régulièrement aux différents sons et à la “respiration circulaire”.

Petite séance de Didgeridoo sur l'un de nos bivouacs
Petite séance de Didgeridoo sur l'un de nos bivouacs

Lundi 11 mai 2009, afin de couper la monotonie de la route nous faisons une petite incursion vers Eighty Mile Beach. Cette plage n’a pas volé son nom puisqu’elle fait bien 80 miles de long (environ 140 kilomètres). Nous nous installons en bord de plage sur l’unique camping du coin. Des caravanes de pêcheurs nous entourent. Tout le monde affûte sa canne-à-pêche, prépare ses appâts ou nettoie les poissons qu’il a pêchés. Sur une des voitures 4×4, un autocollant attire notre attention: “Global warming, higher sea levels, more fishing spots!” Voilà comment les Australiens positivent. C’est clair, ils adorent la pêche.

Nos cannes-à-pêche sont bien trop modestes pour que nous puissions pêcher depuis la plage. Alors, nous nous contentons d’admirer le coucher de soleil.

Eighty Mile Beach
Eighty Mile Beach

Mercredi 13 mai 2009, la boucle est bouclée !! Il y a exactement sept mois, nous étions ici, à quelques kilomètres au nord de Exmouth. Nous essayons de créer un moment solennel dans Idéfix et annonçons aux enfants: “Nous avons fait le tour de l’Australie! Ouais! Houra!”

Du jeudi 14 mai au samedi 16 mai 2009, arrivés à Exmouth, nous profitons d’une connexion internet afin de poursuivre nos recherches d’une maison ou d’un appartement à louer dès notre retour en Belgique. Ensuite, nous filons vers le Parc National de Cape Range que nous avions tant apprécié il y a quelques mois. Nous nous souvenons des campements en bord de mer, du snorkeling, des tortues et des “hosts”, les bénévoles sympathiques en charge des lieux. A Osprey Bay, nous découvrons un lieu de campement avec une vue imprenable sur l’océan. Ce soir il n’y a plus de place. Les hosts nous promettent qu’une place se libérera demain. Nous passons l’après-midi sur la plage et faisons un peu de snorkeling. L’endroit est dénué de corail, mais les poissons sont nombreux. La surprise du jour nous est offerte par une gigantesque tortue, tapie sur un lit d’algues, au fond de l’eau.

Cape Range N.P.
Cape Range N.P.

Dimanche 17 mai 2009, mission accomplie! Nous souhaitions trouver un bel et agréable endroit pour fêter les huit ans de Yann. Autant dire que nous ne sommes pas déçus: un emplacement de cinq mètres sur six, à l’écart d’autres vans et caravanes, pas d’eau, pas d’électricité, pas de laverie, pas d’internet, pas de téléphone. Il nous semble qu’il y ait juste nous et la mer que nous contemplons sans jamais nous lasser.

Les huit bougies placées sur un de ses gâteaux préférés, le cadeau dont il rêvait et l’après-midi de pêche ont, apparemment, comblé Yann de bonheur. En fin de journée, il nous dit avec un grand sourire:”Merci beaucoup, maman et papa, c’était une journée merveilleuse!”

Yann a 8 ans
Yann a 8 ans

Du lundi 18 mai au dimanche 24 mai 2009, pendant ces six jours, même sans plonger la tête sous l’eau, nous avons le bonheur d’observer quelques animaux marins du haut des rochers. De temps en temps un tortue vient nager tout près ou sort sa tête de l’eau. Plus rare sont les dauphins et les raies. Tous les jours nous nous plaçons sur le bord des rochers, remplis de coraux fossilisés, nos cannes-à-pêche à la main.

Cape Range N.P. - Corail fossilisé
Cape Range N.P. - Corail fossilisé

Après de nombreuses heures de patience, la ligne de pêche de Yann se tend soudainement. Il essaie de remonter sa ligne mais une résistance énorme lui rend la tâche difficile. Damien et Yann se  débattent quelques secondes, puis sentent des secousses plus violentes, puis un coup sec…, puis plus rien… Le fil s’est cassé. Quelle déception! Le temps de nous en remettre, Sophie aperçoit subitement une silhouette foncée dans l’eau. La bête fait au moins un mètre de long. C’est un requin!

Cape Range N.P.
Cape Range N.P.

Un jeune “Aussie”, qui fait des recherches sur les requins, nous dit qu’il est fort possible que le requin soit venu prendre le poisson accroché au fil de Yann. De là cette force incroyable sur le fil et la raison pour laquelle le fil s’est cassé! Lorsque nous expliquons à Yann ce que le spécialiste a dit, il déborde d’excitation: “J’ai donc pêché un requin!”.

Cape Range N.P.
Cape Range N.P.

Finalement ce n’est que le quatrième jour de pêche que Yann est enfin récompensé pour sa patience. Il fait déjà noir. Néanmoins, nous prenons quelques photos et rejetons le poisson, de petite taille, à l’eau.

Cape Range N.P.
Cape Range N.P.

Les premiers jours nous nous baignions dans l’eau turquoise dont la température est encore très agréable. Mais un jour, un phénomène étrange nous empêche de nager… Il y a des centaines, voire des milliers de méduses brunes dans l’eau. Il est impossible de nager sans risquer de se faire piquer.

Cape Range N.P. - invasion de méduses
Cape Range N.P. - invasion de méduses

En fin de journée il n’est pas rare de voir des kangourous sauter autour d’Idéfix. Cet endroit est un véritable petit havre de paix. Seul bémol à notre séjour est un petit accident. Pauline n’étant qu’à moitié intéressée par la pêche de poisson, reçoit de Damien un super montage pour pêcher des crabes. Des crabes, il y en a beaucoup! Mais notre petite princesse, devenue “trop” habituée au maniement de sa ligne, devient moins prudente… Par un mauvais mouvement, elle envoie l’hameçon dans son doigt. L’hameçon semble enfoncé d’au moins un centimètre dans la longueur du doigt, pas dans la profondeur. L’arrête de l’hameçon nous empêche de le retirer facilement. Pauline, effrayée, nous demande: “Mais comment je vais faire pour manger et pour dormir avec ce crochet dans mon doigt?”. Arrivée dans Idéfix, Pauline, son doudou dans les bras, s’accroche à son papa. Elle hurle de mal, la pauvre. Grâce à une aiguille stérile fort aiguisée Sophie arrive petit à petit à couper un peu dans la peau pour extraire ce foutu crochet. Nous ne savons combien de temps cela a duré, dix minutes, quinze minutes, plus? En tout cas, pour Pauline ce sont de longues minutes de douleur et de pleurs. Pour Damien et Sophie, ce sont de longues minutes de maîtrise de soi, de patience, d’encouragements et de concentration. Finalement, nous réussissons, l’hameçon est parti! Bravo à Pauline pour son courage, à Yann d’être resté à l’écart et merci aux Australiens de nous avoir proposé de nous emmener, si nécessaire, à l’hôpital situé à plus de 90 kilomètres d’ici.

Quelques heures plus tard, une fois remis de nos émotions, nous retournons au bord de l’eau … mais sans canne-à-pêche, ni fil, ni hameçon! Nous profitons pleinement de cette dernière promenade car demain, nous partons.

Cape Range N.P.
Cape Range N.P.

Lundi 25 mai 2009, de retour à Exmouth, nous faisons connaissance de la famille Roux, avec qui nous étions déjà en contact par email. Denis, Sarah et leur trois filles passent nous dire bonjour. Ils sont en voyage en camping-car pour une durée de cinq ans (http://familleroux.top-depart.com). Nous avons beaucoup de choses à nous raconter et la soirée se prolonge jusque tard dans la nuit. Les enfants sont tristes de se quitter, car nos routes se séparent déjà demain. Mais nous aurons peut-être l’occasion de nous revoir plus tard.

Point Quobba
Point Quobba

Mercredi 27 mai 2009, moins de 700 kilomètres nous séparent de Perth (Fremantle) d’où nous retournerons en Belgique. Ne souhaitant pas arriver trop tôt dans cette grande ville, nous nous arrêtons à des petits endroits où nous ne sommes pas passés lors de notre première visite de cette région. C’est ainsi que nous faisons un petit détour par Point Quobba où l’attraction principale serait un “blowhole”. Le campement ne paie pas de mine, mais la balade le long de la côte sauvage nous enchante.

Point Quobba
Point Quobba

Les vagues sont déchaînées et s’écrasent avec force sur les rochers. Un grand panneau avertit les baigneurs: “King Waves Kill!”. Lorsque les vagues géantes s’engouffrent dans la crevasse, appelée blowhole, elles en remontent sous forme d’un jet d’eau s’élevant jusqu’à 10 mètres dans les airs. Ce spectacle nous fascine. Nous l’admirons jusqu’à ce que les rayons du soleil aient disparus derrière la ligne d’horizon.

Point Quobba - Blowhole
Point Quobba - Blowhole

Lundi 1 juin 2009, c’est l’anniversaire de Sophie. Pour l’occasion, nous faisons une étape de deux nuits à Coronation Beach. C’est pour ainsi dire notre dernière étape en bord de mer avant le grand retour. Exceptionnellement, aujourd’hui ce n’est pas Sophie qui prépare son gâteau au chocolat qui l’a rendue célèbre en Amérique du Sud. Ce sont Yann, Pauline et Damien qui prennent place aux fourneaux et ils ne s’en sortent pas trop mal. Lorsqu’il s’agît de lécher la cuillère qui a servi à mélanger la préparation, les enfants sont au premier rang. 

Bon anniversaire Sophie
Bon anniversaire Sophie

Mardi 2 juin 2009, arrivés à Fremantle, nous nous occupons essentiellement des documents nécessaires à la location d’une maison. Grâce à l’aide précieuse de Gigi et Olivia, nous avons trouvé un toit pour notre retour en Belgique. Merci les cousines!

Mercredi 3 juin 2009, la compagnie maritime qui prendra Idéfix en charge la semaine prochaine refuse tout véhicule équipé d’un réservoir de gaz. A moins de lui présenter un certificat attestant que le réservoir est vide. Ce matin, 7h30, nous avons rendez-vous chez un spécialiste qui serait apte à vider le réservoir GPL et à nous délivrer un certificat. Le responsable nous accueille: “No worries, mate! It should not take longer than one hour.”. Il déconnecte le réservoir de gaz et commence la vidange. Nous attendons dans la rue, loin du véhicule, car les émanations de gaz ne nous rassurent guère. A midi, nous mangeons un sandwich dans Idéfix. A 14h00, nous décidons de faire l’école pour nous occuper. Le spécialiste n’y comprend rien, notre réservoir semble être une source de gaz intarissable. Finalement c’est à 16h00 que l’opération se termine. Il a fallu huit heures pour faire la vidange complète. Nous recevons le certificat. Le responsable est tellement ennuyé de nous avoir fait attendre si longtemps, qu’il refuse que nous payions quoi que ce soit. Sympa!

Fremantle - vidange de gaz obligatoire avant la traversée en cargo
Fremantle - vidange de gaz obligatoire avant la traversée en cargo

Du jeudi 4 au mardi 9 juin 2009, n’ayant plus de gaz dans Idéfix, nous sommes obligés de rester au camping de Fremantle pour la simple et bonne raison que notre frigo ne fonctionne plus que sur du 230 Volt. 

Mercredi 10 juin 2009, nous louons un chalet au camping, faisons nos valises et déménageons nos affaires dans le chalet. Damien rallume un des becs à gaz, juste pour faire une dernier check… Surprise, il y a toujours du gaz! Nous laissons le frigo sur gaz et tous les becs allumés pour vider la bombonne!! Dire que cela fait une semaine que nous cuisinons au “camp kitchen” croyant que nous n’avions plus de gaz!

Jeudi 11 juin 2009, bye bye Idéfix, bonne traversée, rejoins-nous en Belgique en pleine forme. Nous prenons congé de notre maison roulante qui nous a emmenés dans tant de beaux endroits pendant ces deux années de voyage. Damien conduit Idéfix à la douane et ensuite au port. Normalement, le “Sapphire Ace” lèvera l’ancre lundi. Idéfix traversera les océans, via le Japon et devrait arriver à bon port dans deux mois.

Dimanche 14 juin 2009, la famille Roux est arrivée à Fremantle. Leur camping-car d’un côté et notre “villa” de l’autre constituent, l’espace de deux jours, une aire conviviale et sympathique. Les enfants jouent et mangent dans le chalet. Les adultes prennent l’apéro sur la terrasse et partagent tranquillement un repas dans le camping-car. 

Fremantle - Quelques jours avec la famille Roux
Fremantle - Quelques jours avec la famille Roux

Lundi 15 juin 2009, alors que Denis et Sarah passent la journée chez le garagiste avec leur véhicule, nous invitons Fanny et Manon à rester avec nous. Les quatre petits diables sont partant pour une chasse au trésor. Celle-ci nous mène aux abords d’un étang, dans un parc boisé. Nous trouvons la cache du trésor en haut d’une petite colline offrant un beau panorama sur Fremantle. Malheureusement la cache est vide. Le trésor a disparu. Pour se consoler, les enfants se défoulent sur la gigantesque plaine de jeux installée au bord de l’étang.

Fremantle - Chasse au trésor avec Manon et Fanny
Fremantle - Chasse au trésor avec Manon et Fanny

En début d’après-midi, nous recevons la confirmation qu’Idéfix est embarqué à bord du “Sapphire Ace”. Nous nous précipitons sur internet et réservons nos tickets d’avion. Sitôt fait, nous nous empressons de prévenir la famille: “Nous décollons vendredi et serons en Belgique ce samedi 20 juin. A très bientôt!”

Mardi 16 juin 2009, la famille Roux, avec qui nous avons passé d’excellents moments, reprend sa route. Ils ont encore trois ans de voyage devant eux. Même si nous sommes contents de rentrer chez nous, les voir partir vers d’autres découvertes, nous donne tout de même un pincement au coeur.

Jeudi 18 juin 2009, les valises sont bouclées. Demain, nous quittons l’Australie et terminons en même temps notre voyage en famille. Il y a quatre ans, nous rêvions de partir. Il y a deux ans, notre rêve devint réalité. Aujourd’hui, nous rentrons la tête remplie d’images et de merveilleux souvenirs qui continueront de nous faire rêver encore longtemps …

Embarquement immédiat
Embarquement immédiat
Fin du voyage ...
Fin du voyage ...


 

 
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Le Top End (Australie) - 22/04/2009 au 05/05/2009 http://www.auplaisir.be/?p=132 http://www.auplaisir.be/?p=132#comments Wed, 22 Apr 2009 09:54:17 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=132 Itineraire Australie - Partie 14Mercredi 22 avril 2009, nous voilà depuis quelques jours dans le Top End, région située dans le nord du Territoire du Nord. Aujourd’hui, nous visitons les chutes d’eau du Litchfield National Park. D’abord les Florence Falls et ensuite les Wangi Falls. Au dernier lieu, deux belles chutes d’eau tombent dans le même bassin entouré de plantations.

Litchfield N.P. - Wangi Falls
Litchfield N.P. - Wangi Falls

A ce moment de l’année il est interdit de s’y baigner… Même l’accès au bassin est limité à un ponton entouré de barrières. Et pour cause, l’eau est infestée de crocodiles d’eau douce et d’eau salée. Des panneaux expliquent que ces derniers sont extrêmement dangereux. Le crocodile d’eau salée vit en principe dans les estuaires. Mais nous sommes à la fin de la saison des pluies, toutes les rivières regorgent d’eau et ces animaux féroces remontent tous les cours d’eau. A cette période de l’année, il est possible d’en croiser à plusieurs centaines de kilomètres de la mer. Nous nous contentons donc d’admirer les chutes du ponton. Et, pas le moindre croco en vue… se cacheraient-ils sous l’eau?

Litchfield N.P.
Litchfield N.P.

De chaque côté de la route se trouvent de nombreuses termitières. Nous y observons essentiellement deux sortes de termitières: les unes sont appelées “cathédrales” et les autres “magnétiques”. Ces dernières, de forme plate, sont dirigées selon un axe nord-sud afin d’optimaliser la régularisation de la température de cet habitat étrange. Ces monts sont non seulement imperméables mais ils servent également de refuge aux serpents et aux lézards lors des incendies. Ce soir nous rejoignons Darwin.

Litchfield N.P.
Litchfield N.P.

Jeudi 23 avril 2009, Darwin, capitale du Territoire du Nord. Le seul lien que nous ayons trouvé entre la ville et Mr Darwin, est qu’en 1839, le capitaine du bateau “Beagle” donna à ce lieu le nom de Port Darwin en hommage à un ancien passager, Charles Darwin, fondateur de la Théorie de l’Evolution des Espèces.

La ville de Darwin est connue pour avoir subi des désastres, non seulement elle fut la seule ville australienne a être bombardée pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais elle a surtout subi un désastre en 1974. Le soir de Noël de cette année-là, le cyclone “Tracy” détruisit quasi toute la ville.

Nous y passons une journée d’écriture, de piscine, d’Internet et de farniente.

Du vendredi 24 au dimanche 26 avril 2009, le Parc National Kakadu est considéré comme l’un des joyaux de l’Australie. Le parc est classé au Patrimoine Mondiale tant pour sa valeur naturelle que culturelle. De nombreuses fresques aborigènes ornent les parois des grottes. Durant le “wet”, la saison des pluies, une grande partie du parc est inondée. Lorsque l’eau se retire des marais et que le niveau des eaux baisse dans les rivières, c’est tout un écosystème qui prend vie autour des “billabongs”, les plans d’eau permanents. Le parc abrite un tiers de toutes les espèces d’oiseaux que l’on peut rencontrer en Australie. A quelques encablures s’étendent les falaises et les plaines de la Terre d’Arnhem, toujours peuplée par les Aborigènes.

Kakadu N.P. - A deux pas de  Arnhem Land
Kakadu N.P. - A deux pas de Arnhem Land

Si aujourd’hui la saison des pluies est bien terminée, il n’en demeure pas moins que nous ne pouvons pas accéder à l’entièreté du parc. Certaines pistes sont toujours fermées, d’autres sont réservées aux 4×4 uniquement. Les excursions vers la Terre d’Arnhem n’opèrent qu’à partir de la semaine prochaine et la plupart des randonnées autour des billabongs sont encore fermées parce que l’eau infestée de crocodiles est encore trop proche des sentiers. Bon, et nous alors, qu’allons nous faire dans tout ça?

Kakadu N.P. - Ubirr Rock
Kakadu N.P. - Ubirr Rock

Nous roulons jusqu’au lieu dit “Ubirr”. Là-bas, entre les rochers de couleur orange, nous admirons quantités de peintures rupestres vieilles de dizaines de milliers d’années. Les motifs peints à l’ocre sont nettement moins abstraits que ceux que nous avons vus dans le sud de l’Australie. Si dans le sud un kangourou était représenté uniquement par ses empreintes de pas, ici il est bien représenté en entier, colonne vertébrale et os inclus. Pour cette raison le style est qualifié de style “rayon X”. Les illustrations de kangourous, de poissons, de lézards, d’hommes et d’esprits du “Dreaming” sont nombreuses.

Kakadu N.P. - Ubirr Rock
Kakadu N.P. - Ubirr Rock

Vers 18 heures, tous les visiteurs convergent vers le sommet d’un rocher. Nous y contemplons le coucher du soleil au-dessus de la plaine marécageuse de Kakadu. A l’est s’étendent les falaises rugueuses délimitant la terre d’Arnhem.

Kakadu N.P. - Ubirr Rock
Kakadu N.P. - Ubirr Rock

Nous aimerions nous rendre en Terre d’Arnhem demain. Nous devrions pouvoir y accéder avec notre propre véhicule en traversant une rivière, à condition de passer à marée basse. Cependant, ayant observé l’endroit de passage à gué ainsi que le courant de la rivière et la chute d’eau située juste à côté du passage, nous décidons de réprimer notre goût d’aventure. Idéfix nous en sera gré. Aussi acceptera-t-il sans doute que nous reviendrons un jour ici avec un autre véhicule que lui, un 4×4 de préférence…

Le site de Nourlangie Rock abrite quelques unes des plus célèbres peintures aborigènes anciennes. Nous nous promenons entre les rochers et les cavités ombragées. Les peintures rupestres représentent les “Dreamings” (esprits créateurs) tel le “lightning man” (homme éclair), mais aussi des poissons, des femmes, la danse et toujours selon le style relativement réaliste de la région. Aussi, ce réalisme ne laisse planer aucun doute sur le sexe des personnages représentés… Même les enfants n’ont aucun mal à les distinguer…

Kakadu N.P. - Nourlangie Rock
Kakadu N.P. - Nourlangie Rock
Kakadu N.P. - Nourlangie Rock
Kakadu N.P. - Nourlangie Rock

Afin de nous imprégner des richesses naturelles du parc, nous décidons de faire un tour en bateau sur la rivière dite “Yellow Water”. Nous embarquons à 16 heures, au moment où le soleil de plomb se fait moins sentir et où les couleurs s’adoucissent.

