Au plaisir …

… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Retour à Jesus Maria (Argentine) - 28/03/08 au 29/04/08

Du vendredi 28 mars au mardi 29 avril 2008, dernière grande étape en Amérique Latine avant de rejoindre le port de Buenos Aires. Nous voilà à Jesus Maria où nous sommes accueillis une nouvelle fois à bras ouverts par Virginia, Carlos et leurs enfants. Ce dimanche, nous fêterons nos retrouvailles ainsi qu’un double anniversaire: celui de Virginia et de Pauline. Carlos nous a préparé un “Bania Cauda”. C’est une sauce à base de crème, de fromage et d’anchois, servie dans une grande marmite placée au milieu de la table. On y trempe tout ce qu’on a sous la main: légumes, raviolis, morceaux de viande … C’est absolument délicieux!

Jesus Maria - anniversaire de Pauline et de Virgina
Jesus Maria - anniversaire de Pauline et de Virgina

Tout le monde se ressert car dans les prochains jours, nous aurons peut-être du mal à savourer une cuisine aussi riche et variée. En effet, les rayons des supermarchés sont quasi vides. Plus de viande, plus de lait, plus de produits laitiers, plus de légumes. Tout ça à cause des barrages qui ont été installés un peu partout sur les grands axes routiers de la région de Cordoba et des autres provinces où l’agriculture est maître. Nous sommes impressionnés. On se croirait en période de guerre.

Une semaine plus tard, les tensions politiques baissent. La Présidente promet de réfléchir à une solution pouvant satisfaire les agriculteurs. Les barrages sont levés temporairement. Cela nous permet d’acheter de le viande et de savourer quelques “asados” succulents. Ainsi sont les habitudes des Argentins: quand on a l’occasion de se gâter, autant en profiter. Cette attitude de bon-vivant serait-elle une conséquence de la crise argentine de 2001? A cette époque là, toutes les familles argentines ont dû fameusement se serrer la ceinture.

Jesus Maria - El maestro del asado
Jesus Maria - El maestro del asado

C’est du côté de Carlos Paz que nous passons une journée en famille. Nous organisons un pique-nique au bord de la rivière. Le week-end suivant, nous assistons à un rassemblement en masse de jeunes sur le camping de Jesus Maria. Car ce week-end a lieu un concert longuement attendu par les habitants de la province. Il s’agit d’un concert de rock de “Indio Solari”, chanteur et fondateur d’un groupe fort reconnu en Argentine

C’est ce même week-end (aussi) que Yann et Géraldine ont “choisi” pour venir nous faire un petit bonjour. Ce sont nos dernières retrouvailles avant que nos chemins de voyageurs ne dévient pour de bon. Ils se dirigent vers le Pérou et la Bolivie, alors que nous terminons notre périple en Amérique Latine et que nos pensées sont déjà en Australie (surtout au niveau organisation). Nous ne tardons pas à ressortir le jeu de société “backpackers” et nous nous faisons plaisir en y consacrant quelques belles soirées.

Jesus Maria - Anniversaire de Yann (France) et de Gabi (Suisse)
Jesus Maria - Anniversaire de Yann (France) et de Gabi (Suisse)

Les barrages étant levés et le week-end du concert étant passé, la tranquilité revient tout doucement dans les chaumières et dans les camping-cars de Jesus Maria. Nous partons visiter la “Estancia” jésuite qui est à l’origine de cette ville. A l’époque, beaucoup de nobles et de haut-gradés, en route pour la ville de Potosi en Bolivie, s’y arrêtaient afin de se reposer. La estancia employait des indigènes, tout en les reconvertissant. Cela permettait aux jésuites de vivre en autarcie pendant que le produit des récoltes renflouait les caisses de leur communauté. Les couloirs aux murs blancs, la cour intérieure, les pièces et les balcons en bois nous font penser aux haciendas que l’on voit dans les vieux films de Zorro.

