Australie-Occidentale, côte ouest – 24/9/2008 au 19/10/2008
September 24th, 2008 by Sophie et Damien
September 24th, 2008 by Sophie et Damien
Mercredi 24 septembre 2008, nous quittons Fremantle à bord d’Idéfix et entamons notre route vers le nord. L’étape du jour est plutôt courte puisque nous décidons de faire un saut au John Forrest National Park et de tenter d’y passer la nuit. Ce petit parc, situé dans une région boisée et vallonnée, à une quarantaine de kilomètres au nord de Perth, est le plus ancien parc national d’Australie-Occidentale.

Il fait gris et le parc semble plutôt abandonné. Par contre, le comité d’accueil à lui seul est pour nous tout un symbole. Quatre kangourous font irruption devant nous et bondissent dans tous les sens. Les bonds sont impressionnants, les frimousses attendrissantes, les petits sont dans les poches. Tout y est. Il ne reste plus aux petits kangourous qu’à brandir un drapeau australien et à nous souhaiter “Welcome to Oz”.
Vendredi 26 septembre 2008, nous quittons la Brand Highway et piquons vers la côte. Nous comptons loger ce soir à Cervantes, dans le Nambung N.P., afin d’aller jeter un coup d’œil aux formations rocheuses, appelées “Pinnacles”.
La route serpente entre d’énormes étendues de “bush”, ces pleines rouges couvertes de touffes d’herbes longues et de buissons de variétés différentes. La végétation est touffue et verte. Les arbres se limitent à quelques arbustes dont la hauteur dépasse rarement les deux mètres. Du haut des petites crêtes sur lesquelles passe la route, apparaît devant nous le bleu profond de l’océan.
Malheureusement, le beau temps n’est pas au rendez-vous. Il pleut durant une bonne partie de l’après-midi. Nous, qui avions espéré admirer les Pinnacles au soleil levant ou au couchant rougeoyant, décidons de reporter cette visite à plus tard, lorsque nous repasserons par là, un jour où il fera plus beau.
Samedi 27 septembre 2008, cela fait quelques jours que nous roulons vers le nord. Nous avons fait 500 kilomètres. Nous nous sommes arrêtés à quelques endroits sympa, mais n’avons pas encore retrouvé notre rythme de pèlerins. D’une part parce qu’il faut que tout le monde retrouve ses marques, ses habitudes dans le camping car, et d’autre part parce que nous croisons tout le temps tellement de gens sur notre route. Pour le moment, nous passons essentiellement nos nuits dans des campings (il nous manque encore les bonnes informations pour les bivouacs en sauvage) et ceux-ci sont bondés, à tel point qu’il faut réserver un emplacement à l’avance! Ça nous change de l’Amérique Latine. Bref, nous ne sommes pas encore dans le voyage. Mais nous pensons avoir repéré un endroit sympa où loger cette nuit. C’est à nouveau un camping, certes, mais les propriétaires seraient des passionnés de fleurs sauvages. Nous sommes au printemps et même sur la route, les fleurs sauvages dominent les hautes herbes et vont jusqu’à tapisser des collines entières de leurs couleurs jaunes ou violettes.

Dès notre arrivée, nous sommes rassurés. Les quelques kilomètres qui séparent le camping de la route principale sont de la piste et le camping est tout simple, sans chichi, sans règlement et sans plan.
Dimanche 28 septembre 2008, cet endroit étant un des premiers endroits où nous nous sentons bien, nous décidons d’y rester toute la journée. Après une grasse matinée, une petite promenade dans le bush s’impose. Munis de “jolis” filets anti-mouche placés sur nos têtes, par-dessus nos casquettes, nous partons à la découverte des fleurs.

Le soleil brille haut et fort. Quelques perroquets nous survolent. Du sol sablonneux émergent par-ci par-là des petites fleurs isolées, frêles et délicates, aux formes et couleurs très diversifiées. Les arbustes aussi sont en fleur. Une sorte de petit palmier au tronc noir pointe un long cône au-dessus de la basse végétation. Les animaux sont rares, par contre.

Lundi 29 septembre 2008, nous reprenons la route en direction du Kalbarri National Park où, selon nos guides, il serait interdit de faire du camping sauvage. Le long de la route les paysages ne sont pas très variés. C’est essentiellement du bush, mais toujours très coloré par la terre rouge et les fleurs sauvages qui bordent la route. Arrivés dans le parc, la route longe l’Océan Indien que nous admirons du haut des falaises.

Les campings de la ville de Kalbarri sont pleins. Nous finissons par nous installer sur un ranch où le camping est autorisé. Quelle aubaine! Notre petite place entre deux prairies vaut mille fois mieux que tous les “Caravan Parks” d’Australie réunis. Pauline adore les chevaux. Elle veut tout le temps les caresser. Elle ne rêve que d’une chose, c’est de faire une balade à cheval, alors qu’elle n’a jamais monté seule, même pas sur le dos d’un poney.

Mardi 30 septembre 2008, première piste! Nous traversons une partie du Kalbarri National Parksur une piste sablonneuse. Par endroits, la tôle ondulée nous rappelle les pistes d’Argentine, du Chili et de la Bolivie. Cependant, ici, la terre est d’un rouge vif, le sable est orange. Dans Idéfix, il fait chaud. Dehors, il y a les mouches. “Les mouches du bush, fermez la bouche.” Il ne nous aura pas fallu plus de deux jours d’expérience pour trouver ce sublime jeu de mots dont les enfants sont co-auteurs. Cependant, nous nous sentons bien. La nature, à perte de vue, nous offre sa force et son calme. Nous nous sentons à nouveau seuls au monde.

La piste mène vers des gorges creusées par la Murchison River. Du haut des gorges, nous voyons la rivière serpenter dans le contre-bas. Photo obligatoire de la “Nature’s Window”, fenêtre créée par l’érosion de la roche et à travers laquelle la rivière apparaît comme dans l’encadrement d’une peinture.

Nous rebroussons chemin avec Idéfix peu avant la tombée de la nuit. Avec les couleurs du soleil couchant, le bush semble soudainement plus attrayant. Les fleurs sont d’autant plus belles et quelques animaux, profitant de la fraîcheur de la fin de journée, croisent notre route: deux lézards, dont l’un nous fait penser à un dinosaure miniature et bien-sûr, quelques kangourous.

Du mercredi 1 au vendredi 3 octobre 2008, en route vers Shark Bay. Arrivés à la péninsule, nous effectuons un premier arrêt à Hamelin Pool. Nous y découvrons une des plus anciennes stations télégraphiques d’Australie, datant de 1884. Aujourd’hui cet ancien bâtiment est un musée.