Kakadu N.P. - Yellow Water
Kakadu N.P. - Yellow Water

Navigant le long des berges vertes tachetées de blanc par une multitude d’aigrettes, nous avons l’impression de plonger dans une nature sauvage où chaque arbre, chaque fleur, chaque flaque d’eau abrite des animaux dont nous ne soupçonnons pas la présence.

Kakadu N.P. - Yellow Water
Kakadu N.P. - Yellow Water

Sur une branche est perché un aigle, “white bellied sea eagle”, qui s’apprête à plonger sur sa proie. Les serres ouvertes il se jette à l’eau, les deux pattes en avant et ce juste devant nos yeux.

Kakadu N.P. - Yellow Water
Kakadu N.P. - Yellow Water

Nous avons l’impression d’être revenus deux ans en arrière et de nous retrouver parmi la faune du Pantanal au Brésil. D’ailleurs, quelques minutes plus tard, nous tombons sur un “Jabiru”, cigogne à col noir, que l’on appelle Tuyuyu au Brésil.

Kakadu N.P. - Yellow Water
Kakadu N.P. - Yellow Water

Yann, cependant, ne tient plus en place. Il se demande si nous finirons par apercevoir des crocodiles. Le ranger qui mène la barque pointe son doigt vers les gilets de sauvetage. Il ajoute qu’ils sont absolument inutiles en cas de naufrage car l’eau est infestée de crocodiles. Justement, en voilà un tapi dans l’ombre, sur la berge. Plus loin, d’autres crocos montrent leurs dents, leurs gros yeux jaunes ou leur queue toute en cuirasse. Yann fait l’inventaire et en compte huit tout au long de notre balade sur l’eau.

Kakadu N.P. - Yellow Water
Kakadu N.P. - Yellow Water

Nous voilà à présent à voguer dans un champ de nénuphars. Des centaines d’oiseaux se posent et s’envolent de tous les côtés. Le spectacle est féerique. Nous quittons ce lieu magnifique sous un coucher de soleil qui laisse pantois. Merci Kakadu!

Kakadu N.P. - Yellow Water
Kakadu N.P. - Yellow Water
Kakadu N.P.
Kakadu N.P.

Du mardi 28 au mercredi 29 avril, retour à Katherine. Etant de plus en plus interpellés, intéressés, attirés par la culture et l’art aborigène, nous nous amusons à vaguer d’une galerie d’art à une autre. Nos chemins nous mènent vers un drôle de coco sujet à des troubles de la mémoire. Les œuvres qu’ils vend se trouvent dans un garage. Les didgeridoos y sont vendus d’après la qualité de leur son. Il prend un instrument de musique en main et souffle: dooo… 300 dollars, celui-ci, deee… 180 dollars, dwooaaa… 900 dollars!

Katherine
Katherine

Nous terminons notre “tournée” par une galerie située en dehors de la ville. L’accueil et les lieux sont agréables. Deux artistes aborigènes peignent dehors.

Katherine
Katherine

L’homme, originaire de la Terre d’Arnhem peint dans le style “rayon X” et la dame, originaire du centre de l’Australie, peint dans le style de “pointillés”. Assise dans l’herbe, entourée de pots de peinture, elle est en train de réaliser une œuvre illustrant le “bush tomato”. Voyant Yann et Pauline en admiration devant son travail, elle les invite à s’asseoir à côté d’elle et à réaliser leur propre peinture. Yann s’inspire d’Uluru et Pauline du Serpent Arc-en-ciel. Ils posent leur petits pointillés sur la toile avec beaucoup d’application.

Katherine
Katherine

Jeudi 30 avril 2009, il était prévu qu’après la visite du Parc National Kakadu nous prendrions la route vers l’ouest. Mais il nous semble avoir tant de temps devant nous… Si nous retournions à Daly Waters, 250 kilomètres plus au sud? Un rodéo y a lieu ce weekend. Sitôt dit, sitôt fait! Nous arrivons en début d’après-midi au fameux pub où une tong belge pend toujours.

Du vendredi 1 mai au samedi 2 mai 2009, cela nous fait tout drôle de passer d’un jour à l’autre d’une culture riche et ancienne d’un peuple encore mal connu à un jeu traditionnel de cowboys. Car ici, à Daly Waters, à l’occasion du rodéo il n’y a plus que ça. Hommes, femmes, adolescents et certains enfants sont tous vêtus de même: “boots” aux pieds, jeans, ceinture ornée d’argent, chemise à carreaux ou à lignes et chapeau feutré sur la tête. Les femmes arrivent néanmoins à se rendre élégantes avec de jolies boucles d’oreille et un beau collier.

Rodéo à Daly Water
Rodéo à Daly Water

Tous montent merveilleusement bien à cheval. Il y a des concours pour tout âge et de toutes catégories: du gymkhana, des courses de rapidité, des épreuves d’adresse où le cavalier et son cheval doivent diriger une vachette vers des lieux précis, etc.

Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters

Mais le clou du spectacle, du moins pour les Australiens, est le rodéo à dos de vachettes (il y a même une catégorie “moins de 16 ans”), ou le rodéo à dos de cheval, mais surtout à dos de taureau… “The Bulls Rodeo”! Et là, est-ce par orgueil, par fierté, par inconscience, par machisme ou autre, nous ne le savons, mais ces hommes sont de vrais fous!

Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters

Le grand spectacle débute dès la tombée du jour. Des grands spots éclairent l’arène entourée de cowboys et de quelques touristes. La poussière valse dans les airs. Les taureaux, de véritables colosses, sont enfermés dans une petite cage. Quelques cowboys leur serrent une corde autour du corps, juste avant les pattes arrières. Le cowboy “monteur” s’assied doucement sur le dos de la bête… la porte s’ouvre et le spectacle commence! Sont-ils déjà saouls ou vraiment fous? Certains arrivent à rester sacrément longtemps, d’autres à peine trois secondes.

Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters

Par contre, les organisateurs paraissent pressés par le temps. Un taureau semble réticent à vouloir quitter l’arène. Tant pis, ils le laissent dans l’arène et envoient le prochain, fou de rage à cause de cette corde qui lui sert les entrailles et à cause de ce bipède qui s’accroche à son dos. Ce deuxième taureau, une fois libéré de son fardeau, lui non plus ne veut pas quitter les lieux. Finalement, un cowboy se lance sur le dos d’un colosse alors qu’il y en a trois autres encore dans l’enceinte… Ce colosse, trop fou pour voir où il va, fonce droit sur un autre taureau. L’homme tombe entre les deux bêtes pesant plusieurs centaines de kilos chacune. Un des “clowns”, dont le rôle consiste à taquiner le taureau pour l’entraîner vers la sortie, ou pour aider un autre jackaroo (cowboy), saute dans la masse pour sortir son copain. Les deux hommes en sortent indemnes.

Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters

Conscients de leur “bêtise” d’avoir laissé plusieurs taureaux dans l’arène, ils décident d’évacuer les quatre bêtes. D’abord, ils essayent la méthode classique des clowns mais en vain… Un cowboy entre dans l’arène avec deux chiens qui mesurent à peine trente centimètres de haut. Ces derniers sautent et mordillent le nez des taureaux cent fois plus grands et plus lourd qu’eux. Il suffirait d’un coup de tête ou d’un coup de patte d’un taureau pour les envoyer dans les airs. Les chiens arrivent à les “embêter” mais pas suffisamment pour les “pousser” vers la sortie.

Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters

Nous entendons l’organisateur demander au micro: “Jeff, tu vas chercher ta voiture?” Quelques secondes plus tard, un pick-up entre dans l’arène. Le cowboy au volant, sûr de lui, pousse les taureaux vers la sortie. Ceux-ci reculent… mais c’est pour mieux se placer. C’est incroyable! Instinctivement ces quatre bêtes se mettent côte à côte, toutes face au pick-up. Ce dernier avance doucement, un taureau gratte la patte dans la terre, baisse la tête et fonce sur le pare-choc! Le bruit est assourdissant, la foule crie.

Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters

Ce jeu de force entre le cowboy dans son pick-up et les taureaux dure quelques minutes. Deux cavaliers viennent prêter main forte, des hommes à pieds font claquer des fouets… mais les taureaux sont têtus. Un homme, vêtu d’une chemise rouge, probablement en manque de lucidité par l’abus d’alcool, se met à courir dans tous les sens et ne prend aucune précaution. Soudain, un taureau le touche légèrement. L’homme pourrait sauter à l’arrière du pick-up mais n’en fait rien. Se prend-il pour un héros? Il fait trois pas de plus et… le taureau, d’un coup de tête au derrière, l’envoie valser dans les airs. L’homme atterrit près de la clôture, le taureau fonce sur lui… Nous nous retournons tous les quatre. Est-ce que les spectateurs ont su tirer l’homme à temps sous la barrière? Le taureau l’a-t-il encore touché? Nous ne le savons pas. Lorsque nous regardons à nouveau, les ambulanciers sont près de l’homme. Après quelques minutes d’un long silence, qui semblaient durer une éternité, cet homme, que nous traitons de fou, se relève. D’emblée, le “speaker” relance le spectacle. Les taureaux, sont-ils eux-même impressionnés par leur bravoure ou ressentent-ils la peur du public, qui sait? Mais tout à coup, en quelques minutes ces colosses quittent les lieux, gentiment, tels des agneaux! S’en suit un tonnerre d’applaudissements. Les enfants, paniqués, veulent partir. Nous arrivons à les convaincre de rester encore quelques minutes afin de voir un vrai rodéo et de chasser ces images violentes.

Le prochain taureau est prêt. Dans l’arène sont présents les clowns et les cavaliers pour évacuer le taureau le plus rapidement après chaque rodéo. La porte s’ouvre, le taureau s’élance et balance rapidement l’homme à terre. Il continue sa course folle, frôle les barrières et se jette tête première sur le flanc d’un cheval. Le cheval et le cavalier s’écroulent… Là, il y en a marre. Nous ne savions pas que rodéo était synonyme de violence et d’horreur. Damien reste, les enfants et Sophie partent. Sophie se retourne une dernière fois et voit le cavalier remonter sur le dos de son cheval. Ces cowboys ont tous un sacré ange-gardien! Pour Yann et Pauline, c’est clair, ils ne veulent plus voir de rodéo. Heureusement, ils ne sont pas choqués et s’endorment rapidement.

Nous nous rendons bien compte que ces hommes et ces femmes vivent sept jours sur sept entre les bêtes, au milieu de centaines d’hectares de terres. C’est un monde dur et rude.

Rodéo à Daly Waters
Rodéo à Daly Waters

Du dimanche 3 mai au lundi 4 mai 2009, retour à Katherine pour la troisième fois. Non pas que nous soyons particulièrement attirés par cette ville, mais parce que c’est un passage obligé pour rejoindre la Highway qui part vers l’ouest.

Nous avons eu des nouvelles de notre ami hollandais, Paul. Il est possible qu’il nous rejoigne à Katherine. De quoi nous revoir une dernière fois en Australie vu que la date de notre retour en Belgique approche à grands pas.

Comme tout bon “routard”, nous nous arrêtons à une station service à quelques kilomètres de Daly Waters. Pendant que Damien paye la note, Sophie sent un regard posé sur elle. Elle se retourne… “C’est Paul!” Il nous a déjà rattrapé! Apparemment, il a effectué 2100 kilomètres en trois jours, ce qui est énorme. Rendez-vous est pris pour l’apéro de ce soir à Katherine. Enfin, apéro… nous commençons par une tasse de café accompagnée d’un délicieux cake offert par Paul. Vers 17 heures, nous passons à l’apéro. Avons-nous tellement de choses à nous raconter ou est-ce le temps qui passe trop vite? Notre apéro se prolonge et se prolonge… Finalement, nous dînons à 23 heures!

Michel et Geneviève Casenave sont également à Katherine. Nous échangeons quelques informations.

Mardi 5 mai 2009, “Take care Mate!”, “Good luck, Paul!”, “Tot weerziens in België of in Nederland.” Chacun reprend sa route. Paul part vers le nord, vers Darwin et nous partons vers l’ouest, vers le Kimberley.

 
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Le Outback et le centre rouge (Australie) - 02/04/2009 au 18/04/2009 http://www.auplaisir.be/?p=130 http://www.auplaisir.be/?p=130#comments Thu, 02 Apr 2009 11:15:55 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=130 Itineraire Australie - Partie 13Du jeudi 2 avril au lundi 6 avril 2009, en route vers le centre rouge de l’Australie. Le Outback nous attend. Avant d’atteindre Alice Springs au centre du continent, nous avons 2000 kilomètres à parcourir.

Terre rouge, herbes jaunes et vertes, arbres plantés de-ci de-là, une chaleur étouffante, des “road trains”, des vaches, des faucons, des villes minières et des prix d’essence qui augmentent au fur et à mesure, sont en grandes lignes le décor de ces journées de route.

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Ces grandes plaines, cette longue route où il est rare de croiser un autre véhicule et ces couleurs chaudes de la nature nous captivent néanmoins. Même si tout est beau, calme et paisible, il ne faut pas oublier de prendre de l’essence dès que l’occasion se présente. La distance moyenne entre deux villes est de 120 kilomètres. Nous essayons de nous imaginer comment ce serait de traverser la Belgique du nord au sud en un jour en ne croisant que deux villages… et pour le reste des prairies et des vaches. 

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D’abord il nous faut donc nous habituer à la chaleur. Il n’est pas question de s’arrêter sur une des aires de repos en fin d’après-midi pour y passer la nuit car celles-ci sont dénuées d'’arbres et donc d’ombre. La température extérieure frôle les 40 °C. Nous choisissons nos étapes en fonction des “roadhouses” et petits campings susceptibles de nous offrir un peu d’ombre afin de pouvoir faire l’école le matin sans qu’Idéfix ne devienne un four dès les premiers rayons de soleil. Aussi nous préférons cuisiner sur les barbecues mis à disposition plutôt que de chauffer nos marmites à l’intérieur Idéfix. Et puis, s’il y a moyen de faire un petit plongeon dans une piscine de temps en temps, nous ne refusons pas. Il n’y a pas de mal à se faire du bien.

Roadhouse
Roadhouse

Sur la Flinders Highway, toujours au Queensland, le paysage est étonnamment vert. Les inondations des derniers mois doivent y être pour quelque chose. Le décor général, sous ce soleil de plomb s’apparente plus à un désert qu’à une vallée fertile.

Le métier de cowboy, ou plutôt de “stockman”, est le métier à exercer si on veut habiter la région. Tout ici est en rapport avec l’élevage de bétail. La route est bordée de vaches et d’enclos. Les road trains que nous croisons transportent essentiellement du bétail ou du gasoil. Nous voyons des stockmen poursuivre à cheval leur troupeaux  piétinant la terre rouge dans un nuage de poussière.

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Le village de Julia Creek est en effervescence. Demain aura lieu ici le rodéo annuel jumelé avec un triathlon. Les sportifs et les spectateurs enthousiastes convergent vers ici depuis les quatre coins du Queensland. Autant dire tout de suite que nous ne sommes pas seuls ce soir sur le petit camping de Julia Creek.

Le lendemain matin, nous partons très tôt afin de profiter de la fraîcheur matinale. Nous passons par Cloncurry, village d’où a décollé le premier avion de John Flynn, inaugurant ainsi la longue histoire des Flying Doctors. La route traverse à présent des collines de terre rouge et débouche sur la grande ville minière de Mount Isa. La mine de Mount Isa compte parmi les trois plus grandes mines d’argent au monde.

Mount Isa
Mount Isa

Dans le Outback, les stations services sont dites “roadhouses” et offrent généralement tout ce dont le routier ou le voyageur a besoin en matière de carburant, de fastfood, de bière fraîche, de motel ou de caravan park (camping). L’endroit est généralement peu intéressant et désolé. Mais il y figure clairement une ambiance décontractée. Le roadhouse dans le Outback, c’est comme l’oasis dans le Sahara.
Nous franchissons la frontière de l’Etat du Territoire du Nord. Et de sept! Le décor devient plus aride, la terre plus rouge. Par-ci par-là, un moulin à vent grince de ses pales rouillées au-dessus de l’herbe desséchée.

Outback
Outback

Idéfix file bon train sur les routes rectilignes où nous croisons une dizaine de véhicules par jour. Des sauterelles viennent par dizaines s’écraser sur le pare-brise et sur le radiateur.

“Three Ways”, le carrefour à trois bras, véritable plaque tournante entre Darwin (au nord), Townsville (à l’est) et Adélaïde (au sud). Pour marquer l’importance du lieu il y a tout juste un roadhouse et un monument commémoratif pour John Flynn dans les alentours. Rien d’autre. Nous pensions au moins avoir une petite plaque indiquant Alice Springs 540 km, Darwin 980 km, mais non, rien de tout cela. Nous poursuivons notre route vers le sud.

Les “Devil’s Marbles“, grands rochers arrondis par l’érosion, forment une petite diversion. Ces “billes géantes” seraient pour les Aborigènes les oeufs du serpent Arc-en-ciel.

Devil's Marbles
Devil's Marbles
Barrow Creek, station télégraphique
Barrow Creek, station télégraphique

Nous roulons jusque tard dans la journée et admirons ainsi le joli jeu de lumière dont le soleil drape le décor de terre rouge et d’herbe sèche et jaune. Nous passons à côté d’une ancienne station de télégraphe, manquons d’écraser un lézard noir et jaune, traversons des territoires aborigènes et arrivons au Ti-Tree Roadhouse juste avant la tombée de la nuit. Ici, des paons, élevés par le gérant de l’établissement, se jettent sur Idéfix pour picorer les sauterelles grillées accrochées au radiateur.

un paon se régale des sauterelles dans le radiateur d'Idéfix
un paon se régale des sauterelles dans le radiateur d'Idéfix
Ti Tree Roadhouse
Ti Tree Roadhouse

Mardi 7 avril 2009, la roadhouse de Ti-Tree est située en plein milieu du territoire aborigène de la communauté Ahakeye. Quelques familles aborigènes sont attroupées devant une petite épicerie. Nous passons la porte de celle-ci et nous découvrons au fond du magasin une petite galerie d’artisanat. Il y a des peintures, des “tapping sticks” (bâtons qu’ils tapent l’un sur l’autre lors de chants), des bols et des boomerangs réalisés et/ou décorés par les Aborigènes de la communauté. Yann s’intéresse de près aux didgeridoos qui sont exposés. Au bout de quelques minutes il parvient à faire vibrer l’instrument comme il se doit, au grand étonnement du tenancier de la boutique.

En début d’après-midi, après 200 kilomètres de route, nous arrivons dans une ville implantée au milieu de l’Outback, au milieu du désert comme disent les Australiens. Nous sommes à Alice Springs, le centre géographique du continent australien. La ville fut fondée pour servir de relais télégraphique entre Adélaïde et Darwin. La station télégraphique fut construite à proximité d’une source d’eau qu’on nomma Alice Springs en l’honneur de l’épouse du responsable des télégraphes.

Mercredi 8 avril 2009, à Alice Springs se trouve la plus grande salle de classe au monde. Elle couvre une superficie de 1300000 km², soit dix fois la superficie de l’Angleterre. Il s’agit de la Alice Springs School Of the Air (ASSOA). Cette école radiophonique fut crée en 1951 à l’initiative de Mme Miethke, soucieuse du manque de contacts sociaux que devaient avoir les enfants vivants dans des endroits isolés et espérant apporter également une éducation à ces enfants. Etant administratrice dans le Royal Flying Doctor Service, elle avait reconnu dans la communication par radio un excellent moyen pour réaliser son projet. La dernière leçon radiophonique fut diffusée fin 2005. Depuis 2003, l’enseignement à distance se fait par le biais de l’internet via satellite.

Alice Springs - School of the Air
Alice Springs - School of the Air

C’est une école publique et donc subsidiée par l’Etat. Ainsi, l’école peut fournir à chaque élève le matériel satellitaire et informatique d’une valeur entre 10 000 et 15 000 AU$ (entre 5000 et 7500 euro). Les élèves vivent dans des domaines d’élevage de bovins, dans des communautés aborigènes, dans des installations touristiques, dans des parcs nationaux et dans des bases militaires, ou ils voyagent tout simplement avec leur famille.

Au centre situé à Alice Springs, nous pouvons voir la “classe” de l’instituteur. C’est impressionnant. Celui-ci dispose de deux ordinateurs et de trois caméras, l’une braquée sur le prof même, l’autre vers un coin de la salle et une troisième est placée verticalement au-dessus d’un grand bureau blanc d’où l’instituteur peut montrer des dessins, des bricolages, de la calligraphie et autres.

