Au plaisir …

… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Curitiba (Brésil) - 29/06/07 au 30/06/07

Curitiba - Serra Verde Express
Curitiba - Serra Verde Express

Vendredi 29 juin 2007, notre plan est simple. Nous voulons loger à Curitiba afin d’y prendre le lendemain le fameux train “Serra Verde Express” qui rallie Curitiba à Morretes en trois heures de trajet à travers forêts et montagnes. Ce trajet somptueux, ainsi que le trajet retour prendra bien une journée complète. Nous avons réservé une place sur le parking du “Curitiba Eco Hostel” dont le gérant a accepté que nous logions dans notre motorhome au lieu de prendre une chambre.

Nous arrivons à Curitiba sans encombre. Le gérant de l’auberge nous ouvre son portail et nous invite à entrer sur son “aire” de stationnement. Cependant, la dénivellation entre la chaussée et le seuil du portail est trop importante. Le châssis d’Idéfix est trop long et trop bas. Mais grâce à l’aide d’un ouvrier et de quelques poutrelles nous avons finalement réussi à nous “coincer” sur le petit parking.

En milieu d’après-midi nous partons en ville afin d’acheter nos tickets de train pour le fameux trajet de demain. Cela nous permet de découvrir Curitiba, dont on dit que c’est la ville la plus européenne du Brésil. La ville nous semble bien agréable. Par contre, à la gare, nous tombons à la renverse lorsque nous apprenons le prix des tickets pour le “petit train”. Tant pis, nous sommes venus ici pour ça, alors allons au bout des choses. Il paraît que le trajet vaut vraiment la peine.

Nous rentrons chez Idéfix. Le gérant de l’auberge nous invite à sa petite “fiesta” qu’il organise plus tard dans la soirée. Nous apprécions le geste. Mais les enfants doivent aller dormir car nous nous levons à six heures demain matin.

Samedi 30 juin 2007, bon anniversaire mamycha!
Il est six heures, le réveil sonne. Les enfants ont du mal à se réveiller. Nous sautons dans le bus de 7h01. Puis dans un autre jusqu’à la ‘rodoferroviaria’. Nous prenons place à bord du Serra Verde Express. Ouf, nous y sommes. Il est huit heures et quart lorsque le train démarre. Notre wagon est bondé de passagers brésiliens qui semblent tester leur appareil photo pour la première fois. Durant la première heure de trajet, le train sort de la ville, lentement mais sûrement, lançant de forts coups de sifflet pour alerter les voitures à hauteur des passages à niveau qui, comme dans tout le Brésil, n’ont pas de barrières qui s’abaissent au passage des trains. Nous voyons les montagnes s’approcher.

Curitiba - Serra Verde Express
Curitiba - Serra Verde Express

Au premier petit lac entrevu par la fenêtre, la moitié des passagers bondit de son siège pour prendre une photo par la fenêtre. A partir de cet instant, toutes les fenêtres du wagon sont ouvertes. Sophie et moi nous regardons, chacun d’un côté de la rame, les enfants au milieu, nous demandant quand le vrai spectacle va commencer. Sophie montre quelque chose à Yann. Deux passagères et autant d’appareils photo suivent avec ferveur la direction indiquée par Sophie. Ce petit numéro se répète deux à trois fois. La troisième fois, il n’y a rien à voir. Sophie fait marcher les marionnettes.

Curitiba - Serra verde express
Curitiba - Serra verde express

Soudain, la vue s’ouvre sur la gauche. Nous apercevons une petite chute d’eau, puis un ruisseau, puis plus rien… un tunnel. Nous sortons du tunnel et notre regard plonge vers le bas, le long d’une pente raide. Au loin, le soleil illumine une montagne, le mont Marumbi, la plus haute montagne de l’état du Parana. S’en suivent trente minutes de vues époustouflantes: des creux, des crevasses, des montagnes, des falaises, du soleil, de la brume, des ponts, des ruisseaux. Le machiniste arrête le train au beau milieu d’un pont, au-dessus d’un canyon. De la fenêtre, vers laquelle tout le monde se penche, nous pouvons voir un cours d’eau qui ruisselle, plus de cent mètres en-dessous des rails. Le train ne bascule pas, il repart. Il quitte les flancs de montagne et plonge dans la forêt tropicale. Petit à petit nous reprenons nos esprits. Nos sens se replacent en mode “normal”, et nous sommes à nouveau des simples passagers dans un train ordinaire. Les enfants attendent avec impatience d’atteindre le prochain tunnel. Une fois dans le noir complet ils crient “houhou” et se marrent comme des petits fous.

Curitiba - Serra verde express
Curitiba - Serra verde express

Le train siffle trois fois. Des enfants des villages avoisinants viennent nous saluer au passage. Le train entre en gare à Morretes. Tout le monde descend. Le flot de passagers se déverse dans le village à la recherche d’un petit restaurant où déjeuner. Nous passons à l’office de tourisme afin de récolter quelques informations sur Morretes.