Jesus Maria - Estancia Jesuitica
Jesus Maria - Estancia Jesuitica

Cette semaine, notre “famille belge de passage en Amérique Latine” passe à la télévision locale. “Canal Dos(2)” vient nous filmer et nous interviewer. Leur intervention amateuriste dure à peine dix minutes. Le lendemain de la diffusion, les employés des magasins et des stations services nous font des sourires plus larges que d’habitude.

Ainsi s’écoulent les jours, paisiblement. Nous sommes restés à Jesus Maria pendant un mois. Les enfants de Virginia et Carlos n’ont cessé de jouer avec les nôtres. Nous avons revu Yann et Géraldine, Dominique et Pierre, ainsi que Ivo et Gabi. Nous sommes repus d’asados à tel point que nous ne nous souvenons plus de tous les noms de découpes de viande que nous avons mangées. Carlos le répète d’ailleurs souvent:”Il y a 365 découpes de viande différentes, une pour chaque jour de l’année.”.

Santa Rosa de Calamuchita
Santa Rosa de Calamuchita

Demain, nous partons en direction de Buenos Aires où un bateau nous attend (à moins que ce soit nous qui l’attendrons…). Sophie et les enfants prendront l’avion et Damien montera à bord du cargo avec Idéfix. Nos pensées sont déjà en Belgique et en Australie. Et pourtant, l’année que nous venons de passer en Amérique du Sud fut merveilleuse.

 

Bariloche et la région des sept lacs (Argentine) - 08/03/08 au 27/03/08

Samedi 8 mars 2008, nous entrons en Argentine pour la septième fois depuis le début de notre aventure sud-américaine. Cap sur San Carlos de Bariloche. Bariloche est l’une des grandes destinations touristiques du pays. On y fait du ski en hiver, on y contourne de multiples lacs en été et toute l’année on y trouve du chocolat. Si nous nous dirigeons en ce moment vers cette ville aux allures de grand village suisse, c’est avant tout parce que nous y avons rendez-vous. Nous longeons le gigantesque lac Nahuel Huapi et nous nous installons dans un camping en dehors de la ville, au bord de ce lac.

San Carlos de Bariloche
San Carlos de Bariloche

Nos amis sont déjà là. Nous sommes accueillis par Yann et Géraldine (France), Coen et Karin (Pays-Bas), ainsi que Dom et Diane (Canada). Plus tard dans la soirée arrivent d’autres voyageurs : Jan et Gerda (Pays-Bas) ainsi que François et Nicole avec leur fils Noane (Suisse). Nous revoilà partis pour quelques jours à savourer les échanges d’expériences de voyage, les grillades et les vins argentins.

Du dimanche 9 mars au dimanche 16 mars 2008, Pauline étant légèrement malade, j’emmène Yann en ville afin de visiter le musée du chocolat. Comme le temps d’attente pour se joindre à la prochaine visite guidée est trop long, nous décidons de changer le programme de la journée. Nous prenons un télésiège et montons jusqu’au Cerro Viejo, d’où nous avons une superbe vue sur le lac. Yann est tout excité car il a repéré des luges d’été qui permettent d’effectuer la descente vers la ville. Yahouou ! Une minute et quinze virages endiablés plus tard, nous revoilà en bas. Juste à temps pour attraper le prochain bus qui nous ramène au camping.

Le mardi, cette fois avec Sophie et Pauline, nous entrons dans le musée du chocolat. Nous y apprenons que le chocolat blanc est bel et bien fait à base de cacao, mais qu’il contient uniquement le “beurre de cacao”, une matière grasse et jaunâtre. Le chocolat noir contient, en plus, de la “liqueur de cacao”, qui donne au chocolat son goût légèrement amer. Depuis ses origines et jusqu’au dix-huitième siècle, le chocolat a toujours été une délicatesse destinée aux cultes religieux, aux cours royales et aux nobles. Jusqu’alors d’ailleurs, celui-ci n’était toujours consommé que sous forme de breuvage. Ce n’est que bien plus tard qu’un certain Van Houten a trouvé le moyen de le préparer en poudre, puis sous la forme solidifiée que nous connaissons aujourd’hui. Nous sommes consternés de ne pas voir apparaître un seul nom belge dans toute l’histoire du chocolat. Bon, tant pis, peut-être faudrait-il que nous trouvions un musée de la bière.