Mais un arrêt à cet endroit s’impose surtout pour voir les “stromatolithes” (nous devenons de plus en plus cultivés). Il s’agit de fossiles vieux de 1,9 milliards d’années et les seuls sur terre à être si anciens et toujours vivants. Certains, n’étant plus couverts par de l’eau, sont morts, mais d’autres se forment toujours. Ils ont la forme de petits rochers arrondis. Une des fonctions les plus intéressantes de ces créatures est la production d’oxygène.

Chose très étonnante, est la plage. Ce n’est ni une plage de sable, ni une plage de galets, mais de coquillages. La plage entière est formée uniquement de petits coquillages blancs qui au fil des ans se tassent et forment un sol très dur. Si dur qu’avant l’on en découpait des cubes pour faire des murs. Ainsi, les murs de l’église de Denham (village situé à quelques kilomètres plus au nord) sont tous construits avec des blocs de coquillages.

Le petit camping de Hamelin Pool est très simple, mais sympa. A croire qu’ils veulent garder une ambiance de “bush”. Dans le bloc sanitaire, il y a toujours de la musique et pour utiliser la machine à lessiver (basique mais fonctionnelle), il ne faut pas insérer de pièces dans la machine. Elle fonctionne sans. Seule une petite affiche nous demande d’avoir la gentillesse de déposer 2 dollars australiens dans la boîte en bois. On fait tout simplement confiance.
Toujours à Hamelin Pool, nous passons la journée à faire l’école et à jouer quelques jeux de société avec les enfants. En fin d’après-midi, un couple d’Australiens voyageant en caravane nous invite à prendre l’apéro. C’est donc autour d’un vin blanc et de bières bien fraîches que nous faisons connaissance de ces Australiens accueillants et chaleureux. Ils nous donnent quelques bons tuyaux pour la suite de notre itinéraire. Ils nous apprennent aussi qu’actuellement plus de 850.000 Australiens vivent en voyageant, en véritables nomades. Cela explique pourquoi nous croisons régulièrement des caravanes, camper-vans, motorhomes, 4×4 aménagés, minibus aménagés, camionnettes transformées, bus remorquant des voitures et autres véhicules “habitables”. Nous savions déjà que l’Australien était campeur, mais pas à ce point-là. En tout cas, nous ne serons pas seuls sur les routes. Et puis, si les autres sont aussi sympa que nos nouveaux amis de ce soir, tant mieux.
Samedi 4 octobre 2008, nous prenons la route de bonne heure vers un des sites les plus touristiques d’Australie-Occidentale: Monkey Mia. En cours de route, nous nous arrêtons à Denham afin d’y faire quelques courses. On ne peut pas appeler Denham une ville. C’est joli, mais minuscule, il y a une seule rue, avec une pompe à essence, deux petits supermarchés, quelques boutiques, deux campings et une hôtel dans lequel se trouve une distributeur de billets. Lorsque nous souhaitons prendre de l’argent, nous sommes stupéfaits: pas moyen de retirer plus de 150 AU$, c’est à dire l’équivalent de 90 Euros. Vus les frais de commission bancaire sur les retraits à l’étranger, nous décidons de ne pas prendre de l’argent ici.
A quelques kilomètres en dehors de ce village, nous nous arrêtons à un distributeur d’eau. C’est un des seuls endroits sur cette péninsule où nous pouvons trouver de l’eau potable (non salée). Il faut insérer une pièce de 1 AU$ pour 20 litres d’eau. C’est la première fois, après 14 mois de voyage, que nous payons pour de “l’eau du robinet”, mais nous sommes tout de même contents d’avoir nos réserves pour les jours suivants.
Le site “Monkey Mia” se trouve dans une parc protégé. Il y a plusieurs années, les pêcheurs attiraient, sans le vouloir, des dauphins en jetant des restes de poissons. C’est ainsi que ces dauphins souffleurs prirent l’habitude de recevoir à manger des humains. Aujourd’hui, un complexe contenant camping, hôtel, restaurants et piscine est construit en bord de mer. Ce lieu attire de nombreux touristes car tous les matins les dauphins viennent très près de la plage. Lorsqu’il n’y a pas de jeunes dauphins quelques touristes sont autorisés à nourrir ces mammifères. Ceci se déroule sous haute surveillance. Il est interdit de toucher les dauphins car ceux-ci peuvent contracter des virus humains, il est interdit de mettre de la crème solaire sur ses jambes et on ne peut aller dans l’eau que jusqu’à mi-mollet. Nous pensions que cela pouvait être sympa pour Yann et Pauline. Mais tant eux que nous ne nous réjouissons finalement pas autant que prévu. Ça ressemble plus à une attraction touristique qu’à autre chose. Il n’y avait de la place que pour une nuit dans le camping et tant mieux. Nous préférons partir en espérant trouver un endroit plus idyllique, plus sauvage, d’ici quelques jours.

Nous reprenons la route en direction du nord. Nous marquons un arrêt au bord d’un petit lac dont l’eau est turquoise. Les enfants pataugent dans l’eau. Un homme, se baladant en quad sur la plage du lac, s’arrête à notre hauteur et nous suggère d’être prudents car les enfants pourraient tomber sur un “stone fish”. Connaissant la nature venimeuse de ce poisson aux épines dorsales acérées, nous rappelons dare-dare les enfants sur la plage.

Lundi 6 octobre 2008, après l’école et trois heures de route, nous faisons halte à Carnarvon. C’est une petite ville située le long de la côte. Néanmoins, en comparaison avec Denham, cette ville est déjà relativement grande. De nombreux aborigènes venus habiter la ville errent dans les rues. Les “blancs” n’ont pas toujours l’air de les regarder d’un bon œil.
Mardi 7 octobre 2008, depuis que nous montons vers le nord, nous sentons chaque jour la température s’élever. Aujourd’hui le soleil est de plomb. Dans le bush qui entoure la route nous apercevons les premières termitières, implantées dans le paysage telles des sentinelles.

Peu avant d’arriver à Coral Bay, lieu réputé touristique, nous décidons de bifurquer vers la côte. Une large piste part en direction de Warroora Station, zone protégée du “Outback Coast”. Nous devons bifurquer une fois de plus afin de rejoindre un campement sur la côte. Lorsqu’on quitte une piste large pour prendre une piste annexe, on tombe forcément sur une piste plus étroite. Cette théorie se confirme. La piste est escarpée et sablonneuse. Il nous faut presque une heure afin d’en arriver à bout. Un émeu (sorte d’autruche locale) vient à notre rencontre. Le soleil entame sa plongette quotidienne dans l’océan. Nous campons sur les hauteurs, en bord de plage. Le ciel nous offre en spectacle des couleurs magnifiques. Cet endroit est sans conteste le plus beau depuis notre départ!