Le village de Morretes est plein de charme, et plein de restaurants. Nous y prenons notre premier “Barreado”, spécialité locale qui ressemble à une carbonade flamande servie avec de la farine de manioc et des bananes. Nous ne connaissons pas encore ce plat et le mangeons à l’européenne, c’est-à-dire sans la farine de manioc et sans la banane. Repus et contents de notre excursion, nous reprenons le train en sens inverse, direction Curitiba.

 

Etape de ravitaillement (Brésil) - 21/06/07 au 28/06/07

Jeudi 21 juin 2007, à neuf heures tapantes nous nous trouvons au cybercafé car nous avons rendez-vous sur skype avec maman et papa Holvoet. Il est 11 heures lorsque nous quittons Chapada Dos Guimaraës. Nous avons décidé d’aller vers la côte, plus précisément à Curitiba et ses environs. Mais il y a tant de kilomètres à faire que nous optons pour un petit détour via Foz do Iguaçu et le camping “Paudimar” qui nous y avait tant plu. C’est également une étape importante pour deux autres raisons: notre bouteille de gaz est presque vide et les bouteilles brésiliennes ne se fixent pas sur le détendeur que nous avons. C’est donc plus simple d’aller à Puerto Iguazu (en Argentine) pour en acheter une autre. Nous aimerions également faire un petit saut à Ciudad del Este, au Paraguay, pour y acheter un nouvel objectif pour notre appareil photo. Il paraît que c’est “the place to be” pour les bonnes affaires.
Nous avons 1500 km à faire, ou 4 jours de route et trois pompes à essence.

Mardi 26 juin 2007, contrebande au Paraguay…
Nous quittons Idéfix et le camping pour aller au Paraguay en bus. Nous prenons deux bus et descendons à la frontière. Il semblerait qu’il n’y ait aucun contrôle de douane pour les piétons et donc pas de “perte de temps administrative”. Nous découvrons une autre face de l’Amérique Latine. Dès notre arrivée à la frontière, je suis surprise par la saleté, la puanteur et la pauvreté. De nombreuses personnes y errent, des familles y traînent et les mamans cherchent des poux dans les cheveux de leurs enfants. Il n’y a aucune indication de douane, ni de contrôle. Nous marchons entre les camions et nous nous dirigeons vers le pont afin de traverser le Rio Parana qui sépare le Brésil du Paraguay. En traversant le pont, chacun avec un enfant à la main, nous apercevons des grands trous dans le grillage. Il ne faut que quelques secondes pour que nous comprenions à quoi ils servent. Tout à coup, des hommes arrivent en criant avec des grosses cordes en mains. Ils nous bousculent, nous agrippons nos enfants et essayons de nous frayer un chemin. D’autres hommes arrivent en courant, portant d’énormes paquets entièrement emballés dans du plastique et ne se souciant guère de notre présence. A nous de nous baisser afin de ne pas être heurtés par un de ces paquets. L’un d’eux devrait, par accident, nous faire basculer par dessus la rambarde, je suis certaine qu’il ne s’en inquièterait même pas. Nous nous rendons compte que nous sommes témoins d’une contrebande et que toute cette marchandise est lestée, à l’aide de ces grosses cordes, à travers les trous dans les grillages. D’autres hommes se trouvent en-dessous du pont pour réceptionner les colis. Tels des fourmis nous les voyons à la queue leu leu partir dans la végétation avec leur magot sur le dos. Damien hésite à sortir la caméra mais pour notre sécurité nous préférons la laisser dans le sac-à-dos.
Notre visite au Paraguay sera de courte durée. Peut-être faudrait-il, une fois arrivé à Ciudad del Este, prendre un taxi pour se rendre au centre ville? Toutefois, nous continuons à pied car nous apercevons déjà les magasins. Je n’aime pas cette ville, ou du moins cette partie de la ville qui est sale, moche et où l’on nous interpelle tous les dix mètres pour essayer de nous vendre quelque chose. Yann a été impressionné par notre passage sur le pont et ne lâche pas notre main une seule seconde. Il nous demande de retourner au Brésil et semble devenir de plus en plus pâle. Pauline, par contre, semble nettement plus à l’aise et aperçoit plutôt les jolies choses exposées dans les échoppes que le côté sinistre de la ville… ah, l’insouciance!

Le retour vers le Brésil est nettement plus calme. Apparemment, il n’y a pas de changement de garde à cette heure-ci car au lieu de courir à toute vitesse avec leur marchandise sur l’épaule, les hommes sont assis sur leurs paquets et discutent comme si c’était la chose la plus normale. Nous sommes à peine assis dans le bus qui nous ramène au camping que Yann reprend déjà des couleurs et nous demande de jouer au babyfoot dès notre arrivée. Vu la matinée que nous venons de passer, nous ne pouvons lui refuser ce match de babyfoot en famille.
Arrivés au camping, je ne peux m’empêcher de penser à ces adultes et ces enfants qui vivent là-bas et dans tant d’autres endroits semblables sur la terre. Nous avons vu là une des nombreuses faces négatives de notre monde et il est important de savoir qu’elles existent également.

