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… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Etape de ravitaillement (Brésil) - 21/06/07 au 28/06/07

Jeudi 21 juin 2007, à neuf heures tapantes nous nous trouvons au cybercafé car nous avons rendez-vous sur skype avec maman et papa Holvoet. Il est 11 heures lorsque nous quittons Chapada Dos Guimaraës. Nous avons décidé d’aller vers la côte, plus précisément à Curitiba et ses environs. Mais il y a tant de kilomètres à faire que nous optons pour un petit détour via Foz do Iguaçu et le camping “Paudimar” qui nous y avait tant plu. C’est également une étape importante pour deux autres raisons: notre bouteille de gaz est presque vide et les bouteilles brésiliennes ne se fixent pas sur le détendeur que nous avons. C’est donc plus simple d’aller à Puerto Iguazu (en Argentine) pour en acheter une autre. Nous aimerions également faire un petit saut à Ciudad del Este, au Paraguay, pour y acheter un nouvel objectif pour notre appareil photo. Il paraît que c’est “the place to be” pour les bonnes affaires.
Nous avons 1500 km à faire, ou 4 jours de route et trois pompes à essence.

Mardi 26 juin 2007, contrebande au Paraguay…
Nous quittons Idéfix et le camping pour aller au Paraguay en bus. Nous prenons deux bus et descendons à la frontière. Il semblerait qu’il n’y ait aucun contrôle de douane pour les piétons et donc pas de “perte de temps administrative”. Nous découvrons une autre face de l’Amérique Latine. Dès notre arrivée à la frontière, je suis surprise par la saleté, la puanteur et la pauvreté. De nombreuses personnes y errent, des familles y traînent et les mamans cherchent des poux dans les cheveux de leurs enfants. Il n’y a aucune indication de douane, ni de contrôle. Nous marchons entre les camions et nous nous dirigeons vers le pont afin de traverser le Rio Parana qui sépare le Brésil du Paraguay. En traversant le pont, chacun avec un enfant à la main, nous apercevons des grands trous dans le grillage. Il ne faut que quelques secondes pour que nous comprenions à quoi ils servent. Tout à coup, des hommes arrivent en criant avec des grosses cordes en mains. Ils nous bousculent, nous agrippons nos enfants et essayons de nous frayer un chemin. D’autres hommes arrivent en courant, portant d’énormes paquets entièrement emballés dans du plastique et ne se souciant guère de notre présence. A nous de nous baisser afin de ne pas être heurtés par un de ces paquets. L’un d’eux devrait, par accident, nous faire basculer par dessus la rambarde, je suis certaine qu’il ne s’en inquièterait même pas. Nous nous rendons compte que nous sommes témoins d’une contrebande et que toute cette marchandise est lestée, à l’aide de ces grosses cordes, à travers les trous dans les grillages. D’autres hommes se trouvent en-dessous du pont pour réceptionner les colis. Tels des fourmis nous les voyons à la queue leu leu partir dans la végétation avec leur magot sur le dos. Damien hésite à sortir la caméra mais pour notre sécurité nous préférons la laisser dans le sac-à-dos.
Notre visite au Paraguay sera de courte durée. Peut-être faudrait-il, une fois arrivé à Ciudad del Este, prendre un taxi pour se rendre au centre ville? Toutefois, nous continuons à pied car nous apercevons déjà les magasins. Je n’aime pas cette ville, ou du moins cette partie de la ville qui est sale, moche et où l’on nous interpelle tous les dix mètres pour essayer de nous vendre quelque chose. Yann a été impressionné par notre passage sur le pont et ne lâche pas notre main une seule seconde. Il nous demande de retourner au Brésil et semble devenir de plus en plus pâle. Pauline, par contre, semble nettement plus à l’aise et aperçoit plutôt les jolies choses exposées dans les échoppes que le côté sinistre de la ville… ah, l’insouciance!

Le retour vers le Brésil est nettement plus calme. Apparemment, il n’y a pas de changement de garde à cette heure-ci car au lieu de courir à toute vitesse avec leur marchandise sur l’épaule, les hommes sont assis sur leurs paquets et discutent comme si c’était la chose la plus normale. Nous sommes à peine assis dans le bus qui nous ramène au camping que Yann reprend déjà des couleurs et nous demande de jouer au babyfoot dès notre arrivée. Vu la matinée que nous venons de passer, nous ne pouvons lui refuser ce match de babyfoot en famille.
Arrivés au camping, je ne peux m’empêcher de penser à ces adultes et ces enfants qui vivent là-bas et dans tant d’autres endroits semblables sur la terre. Nous avons vu là une des nombreuses faces négatives de notre monde et il est important de savoir qu’elles existent également.