Mercredi 8 octobre 2008, nous nous réveillons devant une mer turquoise. L’océan est tellement beau que nous décidons de passer la journée ici. Nous ne résistons pas à une balade le long de l’eau, sur le sable blanc. Pauline, comme d’habitude, cherche les plus beaux coquillages. Il y en a de toutes les formes et de toutes les couleurs. Yann saute par-dessus les vagues pendant que nous scrutons l’horizon à la recherche d’un saut ou d’un jet de baleines. Ces créatures ne cesseront de nous réjouir. Soudain, une raie passe à quelques mètres de nos pieds. Un crabe aux couleurs vertes et mauves se cache rapidement sous une pierre. Deux pélicans volent gracieusement à quelques centimètres au-dessus de l’océan. Que dire? Profitons de ces instants, ils sont éphémères.

Ce soir, nous avons droit à un spectacle son et lumière: en avant-programme, un coucher de soleil fluorescent, suivi d’un orage électrique des plus impressionnants éclairant tout à l’horizon. Au tonnerre d’applaudissements succède le tonnerre et la pluie au-dessus de nos têtes pendant une bonne partie de la nuit.

Jeudi 9 octobre 2008, en quittant les lieux, mous marquons quelques arrêts afin de prendre des photos depuis la piste. Sophie sort prendre un dernier cliché. Personne n’a remarqué que pendant cet arrêt, une charmante bébête à huit pattes en a profité pour essayer de rentrer dans Idéfix. Pas de chance pour elle (l’araignée), elle est restée coincée lorsque la portière s’est refermée. Une heure plus tard, Sophie sursaute en voyant trois pattes et une grosse tête ratatinée dépasser de la portière juste à hauteur de sa figure. Les enfants sont impressionnés et demandent ce que c’est. “Oh, c’est juste un gros papillon de nuit…”

Nous passons la nuit à Exmouth, ville construite à côté d’une base militaire, qui se situe à quelques kilomètres du Cape Range National Park.
Du vendredi 10 au dimanche 19 octobre 2008. Cape Range National Park englobe principalement des dunes, des plages et des gorges de cours d’eau venant se jeter dans l’Océan Indien. A une centaine de mètres de la plage, la côte est bordée d’une barrière de corail. Nous voyons clairement la mer s’éclabousser sur le mur des récifs et y former des vagues impressionnantes. La faune et la flore aquatique des récifs sont placées sous le protectorat du Ningaloo Marine Park.
A l’entrée du parc, un ranger nous indique les différents lieux où il est autorisé de camper. Il nous prévient qu’il n’y a pas d’eau douce et qu’il est interdit de faire du feu. Il nous indique aussi les meilleurs endroits de baignade pour les enfants et de “snorkeling” pour les parents. Nous passons plus d’une semaine sur les lieux. De Mesa Camp à Lakeside Camp, notre Idéfix et ses occupants ont toujours vue sur l’océan.
Les enfants s’éclatent dans l’eau, sur leurs planches de bodyboard qu’ils appellent des planches de surf. Yann sort de l’eau au bout de deux heures. Nous ne nous lassons pas de ces plages désertes et de l’eau turquoise de l’océan. Un bourdonnement provenant des vagues qui s’écrasent sur le récif résonne en permanence.

En général, dans le courant de l’après-midi le vent forcit à tel point que le sable balayé sur la plage nous picore les jambes et les joues. C’est pourquoi nous nous levons de bonne heure et partons à la plage. Nous faisons l’école l’après-midi, lorsque le vent s’acharne sur les parois d’Idéfix. De plus, nous évitons ainsi de nous exposer au soleil toute la journée. A propos, dans cette partie de l’Australie, la crème solaire se vend en bidons de 1 litre et l’on n’en trouve pas avec un indice de protection de moins de 30.

Le matin donc, armés de nos masques et tubas, nous partons à la découverte des poissons et coraux. Yann et Pauline jouent au bord de l’eau pendant que, tantôt maman, tantôt papa partent en exploration. Le courant est fort. Heureusement, il suffit de nager sur une distance de 20 mètres de la plage pour tomber sur un regroupement de rochers autour desquels la vie foisonne. Nous nageons parmi des centaines de poissons: petits, grands, bleus fluorescents, jaune et noir rayé, blancs à queue en éventail, gros lents, petits vifs, verts … Tour à tour, nous emmenons les enfants en les tirant sur leurs planches de “surf” afin qu’ils puissent eux aussi plonger la tête dans l’aquarium exotique. Ils adorent. Ils sont en admiration devant le spectacle de cette nature à portée de main. Ils en redemandent. Lors de chaque retour à la plage, ils comparent leurs inventaires des poissons qu’ils ont vus. Entretemps, maman et papa reprennent leur souffle.

Le mardi, Anne, la volontaire qui s’occupe du campement où nous logeons, nous révèle une information extra: pas loin d’ici il y a des dizaines de tortues. Nous suivons ses indications à la lettre, montons la dune et Waw! Il y en a au moins 50 dans l’eau. Et elles sont énormes! De temps en temps, les tortues se laissent emporter par les vagues et arrivent sur le bord de la plage, d’autres semblent nager paisiblement, sortent la tête de l’eau et d’autres encore s’accouplent. Nous ne savons vers où tourner la tête, il y en a en face, à gauche et à droite. C’est un spectacle magnifique et fascinant.

Quelques jours plus tard, nous partons en milieu d’après-midi à Yardie Creek, au sud du Parc National. La Yardie Creek est une rivière qui se jette dans la mer à cet endroit précis. Une promenade nous mène vers les gorges profondes formées au fil des années. Les enfants se régalent car il faut escalader quelques roches. Lors d’une descente abrupte, Pauline nous fait rire lorsqu’elle dit d’une voix légèrement plus aiguë et d’une façon tout à fait naïve (car elle ne sait pas que nous l’écoutons):”Ici, Bonne Mamy dirait:”Oh, non, je ne veux pas faire cette descente, c’est trop dangereux!”" Un couple de voyageur éclate de rire également en voyant son petit air et en entendant l’intonation de sa voix.

La nature est très jolie et colorée par le beau mélange des arbustes verts, des herbes beiges, de la terre rouge des termitières, les couleurs des falaises des gorges varient entre le rouge vif et l’orange doux, les mangroves poussent sur les rives où des oiseaux viennent se poser et des wallabies de roches à pattes noires bondissent d’un arbuste à l’autre.