Chapada dos Guimaraës (Brésil) - 17/06/07 au 21/06/07

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Dimanche 17 juin 2007, nous sommes réveillés par de drôles de bruits. Hier, nous nous étions garé sur le terrain de camping appartenant au Araras Eco Lodge alors qu’il faisait nuit noire. Ce matin, nous nous apercevons que nous nous trouvons en fait au beau milieu d’une basse-cour, entourés de poules, de dindons et de cochons. Ce qu’ils appellent le terrain de camping n’est donc rien d’autre qu’une ferme. Nous nous amusons de cette compagnie inattendue. Puis, nous nous apprêtons à quitter le Pantanal et ses merveilles pour rejoindre Chapada dos Guimaraës.

Chapada dos Guimaraës
Chapada dos Guimaraës

Chapada dos Guimaraës se trouve à 70km au nord de Cuiabá. C’est une petite bourgade située sur un plateau d’où s’écoulent les eaux en direction du Pantanal. Les habitants de Cuiabá, une des villes les plus chaudes du Brésil, s’y rendent en week-end afin de trouver un peu d’air frais. Ils y sirotent une caipirinha sur la place du village ou se baignent dans les rivières, au pied de petites cascades, à l’ombre des parois rocheuses de canyons creusés par le Rio Paraguay.

Nous nous y installons dans un petit camping “chez l’habitant” à deux pas de la jolie petite place du village. Nous avons comme colocataire des lieux une gentille dame brésilienne qui loge sous tente et confectionne des bracelets et pendentifs qu’elle vend ensuite sur la place où d’autres artisans ont également installé leurs échoppes. Entretemps, nous, nous faisons le grand nettoyage d’Idéfix. Notre maison sur roues n’est pas bien grande mais elle prend beaucoup de poussière.

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Lundi 18 juin 2007, la fondation d’un Parc National est avant tout un moyen de préserver et de protéger un environnement naturel d’exception. Heureusement, “parc national” ne veut pas nécessairement dire qu’il faut acheter un ticket d’entrée pour profiter de sa richesse. Ainsi nous entrons aisément dans le Parc National de Chapada, qui borde le village du même nom. Nous y faisons une promenade qui nous mène vers plusieurs petites chutes d’eau. A divers endroits nous trempons nos pieds dans l’eau claire et rafraîchissante. Les méandres ombragés de la rivière nous offrent une fraîcheur apaisante car sur les sentiers, à découvert, le soleil est de plomb.

Mardi 19 juin 2007, aujourd’hui, journée de repos. Nous consacrons les deux premières heures de la journée à la session scolaire des enfants et ensuite nous profiterons du soleil sur la terrasse d’Idéfix. Yann et Pauline s’appliquent bien aux heures de classe. Aujourd’hui ils travaillent à leur livre de voyage, dans lequel ils créent leur propres carnets de route. A défaut de savoir écrire ou de publier leurs récits sur le Net, ils choisissent et découpent des photos, puis les collent dans leur carnet. Maman et papa y ajoutent les commentaires qu’ils donnent. Tout cela se passe en néerlandais et dans la bonne humeur. Une fois le chapitre “Pantanal” clôturé Yann demande s’il peut faire ses devoirs. Sophie lui donne quelques mots à écrire afin qu’il exerce les lettres qu’il a apprises ces derniers jours: ik, vis, roos, en, pen, maan, ster, … Yann se félicite de savoir déjà écrire le mot “ara”. En Belgique, je doute que “ara” soit dans les livres scolaires, mais ici il peut se permettre cette petite exception à la touche exotique.

Mercredi 20 juin 2007, cette fois, Idéfix est dispensé de piste. En effet, la piste qui doit nous mener à la “Cidade da Pedra” (cité de pierre) est vraiment infranchissable pour ses petites roues et nous oblige à demander à un guide de nous y conduire en 4×4. Les enfants savourent la partie de cross façon Paris-Dakar sur la piste ensablée. Nous leur expliquons que leurs oncles Holvoet apprécieraient aussi s’ils étaient avec nous. La piste traverse un paysage assez plat, rocailleux et couvert d’une végétation plutôt basse. Ce type d’environnement s’appelle “Cerrado” et est le deuxième milieu naturel du Brésil. Ici, rien qu’à Chapada, on dénombre environ 360 espèces d’oiseaux.

Cidade da Pedra
Cidade da Pedra

Nous arrivons à l’entrée de la cité de pierre. D’emblée notre regard se perd au-dessus d’un vide inquiétant et se fige face à un canyon qui nous coupe le souffle. Il règne dans cet endroit un silence total. Seul l’écho des cris d’un couple de aras nichant dans une corniche de la falaise vient perturber par moments ce silence de cathédrale. Le spectacle, sous le soleil rougeoyant, nous incite à la méditation, jusqu’au moment où la pénombre insistante nous invite à rebrousser chemin.

