Adelaide et ses environs (Australie) – 17/12/2008 au 3/1/2009
December 17th, 2008 by Sophie et Damien
December 17th, 2008 by Sophie et Damien
Mercredi 17 décembre 2008, nous tombons sous le charme d’un petit village situé au pied du Mount Remarkable. Melrose est une petite bourgade calme et pittoresque. Dans la rue est garé le bus qui sert de bibliothèque ambulante. Ce bus voyage de village en village selon un calendrier qui est connu de tous les habitants. Un Père Noël est posé nonchalamment sur la terrasse sympathique d’une minuscule taverne. Derrière un hôtel à la façade typique des maisons coloniales australiennes, nous découvrons deux habitations pour le moins loufoques. Deux vieux camions, qui étaient sans doute bons pour la casse, ont été aménagés en maisonnettes avec balcons et dentelles aux fenêtres.
En fin d’après-midi, le village prend vie. Une trentaine de personnes, toutes générations confondues, se rendent au terrain de “Bowling” (jeu de boules). Très aimablement, les villageois nous invitent à nous installer au bord du terrain. Une dame nous sourit en voyant notre caméra vidéo et s’excuse de n’être qu’une amateur. Ambiance très “British”.
Jeudi 18 décembre 2008, Idéfix s’enfonce dans le Parc National de Mount Remarkable. Ca monte et ça descend, de virage en virage, jusqu’à ce que nous arrivons à un petit parking situé au beau milieu du parc. Nous enfilons nos chaussures de randonnée et descendons dans la gorge appelée “Alligator Gorge”. Devant nous, les flancs de la gorge se referment, jusqu’à former un étroit couloir. Pour parcourir la longueur de la gorge sans nous mouiller les pieds, nous sautons de pierre en pierre, nous agrippant aux parois rocheuses afin de garder l’équilibre. La gorge s’ouvre sur une colline boisée d’eucalyptus sur laquelle serpente notre chemin du retour vers Idéfix.
L’estomac creusé par cette balade matinale, nous nous arrêtons à Stone Hut, minuscule village qui est connu pour son ancienne boulangerie. On y vend des tourtes à la viande de kangourou et de crocodile. Celles-ci étant toutes vendues, nous nous contentons de quelques tourtes “classiques”.
Vendredi 19 décembre 2008, à présent nous traversons la région des vins de “Clare Valley”. Une dégustation s’impose. Le domaine de “Taylors Wines” semble bien coté. Nous nous y rendons et découvrons une véritable usine. Le haut de la grande façade, derrière laquelle se cache l’usine, tente d’imiter le haut des remparts d’un château. Si l’imitation est plutôt kitsch, le vin lui, est bien bon, excellent même.
Mieux vaut en rester à une simple dégustation, car à l’approche d’Adélaide la route devient sinueuse, voire tortueuse. La route est de moins en moins large et surplombée par des rochers ou des branches d’arbres qui risquent de nous effleurer. Nous sommes dans les “Adelaide Hills”. Le paysage bucolique est composé essentiellement de champs de blé et de vignes qui doivent s’accrocher aux flancs des collines pour ne pas dévaler la pente. Un bref regard est accordé à un petit étang dans le contre-bas. Voilà déjà le prochain virage en épingle à cheveux à amorcer.
Voilà une bien jolie région. Nous passons la nuit dans un petit village niché dans les collines. Nous sommes à moins de vingt kilomètres d’Adelaide, capitale de l’État d’Australie-Méridionale.
Du samedi 20 au lundi 23 décembre 2008, nous pensons passer Noël dans les environs d’Adelaide. En attendant – “Christmas shopping” oblige – nous nous installons dans un petit camping à l’extérieur de la grande ville. Cela nous permettra de gagner la ville facilement en bus, tout en laissant Idéfix se reposer.
