Les trois grandes villes (Australie) - 15/02/2009 au 7/03/2009
February 15th, 2009 by Sophie et Damien
February 15th, 2009 by Sophie et Damien
Du dimanche 15 au mercredi 18 février 2009, depuis plusieurs jours, nous entendons les nouvelles alarmantes concernant les feux de forêts dans la région de Melbourne. La famille, sachant que nous étions en Tasmanie jusqu’à hier, nous envoie quelques petits messages inquiets nous sommant d’être prudents. Prudence oblige, nous décidons de rester dans la ville de Melbourne quelques jours, le temps de nous renseigner sur l’évolution des incendies et des conditions de route pour repartir vers l’est.
Nous nous installons dans un camping au nord de Melbourne. Heureusement, la vague de chaleur (47°C la semaine dernière) est passée. Ce qui n’empêche pas les enfants de profiter de la piscine du camping. Yann et Pauline sont tout heureux de recevoir leurs nouveaux livres de lecture en Néerlandais. Nous les avions commandés par internet il y a quelques semaines et fait envoyer au camping de Melbourne.
Le lendemain, nous gagnons le centre-ville en tram. A la descente du tram, à hauteur de Flinders Station dont la façade ancienne est imposante, nous sommes submergés par la foule qui déambule les grandes avenues. Il y a tant de monde que Yann se sent mal à l’aise. Nous rejoignons Federation Square afin de retrouver un peu d’espace et de tranquillité. L’office de tourisme qui s’y trouve est gigantesque et accueillant. Nous y faisons un saut afin de faire le point sur l’état des routes et pour savoir s’il y a un match de cricket à voir à Melbourne dans les prochains jours. Nous avons de la chance. Il y a un match de cricket opposant le Victoria à la Nouvelle-Galles du Sud ce mercredi. Le match a lieu au prestigieux Melbourne Cricket Ground. Quelle aubaine!
Afin de nous imprégner de l’architecture de la ville nous en faisons le tour dans un vieux tram de couleur bordeaux et or et tout de bois à l’intérieur. Nous longeons les immenses parcs verdoyants et admirons les façades des bâtiments anciens qui contrastent avec les grandes tours de verre et d’acier.
Nous sortons du tram et marchons jusqu’à la grande bibliothèque de Melbourne, la “State Library”. Devant les marches de l’imposant édifice, des dizaines de citadins et étudiants se prélassent sur la pelouse. Dans le bâtiment, la superbe salle de lecture de forme circulaire est surmontée d’un dôme majestueux.
Au quatrième étage de la bibliothèque, une exposition est dédiée à Ned Kelly, une sorte de Robin des Bois australien. Le clou de l’exposition est l’authentique masque de fer de ce personnage charismatique dont le Victoria se dit fier.
Mardi, nous faisons un tour du côté des “Docklands”, un quartier en pleine expansion au bord des docks de Melbourne. Le quartier est superbement aménagé mais ne semble pas attirer les foules. Il y règne une atmosphère paisible. Nous voulons faire un tour sur la grande roue toute neuve. Ce serait la roue la plus haute de l’hémisphère austral (les Australiens adorent les superlatifs un peu tordus) et nous espérons y gagner une vue imprenable sur la ville. Mais nous manquons de chance. La roue ne tourne plus depuis plusieurs jours. Les fortes chaleurs de la semaine dernière ont enrayé le mécanisme et la roue est en cours de réparation. Nous flânons dans les rues commerçantes désertes. Ce n’est sans doute pas par hasard que les magasins ici bradent leurs marchandises, pourtant de qualité.
Ce mercredi 18 est le jour du match de cricket. Nous sommes ravis à l’idée de pouvoir vivre l’ambiance d’un stade pour un sport aussi populaire que le cricket en Australie. Nous avions néanmoins un léger doute quant à l’information reçue à l’office de tourisme. En effet, une brochure nous dit que le fameux match a lieu “jusqu’au” mercredi 18 février. Cette date imprécise nous intrigue… et nous déçoit. Effectivement, la dame au guichet du MCG nous apprend que le match a duré plusieurs jours et qu’il s’est terminé hier, un jour plus tôt que prévu. Zut alors.
Fort déçus de n’avoir pu assister au match, nous nous contentons d’une visite au stade … vide. Le MCG est gigantesque, imposant, il y a des vestiaires spacieux, des canapés en cuir pour les VIP, un sas de sécurité pour le bus des joueurs, des restaurants, des buvettes, … mais tout est vide. Dommage. Peut-être aurons-nous plus de chance à Sydney…
Avant de quitter Melbourne nous voulons absolument emmener les enfants au musée des sciences, situé un peu en dehors de la ville. Ce musée, orienté surtout vers les enfants, est une petite merveille. Tout est interactif et superbement illustré et décoré. Les parents sont un peu jaloux de n’avoir pas eu droit à un musée aussi fascinant lorsqu’ils étaient enfants. Nous passons une heure au planétarium pour suivre un exposé ludique expliquant pourquoi Pluton ne peut pas être considéré comme une planète à part entière, contrairement aux huit autres planètes de notre système solaire.