Cidade da Pedra
Cidade da Pedra
 

Transpantaneira, Pantanal Nord (Brésil) - 14/06/07 au 17/06/07

Jeudi 14 juin 2007, cela fait exactement 1 mois que nous avons quitté la Belgique!
Aujourd’hui, nous arrivons enfin à Poconé où nous faisons un petit mercado car nous supposons que les repas seront compris dans le prix de la pousada-camping où nous comptons loger. Ensuite, après quelques tours, retours et demandes d’indications, nous arrivons sur la fameuse Transpantaneira du Pantanal.

Pantanal nord - Entrée de la Transpantaneira
Pantanal nord - Entrée de la Transpantaneira

Le nom Pantanal est dérivé du mot pantano qui signifie marécage. Durant la saison de pluie, d’octobre à avril, les rivières débordent et c’est ainsi que les grandes plaines du Pantanal sont inondées et que tant de poissons et de crustacés s’y trouvent. Lors de la saison sèche, l’eau se retire mais les nombreux poissons y restent comme emprisonnés et deviennent une source importante de nourriture pour les prédateurs. La construction de la route Transpantaneira a débutée en 1971. Le but était qu’elle commence à Poconé, au nord, et se termine à Corumba, plus au sud, afin de traverser une grande partie de cette région. Mais seul un tiers de la route a été réalisé. Pour construire cette route, de la terre fut enlevée sur deux côtés, formant de grands fossés, et déposée au milieu. Ces fossés longeant la route sont quasi tout le temps remplis d’eau et donc de poissons. Sur 150 kilomètres de route 122 ponts en bois ont été construits.

Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira

Ce sont des voyageurs que nous avons rencontrés qui nous ont vivement conseillés de venir ici, au nord du Pantanal, car la faune y serait magnifique. Ils n’ont pas eu tort et nous avons eu raison de suivre leurs conseils. Dès les premiers cent mètres, nous nous arrêtons pour admirer les faucons, les aigrettes et de nombreux autres oiseaux tous plus beaux par leur couleur ou plus impressionnants par leur taille que les autres. Les enfants, installés à côté de nous, semblent également tout émerveillés. Après 17 km de piste et une heure et demie d’admiration, nous arrivons à la pousada-camping. Nous plaçons Idéfix à l’ombre d’un arbre centenaire en attendant que le patron de la pousada arrive. Le patron a mis plusieurs heures avant de montrer le bout de son nez. En attendant nous ne nous lassons pas d’admirer cette nature. Comme dit Damien, “on dirait un aéroport pour oiseaux”, ils ne cessent de s’envoler et d’atterrir. Les faucons, les aigles, les martin-pêcheur se perchent sur une tige en attendant un poisson, un crabe ou une grenouille. Même en faisant l’école, je ne peux m’empêcher d’avoir plus les yeux fixés vers ce merveilleux spectacle que sur les livres de Yann; des hérons, des aras, des perruches, des sangliers… c’est trop beau!

Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira


Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira

En fin d’après-midi, le fermier de la pousada (ah oui, il y a aussi des vaches, des veaux, des moutons et des chevaux) nous indique l’emplacement d’Idéfix… une place royale dans un enclos, en plein milieu des marécages, avec terrasse couverte, douche (avec des grenouilles et d’énormes araignées), piscine et mirador. Tout cela rien que pour nous! Néanmoins, nous sommes déçus de ne toujours pas avoir vu le patron car nous aimerions beaucoup savoir ce qu’il nous propose comme randonnées. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que le fils vient et nous propose une promenade à pied demain matin.
Ce soir, nous avons l’occasion, je ne dirais pas d’admirer mais plutôt de fuir d’autres espèces animales: moustiques, mouches de toutes les tailles, sauterelles, araignées et scarabées. Après un apéritif sur la terrasse, nous préférons passer la soirée dans notre cher Idéfix. Mais sans électricité car notre convertisseur 110 volt semble (déjà) ne plus vouloir fonctionner. Heureusement, les batteries sont bien chargées grâce au panneau solaire d’Idéfix.

Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira

Vendredi 15 juin 2007. Réveil à cinq heures et demie car nous avons rendez-vous à six heures pour notre balade dans les marécages au lever du soleil. A six heures dix nous sommes prêts, habillés pour la circonstance avec long pantalon, bottines, t-shirt à longues manches, du produit anti-moustique, chapeau, appareil photo et caméra. Quelques minutes plus tard, le fils, qui doit avoir 14 ans, nous demande de patienter quelques instants. Pour finir, c’est à sept heures que nous partons avec le fermier comme guide. Yann s’amuse, il saute d’une branche à l’autre, contourne les bosquets et ne quitte pas notre guide d’une semelle. Que ce soit dans la plaine, dans les bois, dans la boue ou sur les pontons en bois, Yann passe partout. Pauline, par contre, a plus de mal à se réveiller et est plus attirée par nos bras que par le plaisir de s’imaginer être un loup ou un jaguar (dont nous avons vu les traces de pas) comme son frère. Cette promenade est sympa mais nous restons sur notre faim car nous avons lu et entendu qu’il y a un tas de choses à faire dans le Pantanal. Au retour de la promenade le thermomètre indique déjà 27 degrés et bien sûr un plongeon dans la piscine s’impose.