Le camping se trouve au pied des Adelaide Hills, sur un terrain boisé. A peine sommes-nous arrivés sur place que Sophie pointe son doigt vers la cime d’un eucalyptus. Elle s’écrie: “Un Koala!”. Les enfants se heurtent le front à la fenêtre en essayant de le repérer. Il est bien là, notre premier koala. Il est un peu endormi, mais craquant. Attendons la fin de journée qu’il s’active un peu…
Nous rencontrons des voyageurs français, Richard et Maïté. Au cours de l’apéro, ils nous racontent avec enthousiasme leurs impressions sur l’Afrique et l’Asie. Nous prenons bonne note, même si ce n’est pas pour tout de suite…
Trois jours de suite, nous empruntons le bus 171 qui nous dépose King Williams street, au centre d’Adelaide. Adelaide est une ville agréable. Quadrillée par de larges avenues, elle met en valeur les bâtiments anciens et modernes. Sur la place Victoria est érigé un immense sapin de Noël. La rue piétonne “Rundle Mall” est noire de monde. L’approche de Noël y est sans doute pour quelque chose. Un Père Noël géant trône au dessus de l’entrée d’une galerie commerçante. Dans une autre galerie, nous sommes attirés par les voix d’une chorale entonnant un chant de Noël depuis un balcon à l’étage. Dehors, il fait 35°C.
Nous faisons un saut au centre culturel aborigène, où nous avons droit à une magistrale démonstration de didgeridoo. Plus tard, Yann essayera de l’imiter en soufflant dans un rouleau en carton.
Les vitrines sont alléchantes. Chez un glacier, la présentation des parfums de glace est un vrai chef-d’œuvre. Pauline craque pour une glace au “Belgian chocolate” (ainsi écrit sur l’affichette).
Nous nous faisons mixer et presser un jus de fruits frais et Sophie commande in extremis une barquette de sushis avant que nous montions dans le bus en direction du camping. Une demi-heure plus tard, nous rejoignons Idéfix. Pendant notre absence, un koala est venu s’installer dans un arbre juste à côté de lui.
Mercredi 24 décembre 2008, nous passons Noël dans les collines d’Adelaide. Contrairement à l’année passée, où nous étions entourés d’amis voyageurs en Terre de Feu, nous fêtons cette année Noël à quatre. Nous passons la soirée dehors à déguster des zakouskis (au pâté de kangourou, entre autres) et les vins de la région. Les cadeaux à peine déballés, les enfants se lancent sans attendre sur leurs constructions de meccano et de légo.
Nous terminons la soirée les yeux tournés vers le haut, à observer les étoiles en cette belle nuit douce où le ciel semble annoncer de belles journées à venir.
Le lendemain, les enfants savourent la cuillerée de Nutella promise depuis plusieurs jours!!
Samedi 27 décembre 2008, notre route vers l’est est interrompue par le passage de la Murray River, le plus grand fleuve d’Australie. Un service de ferry gratuit nous conduit jusqu’à l’autre rive. La Murray River se jette dans le lac Alexandrina. Ce dernier n’est séparé de la mer que par une longue bande de dunes où s’abritent des milliers d’oiseaux migrateurs. Cet écosystème est protégé sous le label de Coorong National Park.
Quelques heures plus tard, une piste de terre nous mène au pied des dunes de ce parc. Nous sillonnons entre quelques petits lacs. L’un des lacs que nous longeons affiche sous le soleil étincelant une magnifique couleur rose. Nous installons notre bivouac à quelques pas de ce lac enchanté.
Dimanche 28 décembre 2008, le ciel est gris. Le lac a perdu sa couleur envoûtante. Nous empruntons quelques pistes carrossables plus loin dans le parc. Par moments, le soleil perce pour éclairer les flancs des grandes dunes qui nous séparent de la mer.
Du mardi 30 décembre 2008 au jeudi 1 janvier 2009, c’est sur la côte calcaire nommée “Limestone Coast” que nous choisissons de passer le réveillon de nouvel an. Cette côte est réputée pour sa langouste, que l’on peut d’ailleurs acheter sur les jetées des petits ports de pêche. Des tonnes de langoustes sont exportées d’ici vers les quatre coins du monde. Quatre d’entre elles trouveront un chemin plus court, directement de la jetée vers nos assiettes, sur une table joliment décorée à l’occasion de la grande fête.
Pauline, à l’exemple de sa maman, n’en perd pas une miette. Une fois toutes les parties bien décortiquées, les carapaces bien grattées et les pattes bien sucées, les enfants lancent la danse. Au dessert, accompagnés de la guitare, nous entonnons la petite chanson de notre composition qui parle de l’Australie et de ses bizarreries.
Bonne Année!
Jeudi 1 janvier 2009, dans la région de Mount Gambier l’activité volcanique a créé de nombreux cratères. Nous contournons un cratère rempli d’une eau d’un bleu profond. Le “Blue Lake” ne cesse d’intriguer les scientifiques qui ne parviennent pas à expliquer le changement de couleur d’une saison à l’autre. En été, la couleur de ce lac volcanique est surprenante, par contre, en hiver, elle est terne et grise.