Le musée ferme à 16h00. Les enfants ne veulent pas en sortir. Il y avait encore tant de choses à voir, à faire, tant de boutons à enfoncer et de leviers à actionner… Désolés les kids, le musée ferme.
Jeudi 19 février 2009, de nombreuses routes secondaires du Victoria sont fermées suite aux nombreux incendies. De grands incendies ont débuté le samedi 7 février. Depuis, d’autres encore se sont déclarés. Certains sont maîtrisés ou même éteints. D’autres brûlent toujours. Marysville, village situé à moins de 100 kilomètres de Melbourne est carrément rayé de la carte. Un peu à l’est, un seul incendie a déjà ravagé 100.000 hectares et n’est toujours pas maîtrisé. En dix jours, plus de vingt incendies se sont déclarés. Il fait chaud et sec, mais apparemment, les autorités semblent croire que ce sont en partie des actes criminels. Presque 300 personnes ont déjà perdu la vie, brûlées dans leurs maisons, dans leur voiture ou en essayant de sauver des voisins ou leurs animaux. D’autres personnes ont perdu leur maison, des membres de leur famille et des amis. A Melbourne, il y a par-ci par-là des boîtes dans lesquelles l’on peut déposer une donation. Dans la State Library de Sydney il y a également un livre d’or pour les “bushfires” dans lequel on peut remercier les hommes et les femmes courageux (pompiers, ambulanciers, croix rouge, …), les encourager ou écrire son désarroi. Aujourd’hui, dans cette catastrophe, les gens semblent s’accrocher au positif, c’est à dire, à la grande générosité dont font preuve les citoyens. Grâce aux donations, la croix rouge peut aider ceux qui n’ont plus de toit, ceux qui n’ont plus rien, vu que tout a brûlé.
Quelques parc nationaux où nous souhaitions nous rendre sont fermés. Le Wilsons Promontory National Park est en feu. Seule chose que nous savons avec certitude, est que les Highways (les grands axes) sont ouverts. Vu le nombre d’incendies et leur ampleur, nous ne souhaitons pas prendre de risques et nous décidons de filer ver l’est.
Samedi 21 février 2009, avant de quitter définitivement l’Etat du Victoria, nous traversons le Croajingelong National Park. Le village de Malacoota se trouve sur la côte, le long d’un bras de mer isolé par de longues dunes. L’endroit semble idéal pour passer une semaine de vacances, mais il est un peu trop touristique à notre goût. Une demi-heure plus tard, nous entrons dans l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud (New South Wales). En Australie, on se rend vite compte que les différents Etats sont fort indépendants. Ca se remarque dans la manière dont ils sont organisés, à la signalisation des routes, au prix du carburant, dans les détails du code de la route, à l’agencement des parcs nationaux et des aires de repos, à l’acceptation du camping sauvage…
Nous empruntons une piste cahotante pour entrer dans le Bournda National Park où nous comptons passer la nuit. A notre arrivée sur le campement, nous sommes accueillis par un lézard gigantesque. Ce varan fait bien un mètre et demi de long et il nous intrigue fortement. Comme il ne semble guère intimidé par notre présence et qu’il se déplace à une allure de tortue, nous avons le loisir de l’observer pendant un long moment. Balayant le sol de sa longue langue fourchue et rampant comme un crocodile, il semble sorti tout droit de la préhistoire ou du monde imaginaire des dragons.
Dimanche 22 février 2009, peu avant le départ, nous remarquons un énorme serpent aux couleurs noires et rouges. Il serpente tranquillement entre les feuilles mortes à moins de vingt mètres d’Idéfix. Si lui a l’air tranquille, nous le sommes moins et c’est en respectant une grande distance que nous le regardons et le photographions. C’est également une bonne occasion pour faire comprendre aux enfants que nos mises en garde pour les serpents et nos conseils insistants de rester sur les sentiers ne sont pas vains.
C’est avec quelques frissons dans le dos que nous montons dans Idéfix pour reprendre la route. Nous effectuons un court arrêt au Ben Boyd National Park pour y voir un site appelé Pinnacles. Ceux-ci sont totalement différentes de ceux que nous avions vus en Australie-Occidentale. Néanmoins, les tons rouges et jaunes de cette roche avec le bleu turquoise de la mer à l’arrière-plan en font un joli site.
Après le déjeuner, nous poursuivons notre route. Nous traversons des valons fertiles où l’herbe des prairies est si verte que nous envions presque les vaches qui y paissent.
Lundi 23 février 2009, hier soir, nous avons décidé de faire une petit crochet afin de visiter Canberra. La capitale d’Australie vaut bien un petit détour sans doute. Lorsque nous nous éloignons de la côte pour rentrer vers l’intérieur du pays la route grimpe très fort. La terre devient plus aride, les villages plus petits. La route est sinueuse et fatigante. Apparemment, Canberra est située sur un grand plateau, à 700 mètres d’altitude.