Alice Springs - School of the Air
Alice Springs - School of the Air

Tous les jours, à une heure fixe, chaque élève d’une “classe” s’installe derrière son ordinateur à la maison et ils ont un cours d’une heure avec leur instituteur et les autres élèves. Chaque enfant voit son professeur sur son écran. S’il veut poser une question il lui suffit de cliquer sur un bouton. Le prof, installé à plusieurs centaines de kilomètres, voit sur son ordinateur l’icône, correspondant au nom de l’enfant, clignoter. Lorsque le professeur clique sur cet icône, l’enfant peut parler dans son micro et poser sa question. Après cette heure de cours, chaque enfant travaille encore quatre heures chez lui dans ses livres scolaires, avec un tuteur (généralement un des parents). Une à deux fois par mois l’instituteur envoie un colis à chaque élève. Dans ce colis se trouvent les devoirs corrigés, de nouveaux devoirs, des cahiers, des livres de la bibliothèque, etc. Ces colis sont généralement envoyés par avion ou apportés par un road train qui passe dans “le coin”.

L’instituteur rend visite à chacun de ses élèves une fois par an. Il passe la journée avec l’enfant et le tuteur. Lorsque le domicile de l’enfant est trop éloigné, l’instituteur y passe aussi la nuit.

L’école d’Alice Springs organise également trois à quatre fois par an une réunion d’une semaine pour tous les enfants. Ainsi, les élèves peuvent se rencontrer en chair et en os, passer de bons moments ensemble, sans oublier la matinée de cours dans une “vraie” classe.

L’école de téléenseignement d’Alice Springs se classe dans le 10 % supérieurs sur l’échelle du système éducatif du Territoire du Nord.   
Nous sommes bluffés par l’organisation de cette école hors du commun!

Yann et Pauline se rendent compte que leur cas actuel est semblable. Sauf qu’ils n’ont que deux heures de cours par jour… et que les animateurs radio ne sont que maman et papa…

La visite nous a passionnée. Nous démarrons à présent le moteur de notre “school of the road” et mettons le cap vers l’ouest d’Alice Springs où s’étendent les montagnes et les nombreuses gorges des West Mc Donnell Ranges.

Du jeudi 9 au samedi 11 avril 2009, la chaîne montagneuse appelée “West Mc Donnell Ranges” s’étend sur 161 kilomètres à l’ouest d’Alice Springs. Pendant ces trois jours, nous visitons les nombreuses gorges et “trous” d’eau façonnés depuis des milliers d’années par le vent et l’eau. Ces lieux ont une importance spirituelle pour les Aborigènes Arrernte. Leurs histoires et leurs “dreaming tales” ont une telle importance qu’elles ne sont pas dévoilées au grand public.

West Mc Donnell Ranges
West Mc Donnell Ranges

Parmi tous les sites que nous voyons: Simpsons Gap, Standley Chasm, Ochre Pits, Ormiston Gorge, c’est cette dernière qui nous séduit le plus. Nous y effectuons une jolie promenade qui nous mène dans un premier temps au sommet de la gorge et ensuite nous plongeons dans un lit de rivière sec où subsistent des trous d’eau et poussent des eucalyptus aux troncs si blanc qu’ils sont appelés “Ghost Gums”.

West Mc Donnell Ranges
West Mc Donnell Ranges

Effectuant cette randonnée en fin de journée, nous avons la chance d’y voir des “rock wallabies” sautillant sur les flancs abrupts de la gorge. Ils sont dans leur habitat naturel, ils adorent les rochers. Tout comme Yann et Pauline, qui trouvent que la promenade d’une heure et demie est trop courte.

West Mc Donnell Ranges - Ormiston Gorge
West Mc Donnell Ranges - Ormiston Gorge

Au Simpson Gap nous apprenons un peu plus sur l’utilité de certains arbres pour les Aborigènes. Le “Mulga” (Acacia Aneura) est un arbre important. Son bois est utilisé pour la fabrication d’ustensiles et d’armes (entre autres lances et boomerangs), ses graines sont une source de nourriture importante, ainsi que les fourmilles à miel (honey ants) qu’ils trouvent en creusant un trou près du tronc. Aux creux des racines du Witchetty Bush (Acacia Kempeana), les Aborigènes trouvent d’énormes vers blancs mangés crus ou grillés sur le feu. Le jus du Desert Bloodwood (Corymbia Graca) est traditionnellement utilisé comme produit antiseptique. Nous découvrons ainsi l’utilité de quatorze plantes. C’est une promenade fort enrichissante et les enfants sont émerveillés par la capacité des Aborigènes à utiliser les produits de la nature.

West Mc Donnell Ranges
West Mc Donnell Ranges

Sur le retour vers Alice Springs, nous embarquons une autostoppeuse. Elle termine sa randonnée de 7 jours dans les Mc Donnells. En cours de route elle nous raconte qu’elle possède trois chameaux avec lesquels elle a traversé le désert d’Alice Springs à Shark Bay (sur la côte ouest). Son chapeau en feutre troué abrite en permanence une quinzaine de mouches et des effluves nauséabondes se répandent dans Idéfix. Elle traverse les plaines seule. Ses mains et ses doigts ont la taille de ceux d’un bûcheron. Nous ne sommes même pas certains qu’elle ait une tente avec elle. La conversation est sympathique et nous ne sommes pas mécontents d’avoir fait connaissance d’une randonneuse en tongs…

Dimanche 12 avril 2009, Joyeuses Pâques! Les cloches sont passées cette nuit. Ou est-ce le lièvre de Pâques? Ou encore le Bilby? Le Bilby est un rongeur bien d’ici que les Australiens tentent d’imposer en tant que remplaçant du lièvre. Les lièvres et les lapins ayant causé ici trop d’ennuis par le passé. Sur le camping d’Alice Springs des enfants sortent de leurs caravanes et distribuent des chocolats à tout le monde souhaitant un “Happy Easter” avec de larges sourires.

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Ayers Rock, le fameux rocher rouge, dont le nom officiel est à nouveau son nom aborigène “Uluru“, se trouve à 430 kilomètres d’ici, en plein désert australien. Idéfix roule bon train. Il n’y a que deux carrefours et pas de feux rouge. Le premier coup de frein est donné à l’heure de la pause déjeuner sur un roadhouse, le deuxième à l’arrivée à Yulara où se trouve le campement à proximité d’Uluru. Nous y sommes! Nous voyons des bus et des camping-cars se précipiter vers le parc national pour le coucher du soleil. Quant à nous, trop exténués par le voyage et la chaleur, nous prévoyons notre rencontre avec le rocher pour demain. Le réveil et réglé à 5h30, pour le lever du soleil sur Uluru.

Uluru
Uluru

Lundi 13 avril 2009, en nous approchant de ce site à la lueur des premiers rayons du soleil, nous sommes subjugués par sa taille et sa présence si étrange au milieu de ces plaines planes de l’Outback. Sept heures du matin, le soleil se lève sur le rocher rouge d’Uluru. Sous l’éclat du soleil, le monolithe le plus photographié d’Australie n’échappe pas non plus à nos objectifs. Il ressemble à un gros morceau de charbon rougeoyant émergeant de la terre aride. L’on pourrait penser que l’image trop souvent représentée de Ayers Rock n’est qu’un simple cliché d’une destination devenue fort touristique. Pourtant, la beauté naturelle et la valeur sacrée qui émanent de ce bloc de pierre nous laissent rêveurs. D’autant plus merveilleuses sont les impressions que nous offre le rocher lorsque nous nous en approchons. A la fraîcheur du matin, nous nous promenons à son pied, à l’ombre de ses parois arrondies mais néanmoins rugueuses et sous les arbres qui l’entourent.

Uluru
Uluru

Nous y découvrons les traces de très anciennes peintures aborigènes, l’histoire du dreaming d’une maman python ainsi que du groupe de wallabies attaqués par un monstre pour avoir refusé d’assister à une cérémonie “corroborée”.

Faisant le tour du rocher, il nous semble que celui-ci change d’aspect continuellement. Le jeu de lumière et des courbes sur la croûte rouge du rocher sous le ciel d’un bleu profond est spectaculaire.

En fin d’après-midi, le ciel se couvre un peu et un gros nuage obscurcit le soleil au moment où il se couche. C’est pas l’idéal pour la photo, mais le moment n’en reste pas moins magique.

Bob Randall, écrivain du livre ” Songman, The story of an aboriginal elder” décrit joliment le lever et le coucher du soleil sur ce lieu sacré:

“In the early morning as the Sun rises to warm our other mother, the Earth, it glows molten red, then golden as the sun climbs high into the sky. During the day, the vast, brilliant blue, desert sky shimmers with heat, even in the winter. At sunset, as the night rises from the eastern skyline, Uluru slowly changes its gown for its night dress, a deep purple dissolving into the beautiful blackness of the night. At this time, my country is brilliant with stars, the campfires of our ancestors, the spirit people of the sky.”

De nombreuses histoires, des “songlines”, concernant Uluru sont très importantes et gardées secrètes car trop sacrées. Nous avons trouvé une partie d’une de ces histoires dans le livre: “Songman, The story of an aboriginal elder”, écrit par Bob Randall, membre de la communauté aborigène Yankunitjatjara.

“Il y a longtemps, mon peuple vivait sur une île au nord. La terre tremblait et de nombreux volcans crachaient du feu vers le ciel. Nous appelions tous les oiseaux mangeurs de viande et leur demandions de nous trouver un endroit sûr où aller. Ils partaient à la recherche mais tout était détruit partout. Même la mer se mit en ébullition. Ainsi, nous faisions appel à notre mère, le grand Serpent. Elle nous disait:”Dépêchez-vous, montez sur mon dos et je vous emmènerai vers un endroit sûr.” Mon peuple, les Yankunytjatjara, étaient les premiers et grimpèrent derrière la tête du serpent. Elle nous demandait de nous dépêcher car elle sentait son propre corps qui commençait à bouillir. Le serpent nageait à travers l’océan bouillant. En plongeant dans la mer, des parties de son corps se cassaient, entraînant des hommes. Ceux-ci devinrent les îles situées entre l’Australie et le Japon. Un aigle arrivait en volant et racontait au serpent qu’il avait trouvé un endroit, loin dans le sud où tout était calme. A ce moment, le serpent n’avait plus que sa tête et ses épaules portant le peuple Yankunytjatjara. Tout le reste était tombé dans la mer bouillante. Le serpent nageait vers le sud, trouvait la partie nord de l’Australie et continuait vers le sud jusqu’à ce qu’elle arrivait à une grande baie. C’est là que mon peuple a continué sa vie. Uluru est la tête de la mère serpent qui nous a sauvés de ce terrible moment de destruction et nous a transporté là où nous vivons maintenant.”

Mardi 14 avril 2009, The Olgas, appelé à nouveau depuis quelques années les “Kata Tjuta“, est également un lieu de haute importance pour les Aborigènes. Certains scientifiques pensent que les différents dômes des Kata Tjuta formaient auparavant un tout. Si c’est le cas, tous ces dômes rassemblés auraient formés un monolithe plus grand que celui d’Uluru.

Kata Tjuta
Kata Tjuta

Une randonnée permet aux visiteurs d’en voir une grande partie. C’est la partie centrale de cette promenade, Valley of The Winds, qui est la plus impressionnante. Le sentier étroit sillonne entre les parois élevées des Kata Tjuta et nous emmène au fond d’une vallée où les couleurs vertes des arbres côtoient le rouge des rochers.

Kata Tjuta
Kata Tjuta

Grâce au réservoir d’eau, installé par les rangers, nous pouvons remplir nos gourdes et poursuivre la randonnée. Cette fois, nous ne rencontrons pas d’araignées mais de jolie oiseaux au bec rouge.

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Le sentier monte petit à petit. Quelques centaines de mètres plus loin nous nous trouvons au milieu d’une gorge et nos regards plongent vers une autre vallée formée entre ces énormes rochers rouges. Il règne un calme extraordinaire et une légère brise vient nous rafraîchir.

Kata Tjuta
Kata Tjuta

Dans les livres consacrés à l’art aborigène nous lisons que de nombreux artistes vivent dans des communautés installées près d’Uluru et de Kata Tjuta. Mais nous n’en verrons rien. Ces communautés vivent vraiment cachées et essayent tant bien que mal de se protéger de la culture des blancs, trop différente et incomparable à la leur. De temps en temps, nous devinons qu’une des pistes quittant la route principale mène vers leur village. Les Aborigènes que nous avons croisés jusqu’à présent sont ceux errant dans les villes ou près des roadhouses. Contrairement à ce que nous avions lu et entendu, nous n’en voyons pas beaucoup avec une bouteille d’alcool à la main. Il est vrai que le gouvernement du Territoire du Nord est très sévère quant à la consommation d’alcool en public. Lors de chaque achat d’alcool, il faut d’ailleurs remettre une pièce d’identité et tout achat est enregistré. L’Etat peut donc surveiller la consommation d’alcool de chaque individu. La consommation et la détention d’alcool sont également strictement interdites en territoires aborigènes, mais ceci est une loi aborigène. Avant l’arrivée des blancs les Aborigènes ne connaissaient pas l’alcool. Aujourd’hui, tant la consommation d’alcool que le reniflement des gaz
de pétrole sont un moyen pour les Aborigènes “perdus”, “paumés”, sans travail et loin de leur communauté d’origine,  d’oublier leur malheur, de fuir la réalité.
Grâce aux musées, aux centres culturels et aux livres nous apprenons petit à petit à mieux comprendre la culture aborigène, ses croyances, sa psychologie, son histoire, ses souffrances depuis l’arrivée des blancs, son art, etc.

Au début de ce voyage en Australie, nous disions que ce pays n’a pas beaucoup d’histoire, que ce pays est jeune. En fait, c’est faux. L’Australie des “blancs”, oui, elle est jeune et d’ailleurs tout leur est prétexte pour nommer quelque chose “d’historique”. Mais l’Australie, la vrai Australie, celle des Aborigènes est riche en culture, en histoires, en croyances et en art. Les Aborigènes seraient le peuple le plus ancien de la Terre.

Jeudi 16 avril, une dernière visite de peintures rupestres aborigènes aux East Mc Donnell Ranges nous déçoit quelque peu. Ensuite, nous quittons cette région mythique et nous roulons vers le nord. La route est appelée “Stuart Highway” en l’honneur de l’explorateur qui réussit à traverser toute l’Australie du sud au nord après une longue et lourde expédition. Nous passons la nuit à Barrow Creek, à l’arrière d’un petit pub. Au fur et à mesure que le soleil se couche, les voitures s’entassent dans tous les sens autour du seul poteau auquel on peut brancher son câble électrique. Pour arriver aux douches il faut suivre un dédale de couloirs défraîchis où gisent sauterelles, cafards et autres petites bêtes. Les douches mêmes sont dignes des plus délabrées que nous avons eues en Amérique Latine. Mais avec cette chaleur, elles nous font un bien fou, tout comme la bière bien fraîche servie dans le pub.

Barrow Creek
Barrow Creek

Vendredi 17 avril 2009, en route, nous repassons par l’intersection “Three Ways” où les routes venant de la côte est, celle du nord (Darwin) et celle du sud (Alice Springs – Adélaïde) se rejoignent. Nous y sommes passés il y a quelques jours, lorsque nous venions de l’est. Aujourd’hui, nous y suivons la direction sud-nord. Ce soir, nous installons notre bivouac à Banka Banka Station. Celle-ci fait partie de la grande propriété d’élevage de bovins nommée Kidman Cattle. Le domaine possède 60.000 têtes de bétail. Cette partie de la ferme n’est plus fonctionnelle et ils en ont fait un lieu de repos pour les voyageurs. La compagnie a encore deux autres “stations” très actives. Les cowboys, appelés “stockmen” ou encore “jackaroos” gèrent les troupeaux soit à cheval, en moto et même en avion! Le petit film diffusé ce soir est intéressant et nous permet de mieux réaliser l’ampleur du travail et de la gestion de ces fermes australiennes.

Samedi 18 avril 2009, 300 kilomètres de route. Arrêt vers 13 heures à hauteur d’une roadhouse comme d’habitude. Le temps de garer Idéfix à l’ombre, nous avons tout de suite senti être arrivés à un endroit pas comme les autres. Nous sommes à Daly Waters. Son pub est qualifié de “historique”. Devant la porte est garé une caravane de fabrication artisanale, tirée par un vieux bus. Nous la reconnaissons tout de suite pour l’avoir dépassée sur la route il y a deux jours. Déjà qu’il est assez rare de devoir effectuer des dépassements sur ces routes, cette caravane de plus, ne passe pas inaperçue. Elle semble sortie tout droit d’un dessin animé des Flinstones. Elle est décorée de peintures et d’inscriptions complètement décalées, possède une cheminée en tôle et porte de vieilles casseroles et guitares qui pendouillent à des bouts de ficelle sur les flancs.

Frank The Chookman
Frank The Chookman

Dans le pub, des tas d’objets kitchs ornent les murs et le bar. Aux murs sont épinglés de centaines de billets de banque de tous les pays, d’anciens permis de conduire, de vieux t-shirts, des soutiens-gorge, etc. Dans la cour intérieure est planté “un arbre à tongs”, un poteau où les visiteurs peuvent pendre leurs vieilles savates usagées.

Daly Waters Pub
Daly Waters Pub

Nous décidons de prendre le souper au pub. Ca risque d’être folklorique. Le menu est très simple: nous avons le choix entre un “barra” (le barramundi est un grand poisson d’eau douce vénéré par les fanatiques de la pêche) ou une pièce de bœuf au barbecue. Nous prendrons les deux, autant goûter aux deux “spécialités”.

Sur une petite estrade à côté de notre table, un artiste se prépare pour lancer son spectacle. Nous reconnaissons le bonhomme. C’est le propriétaire de la caravane déglinguée garée devant le bar. Son nom de scène est Frank the Chookman. Avec sa guitare sur les genoux et ses deux bébés aigles sur la tête, assis devant un décor en carton illustrant la carte d’Australie, il nous chante quelques chansons bien australiennes et met de l’ambiance dans la salle.

Daly Waters Pub
Daly Waters Pub

Difficile à dire si Yann et Pauline sont subjugués par le spectacle ou par les deux petits aigles tout dodus. Ils n’hésitent pas à monter sur la scène lorsque Frank les appelle. Mais comme les enfants ne comprennent pas trop bien l’anglais et encore moins le “slang” australien, son petit numéro avec les enfants rate complètement, au grand plaisir des spectateurs…. et de Yann et Pauline car ils sont récompensés de leur effort par une glace.

L’ambiance bon enfant est délicieuse et nous passons une excellente soirée. Soirée, dont nous laissons une empreinte au pub en léguant une de nos tongs à l’arbre à tongs.

Daly Waters Pub - Notre tong en souvenir
Daly Waters Pub - Notre tong en souvenir

Demain, nous partons vers le nord, le Top End.

Collage-Centre_Rouge1.JPG
Collage-Centre_Rouge1.JPG

 
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Haut en couleurs (Australie) - 08/03/2009 au 31/03/2009 http://www.auplaisir.be/?p=128 http://www.auplaisir.be/?p=128#comments Sun, 08 Mar 2009 05:39:50 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=128 Itineraire Australie - Partie 12Du dimanche 8 mars au mardi 10 mars 2009, les Blue Mountains sont situées à 100 kilomètres à l’ouest de Sydney. Les premiers explorateurs mirent 25 ans pour trouver un passage dans cette chaîne de montagne. Ils espéraient rejoindre des terres fertiles de l’autre côté des montagnes. La route qui mène vers les Blue Mountains monte jusqu’à 1000 mètres d’altitude et n’offre rien de palpitant. Nous faisons un bivouac à Megalong Valley.

Blue Mountains dans la brume
Blue Mountains dans la brume

Le lendemain matin, nous nous réveillons dans la brume. La balade jusqu’aux Wentworth Falls serait certainement magnifique si l’on pouvait y voir à plus de 20 mètres. Les montagnes bleues offrent aujourd’hui différents points de vue sur un brouillard total. Tant pis, nous logerons ce soir à Mount York et aurons peut-être plus de chance demain de voir les fameux “Three Sisters”, rochers emblématiques des Blue Mountains sous un ciel dégagé et un soleil radieux.

Blue Mountains dans la brume
Blue Mountains dans la brume

Le lendemain, le cliquetis des gouttes de pluie sur le toit d’Idéfix nous réveille. Le ciel est gris. Nous nous disons que si les montagnes bleues ont décidé de nous bouder, nous ne nous attarderons pas plus longtemps. Nous empruntons une route de montagne nommée “Bell’s Line of road”, traversons une région bordée de vergers et rejoignons la côte.

Du mercredi 11 mars au jeudi 12 mars 2009, au-dessus de nous sont perchés des “kookaburras”, oiseaux typiques d’Australie, qu’on dit “rieurs” à cause de leur chant moqueur. Nous sommes dans le Myall Lakes National Park. Ce parc serait l’un des systèmes hydrographiques les plus vastes d’Australie. Le parc contient quatre grands lacs, des hautes dunes, 40 kilomètres de plages, des forêts tropicales, des forêts côtières, …
Sur une des plages nous découvrons de drôles de petites bêtes bleues sur le sable. Ce sont des nudibranches.

un Nudibranche
un Nudibranche

Le lendemain, les enfants surfent sur les vagues et nous profitons de cette baignade pour nous rafraîchir. En fin de journée, à quelques mètres d’un des grands lacs, deux varans éveillent notre curiosité. C’est un joli et agréable parc dans lequel nous profitons pleinement de ses plages, de ses lacs et de ses forêts.