Nous quittons ce bel endroit vers 17h30 afin de pouvoir faire la route de retour vers le campement avant la tombée de la nuit. Ceci pour la simple et bonne raison qu’il y a nettement moins de risques d’écraser un kangourou ou autre en plein jour que lorsqu’il fait noir. Mais quelle surprise lors de notre retour, c’est un vrai safari: une dizaine de perroquets blancs nous survolent, des lézards traversent la route et nous pouvons observer de nombreux kangourous rouges et quelques wallabies de roches qui semblent profiter de l’air frais du crépuscule. Encore une belle journée!

Ce vendredi, le vent souffle très fort et nous décidons de rester au campement. Yann, Pauline et Damien fabriquent des marionnettes avec des peluches nommées “Loup Brun” et “Juleke”. Ensuite, Yann et Pauline s’amusent à inventer un spectacle. Yann en écrit une grande partie des dialogues. Les acteurs sont les deux marionnettes et quelques unes de leur peluches préférées. Ce soir nous avons donc au programme un dîner-spectacle. Au menu sont prévus: des crêpes au jambon et fromage, ensuite, des crêpes sucrées et finalement un spectacle de marionnettes. Les enfants font ça merveilleusement bien. Yann souffle de temps en temps les paroles à Pauline qui elle, ne cesse de rire de plaisir.

Samedi matin, pas d’école. Nous partons de bonne heure vers Turquoise Bay, une petite baie où la barrière de corail se trouve encore plus proche de la plage. Un endroit idéal, donc pour faire du snorkeling et voir le corail de plus près. Cependant, nous sommes prévenus qu’il faut se méfier des courants forts qui passent par une brèche dans la barrière de corail. A cet endroit l’eau est aspirée vers le large et risquerait d’emporter avec elle un nageur imprudent. Ayant repéré la zone de danger, nous entrons dans l’eau à une bonne distance de là. Une fois arrivés au-dessus du corail, nous nous laissons dériver jusqu’à une langue de sable, où nous ressortons de l’eau évitant ainsi de nous rapprocher de cette brèche. Quel régal! Les coraux sont verts, oranges et mauves. Il y en a de toutes les formes. Sophie est impressionnée par un poisson aux couleurs arc-en-ciel. Damien observe un “boxfish”. Ce dernier n’est absolument pas dangereux tant qu’il n’atterrit pas dans votre assiette. La mer est calme, le courant pas trop fort et nous avons la chance de pouvoir observer des poissons en abondance.

Pour notre dernière journée près de cette côte, nous nous offrons un petit extra. Une excursion en bateau devrait nous permettre d’observer des baleines à bosse. Nous embarquons sur le “Ningaloo Coral Explorer”. C’est un petit bateau à fond plat et transparent, pouvant emmener une vingtaine de passagers. Le skipper mène d’abord sa barque vers quelques jolis fonds de coraux, que nous pouvons observer à travers le fond transparent du bateau. Nous apprenons qu’une partie du corail a été fort atteinte par un cyclone en 1999. Cependant, les scientifiques sont optimistes car le corail reprend vie et montre même une croissance de 5 % par an. Les couleurs et l’étendue des coraux qui apparaissent sous nos pieds sont impressionnantes. Les enfants cherchent les petits poissons qui jouent à cache-cache entre les branches d’un corail mauve.
Soudain, un jet d’eau surgit au loin. Une baleine. Le skipper change de cap et accélère. Cette fois, nous partons à la recherche de la baleine à bosse. Nous nous en approchons. Elle n’est pas seule. D’autres baleines surgissent, une fois à gauche, une fois à droite. Par contre, elles surgissent rarement juste devant les objectifs de nos appareils photo et vidéo. Un baleineau nous offre une belle série de sauts. Les enfants tentent d’énumérer les différences qu’il y a entre la baleine à bosse et la baleine franche australe que nous avons vu en Argentine. Peu importe les différences, la vue d’une baleine nous impressionnera toujours.


September 9th, 2008 by Sophie et Damien
Mardi 9 septembre 2008, après plus de 24 heures de voyage nous mettons enfin pied sur le territoire australien, plus précisément à Perth, capitale de l’Australie-Occidentale. Avant l’arrivée des Européens, les indigènes vivaient sur ces terres en toute harmonie avec la nature. Au 17ième siècle plusieurs bateaux hollandais firent le voyage vers l’Australie. Plusieurs d’entre eux firent naufrage à quelques milles des côtes et les passagers rejoignirent la terre sur de petites barques. Les Hollandais furent parmi les premiers à découvrir ces contrées. Jusqu’à cette époque ces terres ne figuraient pas sur la carte mondiale dessinée par Mercator. Les Hollandais baptisèrent cette île “Nieuw Holland”. Leur influence sur la vie des indigènes ne fut que très minime. La grande influence européenne démarra avec l’arrivée du capitaine anglais James Stirling, en 1827. C’est en 1829 que les Anglais prirent possession de la région de la Swan River. Région où se situe actuellement la ville de Perth.

Les Australiens, nous le savions déjà bien avant d’arriver, ont de nombreuses règles, dont celle de l’interdiction de rentrer dans leur pays avec des produits naturels (terre, pollen, fleurs, feuilles, bois, …). Le contrôle sanitaire à l’aéroport est bien organisé. Ceci nous évite de longues files d’attente. Néanmoins, les contrôles sont stricts. Un homme vérifie le contenu de nos bagages à main et nous confisque nos bananes (que nous avions heureusement déclarées sur le formulaire). Ensuite, nos bagages passent au scanner. L’homme nous explique que ce scanner détecte tous les produits “naturels”. Nous ne pensons pas en avoir et sommes donc très à l’aise. La valise, remplie des cours des enfants fait quelques allées et venues dans le scanner… “I have to check this one.” L’homme ouvre la valise, soulève quelques livres, sort un cahier et le feuillette… il en retire deux jolies pages sur lesquelles Damien et Pauline avaient collé plusieurs feuilles et fleurs d’Amérique Latine. Oups! On les avait complètement oubliées. “This is very bad!”, nous sort le contrôleur. Nous acquiesçons et lui disons que nous avions oublié cela. Heureusement, l’homme nous croit. Il prend nos jolis souvenirs d’Amérique Latine et il nous laisse partir sans amende!
Quelques minutes plus tard, nous admirons le beau ciel bleu australien. Damien se renseigne sur les transports. Nous avons réservé une chambre dans une auberge de jeunesse à Fremantle, ville portuaire située à 20 kilomètres de Perth, pour la simple et bonne raison que le bateau d’Idéfix arrive dans ce port dans moins d’une semaine. Damien trouve rapidement un petit bus qui assure le transport entre Perth et Fremantle. Le chauffeur nous propose même de nous déposer devant l’hôtel. Il ne connaît pas la rue et donne une carte routière à Damien. Finalement, Damien guidera le chauffeur jusqu’à la porte de l’auberge de jeunesse. L’accueil est sympa. Le réceptionniste nous montre sur un plan où se trouvent la cuisine commune, les salles communes ainsi que notre chambre. Nous avons l’impression de devoir passer par un labyrinthe et les 3 valises, 4 sac-à-dos, sac de voyage et les draps qu’on nous a mis sur les bras, ne faciliteront pas la tâche. Quelques personnes commencent à préparer leur souper. Pour nous, ce sera très simple, resto et dodo!
Mercredi 10 septembre 2008, Malgré que ce soit notre premier jour, nous ne dérogeons pas à la règle: le matin, c’est l’école et ce sera ainsi chaque jour de la semaine.