La ville, capitale administrative du pays, a été implantée ici, à mi-chemin entre Melbourne et Sydney, suite à une longue compétition entre ces deux dernières qui se croyaient toutes deux assez importantes pour mériter le titre de capitale. Canberra est donc une capitale assez particulière, construite autour des bâtiments du gouvernement, autour d’un énorme lac et bordée de parcs majestueux. Les résidents vivent en périphérie de la ville. Nous irons y jeter un coup d’œil demain. Pour l’heure, il nous reste à trouver un logement. Nous arrivons au “Exhibition Park”, le terrain où se trouve l’hippodrome et où il serait possible de camper. Il y règne une agitation peu banale. Il y a du monde partout, des chevaux, des roulottes, des stands de kermesse à moitié montés, les regards des gens posés sur nous nous donnent l’impression d’être des animaux de cirque. Nous apprenons que le terrain est complet car on y entame les préparatifs pour le Royal Canberra Show qui doit avoir lieu dans quelques jours. Notre but était de trouver ici un logement tranquille et non pas d’y susciter la curiosité des gens.
Nous repartons donc et cherchons une aire de repos où passer la nuit. Sur la première, un grand panneau “No Camping” nous dissuade. Sur la deuxième le terrain est tellement pentu que nous ne pourrions fermer l’œil de la nuit et notre frigo ferait certainement encore des siennes. Au bout d’une heure et demie de recherches, nous finissons par nous installer sur un camping miteux, entre deux caravanes. Heureusement, les douches ne sont pas trop mauvaises…
Mardi 24 février 2009, les quartiers administratifs et la plupart des bâtiments gouvernementaux, dont le parlement, sont construits autour du lac Burley Griffin. Comme le centre abrite très peu de résidents, la ville est quasiment déserte pendant les heures de bureau. Nous pensons que le moyen idéal de la visiter est de faire le tour du lac à vélo. Voilà une idée qui enchante les enfants!
Quelle déception lorsque nous arrivons devant les portes closes du loueur de vélos. Il est fermé le mardi. Voilà notre programme entier qui tombe à l’eau. Bon, nous ferons un petit “sightseeing” à pied. Depuis la rive du lac, nous avons une jolie vue. Nous devrions voir le “Captain Cook Memorial Water Jet”, fontaine haute de 147 mètres construite en 1970 pour le bicentenaire du débarquement du célèbre navigateur. Mais pas le moindre petit jet d’eau ne sort de la surface de ce gigantesque lac. Décidément, la ville est bien endormie aujourd’hui.
Nous passons au National Museum of Australia, le musée imposant retraçant toute l’histoire du pays. Nous pénétrons dans le bâtiment moderne par un hall d’entrée gigantesque, éclairé par une énorme baie vitrée donnant sur le lac. Gravissant les étages nous suivons l’histoire du pays: les premiers arrivants du détroit de Torres, les aborigènes, les explorateurs, les colons, les forçats, la construction des prisons, les lignes télégraphiques, l’agriculture, les mines, les fléaux causés par les lapins, puis par les renards, l’hydrographie, la géologie, les sports et les Jeux Olympiques, … nous commençons à maîtriser les sujets.
A la fin de la visite, les enfants sont invités à créer par ordinateur leur maison du futur. Yann choisit de créer un vaisseau spatial. Nous pouvons ensuite visualiser leurs créations insérées dans un monde virtuel que nous regardons dans un cinéma 3D. Ce musée, qui de plus est gratuit, est remarquable.
Mercredi 25 février 2009, nous quittons Canberra et retournons vers la côte en passant par une jolie région boisée et vallonnée. Nous nous dégourdissons les jambes aux Fitzroy Falls. Un bruit de mitraillette de jeu vidéo nous interpelle. Le bruit change en sifflement, en rire, puis à nouveau en mitraillette. Qu’est-ce? C’est un couple d’oiseaux-lyre! Le mâle, plus grand que la femelle, semble lui faire la cour. Tout son répertoire de chants y passe. Le mâle suit sa dulcinée partout tout en battant des ailes et en paradant avec sa superbe longue queue. Les sons que produisent ces animaux continuent de nous fasciner. Apparemment, ils imitent les sons de leur entourage.
Arrivés à la chute d’eau, la vue impressionnante sur la vallée nous coupe le souffle. Sous nos pieds, la roche file droit vers le bas sur plusieurs dizaines de mètres. C’est à en avoir le vertige.
La route que nous empruntons ensuite, afin de rejoindre la côte, serpente à travers une forêt tropicale. En une demi-heure, nous descendons de 700 mètres pour nous retrouver au niveau zéro, “sea level”. Nous avons envie de passer quelques jours au bord de l’eau à Jervis Bay. A l’approche de la baie nous montons sur un petit parking afin de faire quelques provisions. Nous essayons de nous glisser tant bien que mal entre voitures et piétons pressés. Nous effectuons une dernière marche-arrière et “BANG”! Suivi d’un “Oh, non!”. Quelle idée, un grand poteau jaune se trouvait sur notre chemin. Le pare-choc arrière d’Idéfix est brisé. Bon, ce n’est que du plastic, il n’y a pas de gros dégâts, mais ça fait mal au coeur quand-même.