Myall Lakes NP
Myall Lakes NP

Vendredi 13 mars 2009, la Pacific Highway, qui longe la côte est devient un peu monotone. Nous faisons un dernier écart afin de jeter un coup d’oeil à Crescent Head, histoire de voir les surfeurs à l’œuvre. Les vagues sont trop petites aujourd’hui pour attirer les pros et le coin est trop touristique.
Nous quittons la Pacific Highway pour prendre une route qui passe plus à l’intérieur du pays. Changement de décor…

Crescent Head
Crescent Head

Samedi 14 mars 2009, la route étroite longe des champs et des prairies verdoyantes. Elle passe ensuite par une forêt tropicale, puis grimpe jusqu’à un plateau où la végétation redevient sèche et basse.
Le Dorrigo National Park nous accueille pour la pose déjeuner et nous propose une randonnée de six kilomètres dans la forêt tropicale. Nous nous promenons de cascade en cascade tout en contemplant les énormes arbres sur lesquels poussent parfois d’autres espèces tel le figuier étrangleur.

Dorrigo NP
Dorrigo NP

Des petits arbustes, les plus petits palmiers d’Australie, décorés de jolies guirlandes de petits fruits rouges, nous étonnent. En fin de promenade, il se met à pleuvoir. Les grandes feuilles et les arbres nous protègent, nous sentons à peine la pluie sur nous. Par contre, les gouttes résonnent sur le feuillage.

Dorrigo NP
Dorrigo NP

Toute la soirée et toute la nuit il ne cessera de pleuvoir. Ce sont de gros nuages poussés par un vent du nord, et donc venant du Queensland, qui couvrent toute la région. Il y a à peine un mois, 60% du Queensland était sous eau. Apparemment, la saison des pluies fut impressionnante cette année.

Dimanche 15 mars 2009, nous traversons la région dite “Nouvelle-Angleterre”. Cette région, située à l’intérieur des terres est le territoire des éleveurs de bétail. Prairies, clôtures, vaches et moutons, meneurs à cheval, le New England ressemble à une contrée de cowboys.

Crépuscule dans le New-England
Crépuscule dans le New-England

Avant de prendre la New England Highway, nous marquons un arrêt devant les Ebor Falls.

Nous arrivons plus tôt que prévu à Glen Innes, petite bourgade au milieu des champs, et Damien profite de l’après-midi pour remplacer le pneu arrière qui est suffisamment usé pour nous inquiéter. Sophie s’occupe de la lessive alors que les enfants jouent au hockey sur le gazon du camping.
Ce soir, des orages éclatent tout autour de nous.

Lundi 16 mars 2009, il pleut des trombes d’eau. Les cours de classe sont interrompus quelques minutes par un bruit assourdissant de grêlons. Malgré quelques hésitations, nous décidons néanmoins de reprendre notre route sous la pluie. En quittant le terrain de camping, nous remarquons un bruit étrange à la roue arrière, celle qui a été remplacée hier. Alors que Damien sort du véhicule pour vérifier ce qu’il se passe, une nouvelle averse nous surprend; En deux minutes, les routes sont couvertes de deux centimètres d’eau et de véritables torrents se forment à hauteur des caniveaux. Mieux vaut peut-être ne pas rouler aujourd’hui. Nous passerons à un centre de pneus et regagnerons ensuite gentiment notre place au camping.
En fin d’après-midi, nous avons droit à quelques rayons de soleil qui nous réchauffent. Par contre, quelques heures après le coucher du soleil, toute la ville est plongée dans un brouillard épais. C’est incroyable! Comment sera le temps demain?

Mardi 17 mars 2009, la New England Highway, du haut de la “Great Dividing Range” redescend tout doucement pour atteindre la frontière du Queensland. Le temps est radieux. Nous sommes toujours entre les vaches et les moutons mais cette fois dans un nouvel Etat d’Australie. Très rapidement, nous voyons des palmiers, des cactus, des étangs couverts de nénuphars et des maisons construites sur pilotis marquer le décor. Les stations services affichent des prix de carburant nettement plus bas que dans les autres Etats, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

IMG_5704.JPG
IMG_5704.JPG

Nous avons hâte de découvrir la Grande Barrière de Corail. C’est pourquoi nous décidons de faire l’impasse sur la ville de Brisbane et de la contourner pour piquer sur Bundaberg, “Where de reef begins.”.

Vendredi 20 mars 2009, tout autour de Bundaberg s’étendent des champs de canne à sucre. La canne à sucre est transportée par chariots sur des rails vers la distillerie du coin où le rhum brun de Bundaberg est produit. Aujourd’hui, ce n’est pourtant pas ce qui nous intéresse. Nous analysons les différentes options qui nous permettraient d’explorer la Grande Barrière de Corail.

Bundaberg - Canne à Sucre
Bundaberg - Canne à Sucre

Samedi 21 mars 2009, 1770, date à laquelle le Capitaine Cook jeta l’ancre dans une jolie baie aux plages immaculées, entourées de rochers, de palmiers et de forêts. 1770, également le nom d’un petit village d’où le bateau “Spirit of 1770″ nous emmènera demain à la découverte du corail et de ses trésors. La Grande Barrière de Corail s’étire sur 2000 kilomètres et longe la côte est de l’Australie, plus précisément, la côte du Queensland. La Grande Barrière de Corail est le plus grand récif de la planète. Demain, nous en verrons une toute petite partie.

Mangroves à Town of 1770
Mangroves à Town of 1770

Dimanche 22 mars 2009, à six heures, le réveil nous sort de nos songes. Deux minutes plus tard, tout le monde est sur le pied de guerre. Le temps de prendre un petit déjeuner, nous passons un coup de fil à l’agence pour nous assurer que le bateau sort bien aujourd’hui. Lorsque les conditions météorologiques ne sont pas bonnes, le capitaine décide d’annuler l’excursion. Ce matin, le soleil est déjà haut dans le ciel immaculé, mais pour la forme, nous passons tout de même le coup de téléphone. La dame de l’agence nous répond:”I’m sorry sir, but the tour has been cancelled. There is too much wind.” Nous n’en croyons pas nos oreilles. Il fait un temps radieux. Mais il est vrai que nous sommes dans une baie et donc probablement à l’abri du vent. Nous acceptons de remettre le tout à demain. Bon, il est sept heures du matin, le petit déjeuner est déjà englouti. Maintenant, il va falloir trouver de quoi occuper notre journée. Nous passons la journée avec les enfants sur une plaine de jeux et sur la plage. Sur cette dernière, nous admirons les mangroves et les palmiers.

Cape Hillsborough NP
Cape Hillsborough NP

Mais il n’est pas question de mettre un pied dans l’eau. Des panneaux nous préviennent de la présence de méduses mortelles et de “stone fish” (dont la piqûre peut également être mortelle). Il est donc fortement déconseillé de se baigner. Les responsables de ces panneaux ont eu la gentillesse de traduire l’avertissement en français et en allemand. C’est bien évidemment très aimable de leur part, mais ils devraient revoir leur traduction: “…are known to be present.” est traduit “…sont sus pour être des cadeaux.” au lieu de “…peuvent être présents.”. Même si les Australiens ont un humour parfois particulier, nous doutons qu’ils pousseraient la blague si loin…

Attention méduses mortelles - traduction à mourir de rire
Attention méduses mortelles - traduction à mourir de rire

Lundi 23 mars 2009, à six heures, le réveil nous sort de nos songes. Deux minutes plus tard, tout le monde est sur le pied de guerre. Le temps de prendre un petit déjeuner, nous passons un coup de fil à l’agence pour nous assurer que le bateau sort bien aujourd’hui… “Good morning sir, yes, we’re going out, but it’s gonna be rough.” Nous sommes lundi, mais comme tous les instituteurs, nous aussi, nous avons droit à une journée pédagogique. Aujourd’hui, c’en est une!

Huit heures et demie, tout le monde est installé dans le bicoque. Un membre de l’équipage prend la parole pour nous souhaiter la bienvenue, mais il semble surtout vouloir nous avertir des conditions de la traversée: “Il y a encore pas mal de vent aujourd’hui, la mer sera donc agitée. Les vagues seront relativement hautes et le bateau bougera énormément. Nous vous inquiétez pas, il n’y a aucun danger, sinon, nous ne partirions pas. Néanmoins, s’il y a des personnes épileptiques ou avec des problèmes cardiaques, ne vous sentez pas obligées de rester. Vous pouvez quitter le bateau et revenir un autre jour lorsque la mer sera plus calme…”. S’en suit la distribution de médicaments contre le mal de mer. Dans la pochette du siège de chaque passager se trouvent des sachets servant à délester les éventuels estomacs sensibles aux roulis de la mer et l’on nous donne encore des conseils tels que regarder l’horizon, garder la température du corps basse, etc. Finalement, ils nous rassurent que lorsque nous serons à destination, ce sera super!

Le bateau quitte les eaux calmes de la baie de Town of 1770 et attaque l’océan. C’est parti pour 90 minutes de… montagnes russes! Ce n’est pas toujours facile de regarder l’horizon lorsque parfois nous n’apercevons que de l’eau ou que le bleu du ciel! Nous savons que nous avons le pied marin, mais dans ce cas-ci, seul le pied marin ne suffit pas à rester insensible au roulement du bateau. Encore faut-il avoir le cœur bien accroché et l’estomac en béton. Déjà les premiers passagers quittent leur fauteuil marchant à quatre pattes pour ne pas se retrouver à plat ventre et cherchent la sortie pour prendre de l’air frais. Nous entendons des haut-le-cœur un peu partout dans la cabine, des membres de l’équipage, qui soutiennent et aident merveilleusement bien les souffrants, sont également pris de nausée et nous 4… impossible de résister plus longtemps. Puisque nous avons reçu des petits sachets, autant les utiliser, non? Et plutôt deux qu’un. Nous y passons tous les quatre. Admirez l’esprit de famille!

Grande Barrière de Corail - Lady Musgrave Island
Grande Barrière de Corail - Lady Musgrave Island

Heureusement, l’île de Musgrave est en vue. C’est notre destination. Lady Musgrave Island est une île corallienne, entourée d’un lagon dans lequel la vie foisonne. Lorsque le bateau atteint le récif et passe par une faille, les mouvements du bateau s’estompent. Nous naviguons sur un lagon d’une couleur turquoise et admirons l’éclat du soleil sur les plages de cette île sauvage et inhabitée. Nous amarrons à un petit ponton flottant qui sera notre quartier général de la journée, notre accès à ce petit paradis.

Lady Musgrave Island
Lady Musgrave Island

Nous choisissons d’explorer l’île d’abord. Une petite barque, au fond en verre, nous dépose sur la plage composée uniquement de débris de corail mort. Cette petite île est en fait un énorme monticule de coraux morts amassés depuis des milliers d’années.

Lady Musgrave Island
Lady Musgrave Island

Des centaines d’oiseaux ont élu domicile dans les branches des arbres et ont creusé leurs nids dans la terre spongieuse. Après avoir fait le tour de cette île entourée d’eau turquoise, sous un soleil de plomb, il nous tarde d’explorer les fonds coralliens.

Lady Musgrave Island
Lady Musgrave Island

Munie de masques, tubas, palmes et gilets notre petite famille plonge dans un banc de poissons. Grâce aux gilets de flottaison les enfants peuvent nager sans soucis et nous les guider, les aider ou les diriger sans nous fatiguer.

Grande Barrière de Corail - Lady Musgrave Island
Grande Barrière de Corail - Lady Musgrave Island

Quel merveilleux spectacle se joue sous nos yeux. Des poissons de toutes les tailles, formes et couleurs, les uns, tels les poissons-perroquets, habillés des couleurs de l’arc-en-ciel, d’autres rayés, unis ou tachetés comme un léopard, jaune, noir, rouge, rouge et noir, blanc, bleu, vert, rose, mauve, bref, toutes les couleurs défilent sous nos yeux. Sans oublier les nombreux coraux, les concombres de mer, une étoile de mer bleue, mais surtout une tortue que nous suivons pendant de longues minutes! Quelles merveilles, quelles joies, quelle beauté, quel bonheur!

Grande Barrière de Corail
Grande Barrière de Corail
Grande Barrière de Corail - Lady Musgrave Island
Grande Barrière de Corail - Lady Musgrave Island

Du jeudi 26 au lundi 30 mars 2009, à quelques centaines de kilomètres au nord, entre Townsville et Cairns, pas moins de 1000 personnes seraient atteintes de la dengue, maladie transmise par des moustiques. L’Etat du Queensland est en état d’alerte et semble craindre qu’une épidémie se développe. Nous avons donc décidé de ne pas aller dans cette région tropicale qui pourtant serait magnifique. Mais nous avons trouvé un autre endroit que nous aimons qualifier de paradisiaque. Forêt tropicale, superbe plage, mangroves et palmiers se côtoient au Cape Hillsborough National Park.

Cape Hillsborough NP
Cape Hillsborough NP

Néanmoins, avant de découvrir les alentours de notre campement, un nettoyage drastique de l’intérieur d’Idéfix s’impose. Entre-temps, les enfants nous ramènent une noix de coco trouvée sur la plage. Malheureusement, celle-ci sonne creuse et n’est donc plus bonne à manger. Placés à quelques mètres de la plage et ayant vue sur mer, le nettoyage d’Idéfix se fait rapidement et dans la bonne humeur.

Cape Hillsborough NP
Cape Hillsborough NP

Le lendemain matin, nous nous levons à six heures et partons en pyjama profiter des premiers rayons de soleil sur la plage. Nous ne sommes pas seuls, cinq kangourous profitent également de la température matinale.

Cape Hillsborough NP
Cape Hillsborough NP

Quel merveilleux tableau, une plage bordée de verdure et de rochers, une mer calme et belle, quelques kangourous qui mangent tranquillement, le tout éclairé par les doux rayons du soleil.

Cape Hillsborough NP
Cape Hillsborough NP

Après cette jolie mise en bouche et un excellent petit déjeuner, nous nous enfonçons dans une forêt dense, tropicale. De temps en temps les feuillages s’écartent et nous laissent apercevoir les mangroves se balancer au rythme des vagues. Entre les arbres gigantesques, les palmiers et les sous-bois se cachent de jolis papillons de toutes les couleurs.

Cape Hillsborough NP
Cape Hillsborough NP

Mais d’autres petites bêtes sont également présentes; des araignées. Chacun de nous se prend une toile. Alors, Damien, tenant le trépied de la caméra, passe devant en éclaireur. S’en devient presque un jeu, il faut les contourner par la droite, la gauche ou passer dessous. Ce petit exercice nous permet d’observer les araignées de plus près. Ici aussi, il y en a de toutes les tailles et les couleurs varient également. La plus surprenante est celle avec un corps triangulaire et de couleur noir et jaune.

Cape Hillsborough NP
Cape Hillsborough NP

Après cette promenade haute en couleur, nous prenons le temps de nous rafraîchir et de déjeuner avant de repartir en randonnée. Nous montons sur une colline recouverte d’eucalyptus et d’herbes hautes. Passés le sommet, nous plongeons dans une forêt humide où le sentier est étroit et une fois de plus jalonné de toiles d’araignées. Damien est premier de cordée et Sophie clôture la marche. Marchant dans ces hautes herbes Sophie se rend compte qu’il faut être attentifs aux serpents. Au même moment Damien s’arrête brusquement. Il a vu une queue de serpent disparaître furtivement dans les herbes qui bordent le sentier. Nous nous arrêtons un instant et observons ce superbe reptile vert et jaune traverser une nouvelle fois le sentier. Nous le regardons grimper au tronc d’un petit arbuste de la même couleur. Pendant que les uns le tiennent à l’oeil, les autres avancent d’un pas rapide mais calme. Nous continuons notre traversée de la forêt et débouchons sur la plage, entre les mangroves. Le soleil est déjà bas dans le ciel. Dans une heure, il ira se coucher derrière les palmiers. La marée est basse. De l’énorme étendue de sable mouillée, nous gagnons une petite île inaccessible à marée haute. Tout est beau, tout est sauvage.

Cape Hillsborough NP
Cape Hillsborough NP

Ne serait-ce pas l’endroit idéal pour fêter l’anniversaire de Pauline? Nous restons donc ici jusqu’au 30 mars et fêtons les six ans de Pauline à l’autre bout de la terre, mais quel bout!

Anniversaire de Pauline
Anniversaire de Pauline

Dans ce petit coin de paradis il y a tout de même une chose moins drôle, c’est la présence de nombreux moustiques! Sophie a beau se mettre du produit anti-moustique sur tout le corps, ces petites bêtes l’adorent! Le point positif est qu’elle sert d’excellent anti-moustique pour le reste de la famille. Notre dernier soir au camping est assez troublant et peut-être que nos voisins se posaient des questions en entendant:”Ah, non! BANG! Encore! BANG! Ah! BANG! Là-bas! BANG!”. Pour finir par un grand cri, un appel à l’aide et comme bouquet final BANG, BANG, BANG! Vous l’aurez compris, il s’agit d’une chasse aux moustiques et nous avons terminé la bataille avec une araignée, grande comme la paume d’une main, écrasée sur son oreiller!

Mardi 31 mars 2009, “on the road again!” Nous reprenons la route vers le nord dans le but de rejoindre demain la Flinders Highway, également appelée “the Overlanders Way”. Cette route nous mènera vers le centre, ou le cœur comme aiment dire les locaux, de cet immense pays.

 
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Les trois grandes villes (Australie) - 15/02/2009 au 7/03/2009 http://www.auplaisir.be/?p=126 http://www.auplaisir.be/?p=126#comments Sun, 15 Feb 2009 11:36:25 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=126 Itineraire Australie - Partie 11Du dimanche 15 au mercredi 18 février 2009, depuis plusieurs jours, nous entendons les nouvelles alarmantes concernant les feux de forêts dans la région de Melbourne. La famille, sachant que nous étions en Tasmanie jusqu’à hier, nous envoie quelques petits messages inquiets nous sommant d’être prudents. Prudence oblige, nous décidons de rester dans la ville de Melbourne quelques jours, le temps de nous renseigner sur l’évolution des incendies et des conditions de route pour repartir vers l’est.

Nous nous installons dans un camping au nord de Melbourne. Heureusement, la vague de chaleur (47°C la semaine dernière) est passée. Ce qui n’empêche pas les enfants de profiter de la piscine du camping. Yann et Pauline sont tout heureux de recevoir leurs nouveaux livres de lecture en Néerlandais. Nous les avions commandés par internet il y a quelques semaines et fait envoyer au camping de Melbourne.

Melbourne - Federation Square
Melbourne - Federation Square

Le lendemain, nous gagnons le centre-ville en tram. A la descente du tram, à hauteur de Flinders Station dont la façade ancienne est imposante, nous sommes submergés par la foule qui déambule les grandes avenues. Il y a tant de monde que Yann se sent mal à l’aise. Nous rejoignons Federation Square afin de retrouver un peu d’espace et de tranquillité. L’office de tourisme qui s’y trouve est gigantesque et accueillant. Nous y faisons un saut afin de faire le point sur l’état des routes et pour savoir s’il y a un match de cricket à voir à Melbourne dans les prochains jours. Nous avons de la chance. Il y a un match de cricket opposant le Victoria à la Nouvelle-Galles du Sud ce mercredi. Le match a lieu au prestigieux Melbourne Cricket Ground. Quelle aubaine!

Afin de nous imprégner de l’architecture de la ville nous en faisons le tour dans un vieux tram de couleur bordeaux et or et tout de bois à l’intérieur. Nous longeons les immenses parcs verdoyants et admirons les façades des bâtiments anciens qui contrastent avec les grandes tours de verre et d’acier.

Melbourne
Melbourne

Nous sortons du tram et marchons jusqu’à la grande bibliothèque de Melbourne, la “State Library”. Devant les marches de l’imposant édifice, des dizaines de citadins et étudiants se prélassent sur la pelouse. Dans le bâtiment, la superbe salle de lecture de forme circulaire est surmontée d’un dôme majestueux.

Melbourne - State Library
Melbourne - State Library

Au quatrième étage de la bibliothèque, une exposition est dédiée à Ned Kelly, une sorte de Robin des Bois australien. Le clou de l’exposition est l’authentique masque de fer de ce personnage charismatique dont le Victoria se dit fier.

Mardi, nous faisons un tour du côté des “Docklands”, un quartier en pleine expansion au bord des docks de Melbourne. Le quartier est superbement aménagé mais ne semble pas attirer les foules. Il y règne une atmosphère paisible. Nous voulons faire un tour sur la grande roue toute neuve. Ce serait la roue la plus haute de l’hémisphère austral (les Australiens adorent les superlatifs un peu tordus) et nous espérons y gagner une vue imprenable sur la ville. Mais nous manquons de chance. La roue ne tourne plus depuis plusieurs jours. Les fortes chaleurs de la semaine dernière ont enrayé le mécanisme et la roue est en cours de réparation. Nous flânons dans les rues commerçantes désertes. Ce n’est sans doute pas par hasard que les magasins ici bradent leurs marchandises, pourtant de qualité.