L’après-midi, nous gravissons les parois extérieures de Mount Schank jusqu’au sommet. De là, nos regards peu rassurés plongent vers le centre du cratère.
Vendredi 2 janvier 2009, les grottes de la région de Naracoorte sont regroupées dans le Naracoorte Caves National Park. Aujourd’hui, nous descendons dans la grotte où ont été découverts de nombreux fossiles qui ont valu au parc national d’être classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Au fond de cette grotte s’entassent des milliers d’ossements d’animaux éteints, tel le lion marsupial ou une espèce de kangourou arboricole. La guide nous explique avec enthousiasme la richesse de cette grotte et l’époustouflante découverte faite par les premiers explorateurs.
Le campement situé en plein milieu du parc est tellement agréable que nous y restons deux nuits. Il faut bien que nous nous posions de temps en temps afin de rédiger nos carnets de route…
La nuit est douce et les étoiles brillent par milliers. Dans l’hémisphère sud, ce sont les constellations de la Croix du sud, du Taureau et d’Orion qui se repèrent le mieux. La croix du sud figure d’ailleurs sur le drapeau australien.
December 4th, 2008 by Sophie et Damien
Jeudi 4 décembre 2008, a Ceduna, un petit centre culturel aborigène expose et vend des oeuvres authentiques. Les peintures sur toile, les boomerangs, les instruments de percussion et les sculptures en bois sont réalisés par des artistes vivant dans la communauté aborigène de Yalata. L’une des artistes, justement, nous guide dans le centre culturel. Elle nous explique qu’elle est particulièrement inspirée par l’image des “Seven Sisters”. Il s’agit de sept étoiles qu’on peut observer dans le ciel et qui ont inspiré plusieurs histoires aborigènes dans la région. Il faut savoir que les légendes aborigènes ne sont pas les mêmes partout. Chaque groupe linguistique a ses propres mythes. Notre interlocutrice ne cesse de nous répéter que ses tableaux ont une grande force et qu’elle n’utilise que les couleurs jaune, bleu et blanc dans ses peintures. Jamais de rouge, c’est une couleur très forte. Dans sa communauté ce sont uniquement les hommes qui utilisent le rouge.
La visite de ce centre culturel et de ses artistes nous a beaucoup plu. Les oeuvres aussi nous ont plu. Il était, bien entendu, interdit de les photographier.
Nous prenons la Flinders Highway et longeons les premières côtes de la Péninsule d’Eyre. Les noms Flinders et Eyre ne cessent de revenir et pour cause. Flinders fut le premier navigateur à avoir fait le tour complet de l’Australie, en 1802. Edward Eyre, explorateur, partit en 1841 de Port Lincoln (au sud de la péninsule) vers Ceduna et traversa la plaine de Nullarbor à pied avec Willy, son compagnon aborigène.
Nous dormons ce soir à deux pas d’un puits d’eau près duquel l’explorateur Eyre aurait campé il y a plus de 160 ans.
Vendredi 5 décembre 2008, cap sur Baird Bay. Nous quittons la Flinders Highway et prenons une piste sur laquelle nous croisons quelques lézards “sans queue”. Cette piste nous mène vers une petite baie. Peut-être aurons-nous la chance d’y apercevoir des lions de mer.
A peine arrivés, nous prenons le sac-à-dos et entamons une balade sur la plage. Nous observons quelques pélicans qui se prélassent sur le sable. Quelques kilomètres plus loin, il n’y a toujours pas de lions de mer en vue.
Les enfants commencent à se lasser mais nous voulons tout de même marcher encore un peu. “Là-bas, près de ces rochers, n’y aurait-il pas des lions de mer?” Nous tenons bon et marchons jusqu’aux rochers, jusqu’au bout de la plage. Mais aucune trace des animaux que nous cherchons. Finalement, nous rebroussons chemin. Peut-être aurons-nous plus de chance demain?