Vendredi 27 février 2009, Sydney se rapproche. Encore un peu de route à faire. Un petit passage à la ville côtière de Kiama nous permet d’observer un “blowhole” duquel giclent des trombes d’eau, malgré une mer relativement calme.
Samedi 28 février 2009, depuis quelques temps, nous voyageons à un drôle de rythme. Nous roulons quasi tous les jours pendant quelques heures et dormons ensuite, soit sur une aire de repos, soit dans un parc national. Généralement, nous y arrivons vers 16h00. Le lendemain matin, nous faisons l’école et reprenons ensuite la route. Du coup; nous ne profitons que rarement des endroits. Nous avalons les kilomètres et voyons beaucoup de choses, même peut-être trop. Nous allons essayer de changer de rythme en faisant de plus longues distances, visant des endroits vraiment top et y rester plusieurs nuits. Aujourd’hui, par exemple, nous ne prenons pas la route! Nous sommes sur un campement du Killalea State Park, situé en bord de mer.
Après un bon petit déjeuner, nous partons avec les planches de “bodysurf” sous le bras vers la plage. Celle-ci est superbe, entourée de rochers et de verdure. Les vagues, au grand bonheur des enfants, sont grandes, voire énormes. En moins de trois secondes, Yann et Pauline ont atteint la mer et nous les observons se jeter dans les vagues. Ils étaient si pressés de nager qu’ils en ont oublié leurs planches. A force d’avoir regardé les vrais surfeurs glisser sur les vagues, Yann et Pauline se débrouillent pas mal du tout. Ils avancent de quelques pas dans l’eau, essaient de ne pas se faire repousser par les vagues, se tournent, face vers la plage, tout en tenant leur planche devant eux. Dès qu’une “belle” vague arrive, ils se lancent, couchés sur leur planche et se laissent pousser par la vague jusqu’à la plage.
La mer est si belle que papa et maman sont également tentés. Damien teste le bodysurf et Sophie, après quelques sauts effectués dans les vagues énormes, s’amuse à emmener les enfants vers quelques vagues encore plus grandes. Les enfants filent comme des flèches. Pauline, plus frileuse que Yann, sort de l’eau après deux heures de plaisir. Son frère par contre, y resterait bien toute la journée!
Dimanche 1 mars 2009, la Grand Pacific Road longe l’océan en direction de Sydney. A hauteur de Coalcliff les ingénieurs ont apparemment préféré construire la route au-dessus de la mer, plutôt que de devoir creuser dans la roche. C’est un passage impressionnant. Plus loin, du haut des falaises, des para-pentes et deltaplanes prennent leur envol.
Au sud de Sydney s’étend le Royal National Park. Une jolie route traverse ce parc du sud au nord et aboutit sur la Highway. La circulation se fait plus dense, les routes sont plus larges, les feux rouges se multiplient, les indications prennent toute notre attention. Nous arrivons à Sydney, passons des grands ponts, longeons le stade olympique de “Sydney 2000″, puis rejoignons Lane Cove National Park où nous nous installons dans un camping géré par l’office des parcs nationaux. Le camping est classé au top 3 mondial des campings en accord avec les principes du développement durable. C’est le QG idéal pour passer une semaine à Sydney!
Nous avons parcouru 16000 kilomètres depuis que nous sommes partis de Perth. Idéfix aura une petite semaine de repos. Et les enfants s’empressent de profiter de la piscine …
Du lundi 2 au samedi 7 mars 2009, “Doors closing.” Le métro nous emmène au centre de Sydney. Nous descendons à Circular Quay, l’endroit d’où partent les ferries qui parcourent la baie. L’opéra, toutes voiles dehors, trône plus loin sur la rive.
Après avoir fait le tour de l’opéra et admiré la fameuse baie sur laquelle se dessinent des dizaines de sillages de bateaux, nous poursuivons notre promenade dans le quartier “The Rocks”. Ce quartier, sur le promontoire rocheux où la première colonie européenne de Sydney s’est installée en 1788, n’est aujourd’hui que restaurants, boutiques et cafés. Mais l’ambiance y est agréable.
Depuis une des ruelles, nous empruntons un escalier qui mène au passage pour piétons du fameux Sydney Harbour Bridge. Nous empruntons le pont pour passer sur la rive nord du fleuve Paramatta. D’ici, nous avons une superbe vue sur la ville, son opéra et sa baie. Des ferries, des yachts, des bateau-taxi et des grands voiliers passent sous nos pieds.
Sur la rive nord, nous partons à la recherche d’un trésor geocaching. Malheureusement, cette fois, la cache du trésor restera pour nous un mystère.
Nous flânons dans Macquarie Street admirant les façades imposantes des édifices. Les Sydnésiens mangent leur sandwich assis dans l’herbe de Hyde Park, ou assis sur un banc près de la fontaine. Nous croisons des personnes qui font leur jogging, d’autres qui lisent tranquillement, ou d’autres encore qui jouent très sérieusement aux échecs sur un tableau géant.