Melbourne - Docklands
Melbourne - Docklands

Ce mercredi 18 est le jour du match de cricket. Nous sommes ravis à l’idée de pouvoir vivre l’ambiance d’un stade pour un sport aussi populaire que le cricket en Australie. Nous avions néanmoins un léger doute quant à l’information reçue à l’office de tourisme. En effet, une brochure nous dit que le fameux match a lieu “jusqu’au” mercredi 18 février. Cette date imprécise nous intrigue… et nous déçoit. Effectivement, la dame au guichet du MCG nous apprend que le match a duré plusieurs jours et qu’il s’est terminé hier, un jour plus tôt que prévu. Zut alors.

Melbourne
Melbourne

Fort déçus de n’avoir pu assister au match, nous nous contentons d’une visite au stade … vide. Le MCG est gigantesque, imposant, il y a des vestiaires spacieux, des canapés en cuir pour les VIP, un sas de sécurité pour le bus des joueurs, des restaurants, des buvettes, … mais tout est vide. Dommage. Peut-être aurons-nous plus de chance à Sydney…

Melbourne Cricket Ground
Melbourne Cricket Ground

Avant de quitter Melbourne nous voulons absolument emmener les enfants au musée des sciences, situé un peu en dehors de la ville. Ce musée, orienté surtout vers les enfants, est une petite merveille. Tout est interactif et superbement illustré et décoré. Les parents sont un peu jaloux de n’avoir pas eu droit à un musée aussi fascinant lorsqu’ils étaient enfants. Nous passons une heure au planétarium pour suivre un exposé ludique expliquant pourquoi Pluton ne peut pas être considéré comme une planète à part entière, contrairement aux huit autres planètes de notre système solaire.

Melbourne - Scienceworks
Melbourne - Scienceworks

Le musée ferme à 16h00. Les enfants ne veulent pas en sortir. Il y avait encore tant de choses à voir, à faire, tant de boutons à enfoncer et de leviers à actionner… Désolés les kids, le musée ferme.

Jeudi 19 février 2009, de nombreuses routes secondaires du Victoria sont fermées suite aux nombreux incendies. De grands incendies ont débuté le samedi 7 février. Depuis, d’autres encore se sont déclarés. Certains sont maîtrisés ou même éteints. D’autres brûlent toujours. Marysville, village situé à moins de 100 kilomètres de Melbourne est carrément rayé de la carte. Un peu à l’est, un seul incendie a déjà ravagé 100.000 hectares et n’est toujours pas maîtrisé. En dix jours, plus de vingt incendies se sont déclarés. Il fait chaud et sec, mais apparemment, les autorités semblent croire que ce sont en partie des actes criminels. Presque 300 personnes ont déjà perdu la vie, brûlées dans leurs maisons, dans leur voiture ou en essayant de sauver des voisins ou leurs animaux. D’autres personnes ont perdu leur maison, des membres de leur famille et des amis. A Melbourne, il y a par-ci par-là des boîtes dans lesquelles l’on peut déposer une donation. Dans la State Library de Sydney il y a également un livre d’or pour les “bushfires” dans lequel on peut remercier les hommes et les femmes courageux (pompiers, ambulanciers, croix rouge, …), les encourager ou écrire son désarroi. Aujourd’hui, dans cette catastrophe, les gens semblent s’accrocher au positif, c’est à dire, à la grande générosité dont font preuve les citoyens. Grâce aux donations, la croix rouge peut aider ceux qui n’ont plus de toit, ceux qui n’ont plus rien, vu que tout a brûlé.

Quelques parc nationaux où nous souhaitions nous rendre sont fermés. Le Wilsons Promontory National Park est en feu. Seule chose que nous savons avec certitude, est que les Highways (les grands axes) sont ouverts. Vu le nombre d’incendies et leur ampleur, nous ne souhaitons pas prendre de risques et nous décidons de filer ver l’est.

Melbourne
Melbourne
Mallacoota
Mallacoota

Samedi 21 février 2009, avant de quitter définitivement l’Etat du Victoria, nous traversons le Croajingelong National Park. Le village de Malacoota se trouve sur la côte, le long d’un bras de mer isolé par de longues dunes. L’endroit semble idéal pour passer une semaine de vacances, mais il est un peu trop touristique à notre goût. Une demi-heure plus tard, nous entrons dans l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud (New South Wales). En Australie, on se rend vite compte que les différents Etats sont fort indépendants. Ca se remarque dans la manière dont ils sont organisés, à la signalisation des routes, au prix du carburant, dans les détails du code de la route, à l’agencement des parcs nationaux et des aires de repos, à l’acceptation du camping sauvage…

Nous empruntons une piste cahotante pour entrer dans le Bournda National Park où nous comptons passer la nuit. A notre arrivée sur le campement, nous sommes accueillis par un lézard gigantesque. Ce varan fait bien un mètre et demi de long et il nous intrigue fortement. Comme il ne semble guère intimidé par notre présence et qu’il se déplace à une allure de tortue, nous avons le loisir de l’observer pendant un long moment. Balayant le sol de sa longue langue fourchue et rampant comme un crocodile, il semble sorti tout droit de la préhistoire ou du monde imaginaire des dragons.

Bournda National Park - varan "Goanna"
Bournda National Park - varan "Goanna"

Dimanche 22 février 2009, peu avant le départ, nous remarquons un énorme serpent aux couleurs noires et rouges. Il serpente tranquillement entre les feuilles mortes à moins de vingt mètres d’Idéfix. Si lui a l’air tranquille, nous le sommes moins et c’est en respectant une grande distance que nous le regardons et le photographions. C’est également une bonne occasion pour faire comprendre aux enfants que nos mises en garde pour les serpents et nos conseils insistants de rester sur les sentiers ne sont pas vains.

Bournda National Park - Red bellied Black Snake
Bournda National Park - Red bellied Black Snake

C’est avec quelques frissons dans le dos que nous montons dans Idéfix pour reprendre la route. Nous effectuons un court arrêt au Ben Boyd National Park pour y voir un site appelé Pinnacles. Ceux-ci sont totalement différentes de ceux que nous avions vus en Australie-Occidentale. Néanmoins, les tons rouges et jaunes de cette roche avec le bleu turquoise de la mer à l’arrière-plan en font un joli site.

Ben Boyd National Park - Pinnacles
Ben Boyd National Park - Pinnacles

Après le déjeuner, nous poursuivons notre route. Nous traversons des valons fertiles où l’herbe des prairies est si verte que nous envions presque les vaches qui y paissent.

Lundi 23 février 2009, hier soir, nous avons décidé de faire une petit crochet afin de visiter Canberra. La capitale d’Australie vaut bien un petit détour sans doute. Lorsque nous nous éloignons de la côte pour rentrer vers l’intérieur du pays la route grimpe très fort. La terre devient plus aride, les villages plus petits. La route est sinueuse et fatigante. Apparemment, Canberra est située sur un grand plateau, à 700 mètres d’altitude.

La ville, capitale administrative du pays, a été implantée ici, à mi-chemin entre Melbourne et Sydney, suite à une longue compétition entre ces deux dernières qui se croyaient toutes deux assez importantes pour mériter le titre de capitale. Canberra est donc une capitale assez particulière, construite autour des bâtiments du gouvernement, autour d’un énorme lac et bordée de parcs majestueux. Les résidents vivent en périphérie de la ville. Nous irons y jeter un coup d’œil demain. Pour l’heure, il nous reste à trouver un logement. Nous arrivons au “Exhibition Park”, le terrain où se trouve l’hippodrome et où il serait possible de camper. Il y règne une agitation peu banale. Il y a du monde partout, des chevaux, des roulottes, des stands de kermesse à moitié montés, les regards des gens posés sur nous nous donnent l’impression d’être des animaux de cirque. Nous apprenons que le terrain est complet car on y entame les préparatifs pour le Royal Canberra Show qui doit avoir lieu dans quelques jours. Notre but était de trouver ici un logement tranquille et non pas d’y susciter la curiosité des gens.

Cookabura
Cookabura

Nous repartons donc et cherchons une aire de repos où passer la nuit. Sur la première, un grand panneau “No Camping” nous dissuade. Sur la deuxième le terrain est tellement pentu que nous ne pourrions fermer l’œil de la nuit et notre frigo ferait certainement encore des siennes. Au bout d’une heure et demie de recherches, nous finissons par nous installer sur un camping miteux, entre deux caravanes. Heureusement, les douches ne sont pas trop mauvaises…

Mardi 24 février 2009, les quartiers administratifs et la plupart des bâtiments gouvernementaux, dont le parlement, sont construits autour du lac Burley Griffin. Comme le centre abrite très peu de résidents, la ville est quasiment déserte pendant les heures de bureau. Nous pensons que le moyen idéal de la visiter est de faire le tour du lac à vélo. Voilà une idée qui enchante les enfants!

Quelle déception lorsque nous arrivons devant les portes closes du loueur de vélos. Il est fermé le mardi. Voilà notre programme entier qui tombe à l’eau. Bon, nous ferons un petit “sightseeing” à pied. Depuis la rive du lac, nous avons une jolie vue. Nous devrions voir le “Captain Cook Memorial Water Jet”, fontaine haute de 147 mètres construite en 1970 pour le bicentenaire du débarquement du célèbre navigateur. Mais pas le moindre petit jet d’eau ne sort de la surface de ce gigantesque lac. Décidément, la ville est bien endormie aujourd’hui.

Canberra - National Museum of Australia
Canberra - National Museum of Australia

Nous passons au National Museum of Australia, le musée imposant retraçant toute l’histoire du pays. Nous pénétrons dans le bâtiment moderne par un hall d’entrée gigantesque, éclairé par une énorme baie vitrée donnant sur le lac. Gravissant les étages nous suivons l’histoire du pays: les premiers arrivants du détroit de Torres, les aborigènes, les explorateurs, les colons, les forçats, la construction des prisons, les lignes télégraphiques, l’agriculture, les mines, les fléaux causés par les lapins, puis par les renards, l’hydrographie, la géologie, les sports et les Jeux Olympiques, … nous commençons à maîtriser les sujets.

A la fin de la visite, les enfants sont invités à créer par ordinateur leur maison du futur. Yann choisit de créer un vaisseau spatial. Nous pouvons ensuite visualiser leurs créations insérées dans un monde virtuel que nous regardons dans un cinéma 3D. Ce musée, qui de plus est gratuit, est remarquable.

Mercredi 25 février 2009, nous quittons Canberra et retournons vers la côte en passant par une jolie région boisée et vallonnée. Nous nous dégourdissons les jambes aux Fitzroy Falls. Un bruit de mitraillette de jeu vidéo nous interpelle. Le bruit change en sifflement, en rire, puis à nouveau en mitraillette. Qu’est-ce? C’est un couple d’oiseaux-lyre! Le mâle, plus grand que la femelle, semble lui faire la cour. Tout son répertoire de chants y passe. Le mâle suit sa dulcinée partout tout en battant des ailes et en paradant avec sa superbe longue queue. Les sons que produisent ces animaux continuent de nous fasciner. Apparemment, ils imitent les sons de leur entourage.

Oiseau Lyre
Oiseau Lyre

Arrivés à la chute d’eau, la vue impressionnante sur la vallée nous coupe le souffle. Sous nos pieds, la roche file droit vers le bas sur plusieurs dizaines de mètres. C’est à en avoir le vertige.

Morton National Park - Fitzroy Falls
Morton National Park - Fitzroy Falls

La route que nous empruntons ensuite, afin de rejoindre la côte, serpente à travers une forêt tropicale. En une demi-heure, nous descendons de 700 mètres pour nous retrouver au niveau zéro, “sea level”. Nous avons envie de passer quelques jours au bord de l’eau à Jervis Bay. A l’approche de la baie nous montons sur un petit parking afin de faire quelques provisions. Nous essayons de nous glisser tant bien que mal entre voitures et piétons pressés. Nous effectuons une dernière marche-arrière et “BANG”! Suivi d’un “Oh, non!”. Quelle idée, un grand poteau jaune se trouvait sur notre chemin. Le pare-choc arrière d’Idéfix est brisé. Bon, ce n’est que du plastic, il n’y a pas de gros dégâts, mais ça fait mal au coeur quand-même.

Vendredi 27 février 2009, Sydney se rapproche. Encore un peu de route à faire. Un petit passage à la ville côtière de Kiama nous permet d’observer un “blowhole” duquel giclent des trombes d’eau, malgré une mer relativement calme.

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IMG_5021.JPG

Samedi 28 février 2009, depuis quelques temps, nous voyageons à un drôle de rythme. Nous roulons quasi tous les jours pendant quelques heures et dormons ensuite, soit sur une aire de repos, soit dans un parc national. Généralement, nous y arrivons vers 16h00. Le lendemain matin, nous faisons l’école et reprenons ensuite la route. Du coup; nous ne profitons que rarement des endroits. Nous avalons les kilomètres et voyons beaucoup de choses, même peut-être trop. Nous allons essayer de changer de rythme en faisant de plus longues distances, visant des endroits vraiment top et y rester plusieurs nuits. Aujourd’hui, par exemple, nous ne prenons pas la route! Nous sommes sur un campement du Killalea State Park, situé en bord de mer.

Après un bon petit déjeuner, nous partons avec les planches de “bodysurf” sous le bras vers la plage. Celle-ci est superbe, entourée de rochers et de verdure. Les vagues, au grand bonheur des enfants, sont grandes, voire énormes. En moins de trois secondes, Yann et Pauline ont atteint la mer et nous les observons se jeter dans les vagues. Ils étaient si pressés de nager qu’ils en ont oublié leurs planches. A force d’avoir regardé les vrais surfeurs glisser sur les vagues, Yann et Pauline se débrouillent pas mal du tout. Ils avancent de quelques pas dans l’eau, essaient de ne pas se faire repousser par les vagues, se tournent, face vers la plage, tout en tenant leur planche devant eux. Dès qu’une “belle” vague arrive, ils se lancent, couchés sur leur planche et se laissent pousser par la vague jusqu’à la plage.

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La mer est si belle que papa et maman sont également tentés. Damien teste le bodysurf et Sophie, après quelques sauts effectués dans les vagues énormes, s’amuse à emmener les enfants vers quelques vagues encore plus grandes. Les enfants filent comme des flèches. Pauline, plus frileuse que Yann, sort de l’eau après deux heures de plaisir. Son frère par contre, y resterait bien toute la journée!

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Dimanche 1 mars 2009, la Grand Pacific Road longe l’océan en direction de Sydney. A hauteur de Coalcliff les ingénieurs ont apparemment préféré construire la route au-dessus de la mer, plutôt que de devoir creuser dans la roche. C’est un passage impressionnant. Plus loin, du haut des falaises, des para-pentes et deltaplanes prennent leur envol.

Grand Pacific Road
Grand Pacific Road

Au sud de Sydney s’étend le Royal National Park. Une jolie route traverse ce parc du sud au nord et aboutit sur la Highway. La circulation se fait plus dense, les routes sont plus larges, les feux rouges se multiplient, les indications prennent toute notre attention. Nous arrivons à Sydney, passons des grands ponts, longeons le stade olympique de “Sydney 2000″, puis rejoignons Lane Cove National Park où nous nous installons dans un camping géré par l’office des parcs nationaux. Le camping est classé au top 3 mondial des campings en accord avec les principes du développement durable. C’est le QG idéal pour passer une semaine à Sydney!

Nous avons parcouru 16000 kilomètres depuis que nous sommes partis de Perth. Idéfix aura une petite semaine de repos. Et les enfants s’empressent de profiter de la piscine …

Sydney
Sydney

Du lundi 2 au samedi 7 mars 2009, “Doors closing.” Le métro nous emmène au centre de Sydney. Nous descendons à Circular Quay, l’endroit d’où partent les ferries qui parcourent la baie. L’opéra, toutes voiles dehors, trône plus loin sur la rive.

Sydney
Sydney

Après avoir fait le tour de l’opéra et admiré la fameuse baie sur laquelle se dessinent des dizaines de sillages de bateaux, nous poursuivons notre promenade dans le quartier “The Rocks”. Ce quartier, sur le promontoire rocheux où la première colonie européenne de Sydney s’est installée en 1788, n’est aujourd’hui que restaurants, boutiques et cafés. Mais l’ambiance y est agréable.

Depuis une des ruelles, nous empruntons un escalier qui mène au passage pour piétons du fameux Sydney Harbour Bridge. Nous empruntons le pont pour passer sur la rive nord du fleuve Paramatta. D’ici, nous avons une superbe vue sur la ville, son opéra et sa baie. Des ferries, des yachts, des bateau-taxi et des grands voiliers passent sous nos pieds.

Sydney
Sydney

Sur la rive nord, nous partons à la recherche d’un trésor geocaching. Malheureusement, cette fois, la cache du trésor restera pour nous un mystère.

Nous flânons dans Macquarie Street admirant les façades imposantes des édifices. Les Sydnésiens mangent leur sandwich assis dans l’herbe de Hyde Park, ou assis sur un banc près de la fontaine. Nous croisons des personnes qui font leur jogging, d’autres qui lisent tranquillement, ou d’autres encore qui jouent très sérieusement aux échecs sur un tableau géant.

Sydney - Hyde Park
Sydney - Hyde Park

Pendant ce temps, quatre petits belges (nous) sont en train de tournoyer autour d’un parterre de plantes, un GPS à la main. Que cherchent-ils? Un autre trésor peut-être? Une demi-heure plus tard, après avoir soulevé les grandes feuilles des fougères et après avoir palpé la terre au pied des arbres, ils s’en vont. Oui, ils rentrent bredouilles.

Sydney - Hyde Park
Sydney - Hyde Park

Plus loin, ils s’arrêtent pour admirer le talent d’un musicien de rue, un batteur qui martèle des seaux en plastic avec entrain. Ils sont intrigués par un personnage qui se balade en portant une grande pancarte où il est écrit “Free Hugs” en lettre noires sur fond blanc. Son initiative est originale et ne manque pas de succès. En l’espace de cinq minutes, il se fait embrasser par une dizaine de filles. Ensuite, notre quatuor traverse les galeries commerçantes du Queen Victoria Building, avant de reprendre le métro et de disparaître dans les sous-sols de Sydney.

Sydney
Sydney

A Melbourne, nous n’avions pas pu voir de match de cricket. Cette semaine se déroule un match entre l’équipe d’Australie-Occidentale et celle de Nouvelle-Galles du Sud. Il nous faut plus de temps que prévu pour trouver le bon bus pour le Sydney Cricket Ground. Nous sommes jeudi, il n’y a donc pas beaucoup de monde dans les gradins. Néanmoins, les applaudissements et les cris de quelques admirateurs nous permettent de mieux suivre le déroulement du match.

Sydney Cricket Ground
Sydney Cricket Ground

Le stade est impressionnant. Malgré que nous soyons moins de cent personnes, dans un stade qui peut accueillir des dizaines de milliers de supporters, le match est filmé, retransmis sur un écran géant et les coups gagnants sont rediffusés.

Sydney Cricket Ground
Sydney Cricket Ground

Nous sommes assis dans les gradins à côté de ceux des VIP. Un gardien surveille la section VIP. D’un signe de la main il appelle Yann et sort pour lui une belle balle rouge en cuir. C’est une des balles utilisées par l’équipe de Nouvelle-Galles du Sud lors de l’échauffement. Impressionné, Yann la range dans sa poche, de peur de la perdre. Cette balle fera partie de ses meilleurs souvenirs d’Australie.

Sydney Cricket Ground
Sydney Cricket Ground

Avant de reprendre la route, nous passons la dernière journée au camping et partons faire un tour à vélo dans le parc. C’est notre premier tour à vélo à quatre. Pauline n’avait que quatre ans lorsque nous avons commencé le voyage et ne roulait pas encore à deux roues. Aujourd’hui elle pédale comme une championne mais n’a pas encore tout son équilibre. La route dans le petit parc national n’est pas plate, ça monte et ça descend tout le temps. Pauline est hyper-concentrée et nous, les parents, ne cessons de lui donner mille et un conseils. Pauline et Yann se régalent et sont fiers comme des paons.

Sydney - Lane Cove River National Park
Sydney - Lane Cove River National Park
 
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Autres trésors de la Tasmanie (Australie, Tasmanie) - 01/02/2009 au 14/02/2009 http://www.auplaisir.be/?p=124 http://www.auplaisir.be/?p=124#comments Sun, 01 Feb 2009 07:50:23 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=124 Itineraire Australie - Partie 10Dimanche 1 février 2009, la route serpente d’un flanc de montagne à l’autre. Nous traversons rapidement Queenstown, ville minière importante. Le bâtiment de la gare et quelques maisons datant de l’époque de la découverte des richesses des terres attirent notre regard. Pour le reste, c’est juste une ville minière qui ne dégage rien d’attrayant.