Fin de matinée, nous partons faire nos premières courses. Comment sont les supermarchés australiens? Supers! Il y a abondance de fruits et légumes frais et après avoir parcouru chaque rayon, ouvert de grands yeux devant la bière en poudre, les crêpes en poudre, les kilos de noodles pour tous les goûts, les nombreux aliments et produits asiatiques, nous avons fini par trouver tout ce que nous cherchions.
A l’auberge de jeunesse, tout le monde range ses réserves dans un sac réutilisable placé sur une des nombreuses étagères. Pour les produits frais, c’est pareil, mais on dépose son sac dans un des sept frigos.
Après un simple, mais bon plat de pâtes, nous marchons jusqu’aux bureaux de notre agent maritime. Emmener son véhicule en Australie se fait obligatoirement avec l’aide d’un agent. Cette personne s’occupe de toutes les formalités administratives. Elle rassemble tous les documents, fixe les rendez-vous pour les contrôles sanitaires et douaniers du véhicule et est présente lors de ces contrôles. Cela facilite évidemment les choses pour nous et nous évitera de courir comme à Buenos Aires d’un bureau à l’autre pendant deux jours. Le Tampa, le bateau qui transporte Idéfix, devrait arriver dimanche. L’agent fixe donc les rendez-vous pour mardi prochain. Nous rentrons à l’auberge confiants.
Du jeudi 11 au samedi 13 septembre, comme d’habitude, nous faisons l’école le matin, déjeunons à l’auberge et nous essayons de nous occuper les après-midi. Le gérant de l’auberge nous donne quelques informations sur les endroits à visiter en ville. Nous essayons de comprendre grosso modo ses explications. Lorsque nous retournons à la salle commune, en passant par la cour intérieure où quelques plus jeunes que nous discutent et boivent, nous nous demandons si c’est nous qui avons perdu notre anglais ou si c’est le langage des Australiens qui n’est pas vraiment de l’anglais…? C’est quelque peu frustrant d’arriver dans un pays dont on croit connaître la langue et finalement se retrouver face à un problème de compréhension. Néanmoins, petit à petit, nous repérons les changements de prononciation des sons.

Lors de ces trois jours, nous partons donc à la découverte de cette ville, Fremantle, également appelée Freo par les locaux. Nous nous dirigeons vers la “Round House”, ancienne prison, et admirons quelques belles façades ornées de balcons en fer forgé. De-ci de-là, il y a également des colonnes sur les trottoirs qui soutiennent les terrasses du premier étage. Yann trouve que ce n’est pas sympa pour les aveugles de mettre tant de colonnes sur les trottoirs. Nous arrivons à la “Round House”, ancien vestige de la période de la colonisation qui fût utilisé d’une part comme prison, mais également comme lieu d’indication de l’heure pour les navires. Tous les jours, à 13 heures précises, un coup de canon et une énorme boule noire, fixée sur un énorme poteau triangulaire, étaient lâchés. Ainsi, les marins pouvaient entendre ou voir ce signal et savoir qu’à ce moment-là, il était exactement 13 heures en Australie.


La région de Perth est l’une des premières régions d’Australie qui fut découverte par les Européens. De nombreux bateaux firent naufrage devant ces côtes car ils heurtèrent la barrière de corail. Un musée est dédié aux différents bateaux hollandais qui ont coulé ici. Il y a quelques années, les épaves des bateaux ont été sorties de l’eau et une partie de leurs contenus est exposé dans ce musée. Nous y apprenons beaucoup de choses concernant les premiers Européens qui ont essayé d’explorer “les terres australes”.

Dimanche 14 septembre 2008, ayant déjà visité une partie de Fremantle, nous décidons de prendre le train vers Perth. La gare est un ancien et petit bâtiment. Nous cherchons les guichets, mais en vain car il n’y en a pas. Il y a un petit bureau d’information. L’achat des billets se fait uniquement de manière électronique. Voyant que nous ignorons le fonctionnement de ces machines, un homme vient tout de suite nous aider. Il nous signale que nous bénéficions du tarif “famille”. En plus, ce ticket est valable pour tous les trains et bus dans Perth. Le train, qui a plus l’allure d’un métro, est déjà sur la voie. Nous nous installons. Une minute plus tard, le signalement sonore “doors ‘re closing”, nous avertit du départ. Nous sortons l’appareil photo du sac-à-dos. Le train longe le port. Nous espérons donc apercevoir le cargo qui a emmené Idéfix jusqu’ici et en prendre une photo. Nous longeons le port…suspens..nous venons de passer le port et n’avons pas vu de grand cargo blanc et rouge portant le nom “Tampa”. Nous sommes un peu déçus mais nous nous consolons en disant qu’il arrivera au port cet après-midi et que nous le verrons ce soir lorsque nous rentrerons à Fremantle. Arrivés à Perth, nous allons nous promener au Kings Park. C’est un énorme et très joli parc d’où nous admirons la ville de Perth et son architecture, ainsi que la “Swan River”. Tout au long de la ballade nous lisons les écriteaux de différents édifices. Tous ont été construits en commémoration des nombreux soldats qui ont perdu la vie lors des guerres (notamment les deux Guerres Mondiales).