Pendant ce temps, quatre petits belges (nous) sont en train de tournoyer autour d’un parterre de plantes, un GPS à la main. Que cherchent-ils? Un autre trésor peut-être? Une demi-heure plus tard, après avoir soulevé les grandes feuilles des fougères et après avoir palpé la terre au pied des arbres, ils s’en vont. Oui, ils rentrent bredouilles.
Plus loin, ils s’arrêtent pour admirer le talent d’un musicien de rue, un batteur qui martèle des seaux en plastic avec entrain. Ils sont intrigués par un personnage qui se balade en portant une grande pancarte où il est écrit “Free Hugs” en lettre noires sur fond blanc. Son initiative est originale et ne manque pas de succès. En l’espace de cinq minutes, il se fait embrasser par une dizaine de filles. Ensuite, notre quatuor traverse les galeries commerçantes du Queen Victoria Building, avant de reprendre le métro et de disparaître dans les sous-sols de Sydney.
A Melbourne, nous n’avions pas pu voir de match de cricket. Cette semaine se déroule un match entre l’équipe d’Australie-Occidentale et celle de Nouvelle-Galles du Sud. Il nous faut plus de temps que prévu pour trouver le bon bus pour le Sydney Cricket Ground. Nous sommes jeudi, il n’y a donc pas beaucoup de monde dans les gradins. Néanmoins, les applaudissements et les cris de quelques admirateurs nous permettent de mieux suivre le déroulement du match.
Le stade est impressionnant. Malgré que nous soyons moins de cent personnes, dans un stade qui peut accueillir des dizaines de milliers de supporters, le match est filmé, retransmis sur un écran géant et les coups gagnants sont rediffusés.
Nous sommes assis dans les gradins à côté de ceux des VIP. Un gardien surveille la section VIP. D’un signe de la main il appelle Yann et sort pour lui une belle balle rouge en cuir. C’est une des balles utilisées par l’équipe de Nouvelle-Galles du Sud lors de l’échauffement. Impressionné, Yann la range dans sa poche, de peur de la perdre. Cette balle fera partie de ses meilleurs souvenirs d’Australie.
Avant de reprendre la route, nous passons la dernière journée au camping et partons faire un tour à vélo dans le parc. C’est notre premier tour à vélo à quatre. Pauline n’avait que quatre ans lorsque nous avons commencé le voyage et ne roulait pas encore à deux roues. Aujourd’hui elle pédale comme une championne mais n’a pas encore tout son équilibre. La route dans le petit parc national n’est pas plate, ça monte et ça descend tout le temps. Pauline est hyper-concentrée et nous, les parents, ne cessons de lui donner mille et un conseils. Pauline et Yann se régalent et sont fiers comme des paons.
February 1st, 2009 by Sophie et Damien
Dimanche 1 février 2009, la route serpente d’un flanc de montagne à l’autre. Nous traversons rapidement Queenstown, ville minière importante. Le bâtiment de la gare et quelques maisons datant de l’époque de la découverte des richesses des terres attirent notre regard. Pour le reste, c’est juste une ville minière qui ne dégage rien d’attrayant.
Par contre, une fois sortis de la ville, la route monte et longe des falaises très raides.
Passés le pic, nous atteignons rapidement Burbury Lake, où nous passons la nuit.
Mardi 3 février 2009, La Lyell Highway traverse le Franklin Gordon Wild Rivers National Park. Ce parc est inscrit au Patrimoine mondial. Comme son nom l’indique, de nombreuses rivières ont creusé leur lit dans cette vaste forêt dont seule une toute petite partie est accessible. Nous effectuons un arrêt aux Nelson Falls. Comme d’habitude, nous promener dans une forêt arborant des plantes méconnues chez nous et admirer le jeu des eaux formant une cascade, nous enchante.
En milieu d’après-midi, le Lake Saint Clair National Park nous accueille. Installés devant le lac, nous contemplons le pic de granite des Walls of Jerusalem, chaîne montagneuse malheureusement inaccessible pour nous. Par contre, apercevoir un ornithorynque en liberté deviendra peut-être réalité ce soir… Un ranger du parc nous emmène peu avant la tombée de la nuit vers un endroit où il serait possible d’en voir… si nous avons de la chance. Heureusement, le ranger a beaucoup de choses intéressantes à raconter et pas mal d’humour. Nous ne rentrons donc pas trop bredouilles de cette randonnée… car aucun ornithorynque, mis à part la peluche du ranger, n’a voulu nous montrer le bout de son nez!
Jeudi 5 février 2009, marchant entre les “fern trees”, fougères arborescentes, nous entendons le murmure des Russell Falls.
Devant ces chutes d’eau, composées de deux étages, nous sommes émerveillés par la nature tropicale qui nous entoure.
Plus loin dans le Mount Field National Park, la route monte jusqu’à 1000 mètres d’altitude, rejoignant un plateau où gisent des lacs et un autre type de végétation. A notre grande déception, un ranger du parc nous déconseille fortement d’y monter avec notre véhicule. La route est trop étroite et borde des précipices. Il nous serait impossible de croiser un véhicule venant de l’autre sens. Dommage.