Samedi 6 décembre 2008, à défaut de ne pas avoir vu les frimousses des lions de mer hier, nous prenons une piste pour aller à Point Labatt. Selon les guides, à cet endroit se trouve la plus grande colonie des lions de mer australiens (c’est ainsi qu’ils les appellent). La piste contourne complètement la baie et offre de jolis paysages. Du haut de la falaise de Point Labatt, nous les apercevons! Malgré leur nombre restreint, nous sommes contents de les voir. Certains dorment sur les rochers rouges, d’autres semblent jouer dans l’eau cristalline de l’océan. Le lion de mer australien serait une espèce menacée. Dans les années 1970, les propriétaires de ces terres, écœurés de voir des hommes tuer ces animaux pour leur fourrure, offrirent ce bout de terrain au gouvernement dans le but d’en faire un Parc National. Ainsi, ces animaux marins furent sauvés et petit à petit leur nombre augmente à nouveau. La vue de ces mammifères nous rappelle notre voyage en Amérique Latine, où nous en avions vus des centaines sur les côtes argentines.
Ce soir, nous installons notre bivouac à Lake Newland Conservation Park. Les enfants s’amusent sur la plage et nous lisons et décortiquons les nombreuses brochures récoltées à l’office de tourisme de Ceduna. Près d’Idéfix, se trouve un camping car australien. Nous faisons la connaissance de Bernie et Ann. Ils passent le weekend ici avec les bénévoles d’un parc national.
Dimanche 7 décembre 2008, nos carnets de route sont plus ou moins à jour, mais nous avons du retard pour ceux des enfants. Nous imprimons, découpons et collons les photos choisies par les enfants. Ensuite, Yann et Pauline racontent leurs souvenirs et donnent les commentaires à noter. Au moment de quitter le campement, Bernie et Ann viennent nous saluer. Ils nous donnent leur carte de visite et insistent pour que nous nous arrêtons chez eux si nous passons par leur ville.
Au sud de la Péninsule d’Eyre, se trouvent deux parcs nationaux. La route nous mène d’abord vers le Coffin Bay National Park. C’est un endroit surprenant. La route sillonne entre d’énormes dunes. Celles-ci sont si anciennes que de nombreux végétaux les couvrent. Selon un mythe aborigène, les dunes se seraient formées il y a très longtemps, lorsque deux hommes durent jeter tellement de sable pour étouffer un grand feu de forêt, qu’ils en formèrent des dunes.
Du campement, nous suivons un petit sentier jusqu’au sommet d’une colline. Nous y prenons un petit apéritif (bière, jus de fruits et cacahouètes emportés dans le sac-à-dos) tout en contemplant le superbe panorama. L’eau de la mer s’est frayée un chemin dans les terres. Nous nous trouvons face à une baie, alors qu’on pourrait croire que c’est une belle et longue rivière d’eau douce.
Du lundi 8 au mercredi 10 décembre 2008, à 20 kilomètres de Port Lincoln se trouve le Lincoln National Park. Le parc est une petite péninsule. Seules quelques pistes sont accessibles pour les véhicules à deux roues motrices. Mais ces pistes ne sont pas du tout commodes! Elles nous rappellent les plus mauvaises pistes d’Amérique Latine. La tôle ondulée est d’une qualité supérieure, rarement égalée. Heureusement, arrivés au campement, nous sommes récompensés. Nous y trouvons un bel endroit où placer Idéfix, avec vue sur la baie. Nous décidons d’y rester deux jours et de ne pas bouger. Repos complet! Seul un kangourou très curieux est venu nous “déranger”.
Vendredi 12 décembre 2008, Port Augusta est à la croisée des chemins. A l’ouest, on fait route vers Perth, à l’est, vers Adélaïde et Melbourne, au sud, on plonge dans la Péninsule d’Eyre et au nord, on passe par la chaîne Flinders avant de se retrouver dans l’Outback, le centre de l’Australie. Selon les locaux, la région n’a plus eu de pluie depuis plusieurs mois. Une petite famille belge arrive… il pleut. Nous avons vraiment l’impression de traîner la pluie avec nous depuis Perth.
Port Augusta est une base importante de l’organisation “Royal Flying Doctors Service” (R.F.D.S.). Nous nous rendons donc à l’aéroport où se situent leurs locaux. Une dame nous accueille gentiment. Elle porte un badge sur lequel nous lisons sa fonction: “Flying nurse”. Tout en nous conduisant vers une salle de réunion, elle nous explique qu’elle est de garde, prête à s’envoler au moindre appel. En introduction, elle nous propose de regarder un documentaire. Malheureusement, le son est très mauvais. Nous regardons donc quelques images de différentes missions des Flying Doctors dans l’Outback. Une demi-heure plus tard, la même dame nous invite à jeter un coup d’oeil dans le hangar où se trouvent les avions prêts à décoller. Nous avons le grand privilège de pouvoir monter à bord. L’avion est vraiment petit. A voir Yann et Pauline y monter, on pourrait croire que l’avion fut construit pour des enfants.