San Carlos de Bariloche - Musée du chocolat
San Carlos de Bariloche - Musée du chocolat

Le jeudi, nous levons le camp et prenons la route en direction du glacier noir et le Monte Tronador. A peine avons-nous roulé 20 kilomètres qu’Idéfix commence à réclamer de quelques vibrations inquiétantes. Un voyant rouge s’allume sur le tableau de bord, alors qu’Idéfix peine à surmonter une petite côte. Nous faisons demi-tour et partons à la recherche d’un garage. La cause de la panne est rapidement trouvée. Un mauvais contact électrique sur l’un des injecteurs faisait que le moteur n’avait plus assez de puissance. Il est néanmoins 17 heures lorsque nous quittons le garage. Nous retournons donc au camping de Bariloche.

Ce soir même, nous apprenons que la piste qui monte jusqu’au glacier est assez difficile. Nous hésitons donc à y retourner un autre jour.

Lundi 17 mars 2008, nous prenons congé de nos amis. Chacun reprend sa route. Idéfix et son équipage se rendent au Lago Gutierrez, dans le Parc National Nahuel Huapi, à quelques kilomètres de Bariloche. Coen et Karin-Marijke (nos amis hollandais) nous ont fait connaître un site internet qui regroupe des coordonnées de lieux, situés dans le monde entier, où des participants ont caché un trésor. Le Lago Gutierrez étant un de ces lieux, nous saisissons l’occasion afin de faire une chouette balade. Armés d’une boussole, d’une carte de la région et du point GPS de l’emplacement du trésor, nous commençons par une réunion de briefing avec les enfants. “Le trésor est au nord de notre position actuelle. Prenez la boussole et nous vous suivons.”

Lago Gutierrez - La chasse au trésor
Lago Gutierrez - La chasse au trésor

L’excitation des enfants se lit sur leurs visages. Inutile de préciser que la balade s’est faite au pas de course. Nous longeons le lac et profitons de la nature. Nous apercevons un groupe de kayakistes qui ont l’air de se diriger vers le même point que nous. Nous suggérons aux enfants de presser le pas afin que le trésor ne nous file pas sous le nez. Les kayakistes mettent pied à terre et… déballent leur pique-nique. Plus que quelques mètres et le trésor est à nous. “Ca y est, on l’a trouvé ! ” s’exclament les enfants. Ils découvrent une boîte en plastique contenant toutes sortes de babioles. Les enfants en choisissent une et y replacent une autre à titre d’échange. Nous remplissons le registre des chasseurs de trésor, qui n’est rien d’autre qu’un petit carnet qui se trouve dans la boîte. Une fois la boîte remise dans sa cachette originale, nous rebroussons chemin. Bizarrement, nous marchons moins vite qu’à l’allée.

Lago Gutierrez - la chasse au trésor
Lago Gutierrez - la chasse au trésor
Lago Gutierrez - la chasse au trésor
Lago Gutierrez - la chasse au trésor

Mardi 18 mars 2008, après la classe des enfants, nous partons en balade dans les environs du lac. Nous traversons un bois dense pour aboutir au pied d’une petite cascade. Quelle tranquillité !

En fin d’après-midi, nous reprenons la route en direction de Confluencia. Peu avant Confluencia nous traversons une vallée dite enchantée. La vallée “encantado” est nommée ainsi à cause des différents rochers qui surplombent les collines vertes. Ces rochers ont des formes de personnages fantastiques changeants selon l’humeur et la capacité d’imagination de l’observateur.