Un bus nous emmène ensuite vers le centre-ville. Nous nous dirigeons vers la gare et observons le mélange d’architectures, bâtiments vieux de plus d’un siècle et bâtiments contemporains qui se confondent merveilleusement bien.
Lors du retour en train, nous constatons que le Tampa n’est toujours pas amarré dans le port de Fremantle. Nous restons optimistes, les rendez-vous pour les contrôles sanitaires et douaniers sont fixés à mardi. Le bateau arrivera sans doute demain et nous verrons Idéfix mardi.
Lundi 15 septembre 2008, il y a, paraît-il, un tout nouveau musée maritime et un marché “typique” à voir. Il pleut à nouveau et n’ayant pas vu le Tampa hier, nous nous sentons un peu d’humeur maussade. Néanmoins, la visite du musée vaut la peine. Toutes sortes de bateaux y sont exposés, de la chaloupe au bateau de pêche à huîtres, en passant par le voilier australien qui a remporté l’America’s Cup. Par contre le marché est, une fois n’est pas coutume, un attrape touriste. Dès notre retour à la YH (Youth Hostel), Damien vérifie nos e-mails. Un mail de l’agent maritime nous annonce que le Tampa n’est pas arrivé. La date d’arrivée serait mardi soir. Les différents rendez-vous sont donc remis à jeudi. Bon, tant pis, de toute manière les cargos ont toujours du retard, nous en avons maintenant l’habitude.
Mardi 16 septembre 2008, nous quittons la YH en début d’après-midi. Nous faisons la surprise aux enfants d’aller visiter un grand aquarium. Malheureusement, nous avons mal calculé la durée du trajet. Après deux heures de train, nous devons attendre le prochain bus qui n’arrive que dans une heure. Cela veut dire que nous arriverons à l’aquarium vers 16 heures et celui-ci ferme à 17 heures. “Euh, les enfants, nous sommes désolés, mais nous allons reprendre le train vers Fremantle.” Finalement, nous passons donc l’après-midi dans le train. Bien évidemment, nous promettons aux enfants que nous irons voir l’aquarium dans les prochains jours.
Mercredi 17 septembre 2008, retour à Perth pour la visite du musée de Western Australia, un petit saut à l’office de tourisme pour acheter un pass d’entrée pour les Parc Nationaux de l’Australie- Occidentale et un petit saut au Royal Automobile Club pour une assurance (qu’ils ne procurent pas pour des véhicules de 7 mètres de long). Nous pourrions bénéficier gratuitement, car nous sommes membres du RAC Belgique, de l’assistance routière, mais notre carte de membre est expirée. Celle de l’année 2008-2009 est en Belgique.
Jeudi 18 septembre 2008, matinée classique: petit-déjeuner, école et déjeuner vers 13 heures. Ensuite, Damien part au rendez-vous fixé avec l’agent. Ils se rendent ensemble au port pour y effectuer les contrôles d’Idéfix. Mais, vers 14h30, Damien est déjà de retour! Le Tampa est bel et bien arrivé, mais ils n’ont encore rien déchargé! Ils pensent que le tout sera déchargé ce weekend. Conclusion, les rendez-vous pour les contrôles sont une fois de plus remis… à lundi après-midi.
Pour la petite histoire, le Tampa est un bateau qui a déjà fait parler de lui. En 2001, son équipage avait effectué le sauvetage en mer de plus de 200 fugitifs afghans, dont l’embarcation à la dérive avait croisé le sillage du Tampa. Cependant, les autorités australiennes, ainsi que celles de la Nouvelle-Zélande ont refusé que le Tampa débarque les rescapés sur leurs terres. Cet incident a causé pas mal de remous dans le monde diplomatique ainsi que dans l’opinion générale sur le protectionnisme australien.

Samedi 20 septembre 2008, nous partons relativement tôt vers l’aquarium. Pratiquement tous les animaux marins de la côte ouest de l’Australie y sont représentés: requins, raies, tortues, toutes sortes de poissons, méduses, crabes, langoustes, étoiles de mer, lions de mer, des hippocampes-dragons, des coraux, etc. Les enfants sont ravis de la journée et nous aussi. En passant en train devant le port, nous apercevons Idéfix sur le quai!!!

Dimanche 21 septembre 2008, il pleut encore. Depuis notre arrivée en Australie, nous avons eu plus de jours de pluie que de journées ensoleillées. A midi, nous allons au marché couvert acheter des crêpes salées que nous emportons à l’auberge de jeunesse. L’après-midi, nous la passons à jouer des jeux de société avec les enfants et à terminer la mise à jour du site concernant notre escale en Belgique. Espérons que demain soit LA bonne journée: “Derde keer, goeie keer?”
Lundi 22 septembre 2008, heureusement qu’il y a l’école pour nous changer les idées en attendant le troisième rendez-vous au port. Nous espérons de tout cœur qu’Idéfix passera le contrôle sanitaire. Dans le cas contraire, il faudrait prendre un rendez-vous dans une société de nettoyage spécialisée. Le gros soucis dans ce cas, est que selon l’agent, dans le meilleur des cas nous obtiendrons un rendez-vous la semaine suivante et dans le pire des cas, dans trois semaines! Si Idéfix est recalé, nous ne pensons pas rester dans cette auberge. Après deux semaines, y en a un peu marre. Pendant la journée, ça va, mais tous les soirs, ils mettent un film sur grand écran et le volume est à fond. Ce qui fait que les enfants ne s’endorment jamais avant 22h00 – 22h30. Le soir, nous écrivons dans nos carnets ou jouons aux “Colons de Catane”. Lorsque nous montons en chambre, les enfants sont quelque peu rassurés et s’endorment. Par contre, Sophie est souvent réveillée la nuit par le chahut de nos voisins. Ce sont quelques jeunes Anglais qui abusent souvent de l’alcool, soit, mais qui n’ont surtout aucun respect pour les autres. En pleine nuit, ils se mettent à chahuter, à rire et à chanter alors que le mur qui sépare nos chambres n’est qu’une simple cloison. La YH a des règles, mais le gérant est incapable de les faire respecter. Bref, il y a un tas de choses chez ces jeunes qui commencent à nous énerver: Yann se blesse avec un morceau d’une tasse jetée par eux par terre, ils soupent à 18 heures mais ne lavent rien, laissent tout trainer alors que d’autres doivent encore cuisiner, ils mettent la musique à tue-tête, font du bruit la nuit, bref, ils se croient seuls au monde.
Alors, rester encore une semaine de plus ici, avec ces lascars, il n’en est pas question! Damien part vers 13h30. Le rendez-vous au port est à 14 heures. Sophie joue aux cartes avec les enfants mais elle a du mal à se concentrer. Elle ne cesse de penser, d’imaginer la suite de la journée.