Ensuite nous décidons de retourner à Poconé car nous n’avons presque plus d’eau potable ni assez de nourriture et la pousada, contrairement à ce que nous croyions, ne propose pas de quoi manger ni de boire. Nous décidons donc de faire un aller-retour (ce qui est un réel plaisir sur la Transpantaneira) vers la ville afin d’y faire un mercado, ainsi qu’un petit tour dans un cybercafé. Arrivés à Poconé nous avons du mal à trouver un cybercafé, nous passons de rues en terre à des rues en macadam, du nord vers le sud, de l’est vers l’ouest et finissons par en perdre le nord. Mais notre bonne étoile n’est jamais très loin. Tout à coup, nous repérons le 4×4 de la pousada avec père et fils. Bingo, ils nous indiquent un cybercafé. Nous avons le plaisir d’y lire les premiers échos du mariage de Bruno et Maria en Sicile, qui d’ailleurs sont au Brésil en voyage de noces. Vers 15 heures nous reprenons la route et bien évidemment la Transpantaneira. Les enfants viennent à nouveau s’asseoir devant et quatre paires d’yeux sont à nouveau fixés vers les marécages. Nous ne nous arrêtons pas à la pousada que nous avons quittée ce midi. Nous y avons été déçus par l’accueil peu chaleureux et par le manque d’enthousiasme. Cap vers la prochaine pousada que nous avons repérée dans notre guide et qui est située au kilomètre 32. Nous avons à peine dépassé la première pousada que nous sommes déjà contents de notre choix… il y a des animaux que nous n’avons pas encore eu la chance de voir: des caïmans et des capibaras (les plus grands rongeurs). Trop génial!

Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira

Arrivés à la pousada Araras Eco Lodge nous sommes séduits. Nous savons que c’est un hôtel et non pas un camping mais nous souhaitons réellement voir le Pantanal “comme il se doit”. Il n’y a plus de chambres pour quatre personnes de libre et prendre deux chambres de deux personnes est vraiment trop “hors budget”. Nous négocions facilement et obtenons une chambre pour deux personnes avec suffisamment de matelas pour quatre. Nous pouvons garer Idéfix à l’arrière du lodge. Nous remplissons vite une valise et nous nous installons dans notre chambre. Le lodge a beaucoup de charme. Toutes les chambres ont une petite terrasse qui donne sur un jardin, avec quelques mètres plus loin une piscine et une terrasse couverte avec tables et bancs en bois où le petit déjeuner sera servi demain matin. Nous passons une agréable soirée, admirons nos photos prises lors de ces deux derniers jours tout en sirotant un caïpirinha. Nous faisons également connaissance avec Sergio, un des guides, qui parle anglais. Quel bonheur. Super, notre journée de demain est organisée.

Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira

Samedi 16 juin 2007. Réveil à cinq heures quarante car le petit déjeuner est servi entre six et sept heures et notre première activité débute à sept heure et demie. Idem que hier, six heures dix la famille Dewitte est prête. Le buffet du petit déjeuner n’est pas encore dressé et nous en profitons donc pour admirer la faune qui est déjà réveillée; caïmans, capibaras, aras, vautours, red-crested cardinal, martin-pêcheur, cormorans, … Disons que la journée commence bien. Ensuite nous prenons un bon petit déjeuner sous la terrasse couverte. Il fait un peu frais, nous n’aurons certainement pas les 33 degrés de hier, ni la belle luminosité car il fait couvert. Damien et Yann partent chercher des pulls. Quelques minutes plus tard, quelqu’un derrière moi me dit: “Sophie, surprise!”. Je me retourne et je tombe sur … Bruno et Maria. Quelle émotion, j’en ai des larmes aux yeux. Qu’est-ce que ça fait plaisir de voir un membre de sa famille. C’est incroyable! Quelle coïncidence! Il suffisait que nous soyons restés à la première pousada ou que Bruno et Maria soient venus ici un jour plus tard et nous risquions d’être au même endroit et au même moment sans se voir. Est-ce le hasard, la chance ou le bon feeling? Peu importe, nous sommes on ne peut plus heureux! A sept heures et demie Bruno et Maria partent faire une randonnée à cheval et nous partons faire un “safari” sur la Transpantaneira. Nous sommes encore gâtés aujourd’hui: un fourmilier, une biche, un toucan, d’autres espèces de faucons, des tuiuius et une grande partie des animaux nommés précédemment.
Retour au lodge à dix heures et demie où nous retrouvons Bruno et Maria. Nous leur montrons notre cher Idéfix et obtenons une connexion internet afin de pouvoir leur montrer les premières photos de leur mariage que Christophe et Pascaline nous ont envoyées par e-mail.

Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira

Je ne sais pas comment décrire cette journée et encore moins comment exprimer nos sentiments, nos pensées, nos ressentis. Nous n’arrêtons pas de nous dire que c’est incroyable de se croiser ici, dans le Pantanal, au Brésil par le plus grand des hasards. Maria me parle beaucoup de la journée de leur mariage, elle est tellement heureuse. Yann et Pauline semblent également heureux de voir des personnes de la famille. Malgré qu’ils ne les connaissaient pas avant, ils passent pas mal de temps ensemble. Yann prend un immense plaisir à leur montrer les aras et les caïmans. Lorsque nous partons chacun de notre côté pour l’activité de l’après-midi, Yann et Pauline nous demandent déjà si nous allons les revoir ce soir.

Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira

Cette après-midi, nous allons à la monkey-tower, un mirador de 25 mètres de haut. Comme son nom l’indique nous y observons des singes. Mais nous ne nous y attardons pas trop car c’est vraiment haut. De plus le ciel est couvert. Ce n’est donc pas le temps idéal pour la photographie. Pour le retour, le guide décide de prendre un autre chemin… Et donc, au lieu de traverser les marécages sur les jolis pontons, nous les traversons sur les branches taillées à la machette par notre guide afin que nous puissions traverser un passage encore inondé. La promenade dure plus longtemps que prévu et je commence à m’impatienter car ce soir nous ne dormons plus au lodge, mais dans un camping appartenant au lodge et qui se trouve à deux kilomètres d’ici. Ce n’est pas loin, mais je préfère y arriver avant que le soleil ne soit couché. Surtout ici, on ne sait jamais comment est la piste pour arriver à un endroit. Donc il vaut mieux ne pas la faire dans le noir. Mais surtout, nous aimerions beaucoup encore voir Bruno et Maria… je redoute déjà le moment de l’au revoir. Arrivés au lodge, Maria et Bruno ne sont pas encore rentrés de leur excursion. Nous en profitons donc pour quitter la chambre et pour préparer Idéfix. Qu’allons-nous faire, il commence à faire noir, allons-nous facilement trouver le camping? Mais nous ne souhaitons pas partir sans avoir dit au revoir à Bruno et Maria. Je prends vite un bout de papier et un crayon des enfants pour leur écrire un petit mot. Mais, j’ai à peine terminé ma première phrase que nous entendons le moteur du véhicule qui les ramène. Chouette. Apparemment, ils se demandent aussi s’ils allaient encore nous voir. L’au revoir est émouvant et court car j’ai mal au coeur de déjà devoir partir. J’ai l’impression de quitter la Belgique une deuxième fois. Cette journée passée au lodge nous rappelle le voyage au Botswana en famille et me donne un peu la nostalgie. De plus, avec Maria et Bruno nous avons parlé de la famille, de nos frères et soeurs. Ces petits instants de bonheur, ces moments passés ensemble prennent fin et me manquent déjà.

Pantanal nord - Transpantaneira
Pantanal nord - Transpantaneira

Il est 18 heures, il fait noir et nous reprenons la Transpantaneira à la recherche de notre camping. Tout est noir et calme mais nous repérons l’entrée sans problèmes. Nous ne voyons aucune lumière. Damien sort du véhicule pour ouvrir la barrière. La barrière refermée, il allume les grands phares… La piste semble plus cabossée que plate mais surtout étroite avec de chaque côté de l’eau et donc peut-être des caïmans. Je pense à Berry qui nous dirait: “Ca, c’est de l’aventure!”. Bon, on y va, on verra bien plus loin et de toute façon, le lodge n’est qu’à deux kilomètres d’ici et le guide nous a dit que nous pouvions y retourner si nous le souhaitions. Mais y a-t-il quelqu’un là-bas, au bout de cette piste, un garde ou autre? Le petit kilomètre que nous parcourons m’impressionne mais au bout nous apercevons, éclairé par nos phares, un chapeau de paille qui dépasse d’une barrière en bois. Ouf, il y a quelqu’un. Il fait trop noir pour voir où nous sommes exactement ou pour voir comment est l’endroit, mais nous entendons un bébé pleurer et sommes rassurés. Si une famille habite ici, c’est que tout est OK.

 

En route pour le Pantanal Nord (Brésil) - 11/06/07 au 14/06/07

En route vers Bonito
En route vers Bonito

Lundi 11 juin 2007, Depuis trois jours nous faisons route vers Poconé, là où débute la route “Transpantaneira”, tracée à travers le Nord du Pantanal. Au rythme de 350 kilomètres et d’une halte dans un “posto” (station service) par jour nous rejoignons Cuiabá, la capitale du Mato Grosso. Nous comptons faire un saut dans cette ville afin de prendre quelques Reales pour payer nos excursions, afin d’obtenir tous les renseignements nécessaires auprès de l’office de tourisme, et également afin de faire réparer notre téléobjectif qui soudainement semble montrer quelques ratés d’ordre mécanique.