Valle Encantado
Valle Encantado

Mercredi 19 mai 2008, nous voilà à San Martin de Los Andes. D’ici, on peut rejoindre Bariloche en empruntant la fameuse “route des sept lacs”. Nous décidons d’en faire qu’une partie afin de préserver Idéfix de pistes supplémentaires. Nous effectuons donc un aller-retour sur la partie asphaltée de la route et parvenons néanmoins à apercevoir quatre lacs. La journée n’en est toutefois pas moins agréable et certains points de vue sont somptueux.

La route des 7 lacs
La route des 7 lacs

Tout au long des nombreux kilomètres de route, que nous avons parcourus en Argentine, la nature, les maisons, les personnes et les paysages sont différents d’un endroit à l’autre. Une seule chose ne change pas, les petites chapelles érigées à l’effigie de la défunte Correa ou à celle du gaucho Antonio Gil. Tout comme pour la Défunte Correa, les argentins vénèrent “El Gauchito” car son histoire recèle un miracle. Fin du 19ème siècle, il aurait déserté l’armée avec deux autres soldats. Pendant leur fuite, ils volaient les riches et partageaient leurs butins avec les pauvres. Mais un jour le trio fut attrapé. Peu avant sa mise à mort El Gauchito dit à son tortionnaire que s’il l’enterre, le fils très malade du tortionnaire guérirait. Bien évidemment, le bourreau n’en crut pas un mot. Mais plusieurs jours après la mort d’Antonio Gil, la maladie du fils du bourreau ne faisait que s’aggraver. Le père décida donc d’enterrer le corps du déserteur. Le fils fut rapidement guéri. Tout le monde parlait de ce miracle et ainsi est née une légende.

Un sanctuaire de "Gauchito" Antonio Gil
Un sanctuaire de "Gauchito" Antonio Gil

De nombreux camionneurs s’arrêtent régulièrement devant les petites chapelles construites sur le bord des routes. On ne peut d’ailleurs pas passer à côté sans les remarquer, qu’elles soient grandes ou petites, car tout y est en rouge. La chapelle est rouge, et de nombreux drapeaux et ficelles rouges accrochés aux arbres ou aux fils barbelés annoncent la présence d’une chapelle du Gauchito Gil. Pour certains argentins il est impensable d’entamer un voyage ou un long trajet sans s’arrêter à l’une de ces chapelles.

Vendredi 21 mars 2008, avant d’entamer la route vers Cordoba, plus précisément vers Jesus Maria où nous souhaitons fêter les anniversaires de Virginia et Pauline, nous choisissons de passer encore une nuit au pied de la Cordillère des Andes. Des amis allemands nous ont parlé d’un joli lac situé au nord de San Martin de Los Andes, le Lago Lolog. Arrivés là-bas, nous trouvons sans difficultés un bel endroit où passer la journée et la nuit au bord de l’eau. Il fait beau, chaud, calme, bref c’est vraiment “tranquilo”. Enfin, pendant une heure… Petit à petit arrivent des voitures d’argentins. Il y en a des vieilles, des neuves, des petites, des grosses, bref, le mixe normal en ce qui concerne les bagnoles dans ce pays. Par contre, ce qu’ils tirent à l’arrière de leur véhicule nous étonne de plus en plus : bateaux de pêche (mais à moteur, pas à la rame), quads, kayaks et scooters des mers ! On se croirait à l’endroit “M’as-tu vu (et entendu) ? ” de l’Argentine. C’est la Semaine Sainte et tout le monde est en congé. Notre après-midi tranquille de lecture et de sieste se transforme en après-midi de joie d’observation du comportement des uns et des autres. Les enfants ne s’en plaignent guère, tant qu’ils peuvent barboter dans l’eau, ils sont contents. Vers 20 heures, après avoir aidé les derniers traînards à sortir leur bateau de l’eau, nous retrouvons avec plaisir le calme de ces lieux.