Il est 14 heures. Il y a trois hommes sur le quai Numéro 11 du port de Fremantle. L’un d’eux a l’air un peu tendu. Un autre porte un gilet orange, affichant en grandes lettres “Quarentine Inspection” et semble examiner un camping-car. Il examine le bloc moteur avec une lampe de poche. Le type inquiet, c’est Damien. Le contrôle sanitaire vient de commencer. L’inspecteur examine le radiateur, les roues, le châssis. Il jette un coup d’oeil à l’intérieur de la cellule. “No food?” - “No, sir.” - “This car is pretty clean. You’ve done a very good job, mate!”
Vers 16 heures, Damien revient avec un sourire aux lèvres. Le contrôle sanitaire est “ok” et celui de la douane aussi! Nous pouvons récupérer Idéfix demain matin et enfin reprendre nos aventures.
Nous retenons encore deux choses positives suite aux deux semaines passées à l’auberge de jeunesse: Yann et pauline ont appris à jouer aux échecs et nous y avons rencontré Paul, un hollandais de 56 ans qui est là pour la même raison que nous. Sauf que son véhicule est arrivé à Fremantle avant Idéfix et qu’il ne l’a toujours pas récupéré. Apparemment, il n’est pas tombé sur un bon agent.

Mardi 23 septembre 2008, c’est une journée exceptionnelle, donc nous ne faisons pas l’école. De toute manière tout le monde est bien trop excité pour ça! Damien est parti chercher Idéfix. Les valises sont faites, le clé de la chambre est rendue. Nous attendons Damien et Idéfix avec impatience! Comme prévu, ils arrivent vers 10 heures. A 10h20, nous sommes partis et heureux d’être enfin dans Idéfix. Mais il y a encore quelques formalités à remplir: contrôle technique, assurance et trouver du gaz.
Vers 16 heures, nous avons terminé nos tâches. N’ayant point envie de faire beaucoup de route, nous rejoignons un camping, à Fremantle.
Et demain: on the road!
September 8th, 2008 by Sophie et Damien
Lundi 8 septembre 2008, les valises sont dans la soute de l’avion. Nous avons fait nos au revoir à la famille et aux amis. Nous revoilà à nous quatre, prêts à reprendre notre aventure, à passer une nouvelle année ensemble sur des terres inconnues. Les roues de l’avion quittent le bitume. Dans une vingtaines d’heures nous serons en Australie.


Notre escale en Belgique n’était pas prévue au départ. Nous avions envisagé cette escale lorsque nous ne trouvions pas de compagnie maritime qui puisse assurer le transport du camping car depuis le Chili vers l’Australie pour un prix acceptable. De plus, il y avait uniquement des cargos à containers et pas de RORO (Roll on - Roll off). Finalement, Idéfix a quitté Buenos Aires le 19 mai et arrivera à Perth (à l’ouest de l’Australie) le 14 septembre. Entre deux, il a passé un mois en Belgique, juste le temps de passer quelques vérifications techniques et de se faire récurer de fond en comble afin qu’il puisse bientôt poser ses roues sur les terres australiennes. Beaucoup de personnes nous ont demandé si ces quatre mois d’interruption de notre voyage ne nous ont pas paru longs. A vrai dire, ces quatre mois ont filé à toute vitesse et se sont avérés bien utiles. Voici donc le carnet de route de notre escale en Belgique.
Samedi 10 mai 2008, Sophie et les enfants atterrissent en Belgique. Ce retour impromptu permet aux enfants de revoir leurs amis et la famille plus tôt que prévu et ils en sont, bien évidemment, enchantés. Chaque fois que Sophie est invitée à un barbecue, elle ne mange presque rien parce qu’elle passe sa soirée à répondre aux questions des convives enthousiastes ou à raconter nos histoires et nos expériences vécues en Amérique Latine. Les autres soirées, Sophie en profite pour rassembler nos plus belles photos et en compose un album. La seule chose qui perturbe les enfants, est la différence de taille entre une maison et un camping car. Ils partent régulièrement à la recherche de Sophie en criant:”Maman, où es-tu?”.
Lundi 19 mai 2008, Idéfix quitte, avec une semaine de retard, Buenos Aires à bord du Grande San Paolo. Damien l’accompagne afin de pouvoir monter la garde devant sa porte dans les ports d’escales peu sûrs. En effet, dans certains ports, il n’est pas nécessaire d’être un roi du camouflage pour monter à bord d’un bateau sans être aperçu.
Samedi 21 juin 2008, Idéfix et Damien débarquent à Anvers. Enfin! Initialement, l’arrivée du bateau était prévue pour le 6 juin! Notre petite famille a été séparée pendant 6 semaines. Les retrouvailles sont d’autant plus émouvantes.
Du dimanche 22 juin au mercredi 23 juillet, les vacances scolaires approchent. Pourtant, nous décidons de poursuivre nos matinées d’école avec nos enfants. Pauline commence à s’ennuyer lors des cours de maternelle. A sa demande (et après lui avoir fait passer un petit test d’aptitude à l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe), nous décidons de la faire passer en première primaire. Yann entame sa seconde primaire. Ils s’appliquent bien. Un inspecteur de l’éducation est venu nous dire bonjour. Il a fait passer quelques tests à Yann. Mais ce sont surtout nous, les parents, qu’il a interrogés afin de juger l’aptitude des parents à enseigner leurs enfants et de vérifier leur conscience quant à leur responsabilité parentale. Yann passe les petits tests avec brio. Il bluffe l’inspecteur en lui montrant le Brésil ainsi que la Belgique sur une carte du monde. L’inspecteur reste pantois devant les photos que Yann a choisies, découpées, collées et commentées dans son propre carnet de route. L’inspecteur nous félicite et nous souhaite bonne continuation. Nous sommes fiers et rassurés du fait que nous ayons réussi notre année scolaire.
Le dernier weekend de juin, nous participons au tournoi de hockey sur gazon du Saint-Georges. Le plus difficile est de retrouver nos chaussures de hockey, stockées dans l’une des nombreuses caisses laissées en Belgique. Le tournoi nous offre 3 jours de sport, de fête et de retrouvailles. Mais ensuite, 3 jours de courbatures.

A Courtrai, nous découvrons un nouveau site grâce à une chasse au trésor! Il y a une libellule géante de plus de 35 mètres d’envergure à moins d’un kilomètre de chez bonne-mamy et bon-papy.

Entretemps, Idéfix se fait masser les amortisseurs chez le garagiste. Quelques jours plus tard, il quitte le garage avec un nouveau pare-brise et une nouvelle “rotule”. La cause du bruit du côté de la roue gauche et les problèmes de direction ont été détectés et corrigés. Enfin!
Il est temps de passer au grand nettoyage. L’Australie qui a vu un jour son agriculture et ses terres bouleversées suite à l’introduction malencontreuse d’un couple de lapins a depuis une véritable phobie des petites bébêtes venues d’ailleurs. Le contrôle sanitaire à l’entrée du pays est donc très strict. Il est interdit de faire entrer pollen, terre, feuilles, graines et autres. Autant dire qu’Idéfix en a accumulés des tonnes en Amérique Latine et qu’il aura donc vite fait de se trouver relégué en quarantaine. Afin d’éviter cela, nous transformons le parking de maman et papa en véritable car-wash: karcher, souffleur à air comprimé, brosses, seaux, éponges, loques, savon… et brosses à dents. Chaque caisse, tiroir et compartiment est vidé et son contenu nettoyé avec méticulosité. Chaque recoin poussiéreux est attaqué à coup de brosse à dents.