Deux brancards, pour les blessés et 3 sièges, pour le pilote, le médecin et l’infirmière occupent quasiment tout l’espace de l’avion. Comme nos têtes touchent le plafond, nous nous asseyons sur les brancards pendant que notre “flying nurse” répond aux questions que nous lui posons. Elle nous explique que dans cet avion se trouve exactement le même matériel que dans les urgences d’un hôpital. Par contre, tout est attaché et placé de telle manière que rien ne puisse bouger ou tomber lors de turbulences ou autres. Nous apprenons également que le service est principalement financé par le gouvernement. Vu l’importance de ce service, heureusement! Le service est gratuit pour tous les citoyens australiens. Encore une chance, car ce sont souvent les plus démunis, ou ceux qui vivent le plus isolés, qui en ont le plus besoin.
Le R.F.D.S. a plusieurs fonctions. Premièrement, les urgences, par exemple, en cas d’accident domestique, d’accident de la route, de travail, en cas de dons d’organe et autres. Mais ce service assure également un service médical classique. C’est-a-dire que trois fois par semaine un avion emmène un médecin en consultation dans différentes partie de l’Australie-Méridionale. Et troisièmement, ce service de “médecins volants” assure un suivi paramédical. Pour ce dernier, un avion part 5 fois par semaine et emmène infirmière, kinésithérapeute, dentiste et autres. Quel travail et quelle organisation! Nous sommes impressionnés.
C’est en 1929, que le révérend Flynn prit l’initiative de voler d’une communauté aborigène à l’autre afin d’y apporter de l’aide médicale. Depuis, ce service n’a cessé de croître et de nombreuses personnes ont une dette envers ces médecins et infirmières courageux qui travaillent souvent dans des conditions très difficiles! Nous ne souhaitons donc pas abuser plus longtemps du temps de notre “flying guide” et nous prenons congé.
Samedi 13 décembre 2008, visite du Wadlata Outback Center. Ce centre présente des expositions sur l’histoire aborigène et européenne des Flinders Ranges (région située au nord d’Adélaïde) et de l’Outback (c’est-à-dire, l’intérieur du pays). Une reproduction d’une gueule de lézard fait office d’entrée de l’exposition. Dès les premiers pas, nous entrons dans un monde mystérieux. Nous nous promenons dans une forêt dense artificielle. Telle était la nature au centre de l’Australie il y a des millions d’années.
La deuxième partie de l’exposition nous entraîne dans le monde aborigène, dans ses légendes, ses coutumes et ses changements lors de l’arrivée des colons. Une des choses les plus importantes dans la culture aborigène, est le “Dreaming”:
Le “Dreaming” est la grande histoire de la Création, lorsque les terres prenaient leur forme, avec son peuple, ses animaux, ses plantes, l’eau, la mer et le ciel…
Tout un environnement, avec le Soleil, la Lune et les Etoiles.
Le Dreaming est continuel… et partout, le grand cycle de la vie, qui est la base de la culture aborigène et de ses croyances.
La famille de l’homme est l’Univers et à la tête se trouve le “Grand Esprit”, le Créateur Suprême.
Dans le “Dreaming”, des Ancêtres héroïques ont accompli des actes extraordinaires de création… et de changements…observés actuellement dans les animaux, les plantes, la forme des terres, les lieux et les hommes.
Les Aborigènes australiens font partie des terres et les terres font partie des Aborigènes…
La Terre et les Cieux… racontent les histoires du “Dreaming”.
Plus loin, un film montre comment les Aborigènes fabriquent des lances, des bols, des boomerangs, des abris et comment ils cuisent un kangourou.
La troisième partie du musée raconte l’arrivée des colons, la construction d’une des premières voies ferrées d’Australie et le pourquoi et le comment des premiers grands explorateurs tels que Eyre, Sturt, Stuart et d’autres, mais également l’installation des lignes télégraphiques ainsi que l’importation des dromadaires pour faciliter la traversée des zones arides du pays.