Lago Lolog
Lago Lolog

Dimanche 23 mars 2008, Joyeuses Pâques ! Surprise, pour le plus grand bonheur des enfants, les cloches passent également en Argentine ! Après la chasse aux œufs, qui n’est pas très longue vue la taille de notre maison, nous partons à Plaza Huincul, à moins de 100 kilomètres à l’ouest de Neuquen. La région de Neuquen est connue pour les nombreux squelettes de dinosaures découverts sur ses terres. Au musée municipal de Plaza Huincul, nous découvrons le plus grand dinosaure au monde trouvé jusqu’à ce jour. Les paléontologues l’ont nommé “Argentinosaurus huinculensis”. Disons que nous ne nous sentons pas très grands à côté de ce monstre de 40 mètres de long et de 18 mètres de haut.

Plaza Huincul
Plaza Huincul

Mardi 25 mars 2008, drôles de routes, drôles de rencontres. Nous nous approchons de la ville de San Luis et nous ne sommes pas mécontents de lire sur notre carte routière que nous pouvons y emprunter une autoroute. Par contre, arrivés à la rampe d’accès, nous hésitons. Celle-ci n’est que cailloux et trous ! Une fois de plus, nous nous disons qu’ils sont fous ces argentins. Finalement, nous nous lançons, nous prenons la rampe d’accès et arrivons sur une belle autoroute. Mais il n’y a pas un chat, pas une seule voiture. “Avons-nous le droit de rouler sur cette route, ce n’est pas normal, c’est trop calme ? ” Heureusement, une voiture roulant à vive allure nous dépasse et dans le bon sens.

L'autoroute "fantôme" autour de San Luis
L'autoroute "fantôme" autour de San Luis

Au bout de 50 kilomètres et après avoir vu une dizaine d’autres véhicules sur cette autoroute, une autre surprise nous attend. Nous apercevons de loin quelques soldats assis sur le bas-côté de la route. Deux d’entre eux nous font signe de nous arrêter. Que nous veulent-ils ? Normalement c’est la police qui effectue les contrôles routiers. Nous nous arrêtons et voilà que commence le questionnaire classique : “D’où venez-vous ? Où allez-vous ?”. Et bla et bla et bla. “Mais que nous veulent-ils exactement ? ” Soudainement arrive la question redoutée : “Una collaboración por favor ?”. En d’autres termes, ils nous demandent de l’argent. Mais nous faisons les idiots et leur demandons : “Que collaboración?”. Surpris ou non, ils finissent par nous demander des glaçons ! Voilà comment s’occupent certains militaires : ils arrêtent les voyageurs en espérant récolter de l’argent et repartent avec quelques glaçons pour leur apéro ! Ils sont vraiment fous ces argentins.

Mercredi 26 mars 2008, le petit monsieur du camping nous demande si nous avons été arrêtés sur la route. Nous lui racontons l’histoire avec les soldats… C’est sans savoir ce qui va suivre aujourd’hui et ce dont ce monsieur voulait nous parler réellement.

Nous quittons le village de La Toma avec une certaine émotion car nous allons passer par une région que nous avons visitée il y a quelques mois avec maman et papa. Au bout de quelques kilomètres seulement, notre émotion se transforme en impatience, ou dois-je dire en preuve de patience… Eh oui, nous venons à peine de parcourir une vingtaine de kilomètres que nous nous retrouvons à l’arrêt, dans une file provoquée par quelques manifestants. Elles sont vraiment supers les autoroutes argentines… ! Apparemment, il s’agit d’agriculteurs. La route est barrée par des tracteurs, par d’énormes pneus et des grosses piques en fer. Tout le monde semble relativement calme. Les manifestants distribuent des tracts. Nous allons pouvoir comprendre le pourquoi. Apparemment, les agriculteurs sont en colère contre le gouvernement. Lorsqu’ils déduisent tous les frais et toutes les taxes, il ne leur reste plus que 3 % de bénéfices. Ce ne sera que les prochains jours que nous découvrirons les buts réels des manifestants et les conséquences de tels barrages dans un pays comme celui-ci.