Une station service pour passer la nuit ...
Une station service pour passer la nuit ...

Il se peut cependant que nous ayons légèrement sous-estimé ce “petit” saut en ville. Cuiabá est en fait une assez grande ville, où il n’est pas question de se garer sur le côté de la route tel que nous le faisons habituellement dans les petits patelins lorsque nous devons entrer dans une épicerie. Il s’agit donc de trouver une bonne place de parking pour Idéfix dans cette ville inconnue.

Sitôt dit, sitôt fait. Sophie reste dans le motorhome avec les enfants pendant que je pars accomplir mes trois épreuves du jour. Je me rends vite compte que je suis mal embarqué pour remporter la première. J’ai pourtant bien en main l’adresse de l’office de tourisme; Praça da Republica 131 (merci monsieur Routard), mais la place en question est entourée tout au plus d’une dizaine d’édifices, tous sans numéro. Un court interrogatoire (court, car en portugais, donc j’économise mes mots) me fait conclure que l’office de tourisme n’existe pas.

Tant pis. J’arpente à présent les rues afin de trouver un revendeur de matériel photo Canon. En passant, j’aperçois une banque avec des automates acceptant les cartes Maestro/Eurocard. J’y repasserai tout à l’heure, juste avant de rejoindre Idéfix, Sophie et les enfants. D’ailleurs, il me revient subitement en mémoire que ces derniers m’avaient confié comme mission optionnelle de leur ramener une glace. Après une heure de visite ciblée de la ville je me rends à l’évidence. Je n’accomplirai pas la mission numéro 2 non plus. De ce fait, j’annule aussi la mission complémentaire.

Je passe donc à la banque et espère ainsi remporter au moins le prix de consolation grâce à la réussite d’une seule épreuve sur quatre. J’insère la carte bancaire. Super, cette automate parle anglais! J’ai failli l’embrasser. Soudain mon sang se glace. L’appareil vient d’avaler la carte et refuse de la recracher. Un caïman du Pantanal m’aurait avalé la main, je n’aurais pas paniqué plus qu’en ce moment précis. J’ai beau supplier la machine, même en portugais, rien n’y fait.

Il me reste une lueur d’espoir. Il est 17 heures mais la banque est toujours ouverte. Je cours vers un employé de la banque et lui explique avec mes mains (dieu merci, il m’en reste deux) ce qui est arrivé à ma ‘tarjeta’. Celui-ci disparaît aussi vite que la carte bancaire est disparue dans la machine, mais dans un couloir obscur de son bureau cette fois. Dix minutes plus tard il revient. Il marche d’un pas lent et lourd. Je suis en sueur. Lui, il semble avoir le sang froid. Sa pêche fut fructueuse. Il me remet la carte bancaire qu’il a réussi à repêcher dans les entrailles de la bête. Le cauchemar est terminé.

Deux minutes plus tard, j’obtiens enfin un peu de liquide à l’aide d’une autre carte et dans une autre machine, puis je fonce rejoindre les miens. “Allez zou. On met les voiles! Le Pantanal nous attend …”

 

Bonito, Pantanal sud (Brésil) - 08/06/07 au 11/06/07

Vendredi 8 juin 2007, A première vue, Bonito est une petite ville comme les autres villes que nous croisons sur notre route depuis notre entrée au Brésil. Toutes ces petites villes se sont construites autour de la route nationale, qui fait office d’avenue principale. On reconnait aisément l’entrée des villes au grand portail souhaitant “Bem vindo a …” et aux nombreux dos d’âne qui surgissent devant les pneus et sous les amortisseurs d’Idéfix.

La où Bonito se distingue des autres villes c’est au nombre d’agences de voyage et de centres d’excursions qui s’y sont installés. En effet, Bonito est le point de départ de nombreuses excursions dans le Pantanal Sud (qu’on appelle parfois le “petit” Pantanal). Nous nous dirigeons actuellement vers le Pantanal Nord (dans la province de Mato Grosso). Cependant, tous les voyageurs que nous avons rencontrés nous ont conseillé Bonito comme halte intermédiaire parce que c’est un endroit plein de charme qui, de plus, possède quelques poussadas (maisons d’hôtes) et campings des plus agréables.

Bonito
Bonito

Arrivés à Bonito, nous entamons une piste de 8 kilomètres menant vers le Camping do Gordo. Sur cette piste de terre rouge nous prenons enfin conscience que nous approchons du Pantanal. Un couple de perroquets vient nous souhaiter la bienvenue et un vautour nous survole. Une famille de drôles d’oiseaux peu farouches, ressemblant à de maigres oies sur de longues pattes, coiffés d’une crête de punk, posent pour la photo.

Le gardien du camping nous indique gentiment le meilleur emplacement pour Idéfix. Pas difficile, il semble que nous soyons ses seuls clients. Mais quelle aubaine! Nous nous installons à deux pas d’un ruisseau à l’eau cristalline. Au dessus de nous des perroquets viennent faire causette. Yann et Pauline s’en amusent et leur lancent des “Flip, arrête un peu de parler!” (Pour les non-initiés: Flip est le perroquet de Jommeke, dans la série BD du même nom).