Queenstown
Queenstown

Par contre, une fois sortis de la ville, la route monte et longe des falaises très raides.

Queenstown
Queenstown

Passés le pic, nous atteignons rapidement Burbury Lake, où nous passons la nuit.

Burbury Lake
Burbury Lake

Mardi 3 février 2009, La Lyell Highway traverse le Franklin Gordon Wild Rivers National Park. Ce parc est inscrit au Patrimoine mondial. Comme son nom l’indique, de nombreuses rivières ont creusé leur lit dans cette vaste forêt dont seule une toute petite partie est accessible. Nous effectuons un arrêt aux Nelson Falls. Comme d’habitude, nous promener dans une forêt arborant des plantes méconnues chez nous et admirer le jeu des eaux formant une cascade, nous enchante.

Franklin Gordon Wild Rivers NP
Franklin Gordon Wild Rivers NP
Lake St Clair
Lake St Clair

En milieu d’après-midi, le Lake Saint Clair National Park nous accueille. Installés devant le lac, nous contemplons le pic de granite des Walls of Jerusalem, chaîne montagneuse malheureusement inaccessible pour nous. Par contre, apercevoir un ornithorynque en liberté deviendra peut-être réalité ce soir… Un ranger du parc nous emmène peu avant la tombée de la nuit vers un endroit où il serait possible d’en voir… si nous avons de la chance. Heureusement, le ranger a beaucoup de choses intéressantes à raconter et pas mal d’humour. Nous ne rentrons donc pas trop bredouilles de cette randonnée… car aucun ornithorynque, mis à part la peluche du ranger, n’a voulu nous montrer le bout de son nez!

Lake St Clair
Lake St Clair

Jeudi 5 février 2009, marchant entre les “fern trees”, fougères arborescentes, nous entendons le murmure des Russell Falls.

Mount Field NP
Mount Field NP

Devant ces chutes d’eau, composées de deux étages, nous sommes émerveillés par la nature tropicale qui nous entoure.

Mount Field NP - Russell Falls
Mount Field NP - Russell Falls

Plus loin dans le Mount Field National Park, la route monte jusqu’à 1000 mètres d’altitude, rejoignant un plateau où gisent des lacs et un autre type de végétation. A notre grande déception, un ranger du parc nous déconseille fortement d’y monter avec notre véhicule. La route est trop étroite et borde des précipices. Il nous serait impossible de croiser un véhicule venant de l’autre sens. Dommage.

Mount Field NP - Russell Falls
Mount Field NP - Russell Falls

Par contre, le parc propose ce soir une promenade guidée par un ranger. Nous y adhérons sans hésiter. Ce sera notre quatrième tentative d’observer des ornithorynques en sauvage. Entretemps, nous en connaissons un rayon sur ces mammifères ovipares, qui nagent les yeux fermés, pondent des œufs plus petits qu’une pièce d’un euro, captent les mouvements de leurs proies par des senseurs logés dans leur bec qui contrairement aux apparences est aussi mou qu’un lobe d’oreille.

Lors de son introduction, le ranger demande si quelqu’un a une idée de la longueur du tunnel qui mène au nid du platypus. “Vingt mètres!” Sophie donne la réponse instantanément. Le ranger ne s’attendait pas à une réponse qui serait exacte du premier coup. Après son exposé, nous lui expliquons nos diverses tentatives pour trouver des ornithorynques. Elle nous indique un endroit précis, là où un ruisseau débouche dans une rivière. Elle ajoute: “Si vous vous asseyez là-bas pendant au moins une demi-heure, vous pourriez avoir la chance d’en apercevoir!” Nous suivons son conseil. Assis sur la berge, chassant les moustiques, n’osant plus dire un mot, scrutant la surface de l’eau, nous attendons que notre patience soit récompensée. Puis, soudain, au loin, un sillage long et fin se dirige droit vers nous! Ca y est, en voilà un! Il s’approche encore et encore. Nous apercevons clairement le haut de la tête et le bec de l’ornithorynque. Juste devant nous, il s’arrête et lève la tête. Il nous regarde de ses petits yeux, puis plonge dans l’eau, nous présente ses pattes arrières palmées et sa queue. Ensuite, il remonte la rivière, contre le courant et entre les rochers. Ce passage n’aura duré que trente secondes, mais restera pour nous quatre une rencontre inoubliable!

Vendredi 6 février 2009, Hobart, capitale d’Etat la plus méridionale et la deuxième ville la plus ancienne d’Australie. En y arrivant par le nord, nous apercevons cette ville du haut de la “highway”. Hobart semble nichée entre l’océan et le Mont William. Telle une araignée tisse sa toile de plus en plus grande, Hobart s’étend dans tous les sens jusqu’à construire des quartiers sur le flanc de la montagne. Néanmoins, en la traversant quelques instants plus tard, nous nous rendons compte qu’elle est loin d’être une mégapole mais plutôt agréable et dynamique.

Hobart
Hobart

Nous avons rendez-vous chez Barbara et Rex, deux “Tassies” (Tasmaniens), rencontrés il y a quelques mois en Australie-Occidentale. Un jardin fleuri et bien soigné donne sur une belle façade d’une maison ancienne. Nous sommes accueillis les bras ouverts. Idéfix trouve une place sur l’allée un peu pentue et nous rejoignons nos amis pour un petit souper improvisé et très sympa. Les enfants n’en reviennent pas de se retrouver dans un grand salon où ils peuvent jouer sur le tapis épais. Barbara, voyant les enfants s’amuser, n’hésite pas à pousser tous les fauteuils sur le côté et à sortir un vieux jeu de boules anglais (bowling). Barbara et Sophie rejoignent les enfants pour une partie de “bowling” au milieu du salon. Au moment de les quitter, Rex, qui n’a pas joué au jeu de boules, se met à faire le pitre. Les enfants grimpent sur son dos, le chatouillent et éclatent de rire.

Samedi 7 février 2009, tous les samedi matin a lieu le marché sur la place Salamanca, un ancien quai entouré d’anciens entrepôts. Nous flânons entre les échoppes de souvenirs, d’objets en bois, de bijoux, de vêtements, de miel, etc. Petit à petit nous nous dirigeons vers le port de pêche et de plaisance. Des dizaines de jolis bateaux en bois y sont amarrés à l’occasion du “wooden boat festival”. La magie du festival et des bateaux vernis aux pavillons colorés est quelque peu ternie par la pluie qui vient de faire son apparition. Nous nous réfugions sous l’abri d’une terrasse où nous nous régalons d’un “fish’n chips” typiquement australien.

Hobart - Wooden Boat Festival
Hobart - Wooden Boat Festival

Ce matin, une dame au marché, Rex hier soir, d’autres voyageurs il y a quelques jours, nous ont tous parlé d’un autre bel endroit à visiter au sud de Hobart. Piqués dans notre curiosité, nous nous rendons à l’office de tourisme pour y obtenir quelques informations concernant cette destination. Quelques minutes plus tard, la décision est prise, nous changeons nos “plans”. Demain, nous irons à Bruny Island.

Hobart
Hobart

Barbara, double championne d’Australie d’escalade et fan de randonnée, tient un magasin de seconde main de matériel de randonnée. Nous y faisons un petit saut avant de la retrouver, elle et son mari, une heure plus tard devant un excellent vin blanc.
Cher Barbara et Rex, nous vous remercions de tout cœur pour votre accueil chaleureux, votre gentillesse et votre grande simplicité.

Hobart - chez Rex and Barbara
Hobart - chez Rex and Barbara

Dimanche 8 février 2009, peu avant notre départ, Rex et Barbara nous informent des énormes incendies qui sévissent depuis hier dans la région de Melbourne. Le manque de pluie, les fortes températures (hier 47°C) et un vent fort dans cette région du Victoria seraient partiellement la cause de ce désastre. Un geste criminel ne serait pas à exclure.

A moins de 40 kilomètres au sud de Hobart, se trouve Kettering, ville d’où nous prenons un petit ferry vers Bruny Island. Le nord de l’île est drapé de champs de blé et de prairies. La route passe ensuite sur une fine bande de terre, entourée d’eau des deux côtés, avant de déboucher sur la partie sud de l’île, où se situe le South Bruny National Park. De tout notre voyage en Australie, nous n’irons pas plus au sud qu’ici. Nous sommes sous le 43ième parallèle.

Bruny Island
Bruny Island

Lundi 9 février 2009, le “Bruny Island Charters” est une société familiale qui organise des excursions en mer. Généralement, nous admirons les superbes vues de la terre, aujourd’hui, nous souhaitons faire l’inverse, admirer les superbes vues à partir de la mer. Nous sommes environs trente personnes installées confortablement dans un bateau à grande vitesse. Après la distribution de cirés rouges et de pastilles au gingembre aux personnes sensibles au mal de mer, nous filons sur les vagues vers la pointe sud de l’île.

Bruny Island
Bruny Island

Le capitaine change rapidement de cap. Il s’est rendu compte que nous pointons notre doigt vers une colonie de dauphins surgissant à bâbord. Les dauphins viennent vers nous à toute allure et font des bonds énormes. Rarement, nous avons vu des dauphins sauter si haut en mer.

Bruny Island
Bruny Island

Le capitaine remet les gaz, nous nous croyons sur un moulin de foire lorsque le bateau prend de la vitesse, saute au-dessus des vagues, file entre deux colonnes de roches et termine son envolée par un virage serré. Yann et Pauline adorent! Nous nous approchons d’une grotte creusée dans la falaise de l’île. Au pied de la falaise sont accrochées d’énormes algues laminaires sur lesquelles le reflet du soleil donne un joli jeu de lumière.

Bruny Island
Bruny Island

Une autre grotte rejette au passage de chaque vague qui s’engouffre, un gigantesque jet de vapeur et d’écume. Ce phénomène, causé par la compression de l’air dans la cavité, est appelé “blowhole”.

Bruny Island
Bruny Island

Nous admirons les contours, les crevasses et les couches colorées des falaises et naviguons à présent
entre deux îlots sur lesquels se dorent une centaine de lions de mer.

Bruny Island
Bruny Island

Sans les voir nous aurions pu les reconnaître rien qu’à l’odeur caractéristique de ces animaux. En tout cas, ils ont basé leur colonie dans un endroit époustouflant de beauté.

Bruny Island
Bruny Island

Au moment où le bateau fait demi-tour pour rentrer à l’embarcadère, de gros nuages gris apparaissent au-dessus des falaises. Il est temps de rentrer. Le vent froid, l’allure du bateau, les éclaboussures des vagues et la pluie nous harcèlent. Le froid est mordant. Au travers de nos lunettes solaires embuées, nous parvenons à apercevoir le vol majestueux d’un albatros juste au-dessus des vagues.

Nous arrivons au port complètement engourdis par le froid. Mais la pluie a cessé et le soleil qui a réapparu nous réchauffe bien vite. Tous les quatre, nous rejoignons Idéfix en commentant avec enthousiasme ce que nous avons vu et ressenti pendant cette excursion magnifique.

Bruny Island
Bruny Island

En fin d’après-midi, nous longeons encore les rives du South Bruny National Park, mais à pied cette fois. Nous traversons une plaine recouverte de “button-grass”.

Bruny Island
Bruny Island

Un sentier mène à un petit promontoire sur la plage où James Cook aurait jadis accosté. Sur la plage, les randonneurs se sont amusés à construire des petites colonnes en superposant des galets. La vue de ces centaines de petites tours de galets est surprenante.

Bruny Island
Bruny Island

Bien-sûr, Yann et Pauline veulent également édifier leur propre tour. Et encore, si une seule suffisait…

Bruny Island
Bruny Island

Pendant qu’ils sont à l’œuvre, nous avons droit à une nouvelle séance de spectacle au delphinarium. Six dauphins font de la nage synchronisée juste sous nos yeux et sautent si haut que nous pouvons voir leur corps entier au-dessus de l’eau. Pourtant, personne n’est là pour leur lancer la balle ou pour leur présenter le seau de sardines.

Bruny Island
Bruny Island

Sur le chemin du retour, nous rencontrons un wallaby blanc entre les buissons. Cette espèce de wallaby ne se trouve qu’ici. Ce sont les descendants de deux wallabies albinos. Leur croisement a donné lieu à toute une lignée de wallabies blancs qui ont aujourd’hui les yeux bruns et non plus rouges comme leur aïeuls.

Bruny Island - wallaby blanc
Bruny Island - wallaby blanc

Mardi 10 février 2009, nous quittons Bruny Island et entamons la route vers le nord. Nous apprécions beaucoup la Tasmanie car elle est tellement différente d’un endroit à l’autre. Non seulement les paysages (plages, montagnes, rochers, lacs, etc.) sont très variés et séparés de seulement quelques dizaines ou une centaine de kilomètres, mais également les villes et les villages. Au nord, les villes que nous avons vues sont plutôt simples, sans style, à l’ouest, il y a Queenstown, une ville minière, au sud, Hobart, la capitale avec son port, ses vieilles bâtisses et ses quartiers résidentiels et plus au centre, nous croisons une ville encore totalement différente: Richmond. Celle-ci semble être la copie conforme d’un village anglais.

Richmond
Richmond

De vieilles petites maisons construites de grandes briques beiges, un vieux pont avec à l’arrière le clocher d’une église, les magasins avec leur nom et leur spécialité peints sur une plaque en fer forgé, de la dentelle aux fenêtres et des petites statuettes et pots de fleurs sur les balcons, attirent de nombreux touristes. Les jardinets regorgent de rosiers de toutes les couleurs. C’est marrant, nous nous sentons soudainement dans un tout autre monde.

Richmond
Richmond

Nous dormons ce soir dans un petit village, Kempton, tout aussi étrange. Un Big Ben miniature trône devant la salle communale du village, la chapelle est peinte en bleu. Nous dormons gratuitement sur une belle pelouse et le barbecue au gaz et l’électricité sont gratuits.

Kempton
Kempton

Mercredi 11 février 2009, la Lake Highway traverse toute l’île du sud au nord. En l’empruntant, nous traversons les “Highlands“, plus précisément la chaîne montagneuse des “Great Western Tiers”. Cette route nous emmène à plus de 1000 mètres d’altitude et vers des paysages étranges. A midi, nous nous arrêtons au milieu d’une plaine de petits arbustes. Nous venons d’effectuer plusieurs kilomètres de pistes sans croiser personne, nous regardons ce lac situé à 1000 et quelques mètres d’altitude, il fait très calme, ma foi, nous sommes en Patagonie!

Centre de la Tasmanie - les highlands
Centre de la Tasmanie - les highlands

Plus loin, sur la piste, nous croisons quelques villages dont les maisons sont construites de bois et de tôle ondulée, c’est toujours pareil qu’en Patagonie. Finalement, la piste redevient de l’asphalte, nous descendons en altitude, les villages sont plus grands, les maisons construites en briques, nous croisons d’autres véhicules, nous sortons de notre rêve et revenons en Tasmanie.

Le ciel devient menaçant, un halo de lumière se bat contre les gros nuages gris et lourds, quelques rayons de soleil éclairent encore les champs de blé. Ce soir, nous nous réfugions à Devonport.

IMG_4248.JPG
IMG_4248.JPG

Jeudi 12 février 2009, depuis notre arrivée en Tasmanie, nous avons eu l’occasion de voir de nombreux animaux. Mais parmi ceux qui manquent à notre liste, il y en a un que nous aimerions y ajouter. Il s’agit du wombat, un petit animal robuste, gros, brun-gris, court sur pattes et avec une tête toute ronde. Le ranger du Narrawntapu National Park nous garantit que nous pourrons en apercevoir ce soir, avant le coucher du soleil. En attendant, nous chaussons nos chaussures de marche et partons à la découverte du parc. Nous traversons une zone de marais où poussent des arbres dont l’écorce se détache en lambeaux ressemblant à du papier journal. D’ailleurs, cet arbre est nommé “Paperbark Tree”.

Narrawntapu NP - Paperbark tree
Narrawntapu NP - Paperbark tree

Nous quittons les bois et les marais et surmontons une dune. Pendant que nous prenons des photos et filmons la nature qui nous entoure, Yann et Pauline s’amusent à sauter du haut de la dune. Nous rebroussons chemin par la plage, qui une fois de plus est superbe.

Narrawntapu NP
Narrawntapu NP
Narrawntapu NP
Narrawntapu NP

A la tombée du jour, nous partons à la “chasse” aux wombats. Nous mettons doucement un pied devant l’autre et osons à peine parler. Puis tout à coup, Damien nous fait signe:”Là, il y en a un.” Derrière un buisson, un wombat creuse la terre autour d’une racine juteuse. Il semble ne pas nous voir. “Tiens, en voilà un autre!” Yann et Pauline sont sur le qui-vive mais font peut-être un peu trop de bruit. Subitement, nos deux exemplaires de wombats s’enfoncent dans la broussaille et disparaissent. S’en suit alors une véritable traque au wombat. Nous en apercevons un autre dans la plaine.

Narrawntapu NP
Narrawntapu NP

Nous nous en approchons à pas feutrés. Organisés en rang d’oignons, nous parvenons à le suivre pendant un long moment. Dès que le wombat s’arrête, nous nous arrêtons. Lorsqu’il reprend sa route, nous faisons de même. Yann et Pauline apprennent ainsi à traquer les animaux, à observer leurs crottes et la fraîcheur de celles-ci, à avancer doucement tout en évitant de faire craquer des branches.

Narrawntapu NP - Wombat
Narrawntapu NP - Wombat

Quel animal intrigant, c’est une grosse boule de poils à quatre pattes, un marsupial avec une tête de nounours et des oreilles de chat. C’est sans doute aussi sa démarche maladroite qui le rend craquant.

Vendredi 13 février 2009, demain, nous quittons la Tasmanie. En y arrivant, le contrôle sanitaire était stricte et certains conducteurs devaient nettoyer leur véhicule avant de pouvoir monter sur le bateau. Idéfix est jaune de poussière. Un petit nettoyage rapide mais efficace s’impose donc. Dans ce pays de “caravaning” et de pêche, nous trouvons sans problème un carwash à la taille d’Idéfix.

faut bien nettoyer un peu de temps en temps ...
faut bien nettoyer un peu de temps en temps ...

Samedi 14 février 2009, neuf heures du matin, le Spirit of Tasmania largue les amarres et quitte la Tasmanie. C’est avec regret, mais néanmoins avec la grande satisfaction de l’avoir découverte, que nous quittons cette île. Désormais, il nous paraît impensable de parler de l’Australie sans prendre en compte la terre de Van Diemen.

Collage-Tasmanie.JPG
Collage-Tasmanie.JPG

 
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A la découverte de la Tasmanie (Australie, Tasmanie) - 17/1/2009 au 31/1/2009 http://www.auplaisir.be/?p=121 http://www.auplaisir.be/?p=121#comments Sat, 17 Jan 2009 11:42:24 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=121 Itinéraire Australie - Partie 9Samedi 17 janvier 2009, depuis notre bivouac le long d’une plage de Melbourne, il nous faut cinq minutes pour rejoindre l’embarcadère du port de Melbourne. Nous montons à bord du “Spirit of Tasmania”, le ferry qui nous emmènera en Tasmanie, le quatrième Etat australien de notre itinéraire. Idéfix est garé dans la soute du bateau gigantesque. Nous prenons place à l’étage supérieur en compagnie de Paul, notre ami hollandais. La traversée durera neuf heures. Pour passer le temps, les enfants profitent d’un dessin animé projeté dans la salle de cinéma. La traversée n’offre rien de bien palpitant si ce n’est une jolie vue d’ensemble sur la “skyline” de Melbourne.

Melbourne
Melbourne

Lorsque nous étions en pleine préparation du voyage, il y a trois ans, nous espérions pouvoir passer en Tasmanie, cette île australe aux forêts luxuriantes et aux côtes sauvages. Qu’allons-nous y découvrir? En quoi sera-t-elle différente du “mainland” australien? Y verrons-nous un diable de Tasmanie ou un ornithorynque?

Nous arrivons à bon port, c’est-à-dire à Devonport, vers 18h00. Le check-out prend plus de temps que le check-in de ce matin. Mais c’est surtout le contrôle sanitaire qui semble plus sévère, ou du moins, qui semble prendre plus de temps. Lorsque c’est à notre tour d’être contrôlés, il est déjà 19h00. Est-ce parce que les contrôleurs veulent rentrer chez eux, ou ont-ils un petit coup de pompe, nous ne le savons point, mais nous passons sans être contrôlés. Il est vrai que nous avons des visages d’ange et une tête qui inspire confiance, non?

Lundi 19 janvier 2009, nous avons rendez-vous chez un garagiste pour l’entretien d’Idéfix. Le garage ne paye pas de mine et nous fait penser aux “talleres” d’Argentine. Nous sommes un peu étonnés car nous nous attendions à autre chose en Australie. Cependant, l’accueil du patron, qui a les mains dans le cambouis, est chaleureux. Et le service est excellent. Trois quarts d’heure plus tard nous pouvons déjà replier notre table de camping installée devant l’atelier. Idéfix est paré pour reprendre la route.