Jeudi 27 mars 2008, d’autres barrages (ici appelés “cortes”) se dressent devant nous. Cependant les agriculteurs nous laissent facilement passer. Par contre, tout camion transportant des marchandises, peu importe qu’elles soient périssables ou non, est condamné à rester sur place. Ceci risque de perturber gravement le ravitaillement en produits laitiers, en viandes, en fruits et légumes ainsi qu’en carburants. Heureusement, nous arrivons à destination. Nous voilà à Jesus Maria.

Camion bloqué devant les barrages
Camion bloqué devant les barrages

 

De Puerto Montt au Parc National Puyehue (Chili) - 01/03/08 au 07/03/08

Samedi 1 mars 2008, l’arrivée à Puerto Montt se fait sous un ciel gris. Cela fait un bon bout de temps que nous n’avons plus croisé de grande ville. Nous sommes surpris de nous trouver dans les embouteillages. Il y avait un bail. Dire qu’en Belgique nous vivions cela quasi tous les jours.

Puerto Montt
Puerto Montt

Puerto Montt, comptant 150.000 habitants, est la capitale économique du sud chilien. Nous sommes impressionnés par ses buildings érigés sur la digue, ses centres commerciaux, ses esplanades. Nous nous installons un peu en dehors de la ville, du côté du petit port.

Puerto Montt
Puerto Montt

Dans ce quartier, dit “Agelmó”, nous nous baladons entre les échoppes d’artisanat. Sur le port, on sert des repas rapides à base de moules et d’autres fruits de la mer. Dans ces “cocinerias”, des locaux sont attablés côte à côte sur les quelques banquettes ainsi qu’aux deux petites tables qui sont installées juste à côté de la cuisinière. Nous achetons un peu de saumon au marché au poisson.

Puerto Montt - Angelmo
Puerto Montt - Angelmo

Les poissonniers sont en pleine action. L’un décortique des oursins, tandis qu’un autre livre un kilo de moules à la cocineria d’à côté. Des marchands y vendent également des fruits, des légumes, des algues et des colliers de moules séchées. Le spectacle est haut en couleur et en odeur.

Puerto Montt - Angelmo
Puerto Montt - Angelmo

Lundi 3 mars 2008, après l’école et le déjeuner, nous quittons Peurto Montt pour monter vers Frutillar, petit village situé à l’est du Lago LLanquihue. En partant, nous nous arrêtons à un supermarché. Comme d’habitude, Damien et les enfants restent dans le camping car pendant que je vais faire les courses. Lorsque j’attends dans la file à la caisse, je regarde autour de moi. Le magasin est bondé. Autour de moi, toutes les personnes ont des cheveux noirs. Je suis la seule avec des cheveux couleur châtain. C’est marrant, c’est le genre de réflexion que nous nous faisions au début du voyage ou dans des endroits isolés au Pérou et en Bolivie. Après 10 mois de vie en Amérique Latine, nous ne nous rendons plus tellement compte de notre “différence”. Nous balader en ville, faire nos achats partout comme tout le monde, comme tous les habitants de ces pays, est devenu une telle habitude que nous avons “oublié” que notre physique est différent. Aujourd’hui, le fait de devoir patienter dans ce magasin rempli de monde me ramène à la réalité. Pourquoi aujourd’hui, je ne sais pas, mais soudainement je me sens une étrangère. Alors qu’il y a une heure, c’était pour moi la chose la plus normale que de venir faire mes courses ici.