La dernière partie est consacrée à la vie actuelle de l’Outback. Ils y expliquent “The school of the air”, l’école à distance et en direct avec une institutrice grâce à une radio (aujourd’hui, les enfants trop éloignés d’une vraie école bénéficient d’une scolarité par internet). Une petite partie est consacrée au “Royal Flying Doctors Service”, mais également aux mines de fer et aux grandes fermes de l’Outback. La superficie d’une de ces fermes, Anna Creek Station, serait plus grande que celle de la Belgique.
Après ce tour d’horizon fascinant, nous passons une partie de la soirée à étudier les cartes. Ne pourrions-nous pas rediriger notre itinéraire vers une partie carrossable de l’Outback? A suivre…
Dimanche 14 décembre 2008, la chaîne montagneuse des Flinders s’étend sur des centaines de kilomètres, depuis l’Outback jusqu’à hauteur d’Adélaïde. Nous empruntons une route dans un paysage vallonné en direction du Flinders Ranges National Park.
Les rails d’un ancien “railway” et une ligne télégraphique qui relient le centre du pays à Port Augusta, longent notre route. A kanyaka, petit village, nous passons par une ancienne ferme coloniale où jadis broutaient 50000 moutons. D’importantes sécheresses dans les années 1860 ont fait des ravages dans l’activité agricole de l’époque. De nombreuses fermes, dont celle-ci, ont été abandonnées par leurs propriétaires.
Les grottes de Yourambulla témoignent d’anciennes cultures aborigènes grâce aux quelques peintures rupestres présentes sur les parois rocheuses. Nous empruntons un sentier qui nous mène vers trois sites relativement bien conservés. A première vue les œuvres semblent plutôt simplistes. Mais nous prenons notre temps et nous nous amusons à essayer de les déchiffrer: un double cercle représente une cérémonie, une ligne verticale en travers du cercle représente l’initiation de jeunes aux cérémonies, des flèches représentent des traces de kangourous, etc. Les couleurs principales sont le blanc, l’ocre et le noir. Ces peintures seraient vieilles de plusieurs milliers d’années. Heureux d’avoir pu contempler de l’art aborigène d’époque, nous reprenons la route.
Nous passons la nuit à Wilpena, dans un campement situé aux abords de Wilpena Pound. Wilpena signifie “creux de la main” en langue aborigène. Wilpena Pound est en effet une sorte de cuvette ressemblant à un énorme cratère de météorite. Elle est entourée de montagnes composées d’une roche très dure. Cette roche, contrairement aux autres de la région, a moins subi les effets de l’érosion. Nous irons nous y promener demain. En attendant, nous observons les kangourous qui bondissent autour de notre campement, ainsi qu’une nuée de Corella (perroquet blanc) qui volent d’arbre en arbre au-dessus de nos têtes.
Lundi 15 décembre 2008, entourés de centaines de perroquets blancs, nous marchons sur le plateau encerclé de montagnes. Au fond de cette “cuvette” qu’est Wilpena Pound, nous découvrons une petite ferme jadis habitée par une famille anglaise. Suivant un petit sentier longeant le flanc d’une montagne, nous grimpons jusqu’au sommet afin de découvrir ce gigantesque enclos naturel depuis les hauteurs.
Un aigle entame son vol circulaire au-dessus de nos têtes. Sur le chemin de retour, Pauline se plaint d’avoir mal aux pieds. Il est vrai que ses bottines de marche sont probablement devenues trop petites. Yann, ne sent plus ses jambes. En fin d’après-midi et après 8 kilomètres de marche nous rejoignons, avouons le, exténués, le campement.
Mardi 16 décembre 2008, la plupart des pistes sillonnant le Parc National des Flinders sont réservées aux 4×4. Et les autres pistes sont en piètre état. Nous décidons de ne pas mettre Idéfix à lourde contribution et nous quittons le parc par la voie asphaltée. Mais avant de quitter les lieux définitivement, nous nous offrons une dernière petite randonnée près de “Arkaroo Rock”. Ce site se trouve à l’extérieur de Wilpena Pound et offre une jolie vue sur les montagnes avoisinantes. Arkaroo Rock est un lieu de cérémonie aborigène. Sur une roche voûtée nous découvrons des peintures aborigènes. Nous croyons y déceler la forme de deux serpents, qui selon la légende aborigène, seraient à l’origine de la formation de Wilpena Pound.