Devonport - Entretien d'Idéfix
Devonport - Entretien d'Idéfix

Près de la ville de Latrobe nous nous rapprochons, en quelque sorte, de notre patrie. Nous ne pouvons passer devant “The Anvers House” sans nous y arrêter. Non seulement ce lieu porte le nom d’une grande ville belge, où vivent des membres de notre famille, mais en plus, on y produit du chocolat belge! Un arrêt est donc obligatoire! Mmmm, nous nous léchons les babines en regardant la production de chocolat. Nous profitons de l’exposition de boîtes en fer décorées de photos de la Famille Royale Belge pour faire un petit rappel aux enfants sur la dynastie de notre pays. Le clou de la visite est bien évidemment le moment de la dégustation. Le chocolat fond sur nos langues, nos papilles en perçoivent les moindre nuances, nous fermons les yeux et en profitons. L’odeur titille nos narines, la vue de toutes les variétés de chocolat nous fait saliver. “C’est trop bon, si on en goûtait un autre?” Evidemment, nous ramenons de ce bon chocolat dans Idéfix.

Peu avant la ville de Deloraine, nous faisons un saut au “Ashgrove Cheese Factory”. Apparemment, en Tasmanie, de nombreuses attractions gastronomiques sont basées sur le même modèle: visite gratuite du petit musée et de la chaîne de production, dégustation et vente de produits locaux. Nous goûtons différentes variétés de Cheddar et expliquons aux enfants comment il est produit. C’est instructif et appétissant.

Mardi 20 janvier 2009, à deux pas de la ville de Launceston se trouvent les “Cataract Gorges”. Une petite promenade nous emmène autour du lac, puis sur un pont de singe, avant de pénétrer dans la gorge. La seule chose étonnante est le fait que ces gorges se trouvent en pleine agglomération. Pour le reste, la piscine municipale bondée et le télésiège touristique ne nous intéressent guère.

Launceston - Cataract Gorge
Launceston - Cataract Gorge

Nous longeons à présent la Tamar River en direction du nord et traversons une région réputée pour ses vins.

Au bout de l’estuaire, à Beauty Point, un ancien entrepôt est transformé en parc animalier dédié aux ornithorynques. Nous pouvons ainsi apprendre à mieux connaître ces animaux étranges, si difficiles à observer dans leur milieu naturel. Les ornithorynques ne se trouvent qu’en Australie. Ce sont des mammifères qui pondent des oeufs, ils ont un bec semblable à un bec de canard, ils nagent dans l’eau comme des lions de mer, ne mesurent pas plus de 50 cm et les mâles peuvent injecter une toxine à partir d’une griffe pointue afin de se protéger d’éventuels prédateurs ou d’autres mâles intéressés par leur femelle. Drôle de mélange de caractéristiques animalières. Comme si le créateur s’était amusé à rassembler toutes les caractéristiques qu’il avait en trop après la création des animaux “normaux”.

Ornithorynque
Ornithorynque

Dans une salle annexe se promènent quelques échidnés. Ce sont des hérissons au nez allongé et aux épines grosses comme des baguettes chinoises. Ils attrapent des fourmis avec leur longue langue effilée. Les échidnés et les ornithorynques sont les seuls représentants de la famille des monotrèmes. Voilà pour la leçon zoologique d’aujourd’hui. Il ne nous reste plus qu’à tenter d’en apercevoir en liberté.

Nous établissons notre campement au pied du Batman Bridge, pont réputé pour sa construction moderne. Un Australien vient à notre rencontre et nous offre une huître ramassée dans l’estuaire. L’huître a une couleur verdâtre, mais elle a très bon goût, aux dires de Sophie. Nous attendrons la marée basse pour en pêcher d’autres.

Mercredi 21 janvier 2009, le petit déjeuner à peine terminé, nous descendons à la rivière. Damien ramasse quelques huîtres, les enfants les comptent et les mettent dans un sachet. Ravis de notre “cueillette”, nous reprenons la route.

Pêche à l'huïtre
Pêche à l'huïtre

Aujourd’hui, nous longeons l’autre rive de la Tamar River et rejoignons Georgetown. Là encore, nous constatons combien les villes de Tasmanie sont “RV Friendly”, c’est-à-dire, accueillantes pour les voyageurs en camping-car. On peut gratuitement y faire le plein d’eau, vider les cassettes de toilette ou même passer la nuit sur un parking spécialement aménagé derrière l’office de tourisme. Dans un magasin, Sophie tombe sur un rasoir électrique à 18 $AU (9 euro). Elle n’hésite pas car, enfin, elle pourra couper, ou plutôt raser les cheveux de Yann elle-même. Ce qu’elle fait d’emblée cette après-midi. Pourvu que ce rasoir bon marché fonctionne jusqu’au bout. Finalement, le résultat n’est pas si mal…

IMG_3947.JPG
IMG_3947.JPG

Jeudi 22 janvier 2009, la route B82 débute à Georgetown, longe la côte du nord, s’étend quasi jusqu’à l’est et rejoint ensuite la Tasman Highway qui plonge vers le sud. Nous quittons la B82 à Gladstone (au nord-est de la Tasmanie) et suivons une piste jusqu’au Mount William National Park. La piste consolidée passe au milieu d’une plaine de sable, colorée par de jolies touffes d’herbes vertes et mauves. La nuit commence à tomber, nous sentons quelques gouttes de pluie. Le vent fort chassera peut-être les gros nuages gris.

Mount William NP
Mount William NP

Vendredi 23 janvier 2009, à deux pas du campement se trouve un plan d’eau séparé de la mer par une petite dune. L’endroit est magnifique, tout est vert autour du plan d’eau dans lequel un cormoran pêche sans relâche. A quelques mètres de là, un pademelon (petit kangourou d’un brun très foncé) mange des brindilles d’herbe. Nous longeons cette mare pour atteindre la plage. Une bonne balade au bord de l’eau nous offre le plaisir de découvrir les roches de couleur orangée (due au lichen) sur lesquelles s’abattent les vagues de l’océan. Yann et Pauline s’amusent en sautant d’un rocher à l’autre.

Mount William NP
Mount William NP

A la tombée du jour, une famille française avec deux petites filles arrive au campement. Ils font un tour du monde en 10 mois en sac-à-dos. Pendant la conversation nous nous rendons compte que nous connaissons nos sites web respectifs. Quelle coïncidence! Les enfants s’observent pendant quelques minutes. Mais si contents de rencontrer des compagnons de jeu parlant la même langue, ils échangent rapidement leurs expériences et surtout leurs rencontres avec les animaux. Il est plus de 21h00 lorsque nous arrivons à les convaincre de rejoindre les bras de Morphée. Yann et Pauline s’endorment rapidement dans l’espoir de pouvoir jouer encore demain avec Amélie (5 ans) et Alix (3 ans).

Samedi 24 janvier 2009, joyeux anniversaire (grand)bon-papy!
Inutile de dire que nous n’entendons pas les enfants de toute la matinée. En début d’après-midi les français lèvent le camp. Nous partons en randonnée dans l’intérieur du parc et rejoignons la plage à hauteur des “Cobler Rocks”. Ces derniers sont un amas de rochers arrondis émergeant de l’eau de l’océan. Comme d’habitude, il ne faut pas longtemps pour que Yann et Pauline aient leur vêtements trempés par les éclaboussures des vagues. Pour retourner au campement, nous devons marcher contre un vent du nord déchirant. La promenade est belle et courte, mais dure-dure pour les jambes.

Mount William NP - Cobler Rocks
Mount William NP - Cobler Rocks

Dimanche 25 janvier 2009, un dernier regard vers un petit pademelon et nous nous dirigeons vers le Mount William, montagne dont le parc national où nous sommes porte le nom. L’objectif de cette randonnée est d’atteindre le sommet du mont, mais surtout de trouver un nouveau trésor du geocaching. Le sommet est rapidement atteint et le trésor trouvé!

Le trésor du Mount William
Le trésor du Mount William

En début d’après-midi, nous quittons le Mount William National Park et nous roulons vers St. Helens, à quelques kilomètres plus au sud. Nous ne pensions pas que la Tasman Highway serait une véritable route de montagne. Elle serpente de col en col, entre les forêts touffues, bordées de fougères. Damien aborde les virages avec un peu trop de précipitation, probablement dans un soucis de préserver les freins. Yann se sent mal, se rend aux toilettes du camping-car et vomit, mais au mauvais endroit… Toute la salle de bain est baptisée, les sacs de provisions, les provisions, le sac-à-dos et toutes les parois! Arrivés dans un camping, le nettoyage de la salle-de-bain s’impose, une machine à lessiver est remplie, les enfants sont prêts à prendre une douche, puis … plus d’eau dans le camping. Fort heureusement, trente minutes plus tard, le souci d’eau est rétabli et nous pouvons reprendre nos tâches de nettoyage là où nous les avions laissées, sans oublier que le pain cuit au four et qu’il faut encore préparer le souper. Eh, non, nos journées ne sont pas toujours de tout repos!

Lundi 26 janvier 2009, au nord de Freycinet s’étend la “Bay of Fires“, superbe baie située sur une côte sauvage, parsemée de rochers rouges photogéniques. Nous nous trouvons un endroit de rêve en face d’une petite crique où les enfants partent faire des châteaux de sable.

Bay of Fires
Bay of Fires

Le soir, nous étudions notre itinéraire pour les jours à venir. Quels autres lieux allons-nous découvrir sur la Terre de Van Diemen, appelée ainsi lors de la découverte de cette île par le navigateur Abel Tasman avant qu’elle ne prenne le nom de ce dernier pour devenir la Tasmanie? Il y a encore tant de choses à voir: Cradle Mountain, Lake St. Clair, Hobart et son festival de bateaux en bois, Mount Field, Tasman Peninsula, … Et dire que notre ferry pour le retour au continent australien est réservé pour le 14 février! Aïe, il va falloir jouer serré. Nous refaisons nos calculs et changeons notre itinéraire. Pour la première fois, nous sommes face à un planning strict. Ca nous dérange un peu mais la Tasmanie nous plaît tant que nous ne voulons rien manquer.

Freycinet NP - Friendly Beaches
Freycinet NP - Friendly Beaches
les pieds noirs comme du charbon à cause des cendres dans le sable
les pieds noirs comme du charbon à cause des cendres dans le sable

Mardi 27 janvier 2009, il fait gris au lever du jour et le soleil n’est toujours pas apparu après l’école. Cap donc sur le Parc National de Freycinet. Malgré que le ciel soit couvert, la route est belle. Pendant un long moment nous longeons la mer. Pour rejoindre le parc national, la route bifurque vers l’intérieur du pays. Nous sommes entourés de champs de blés et les habitations, souvent délabrées, se font rares. Au campement, appelé “Friendly Beaches”, nous trouvons une fois de plus un bel emplacement. Au pied d’Idéfix nous avons du gravier, chouette! Nous adorons la Tasmanie, mais le sol dans les campements est souvent recouvert d’un sable gris. Ceci est dû au dépôt des cendres des feux provoqués intentionnellement pour la fertilisation des terres. Du coup, nous avons souvent les pieds noirs comme du charbon. Aujourd’hui, ce n’est donc pas le cas. Le vent est trop fort et trop frais pour que nous puissions nous baigner dans la mer. Nous avons trouvé un nouveau jeu: le bonhomme pendu dans le sable dur.

Mercredi 28 janvier 2009, “Wineglass Bay” est un des “must” du Parc National Freycinet. Un sentier nous mène en haut d’une montagne. C’est un endroit très visité, il y a donc beaucoup de monde. Le sentier monte sans arrêt. Apparemment, Yann s’est lancé un défi et il a décidé de dépasser tout le monde. Du coup, cette fois, c’est nous qui trottinons derrière lui. Des personnes nous lancent:”Ah, si nous pouvions avoir autant d’énergie que vos enfants!”
Au bout d’une heure, nous gagnons une plateforme d’où nous avons une vue panoramique sur la baie et les montagnes qui l’entourent. La forme de ballon qu’a la baie lui a conféré le nom de “baie en verre à vin”. La vue est absolument magnifique et pas une maison, pas un immeuble, pas un poteau électrique ne gâche ce panorama.

Freycinet NP - Wineglass Bay
Freycinet NP - Wineglass Bay

Vendredi 30 janvier 2009, suite à notre changement d’itinéraire, nous nous trouvons à l’intérieur des terres, dans les “Midlands” tasmaniens. Nous approchons de Mole Creek, petit village situé dans les collines verdoyantes et les champs de blé. Tout au long des vingt kilomètres de route nous sommes charmés par le paysage tranquille entouré de montagnes, parsemé de petits points d’eau, de maisonnettes dont la simplicité n’enlève rien au charme et des granges dont les planches patinées par le temps et les intempéries tiennent à peine ensemble.

Mole Creek
Mole Creek

Nous rendons une petite visite à un fabriquant de miel. Un petit musée bien conçu est emménagé dans le magasin. Nous apprenons des tas de choses sur le miel et les abeilles, sur leurs reines, sur les fleurs que les abeilles butinent et sur le fonctionnement d’une ruche d’apiculture. Nous dégustons du miel d’eucalyptus, à la pomme, à la fraise, au gingembre, à la cannelle et bien d’autres. Les enfants lèchent une glace au miel.

Le diable de Tasmanie, petite créature noire aux dents acérées, continue de nous intriguer. Réussirons-nous à apercevoir cet animal, discret et farouche, dans son milieu naturel? Nous y croyons de moins en moins. C’est pourquoi nous profitons de notre passage à Mole Creek pour visiter un “Wildlife Park” qui héberge des diables récupérés afin de les soigner et de les étudier. Le nombre de diables a fort diminué ces dernières années. La cause serait un cancer foudroyant pour lequel les scientifiques n’ont pas encore trouvé de remède. Un guide nous emmène aux endroits les plus intéressants. Damien peut prendre un wombat dans ses bras (bof!), les enfants peuvent nourrir des kangourous (nous ne sommes pas pour, mais Yann et Pauline sont ravis).
Ensuite, c’est l’heure du casse-croûte des diables. Un soigneur leur tend un morceau de kangourou sur lequel trois diables se jettent avec férocité. Le diable de Tasmanie n’est pas un chasseur. Il se nourrit d’animaux morts ou affaiblis. Pourtant, ils se jettent sur la patte de kangourou tels des fauves. Le soigneur se cramponne à l’extrémité de la patte afin qu’il n’y en n’ait pas un qui parte avec le butin. Spectacle impressionnant.

Diable de Tasmanie
Diable de Tasmanie

Samedi 31 janvier 2009, le Parc National de Cradle Mountain est l’un des parcs les plus connus de Tasmanie. Situé entre les montagnes et parsemé de lacs, c’est un endroit de prédilection pour les randonneurs chevronnés. Nous empruntons une petite navette afin d’arriver au rivage du Dove Lake derrière lequel apparaît la crête dentelée de Cradle Mountain. Nous entreprenons de faire le tour du lac. Une marche de six kilomètres nous porte dans une nature qui change derrière chaque courbe. Nous sommes entourés tantôt de pins, de “myrtle”, d’arbres tropicaux, tantôt de fougères arborescentes ou de touffes vertes appelées “button grass”. Les enfants se soucient peu de la nature mais se motivent à dévaler le sentier en courant. Ils auront pratiquement fait les six kilomètres au pas de course. Heureusement pour eux, il ne fait pas trop chaud aujourd’hui. Dommage, pour nous, les parents, qu’il n’y ait pas un petit bout de ciel bleu pour embellir la scène.

Cradle Mountain NP
Cradle Mountain NP

Au moment où le tour du lac est accompli, le soleil semble vouloir percer. Comme nous aimons l’endroit, nous convainquons Yann et Pauline de rejoindre la navette en faisant un petit détour… de deux kilomètres. Les passerelles en bois slaloment entre les herbes. Les rayons du soleil éclairent ce joli paysage et donnent encore plus d’intensité et de douceur aux couleurs.

Cradle Mountain NP
Cradle Mountain NP

Nous rentrons chez Idéfix avec les jambes meurtries mais ravis de cette journée au pied du Cradle Mountain.

 
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La chaîne des Grampians et la Great Ocean Road (Australie, Victoria) - 4/1/2009 au 16/1/2009 http://www.auplaisir.be/?p=119 http://www.auplaisir.be/?p=119#comments Sun, 04 Jan 2009 11:53:23 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=119 Itineraire Australie - Partie 8Dimanche 4 janvier 2009, le Victoria est le troisième Etat que nous visitons. Notre première étape dans ce nouvel Etat se fait dans la chaîne montagneuse “The Grampians“. Le parc national vers lequel nous nous dirigeons porte le même nom. Au campement “Stapylton”, situé dans le nord des Grampians, nous trouvons un bel emplacement à l’ombre des arbres.

Lundi 5 janvier 2009, a 500 mètres du campement se trouve la “Ngamadjidj Shelter”, une grotte avec des peintures aborigènes. Celles-ci représentent des petits bonshommes blancs. Les explications restent vagues… peut-être symbolisent-ils l’arrivée des colons, des hommes blancs?

The Grampians NP - peintures aborigènes
The Grampians NP - peintures aborigènes

Nous rejoignons la route principale pour atteindre le centre du parc. Idéfix et son conducteur sont très concentrés car la route monte, descend, longe une falaise, passe par un bois, engage un virage serré à gauche, puis à droite, remonte, redescend, etc. Après deux heures de montagnes russes, nous ne sommes pas mécontents de faire une halte aux “MacKenzie Falls”.

The Grampians NP - McKenzie Falls
The Grampians NP - McKenzie Falls

Nous optons pour la promenade qui mène au pied de la cascade. Ca descend, descend, descend, évidemment… Mais au retour ça va monter, monter, monter…! Malgré que ce soit l’été, cette cascade, contrairement à d’autres en Australie, n’est pas asséchée. Nous prenons le temps pour prendre quelques photos, pour tremper nos pieds dans l’eau fraîche, mais surtout pour profiter du bel endroit qui, malgré le nombre de personnes présentes, dégage une ambiance agréable.

The Grampians NP - McKenzie Falls
The Grampians NP - McKenzie Falls

Un joli et petit campement se trouve près des cascades MacKenzie. Avant le coucher du soleil, le spectacle est joli, quelques feux de bois crépitent, de grands perroquets blancs nous survolent et d’autres “Cuckatoo” (sorte de perroquets) font les beaux sur les branches d’arbres.

The Grampians NP
The Grampians NP

Mardi 6 janvier 2009, une route toute aussi sinueuse, si pas plus que la veille, nous conduit à deux points-de-vue: “Reed Lookout & the Balconies” et le “Boroka Lookout”. Le premier point-de-vue offre un panorama impressionnant sur les Grampians, et en particulier, sur la Vallée Victoria. Le deuxième offre quant à lui une vue sur les alentours du parc, des champs de blé à perte de vue.

The Grampians NP
The Grampians NP

Ce soir au programme: coucher du soleil vu du sommet du Mount William. Nous arrivons vers 19h30 à un parking situé à environ 750 mètres d’altitude. La route asphaltée continue jusqu’au sommet, mais elle est interdite aux voitures. Nous continuons l’ascension à pied et arrivons bien à l’heure pour admirer le coucher du soleil. Le Mount William est le point le plus élevé du parc national. De là, nous surplombons les autres pics montagneux. C’est impressionnant. Le plaisir est bien évidemment le sentiment de liberté qui nous envahit, l’appréciation des couleurs rougeâtres du ciel au-dessus des montagnes, mais surtout le bonheur de partager ce beau moment avec nos enfants et d’entendre leurs exclamations devant la beauté du spectacle.

The Grampians NP - Mount William
The Grampians NP - Mount William

Nous profitons des dernières minutes de clarté pour redescendre jusqu’au parking. Un wallaby tout noir nous observe de loin mais s’éclipse trop rapidement. Au grand bonheur de Pauline, nous devons rouler dans le noir. Nous ne savons pourquoi, mais elle nous demande cela depuis quelques semaines. Les phares d’Idéfix éclairent la route et nos chants brisent le silence.

Vendredi 9 janvier 2009, la Great Ocean Road, située à l’ouest de Melbourne, serait la plus belle route côtière au monde. Longue de 200 kilomètres, elle offre des vues spectaculaires. Aujourd’hui, nous pensons faire une petite étape afin d’en profiter pleinement. Cette partie de la route longe des falaises. La mer, qui peut être d’une force incroyable, a creusé au fil des ans de superbes formes dans les rochers.

Great Ocean Road - Bay of Islands
Great Ocean Road - Bay of Islands

Nous effectuons un premier arrêt à la Baie des îles (Bay of Islands). La vue est grandiose, les couleurs de la mer et des rochers sont superbes. Nous avons hâte de voir la suite. Nous suivons un sentier vers un lieu dit “The Grotto”. Bizarre, pourquoi un nom aux consonances hispaniques? Soudainement, les enfants s’écrient: “Il neige!”. Effectivement, il neige de la mousse, ou plus précisément de l’écume envoyée dans les airs par le jeu des vagues et du vent. En bas, le spectacle est impressionnant! Les vagues s’abattent avec une force incroyable contre les falaises, l’eau qui revient avec beaucoup d’énergie se mélange à l’eau qui arrive, tout gicle dans les airs, des
tourbillons se forment, il n’y a pas de moment de répit, la prochaine grosse vague arrive et écrase tout sur son passage.