En quittant le magasin, les personnes semblent peu aimables. Je sors avec à chaque bras cinq sacs remplis de provisions. Des personnes me bloquent le chemin, me bousculent sans scrupules. Mes doigts commencent à me faire mal à cause du poids des sacs. Je répète sans cesse “permiso, permiso”, mais les gens bougent à peine. Sont-ils ainsi parce que je suis une étrangère ou sont ils comme ça les uns envers les autres ? Est-ce l’influence d’une grande ville, chacun pour soi ? Il est vrai que depuis plusieurs jours nous trouvons les chiliens moins sympas, moins accueillants qu’ils ne l’étaient plus au sud.

Nous ne sommes pas mécontents de quitter cette grande ville et de retrouver de petits villages. En route donc vers Frutillar, lieu de villégiature pour les habitants de Puerto Montt. Sur les rives du lac se trouvent de nombreux hôtels portant des noms à consonances germaniques. Nous passons la nuit sur le terrain d’un petit club de pêche, avec vue sur le lac.

Mardi 4 mars 2008, avant de quitter Frutillar, nous cherchons un endroit où nous pouvons capter une connexion internet par WIFI. Nous devons absolument vérifier nos e-mails car nous souhaitons réserver définitivement le passage en cargo vers la Belgique. Et oui, passer par la Belgique pour aller en Australie revient à nettement moins cher que les prix proposés par les compagnies maritimes au départ de l’Amérique du Sud.

Aujourd’hui nous faisons à nouveau une étape courte. Nous roulons jusqu’à Puerto Octay, 40 kilomètres plus au nord. Peu avant le village, une route nous mène plus loin dans la baie où nous trouvons un agréable camping, toujours au bord du lac. Seul petit bémol, les arbres cachent la vue sur le volcan Osorno qui se trouve de l’autre côté du lac. Nous allumons un barbecue. Les enfants nous invitent à danser autour du feu, comme le font les indiens.

Puerto Octay
Puerto Octay

Mercredi 5 mars 2008, nous consacrons l’après-midi à la rédaction de notre prochain carnet de route pour le site internet : lecture de nos notes, choix des chapitres, choix des photos, retranscription sur l’ordinateur et correction. Pendant ce temps-là, les enfants barbotent dans le lac. Ce n’est que tard dans la soirée que nous clôturons, avec satisfaction, notre carnet de route concernant la Carretera Austral.

de Puerto Octay vers Puyehue
de Puerto Octay vers Puyehue

Jeudi 6 mars 2008, la route qui nous mène à Entre Lagos est une piste. Les paysages sont beaux. Les volcans défilent au fil des kilomètres ; le volcan Osorno, le volcan Puntiagudo et le volcan Casablanca. Nous nous arrêtons à Entre Lagos pour déjeuner. Nous arpentons les rues de cette ville pendant une heure à la recherche d’un bon réseau internet afin de pouvoir faire la mise à jour du site. Les enfants sont très patients. Après plusieurs mois de voyage les enfants ont vraiment pris le pli et savent que de temps en temps il y a des moments moins drôles pour eux. Ils se montrent très compréhensifs et savent que les infos que nous diffusons sur notre site sont lues par nos familles et nos amis.

Finalement, en fin d’après-midi, nous reprenons notre route. Nous longeons le Lago Puyehue et arrivons une heure plus tard dans le Parc National du même nom. Au beau milieu de la forêt, nous établissons notre campement. D’ici partent plusieurs promenades vers des petites cascades. C’est décidé, demain nous resterons ici et profiterons de ce bel endroit.

Parque Nacional Puyehue
Parque Nacional Puyehue

Vendredi 7 mars 2008, dans le Parc National Puyehue, nous partons à la recherche des petites cascades se déversant de-ci de-là dans les ruisseaux. Les balades dans les bois sont courtes, mais jolies. Nous passons une nuit de plus dans ce petit havre de paix, à l’ombre des arbres touffus dans lesquels des perroquets viennent casser la graine.

Parque Nacional Puyehue
Parque Nacional Puyehue

Demain, nous rentrerons en Argentine et piquerons sur San Carlos de Bariloche car des amis nous y attendent.