Par contre, le parc propose ce soir une promenade guidée par un ranger. Nous y adhérons sans hésiter. Ce sera notre quatrième tentative d’observer des ornithorynques en sauvage. Entretemps, nous en connaissons un rayon sur ces mammifères ovipares, qui nagent les yeux fermés, pondent des œufs plus petits qu’une pièce d’un euro, captent les mouvements de leurs proies par des senseurs logés dans leur bec qui contrairement aux apparences est aussi mou qu’un lobe d’oreille.
Lors de son introduction, le ranger demande si quelqu’un a une idée de la longueur du tunnel qui mène au nid du platypus. “Vingt mètres!” Sophie donne la réponse instantanément. Le ranger ne s’attendait pas à une réponse qui serait exacte du premier coup. Après son exposé, nous lui expliquons nos diverses tentatives pour trouver des ornithorynques. Elle nous indique un endroit précis, là où un ruisseau débouche dans une rivière. Elle ajoute: “Si vous vous asseyez là-bas pendant au moins une demi-heure, vous pourriez avoir la chance d’en apercevoir!” Nous suivons son conseil. Assis sur la berge, chassant les moustiques, n’osant plus dire un mot, scrutant la surface de l’eau, nous attendons que notre patience soit récompensée. Puis, soudain, au loin, un sillage long et fin se dirige droit vers nous! Ca y est, en voilà un! Il s’approche encore et encore. Nous apercevons clairement le haut de la tête et le bec de l’ornithorynque. Juste devant nous, il s’arrête et lève la tête. Il nous regarde de ses petits yeux, puis plonge dans l’eau, nous présente ses pattes arrières palmées et sa queue. Ensuite, il remonte la rivière, contre le courant et entre les rochers. Ce passage n’aura duré que trente secondes, mais restera pour nous quatre une rencontre inoubliable!
Vendredi 6 février 2009, Hobart, capitale d’Etat la plus méridionale et la deuxième ville la plus ancienne d’Australie. En y arrivant par le nord, nous apercevons cette ville du haut de la “highway”. Hobart semble nichée entre l’océan et le Mont William. Telle une araignée tisse sa toile de plus en plus grande, Hobart s’étend dans tous les sens jusqu’à construire des quartiers sur le flanc de la montagne. Néanmoins, en la traversant quelques instants plus tard, nous nous rendons compte qu’elle est loin d’être une mégapole mais plutôt agréable et dynamique.
Nous avons rendez-vous chez Barbara et Rex, deux “Tassies” (Tasmaniens), rencontrés il y a quelques mois en Australie-Occidentale. Un jardin fleuri et bien soigné donne sur une belle façade d’une maison ancienne. Nous sommes accueillis les bras ouverts. Idéfix trouve une place sur l’allée un peu pentue et nous rejoignons nos amis pour un petit souper improvisé et très sympa. Les enfants n’en reviennent pas de se retrouver dans un grand salon où ils peuvent jouer sur le tapis épais. Barbara, voyant les enfants s’amuser, n’hésite pas à pousser tous les fauteuils sur le côté et à sortir un vieux jeu de boules anglais (bowling). Barbara et Sophie rejoignent les enfants pour une partie de “bowling” au milieu du salon. Au moment de les quitter, Rex, qui n’a pas joué au jeu de boules, se met à faire le pitre. Les enfants grimpent sur son dos, le chatouillent et éclatent de rire.
Samedi 7 février 2009, tous les samedi matin a lieu le marché sur la place Salamanca, un ancien quai entouré d’anciens entrepôts. Nous flânons entre les échoppes de souvenirs, d’objets en bois, de bijoux, de vêtements, de miel, etc. Petit à petit nous nous dirigeons vers le port de pêche et de plaisance. Des dizaines de jolis bateaux en bois y sont amarrés à l’occasion du “wooden boat festival”. La magie du festival et des bateaux vernis aux pavillons colorés est quelque peu ternie par la pluie qui vient de faire son apparition. Nous nous réfugions sous l’abri d’une terrasse où nous nous régalons d’un “fish’n chips” typiquement australien.
Ce matin, une dame au marché, Rex hier soir, d’autres voyageurs il y a quelques jours, nous ont tous parlé d’un autre bel endroit à visiter au sud de Hobart. Piqués dans notre curiosité, nous nous rendons à l’office de tourisme pour y obtenir quelques informations concernant cette destination. Quelques minutes plus tard, la décision est prise, nous changeons nos “plans”. Demain, nous irons à Bruny Island.
Barbara, double championne d’Australie d’escalade et fan de randonnée, tient un magasin de seconde main de matériel de randonnée. Nous y faisons un petit saut avant de la retrouver, elle et son mari, une heure plus tard devant un excellent vin blanc.
Cher Barbara et Rex, nous vous remercions de tout cœur pour votre accueil chaleureux, votre gentillesse et votre grande simplicité.