Great Ocean Road - The Grotto
Great Ocean Road - The Grotto

Nous pourrions contempler ce spectacle pendant des heures mais les enfants nous demandent de venir voir encore plus bas. Là, c’est tout le contraire, tout est calme mais toujours très beau. Une grotte colorée dans tous les tons de beige, plus loin coupée des rayons de soleil nous semble quasi noire. Au fond, au travers d’un trou formé dans la grotte, l’eau cristalline de l’océan scintille.

Great Ocean Road - The Grotto
Great Ocean Road - The Grotto

Que c’est beau, comment sera la suite? Sur le sentier, nous croisons notre premier échidné, cet animal que l’on aurait tendance à comparer à notre hérisson européen. Et pourtant, l’échidné, tout comme l’ornithorynque, est un mammifère ovipare!

un échidné
un échidné

Nous nous arrêtons ensuite au “London Bridge”, au “The Arch”, au “Loch Ard Gorge” ainsi qu’au site nommé “The Twelve Apostles”. Ce dernier est le plus connu, certes, mais nous avons de loin préféré le “Loch Ard Gorge”. Le site est splendide et les formes des rochers sculptées par l’eau sont surprenantes: une arche, une longue lame de rasoir, un visage, entourés d’autres rochers plantés là, au milieu de la mer, tous de la même couleur beige que les rayons du soleil rendent encore plus douce, entourés par ce bleu intense de l’eau. C’est superbe!

Great Ocean Road - Loch Ard Gorge
Great Ocean Road - Loch Ard Gorge

Samedi 10 janvier 2009, un petit campement rustique, situé à quelques kilomètres des “Douze Apôtres”, nous a servi de logement. Aimant la photographie et le rôle du Dieu Râ dans celle-ci, nous retournons ce matin tôt admirer les “Douze Apôtres”. Heureusement, il fait beau, le ciel n’est pas couvert. Nous prendrons notre petit déjeuner plus tard, quand les touristes arriveront en grand nombre.

Great Ocean Road - The Twelve Apostles
Great Ocean Road - The Twelve Apostles

Aujourd’hui nous sommes samedi et il n’y a donc pas d’école. C’est de bonne heure que nous reprenons la Great Ocean Road. Elle s’enfonce à l’intérieur des terres. De temps à autres, nous apercevons encore la mer au bout d’un virage, mais bientôt, nous sommes complètement entourés par la verdure du “Cape Otway National Park“. Le parc est protégé pour la faune et la flore et abrite une forêt vierge. Un trésor caché par un membre du “Geocaching” nous invite à faire une promenade dans la forêt. Tout en cherchant le trésor, nous admirons les grands et vieux arbres, les énormes fougères et tout ce que peut contenir une telle forêt.

Great Ocean Road - Cape Otway NP
Great Ocean Road - Cape Otway NP

Nous trouvons un camping rustique mais très sympa qui se trouve à la lisière du parc national, au beau milieu des eucalyptus. Que le hasard fait bien les choses… plusieurs koalas ont élu domicile dans les arbres du camping. Evidemment, à peine arrivés nous partons les observer. Ces petites bêtes toutes poilues ont la réputation de dormir à longueur de journée. Et pour cause, la digestion des feuilles d’eucalyptus consomme quasi toute leur énergie. Par contre, aujourd’hui ils ont la bougeotte. L’un se déplace d’une intersection de branches à une autre, teste son siège, mais apparemment, pas satisfait du confort, il part à la recherche d’un meilleur endroit et nous fait même la démonstration d’un saut! Plus loin, regardant vers un autre arbre, Yann et Pauline s’exclament à la vue d’un koala avec son bébé. Le petit, accroché au ventre de sa maman, monte sur le dos de celle-ci quand elle se déplace. Arrivée bien haut dans l’arbre, la maman s’assied et le petit tente de grimper tout seul de quelques dizaines de centimètres. Ensuite, il rejoint sa mère en se laissant glisser le long de la branche et il recommence. Ce n’est que tard le soir, lorsqu’il fait noir, que nous cessons de les regarder. Mais le craquement des écorces ou le son que produisent les koalas nous rappellent continuellement leur présence.

koalas au Cape Otway
koalas au Cape Otway

Dimanche 11 janvier 2009, à peine levés, les enfants partent à la recherche des koalas. Les uns ont changé d’arbre, les autres n’ont pas bougé. Le camping est simple et sympa. Il y a des koalas, des chevaux et des poneys ainsi qu’une promenade à faire jusqu’à la plage. Conclusion: nous restons ici.

Nous avons réservé une petite surprise aux enfants. Pauline rêve depuis plusieurs mois de chevaux. Lorsque nous leur annonçons que nous leur avons réservé une promenade en poney, le visage de Pauline rayonne de bonheur et Yann saute de joie pour sa sœur.

Cape Otway
Cape Otway

En début d’après-midi, nous partons vers la plage. La promenade, plus longue que prévue, nous emmène d’une dune à l’autre et finalement à la plage. Une fois de plus, la mer nous offre un beau spectacle. La plage, entourée de dunes et de rochers, n’est pas grande mais la mer face à nous est immense dans sa splendeur.

Cape Otway - Station Beach
Cape Otway - Station Beach

De retour à notre bivouac, nous préparons notre soirée. Le dîner est servi tôt et suivi d’un petit dessert autour d’un feu. Et oui, malgré que les journées soient belles et ensoleillées, les nuits sont fraîches.

Cape Otway
Cape Otway

Lundi 12 janvier 2009, cette fois, ce sont les enfants qui insistent pour rester encore un jour de plus. Pourquoi pas? Entre les chevaux à caresser, les koalas à admirer, les carnets de route à écrire, les photos à trier, etc. nous avons de quoi nous occuper. En fin d’après-midi, un camping-car français arrive. Ce sont Michel et Geneviève, que nous ne connaissons que par échanges de mails et que nous pensions croiser en Tasmanie fin janvier! Incroyable, non?

Mardi 13 janvier 2009, nous n’avançons pas beaucoup sur la Great Ocean Road et pour cause, nous prenons une route vers l’intérieur des terres, plus précisément vers le Lac Elizabeth. Il serait possible d’y voir des ornithorynques… Le meilleur moment pour les apercevoir serait le soir, au coucher du soleil, ou le matin tôt. Nous sommes seuls sur le parking, seuls au milieu de cette immense forêt. Nous quittons Idéfix vers 18 heures car il y a environ une heure de marche jusqu’au lac. La nature, comme toujours, est très belle. Des perroquets de couleur rouge et bleu se posent sur une branche, des “coockaburra” émettent des sifflements semblables à un rire, des perroquets blancs survolent la rivière et nous les perdons de vue derrière les énormes fougères. Arrivés au lac, c’est le grand silence. Seuls quelques canards, qui semblent glisser sur la surface plane de l’eau, se montrent. Nous patientons et patientons, pensons voir quelque chose au loin, mais en vain. Après une heure et demie d’attente nous rebroussons chemin. Cependant, nous ne perdons pas espoir, nous reviendrons demain matin.

Lake Elizabeth
Lake Elizabeth

Mercredi 14 janvier 2009, la thermos de café est remplie, le pain, le choco et les gourdes des enfants sont dans le sac-à-dos. Il est 5h30 lorsque nous repartons vers le lac. Il fait frais, la nature se réveille doucement, petit à petit les oiseaux nous accompagnent par leurs chants. Lorsque nous arrivons au lac, une fois de plus, seuls des canards et un martin-pêcheur semblent y vivre. Nous ne cessons de scruter la surface de l’eau. Les tartines et le café nous aident à patienter. Au bout d’une heure, nous repérons des sillages à la surface de l’eau. “Là, c’est certainement un ornithorynque qui nage juste sous la surface de l’eau.” Nous voyons ainsi plusieurs sillages et aimons croire que ce sont ceux de quelques “platypus” trop timides pour monter à la surface et se montrer… C’est un peu déçus, mais pas tristes, que nous regagnons Idéfix. La suite du programme de la journée est simple: l’école et la Great Ocean Road.

Great Ocean Road
Great Ocean Road

Entre Apollo Bay et Lorne, la route construite sur le flanc des montagnes longe la mer. Roulant vers l’est et à gauche de la route, nous sommes continuellement du côté des falaises. En soi, rien de grave, sauf que les quelques arrêts prévus le long de la route se trouvent tous du côté mer. Bon, et alors? Si la route était rectiligne, pas de problème, mais ici, elle suit toutes les courbes des rochers et les arrêts se trouvent chaque fois dans un virage et de l’autre côté de la route! Malgré que tout soit très beau, ce petit bémol nous agace un peu. Peut-être nous sommes-nous levés un peu tôt ce matin? Bref, finalement, nous arrivons sur un de ces arrêts et nous en profitons. Lorsque nous décidons de reprendre la route, une jeep noire avec des autocollants de Camel Trophy quitte la route et vient se garer en trombe à côté de nous. “Mais c’est Paul, le hollandais rencontré à Fremantle!” Nous pensions qu’il était encore au nord de l’Australie. Décidément…

Paul roule également vers l’est. Lorsqu’il entend que nous prenons un bateau pour la Tasmanie dans trois jours, il décide de faire de même. Après plusieurs mois de voyage, nous ne pouvons nous quitter tout de suite. Même si nous prenons le même bateau samedi, nous passons la soirée ensemble et échangeons nos “histoires” de voyageurs.

Paul, notre ami hollandais
Paul, notre ami hollandais

Jeudi 15 janvier 2009, en route pour Melbourne. Samedi matin, nous quitterons le “mainland” australien afin de rallier l’Etat de Tasmanie!

Le ferry "Spirit of Tasmania" au port de Melbourne
Le ferry "Spirit of Tasmania" au port de Melbourne

 
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Adelaide et ses environs (Australie) – 17/12/2008 au 3/1/2009 http://www.auplaisir.be/?p=117 http://www.auplaisir.be/?p=117#comments Wed, 17 Dec 2008 02:38:52 +0000 Sophie et Damien Australie (2008-2009) http://www.auplaisir.be/?p=117 Itineraire Australie - Partie 7Mercredi 17 décembre 2008, nous tombons sous le charme d’un petit village situé au pied du Mount Remarkable. Melrose est une petite bourgade calme et pittoresque. Dans la rue est garé le bus qui sert de bibliothèque ambulante. Ce bus voyage de village en village selon un calendrier qui est connu de tous les habitants. Un Père Noël est posé nonchalamment sur la terrasse sympathique d’une minuscule taverne. Derrière un hôtel à la façade typique des maisons coloniales australiennes, nous découvrons deux habitations pour le moins loufoques. Deux vieux camions, qui étaient sans doute bons pour la casse, ont été aménagés en maisonnettes avec balcons et dentelles aux fenêtres.

Melrose
Melrose
Bowling club de Melrose
Bowling club de Melrose

En fin d’après-midi, le village prend vie. Une trentaine de personnes, toutes générations confondues, se rendent au terrain de “Bowling” (jeu de boules). Très aimablement, les villageois nous invitent à nous installer au bord du terrain. Une dame nous sourit en voyant notre caméra vidéo et s’excuse de n’être qu’une amateur. Ambiance très “British”.

Mount Remarkable NP
Mount Remarkable NP
Mount Remarkable NP - Aligator Gorge
Mount Remarkable NP - Aligator Gorge

Jeudi 18 décembre 2008, Idéfix s’enfonce dans le Parc National de Mount Remarkable. Ca monte et ça descend, de virage en virage, jusqu’à ce que nous arrivons à un petit parking situé au beau milieu du parc. Nous enfilons nos chaussures de randonnée et descendons dans la gorge appelée “Alligator Gorge”. Devant nous, les flancs de la gorge se referment, jusqu’à former un étroit couloir. Pour parcourir la longueur de la gorge sans nous mouiller les pieds, nous sautons de pierre en pierre, nous agrippant aux parois rocheuses afin de garder l’équilibre. La gorge s’ouvre sur une colline boisée d’eucalyptus sur laquelle serpente notre chemin du retour vers Idéfix.

L’estomac creusé par cette balade matinale, nous nous arrêtons à Stone Hut, minuscule village qui est connu pour son ancienne boulangerie. On y vend des tourtes à la viande de kangourou et de crocodile. Celles-ci étant toutes vendues, nous nous contentons de quelques tourtes “classiques”.

Stone Hut
Stone Hut

Vendredi 19 décembre 2008, à présent nous traversons la région des vins de “Clare Valley”. Une dégustation s’impose. Le domaine de “Taylors Wines” semble bien coté. Nous nous y rendons et découvrons une véritable usine. Le haut de la grande façade, derrière laquelle se cache l’usine, tente d’imiter le haut des remparts d’un château. Si l’imitation est plutôt kitsch, le vin lui, est bien bon, excellent même.

Taylors Winery
Taylors Winery

Mieux vaut en rester à une simple dégustation, car à l’approche d’Adélaide la route devient sinueuse, voire tortueuse. La route est de moins en moins large et surplombée par des rochers ou des branches d’arbres qui risquent de nous effleurer. Nous sommes dans les “Adelaide Hills”. Le paysage bucolique est composé essentiellement de champs de blé et de vignes qui doivent s’accrocher aux flancs des collines pour ne pas dévaler la pente. Un bref regard est accordé à un petit étang dans le contre-bas. Voilà déjà le prochain virage en épingle à cheveux à amorcer.

Adelaide Hills
Adelaide Hills

Voilà une bien jolie région. Nous passons la nuit dans un petit village niché dans les collines. Nous sommes à moins de vingt kilomètres d’Adelaide, capitale de l’État d’Australie-Méridionale.

Du samedi 20 au lundi 23 décembre 2008, nous pensons passer Noël dans les environs d’Adelaide. En attendant – “Christmas shopping” oblige – nous nous installons dans un petit camping à l’extérieur de la grande ville. Cela nous permettra de gagner la ville facilement en bus, tout en laissant Idéfix se reposer.

Le camping se trouve au pied des Adelaide Hills, sur un terrain boisé. A peine sommes-nous arrivés sur place que Sophie pointe son doigt vers la cime d’un eucalyptus. Elle s’écrie: “Un Koala!”. Les enfants se heurtent le front à la fenêtre en essayant de le repérer. Il est bien là, notre premier koala. Il est un peu endormi, mais craquant. Attendons la fin de journée qu’il s’active un peu…

Koala dans les Adelaide Hills
Koala dans les Adelaide Hills

Nous rencontrons des voyageurs français, Richard et Maïté. Au cours de l’apéro, ils nous racontent avec enthousiasme leurs impressions sur l’Afrique et l’Asie. Nous prenons bonne note, même si ce n’est pas pour tout de suite…

Trois jours de suite, nous empruntons le bus 171 qui nous dépose King Williams street, au centre d’Adelaide. Adelaide est une ville agréable. Quadrillée par de larges avenues, elle met en valeur les bâtiments anciens et modernes. Sur la place Victoria est érigé un immense sapin de Noël. La rue piétonne “Rundle Mall” est noire de monde. L’approche de Noël y est sans doute pour quelque chose. Un Père Noël géant trône au dessus de l’entrée d’une galerie commerçante. Dans une autre galerie, nous sommes attirés par les voix d’une chorale entonnant un chant de Noël depuis un balcon à l’étage. Dehors, il fait 35°C.

Adelaide
Adelaide

Nous faisons un saut au centre culturel aborigène, où nous avons droit à une magistrale démonstration de didgeridoo. Plus tard, Yann essayera de l’imiter en soufflant dans un rouleau en carton.

Adelaide
Adelaide

Les vitrines sont alléchantes. Chez un glacier, la présentation des parfums de glace est un vrai chef-d’œuvre. Pauline craque pour une glace au “Belgian chocolate” (ainsi écrit sur l’affichette).

Adelaide
Adelaide

Nous nous faisons mixer et presser un jus de fruits frais et Sophie commande in extremis une barquette de sushis avant que nous montions dans le bus en direction du camping. Une demi-heure plus tard, nous rejoignons Idéfix. Pendant notre absence, un koala est venu s’installer dans un arbre juste à côté de lui.

Mercredi 24 décembre 2008, nous passons Noël dans les collines d’Adelaide. Contrairement à l’année passée, où nous étions entourés d’amis voyageurs en Terre de Feu, nous fêtons cette année Noël à quatre. Nous passons la soirée dehors à déguster des zakouskis (au pâté de kangourou, entre autres) et les vins de la région. Les cadeaux à peine déballés, les enfants se lancent sans attendre sur leurs constructions de meccano et de légo.

Noël à Adelaide
Noël à Adelaide

Nous terminons la soirée les yeux tournés vers le haut, à observer les étoiles en cette belle nuit douce où le ciel semble annoncer de belles journées à venir.

Le lendemain, les enfants savourent la cuillerée de Nutella promise depuis plusieurs jours!!

IMG_2155.JPG
IMG_2155.JPG

Samedi 27 décembre 2008, notre route vers l’est est interrompue par le passage de la Murray River, le plus grand fleuve d’Australie. Un service de ferry gratuit nous conduit jusqu’à l’autre rive. La Murray River se jette dans le lac Alexandrina. Ce dernier n’est séparé de la mer que par une longue bande de dunes où s’abritent des milliers d’oiseaux migrateurs. Cet écosystème est protégé sous le label de Coorong National Park.

Coorong National Park
Coorong National Park

Quelques heures plus tard, une piste de terre nous mène au pied des dunes de ce parc. Nous sillonnons entre quelques petits lacs. L’un des lacs que nous longeons affiche sous le soleil étincelant une magnifique couleur rose. Nous installons notre bivouac à quelques pas de ce lac enchanté.

Coorong National Park
Coorong National Park

Dimanche 28 décembre 2008, le ciel est gris. Le lac a perdu sa couleur envoûtante. Nous empruntons quelques pistes carrossables plus loin dans le parc. Par moments, le soleil perce pour éclairer les flancs des grandes dunes qui nous séparent de la mer.

Coorong National Park
Coorong National Park

Du mardi 30 décembre 2008 au jeudi 1 janvier 2009, c’est sur la côte calcaire nommée “Limestone Coast” que nous choisissons de passer le réveillon de nouvel an. Cette côte est réputée pour sa langouste, que l’on peut d’ailleurs acheter sur les jetées des petits ports de pêche. Des tonnes de langoustes sont exportées d’ici vers les quatre coins du monde. Quatre d’entre elles trouveront un chemin plus court, directement de la jetée vers nos assiettes, sur une table joliment décorée à l’occasion de la grande fête.

Pauline, à l’exemple de sa maman, n’en perd pas une miette. Une fois toutes les parties bien décortiquées, les carapaces bien grattées et les pattes bien sucées, les enfants lancent la danse. Au dessert, accompagnés de la guitare, nous entonnons la petite chanson de notre composition qui parle de l’Australie et de ses bizarreries.
Bonne Année!

Nouvel-An
Nouvel-An

Jeudi 1 janvier 2009, dans la région de Mount Gambier l’activité volcanique a créé de nombreux cratères. Nous contournons un cratère rempli d’une eau d’un bleu profond. Le “Blue Lake” ne cesse d’intriguer les scientifiques qui ne parviennent pas à expliquer le changement de couleur d’une saison à l’autre. En été, la couleur de ce lac volcanique est surprenante, par contre, en hiver, elle est terne et grise.

Mount Gambier - Blue Lake
Mount Gambier - Blue Lake

L’après-midi, nous gravissons les parois extérieures de Mount Schank jusqu’au sommet. De là, nos regards peu rassurés plongent vers le centre du cratère.

Mount Schank
Mount Schank

Vendredi 2 janvier 2009, les grottes de la région de Naracoorte sont regroupées dans le Naracoorte Caves National Park. Aujourd’hui, nous descendons dans la grotte où ont été découverts de nombreux fossiles qui ont valu au parc national d’être classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Au fond de cette grotte s’entassent des milliers d’ossements d’animaux éteints, tel le lion marsupial ou une espèce de kangourou arboricole. La guide nous explique avec enthousiasme la richesse de cette grotte et l’époustouflante découverte faite par les premiers explorateurs.

Naracoorte Caves National Park - Victoria Fossil Cave
Naracoorte Caves National Park - Victoria Fossil Cave

Le campement situé en plein milieu du parc est tellement agréable que nous y restons deux nuits. Il faut bien que nous nous posions de temps en temps afin de rédiger nos carnets de route…

La nuit est douce et les étoiles brillent par milliers. Dans l’hémisphère sud, ce sont les constellations de la Croix du sud, du Taureau et d’Orion qui se repèrent le mieux. La croix du sud figure d’ailleurs sur le drapeau australien.

La Croix du Sud
La Croix du Sud
 
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