La rivière fraîche nous invite à la baignade. Nous acceptons l’invitation sans hésiter, d’autant plus qu’avec les 800 kilomètres que nous avons parcourus depuis Foz do Iguaçu la température est passée de 20 à 32 degrés centigrades. Ce soir nous pourrons donc ranger nos vestes et les gros sacs de couchage des enfants au placard. Sortons la crème solaire, les casquettes et l’anti-moustique.

Bonito - Safari pyjama
Bonito - Safari pyjama

Samedi 9 juin 2007, Les chants de multiples oiseaux, bien différents de ceux qu’on entend en Belgique, nous réveillent en douceur. Depuis notre lit nous abaissons les stores et laissons les rayons du soleil, filtrés par les branches des arbres, finir de nous réveiller. Soudain, Sophie aperçoit une biche qui broute paisiblement à moins de cinquante mètres de nous. Dans la seconde qui suit son cri d’exaltation, Yann et Pauline sont debout au pied de leur lit, prêts à enfiler leurs chaussures. Sophie acquiesce: “OK, tout le monde met ses chaussures, on part se balader. Gardez vos pyjamas, on s’habillera et on déjeunera après”.

Bonito
Bonito

C’est ainsi que nous commençons notre journée par un “safari-pyjama”, empruntant de jolis sentiers le long du ruisseau. La biche est repartie se cacher dans le feuillage mais nous vivons d’espoir de débusquer d’autres animaux. Yann tient en main un petit livre illustré des animaux du sud du Brésil et n’hésite pas à le consulter afin de reconnaître la photo correspondante du moindre oiseau qui pointe son bec. Nous croisons plusieurs “Agoutis”, sorte de rongeur brésilien, et un perroquet encore non identifié parce que non repris dans le livre de chevet de Yann.

La suite de la journée se déroule comme les autres journées de luxe que nous nous offrons quand l’endroit est attrayant: nous prenons le petit déjeuner à l’aise (en famille, comme tout les autres repas, forcément), faisons plongette dans le ruisseau, jouons avec les enfants, passons la session de classe dans la bonne humeur, observons les animaux, et profitons d’un petit apéro pendant que la viande grésille sur les braises d’un barbecue. Après le souper, les enfants jouent au hockey sur le gazon. Puis, non sans que nous devions insister un peu, ils vont se coucher, pour rêver sans doute de perroquets, de biches et de poissons nageant avec eux dans les eaux claires d’un ruisseau.

Bonito - BBQ
Bonito - BBQ

Dimanche 10 juin 2007, Nous décidons d’entreprendre une excursion par nos propres moyens. Pas besoin d’une agence de voyage pour nous rendre avec Idéfix à un lieu intéressant, surtout s’il est déjà indiqué par de grandes pancartes depuis l’entrée de la ville. En route donc pour 20 kilomètres de piste vers la grotte nommée “Gruta Lago Azul”. La piste est majestueuse et nous mène à travers un paysage vallonné, bordé d’arbres dont certains (les Piuvas) sont fleuris et donnent au paysage de jolies touches de violet.

route vers la Gruta Lago azul
route vers la Gruta Lago azul


Un tapir brésilien, rencontré au bord de la piste
Un tapir brésilien, rencontré au bord de la piste

A hauteur d’une bifurcation nous décidons de changer notre itinéraire et de suivre une indication pour une autre grotte: la gruta Sao Miguel. Ce changement de cap nous épargne 5 kilomètres de piste. Et puis nous nous disons qu’une grotte, c’est une grotte, peu importe le nom qu’elle porte. Encore eut-il fallu que nous puissions y entrer. En effet, une fois sur place le gardien des lieux nous annonce qu’il est interdit de visiter le site sans faire appel à un guide ou à un centre d’excursions. Les billets d’entrée pour la grotte ainsi que pour toute autre activité dans la région doivent être achetés au préalable dans une agence. Toutes les agences se trouvent au centre-ville.

Cette annonce a un goût amer. Surtout parce qu’elle s’ajoute à un léger goût de poussière rouge que nous avons avalée en arpentant la piste qui nous a menés jusqu’ici. Tant pis. Nous rentrons bredouilles. Nous nous disons que peut-être notre reportage servira à avertir d’autres voyageurs qui liront ces lignes avant de se rendre à Bonito à l’aveuglette.

Nous faisons le point. Nous avons passé un moment de rêve près du ruisseau. Nous n’avons pas envie de payer une fortune à une agence de voyage pour nous emmener voir une grotte - azul ou pas azul - au bout d’une piste dont nous avons d’ailleurs déjà eu l’occasion de goûter. Puisqu’ici c’est le “petit” Pantanal, nous économiserons nos Reales pour nous offrir le Grand Pantanal. Na! Nous partons sur-le-champ! Demain donc …