Dimanche 8 février 2009, peu avant notre départ, Rex et Barbara nous informent des énormes incendies qui sévissent depuis hier dans la région de Melbourne. Le manque de pluie, les fortes températures (hier 47°C) et un vent fort dans cette région du Victoria seraient partiellement la cause de ce désastre. Un geste criminel ne serait pas à exclure.
A moins de 40 kilomètres au sud de Hobart, se trouve Kettering, ville d’où nous prenons un petit ferry vers Bruny Island. Le nord de l’île est drapé de champs de blé et de prairies. La route passe ensuite sur une fine bande de terre, entourée d’eau des deux côtés, avant de déboucher sur la partie sud de l’île, où se situe le South Bruny National Park. De tout notre voyage en Australie, nous n’irons pas plus au sud qu’ici. Nous sommes sous le 43ième parallèle.
Lundi 9 février 2009, le “Bruny Island Charters” est une société familiale qui organise des excursions en mer. Généralement, nous admirons les superbes vues de la terre, aujourd’hui, nous souhaitons faire l’inverse, admirer les superbes vues à partir de la mer. Nous sommes environs trente personnes installées confortablement dans un bateau à grande vitesse. Après la distribution de cirés rouges et de pastilles au gingembre aux personnes sensibles au mal de mer, nous filons sur les vagues vers la pointe sud de l’île.
Le capitaine change rapidement de cap. Il s’est rendu compte que nous pointons notre doigt vers une colonie de dauphins surgissant à bâbord. Les dauphins viennent vers nous à toute allure et font des bonds énormes. Rarement, nous avons vu des dauphins sauter si haut en mer.
Le capitaine remet les gaz, nous nous croyons sur un moulin de foire lorsque le bateau prend de la vitesse, saute au-dessus des vagues, file entre deux colonnes de roches et termine son envolée par un virage serré. Yann et Pauline adorent! Nous nous approchons d’une grotte creusée dans la falaise de l’île. Au pied de la falaise sont accrochées d’énormes algues laminaires sur lesquelles le reflet du soleil donne un joli jeu de lumière.
Une autre grotte rejette au passage de chaque vague qui s’engouffre, un gigantesque jet de vapeur et d’écume. Ce phénomène, causé par la compression de l’air dans la cavité, est appelé “blowhole”.
Nous admirons les contours, les crevasses et les couches colorées des falaises et naviguons à présent
entre deux îlots sur lesquels se dorent une centaine de lions de mer.
Sans les voir nous aurions pu les reconnaître rien qu’à l’odeur caractéristique de ces animaux. En tout cas, ils ont basé leur colonie dans un endroit époustouflant de beauté.
Au moment où le bateau fait demi-tour pour rentrer à l’embarcadère, de gros nuages gris apparaissent au-dessus des falaises. Il est temps de rentrer. Le vent froid, l’allure du bateau, les éclaboussures des vagues et la pluie nous harcèlent. Le froid est mordant. Au travers de nos lunettes solaires embuées, nous parvenons à apercevoir le vol majestueux d’un albatros juste au-dessus des vagues.
Nous arrivons au port complètement engourdis par le froid. Mais la pluie a cessé et le soleil qui a réapparu nous réchauffe bien vite. Tous les quatre, nous rejoignons Idéfix en commentant avec enthousiasme ce que nous avons vu et ressenti pendant cette excursion magnifique.
En fin d’après-midi, nous longeons encore les rives du South Bruny National Park, mais à pied cette fois. Nous traversons une plaine recouverte de “button-grass”.
Un sentier mène à un petit promontoire sur la plage où James Cook aurait jadis accosté. Sur la plage, les randonneurs se sont amusés à construire des petites colonnes en superposant des galets. La vue de ces centaines de petites tours de galets est surprenante.
Bien-sûr, Yann et Pauline veulent également édifier leur propre tour. Et encore, si une seule suffisait…
Pendant qu’ils sont à l’œuvre, nous avons droit à une nouvelle séance de spectacle au delphinarium. Six dauphins font de la nage synchronisée juste sous nos yeux et sautent si haut que nous pouvons voir leur corps entier au-dessus de l’eau. Pourtant, personne n’est là pour leur lancer la balle ou pour leur présenter le seau de sardines.
Sur le chemin du retour, nous rencontrons un wallaby blanc entre les buissons. Cette espèce de wallaby ne se trouve qu’ici. Ce sont les descendants de deux wallabies albinos. Leur croisement a donné lieu à toute une lignée de wallabies blancs qui ont aujourd’hui les yeux bruns et non plus rouges comme leur aïeuls.
Mardi 10 février 2009, nous quittons Bruny Island et entamons la route vers le nord. Nous apprécions beaucoup la Tasmanie car elle est tellement différente d’un endroit à l’autre. Non seulement les paysages (plages, montagnes, rochers, lacs, etc.) sont très variés et séparés de seulement quelques dizaines ou une centaine de kilomètres, mais également les villes et les villages. Au nord, les villes que nous avons vues sont plutôt simples, sans style, à l’ouest, il y a Queenstown, une ville minière, au sud, Hobart, la capitale avec son port, ses vieilles bâtisses et ses quartiers résidentiels et plus au centre, nous croisons une ville encore totalement différente: Richmond. Celle-ci semble être la copie conforme d’un village anglais.