Le dernier jour, Damien passe une journée entière couché sous le châssis. La terre et la boue qui en tombent lui donnent un dernier souvenir des pistes d’Amérique Latine. Il en prend plein les yeux. Sophie, fait le final touch. Elle replace les rideaux, les draps et les housses de fauteuils qui ont retrouvé toutes leurs couleurs grâce aux miracles du lave-linge. Tout ceci sans parler du nettoyage du reste de l’équipement du camping car: four, hotte, cassette wc, pneus de réserve, marquise, lanterneaux, grilles d’aération, stores, moustiquaires, filtre à air, filtre à pollen, aération, réservoirs d’eau, double plancher, … rien que l’énumération de la liste complète donnerait le vertige au plus musclé des Mrs Propre.

Il est 3h00 du matin. Tout est propre, tout est chargé dans Idéfix. Demain matin, nous partons pour Zeebrugge où Idéfix doit embarquer.
Jeudi 24 juillet, sur la route de Zeebrugge, nous passons à un car-wash pour camions. Idéfix a encore besoin d’un dernier coup de brosse à l’extérieur. Super, voilà notre idéfix brillant comme un sou neuf. Nous quittons le car-wash, Damien au volant d’Idéfix et Sophie en voiture. Est-ce la fatigue accumulée les jours précédents? Est-ce que Damien rêve déjà aux terres australiennes? Où est-il tout simplement très distrait pour rouler dans une traînée de boue? En tout cas, Damien ne s’en rend pas compte tout de suite. Sophie, par contre, a un sérieux doute quant à l’origine de cette traînée. Nous nous arrêtons sur une aire de service. Sophie refait briller un phare, Damien essuie une trace laissée par une mouche venue s’écraser sur le pare-brise. Tout à coup, Sophie se rappelle la traînée… Nous partons vérifier les roues du côté gauche d’Idéfix. Ce n’est même pas de la boue, c’est du purin!! Cinq minutes plus tard, après avoir trouvé un seau d’eau et acheté une éponge, nous revoilà couchés sous le châssis en frottant et poussant de gros jurons.
Finalement, nous atteignons Zeebrugge sans ramasser d’autres tas de fumiers ou de mouches et en évitant les excréments de mouettes. Nous réglons les formalités douanières et Idéfix est laissé en charge des dockers qui le rangeront bientôt dans les cales du Tampa. Le Tampa est un bateau Ro-Ro de la compagnie Wallenius Wilhelmsen. Il arrivera à Fremantle (port situé à côté de Perth), en Australie, le 14 septembre. Bon voyage, compagnon.
A notre retour de Zeebrugge, nous nous inquiétons de n’avoir toujours pas eu de réponse favorable à notre demande de visa pour l’Australie. Voilà plus de trois semaines que nous avons rentré notre dossier en bonne et due forme: inscriptions et déclarations par internet, copies des passeports, actes de naissance des enfants, extraits de comptes bancaires. Des médecins, agrées par le gouvernement australien ont envoyé par recommandé et sous scellés les examens médicaux des enfants ainsi que les radiographies de nos thorax. Oui, en demandant un visa de 12 mois après avoir passé un an en Amérique Latine, nous ne nous sommes pas facilité la tâche…

Début août, nous passons quelques jours à la mer. Notre côte belge, que l’économie mondiale soit bonne ou mauvaise, ne cesse de voir des immeubles pousser. Mais lorsque nous tournons le dos vers les terres, nos plages n’ont pas changées. Les rangées de cabines blanches dans lesquelles sont rangés pelles, seaux, formes, transats, cerf-volants et autres, sont toujours là.

Lorsque le soleil brille, les couleurs, les unes plus vives que les autres, des magasins de fleurs des enfants viennent décorer la plage. Les fleurs, certes en papiers et confectionnées avec amour par les grands-mères et les mamans, sont vendues par les enfants. Leur magasin? Un grand trou creusé, par les papas ou les grands-pères, dans le sable, avec banquette, escalier et tout ce que l’enfant peut imaginer. La monnaie? Des coquillages d’une forme bien précise, appelés couteaux. Le temps pourrait s’arrêter.

Le soir, nous travaillons au montage vidéo de l’Amérique Latine. Nous avons 14 heures d’images à visionner, à choisir, à découper, à monter et à mettre en musique. Le travail est long, mais nous y prenons du plaisir.
Il y a quelques mois, nous avions un peu peur qu’en passant par la Belgique nos enfants nous disent de ne plus vouloir partir. Pour notre grand bonheur, lorsque nous leur posions la question début août, ils nous ont tous les deux répondu avec un grand OUI! En Belgique de nombreux enfants et adultes leur posaient souvent des questions et certains enfants exprimaient l’envie de vouloir partir également pour un si long voyage avec leurs parents. Depuis notre passage en Belgique et suite à ces moments de questions et de réflexions, Yann et Pauline ont eu une certaine prise de conscience par rapport à notre voyage en famille.
Un beau matin, nous avons une belle surprise dans notre boîte aux lettres électronique: nous sommes autorisés à entrer en Australie et ce pour une durée de 12 mois. Nos demandes de visas sont approuvées! Nous nous empressons de réserver nos billets d’avion.
Autre bonne surprise, Yann et Géraldine, nos amis français avec qui nous avons fait un petit bout de chemin en Amérique Latine, viennent de débarquer à Anvers. Avant de rejoindre la France, ils viennent nous faire un petit bonjour. Nous nous retrouvons autour d’un barbecue et passons en revue nos souvenirs d’outre Atlantique. Qui sait, peut-être nous croiserons-nous encore sur les chemins du monde?
Nous souhaitons remercier notre famille et nos amis chez qui et avec qui nous avons passé d’excellents moments durant notre escale en Belgique.
En mai 2007 nous nous envolions vers l’Amérique Latine. Ce lundi 8 septembre, nous volons vers l’Australie. Nous sommes loin de nos familles et de nos amis. Pourtant, grâce à ces quelques mois passés en Belgique, nous avons vu de nombreuses personnes à maintes reprises et bien plus que si nous n’avions pas entamé ce long voyage.

Notre avion amorce son atterrissage vers l’aéroport de Perth. Nous voilà en Australie!