De vieilles petites maisons construites de grandes briques beiges, un vieux pont avec à l’arrière le clocher d’une église, les magasins avec leur nom et leur spécialité peints sur une plaque en fer forgé, de la dentelle aux fenêtres et des petites statuettes et pots de fleurs sur les balcons, attirent de nombreux touristes. Les jardinets regorgent de rosiers de toutes les couleurs. C’est marrant, nous nous sentons soudainement dans un tout autre monde.
Nous dormons ce soir dans un petit village, Kempton, tout aussi étrange. Un Big Ben miniature trône devant la salle communale du village, la chapelle est peinte en bleu. Nous dormons gratuitement sur une belle pelouse et le barbecue au gaz et l’électricité sont gratuits.
Mercredi 11 février 2009, la Lake Highway traverse toute l’île du sud au nord. En l’empruntant, nous traversons les “Highlands“, plus précisément la chaîne montagneuse des “Great Western Tiers”. Cette route nous emmène à plus de 1000 mètres d’altitude et vers des paysages étranges. A midi, nous nous arrêtons au milieu d’une plaine de petits arbustes. Nous venons d’effectuer plusieurs kilomètres de pistes sans croiser personne, nous regardons ce lac situé à 1000 et quelques mètres d’altitude, il fait très calme, ma foi, nous sommes en Patagonie!
Plus loin, sur la piste, nous croisons quelques villages dont les maisons sont construites de bois et de tôle ondulée, c’est toujours pareil qu’en Patagonie. Finalement, la piste redevient de l’asphalte, nous descendons en altitude, les villages sont plus grands, les maisons construites en briques, nous croisons d’autres véhicules, nous sortons de notre rêve et revenons en Tasmanie.
Le ciel devient menaçant, un halo de lumière se bat contre les gros nuages gris et lourds, quelques rayons de soleil éclairent encore les champs de blé. Ce soir, nous nous réfugions à Devonport.
Jeudi 12 février 2009, depuis notre arrivée en Tasmanie, nous avons eu l’occasion de voir de nombreux animaux. Mais parmi ceux qui manquent à notre liste, il y en a un que nous aimerions y ajouter. Il s’agit du wombat, un petit animal robuste, gros, brun-gris, court sur pattes et avec une tête toute ronde. Le ranger du Narrawntapu National Park nous garantit que nous pourrons en apercevoir ce soir, avant le coucher du soleil. En attendant, nous chaussons nos chaussures de marche et partons à la découverte du parc. Nous traversons une zone de marais où poussent des arbres dont l’écorce se détache en lambeaux ressemblant à du papier journal. D’ailleurs, cet arbre est nommé “Paperbark Tree”.
Nous quittons les bois et les marais et surmontons une dune. Pendant que nous prenons des photos et filmons la nature qui nous entoure, Yann et Pauline s’amusent à sauter du haut de la dune. Nous rebroussons chemin par la plage, qui une fois de plus est superbe.
A la tombée du jour, nous partons à la “chasse” aux wombats. Nous mettons doucement un pied devant l’autre et osons à peine parler. Puis tout à coup, Damien nous fait signe:”Là, il y en a un.” Derrière un buisson, un wombat creuse la terre autour d’une racine juteuse. Il semble ne pas nous voir. “Tiens, en voilà un autre!” Yann et Pauline sont sur le qui-vive mais font peut-être un peu trop de bruit. Subitement, nos deux exemplaires de wombats s’enfoncent dans la broussaille et disparaissent. S’en suit alors une véritable traque au wombat. Nous en apercevons un autre dans la plaine.
Nous nous en approchons à pas feutrés. Organisés en rang d’oignons, nous parvenons à le suivre pendant un long moment. Dès que le wombat s’arrête, nous nous arrêtons. Lorsqu’il reprend sa route, nous faisons de même. Yann et Pauline apprennent ainsi à traquer les animaux, à observer leurs crottes et la fraîcheur de celles-ci, à avancer doucement tout en évitant de faire craquer des branches.
Quel animal intrigant, c’est une grosse boule de poils à quatre pattes, un marsupial avec une tête de nounours et des oreilles de chat. C’est sans doute aussi sa démarche maladroite qui le rend craquant.
Vendredi 13 février 2009, demain, nous quittons la Tasmanie. En y arrivant, le contrôle sanitaire était stricte et certains conducteurs devaient nettoyer leur véhicule avant de pouvoir monter sur le bateau. Idéfix est jaune de poussière. Un petit nettoyage rapide mais efficace s’impose donc. Dans ce pays de “caravaning” et de pêche, nous trouvons sans problème un carwash à la taille d’Idéfix.
Samedi 14 février 2009, neuf heures du matin, le Spirit of Tasmania largue les amarres et quitte la Tasmanie. C’est avec regret, mais néanmoins avec la grande satisfaction de l’avoir découverte, que nous quittons cette île. Désormais, il nous paraît impensable de parler de l’Australie sans prendre en compte la terre de Van Diemen.