Au plaisir …

… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Une année en Amérique du Sud

En un an de temps (359 jours plus exactement), nous avons parcouru l’Argentine, le Brésil, le Pérou, la Bolivie et le Chili. Idéfix, notre camping-car, a parcouru 37.000 kilomètres. Notre itinéraire et le temps que nous avons passé dans chaque pays dépendaient principalement des saisons, des rencontres, des envies, de la magie des lieux, du budget, des enfants, de l’état des routes ou de l’état de notre véhicule. Autant d’éléments qui font qu’un voyage n’est pas l’autre. De fait, nous sommes peut-être passés à côté de certaines choses. Aussi, le hasard nous a peut-être mené justement là où une planification rigoureuse ne nous aurait jamais portés. Toujours est-il que nous avons profité de chaque instant.

Les pays, vus par nos yeux

Inutile de nous demander quel est le pays que nous avons préféré. Chaque pays nous aura laissé tant de bons souvenirs et offert de merveilleux endroits à découvrir. En dehors de ça, quelques petits détails nous ont frappés:

  • Le Brésil (la partie sud en tout cas) est un pays de camionneurs. Ils dévalent les routes à toute vitesse en enfonçant les pédales avec leurs pieds chaussés de tongs. Le diesel, ainsi que le coût de la vie y sont relativement élevés. Les Brésiliens sont chaleureux. Le Brésil a pour réputation (préjugé?) d’être un pays dangereux. Nous n’y avons cependant jamais eu le sentiment d’insécurité. Peut-être parce que nous avons évité les grandes villes … . Nous avons eu un peu de mal avec la langue portugaise. Si nous parvenions tant bien que mal à nous faire comprendre, il était bien rare que nous comprenions avec précision le sens du torrent de mots que notre interlocuteur nous renvoyait.
  • Le Chili est sans doute le pays sud-américain le plus influencé par les États-Unis. Le coût de la vie y est aussi le plus élevé. Le diesel a le même prix qu’en Europe. Les Chiliens que nous avons rencontrés nous ont paru un peu hautains et leur accueil généralement moins chaleureux. Mais quel beau pays!
  • Le Pérou s’est déjà habitué au tourisme. “Vous voulez prendre une photo de moi avec mon lama? Ce sera 2 Sol (monnaie péruvienne)”. Dommage que le majestueux Machu Picchu et les infrastructures liées soient gérés par des entreprises étrangères en quête de bénéfices élevés. Entre deux endroits touristiques les paysages sont pourtant tout aussi surprenants. Les femmes et les enfants sont toujours tout sourire. Les hommes en général sont absents et grincheux.
  • La Bolivie est le pays où nous avons passé relativement peu de temps. Il est pour nous un pays aux paysages authentiques, traversé par des pistes qui ont donné du fil à retordre à Idéfix. Les Boliviens sont assez distants (ils étaient indifférents à notre présence), mais leurs visages s’illuminent dès que l’on s’approche d’eux pour entamer la conversation. Nous aurions voulu y passer plus de temps.
  • L’Argentine est un paradis pour le genre de voyageurs que nous sommes. Nous y avons circulé facilement et y avons campé un peu partout. Les Argentins mettent de côté toutes leurs occupations dès qu’il s’agit de donner un coup de main ou de vous inviter à partager un “asado”. C’est le pays où nous avons passé le plus de temps. Nous l’avons parcouru dans tous les sens. Il est vrai aussi que nous avons de la famille qui y habite. Ce pays a pris une place importante dans notre coeur.
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Les rencontres

On dit que le voyage facilite les rencontres. Cette expression est incomplète. Nous y ajouterons que les rencontres facilitent aussi le voyage. Nos rencontres tant avec les locaux qu’avec d’autres voyageurs nous ont beaucoup apporté. Elles nous ont permis de mieux connaître les pays que nous avons visités, de découvrir des endroits peu connus du grand public, de passer de bons moments, de nous faire de nouveaux amis. Elles ont permis aussi à nos enfants d’apprendre à s’ouvrir d’autant plus facilement vers des enfants qu’ils ne connaissent pas. Nous avons lié tant d’amitiés avec bon nombre de voyageurs qu’il nous tarde de les retrouver en Europe. Autour d’un « asado », par exemple.

Les enfants

Le but premier de notre voyage était de passer du temps avec nos enfants. Pourtant, ils n’ont rien demandé. Alors, comment ont-ils vécu cette expérience? A en croire leur propre réponse à cette question, il apparaît que certains endroits resteront gravés à tout jamais dans leur mémoire. Ils adorent parler du Pantanal, des chutes d’Iguazu, des baleines de la péninsule de Valdès, des Incas, des petits copains qu’ils se sont fait tout au long du voyage et même des nouveaux amis de maman et papa.
Maman et papa ont vu évoluer leurs enfants en les suivant 24 heures sur 24. Bien-sûr, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Ils ont eu leurs petits caprices et leurs petites disputes. Ils ont eu leurs coups de cafard aussi, surtout durant les trois premiers mois. Yann a appris à lire, à écrire et à calculer avec Sophie. L’apprentissage a démarré sur les chapeaux de roues et Yann progressait très rapidement. Vers la fin du voyage, sa concentration baissait un peu, car il aurait bien aimé faire les petits bricolages et autres jeux d’apprentissage que Damien faisait faire à Pauline. Le temps des classes était aussi le temps de passer au Néerlandais afin qu’ils maîtrisent mieux leur langue scolaire. Si, dans l’ensemble, nous pensons que leur apprentissage scolaire s’est bien passé, nous avons surtout été frappés par leur éclosion sur d’autres plans. Timide de nature, Yann a appris à se diriger plus facilement vers les autres enfants, tout comme Pauline d’ailleurs. Tous deux sont devenus très complices et fidèles compagnons de jeu. S’il est vrai qu’un DVD peut aider à les occuper de temps en temps en fin d’après-midi, ils réussissent néanmoins à s’occuper seuls en s’inventant des jeux avec les accessoires les plus simples: quelques lattes en bois pour faire un bateau, des bouteilles en plastique, des branches d’arbre pour faire des arc-à-flèche, ou des cailloux pour faire un feu imaginaire. Tous ces accessoires sont stockés dans le camping-car pour au cas où les enfants voudraient les partager avec des petits copains de fortune qu’ils croiseront peut-être en chemin. Le reste du temps, Yann dévore les livres et Pauline bricole, telle une vraie petite fille, avec les affaires de maman. Mais ce qu’ils préfèrent, par dessus tout, c’est de jouer « un jeu à quatre », c’est à dire un jeu de société avec maman et papa. Sans oublier les petits câlins …

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Le camping car

Même après 359 jours de voyage, nous sommes toujours satisfaits du choix de notre « maison roulante ». Il est vrai que nous avons dû éviter certains endroits insolites parce qu’ils étaient difficilement accessibles avec un véhicule qui ne soit pas un 4×4. Notre Idéfix a l’arrière-train assez bas au sol, ce qui fait que nous sommes restés accrochés quelque fois ou que nous avons dû manoeuvrer délicatement pour monter, par exemple, sur des rampes d’accès de ferry et autres. Mais jamais cela ne nous a empêché d’aller là où nous le désirions.
Ces petits désagréments ne représentent rien de très important à côté du bénéfice du confort et de l’espace de vie que notre véhicule a offert à notre petite famille. Les enfants ont besoin d’espace pour pouvoir jouer et pour pouvoir travailler pour l’école. La disposition de la cellule privilégie l’espace de rangement, ce qui n’est pas négligeable vu la quantité (trop sans doute) de matériel (outils, jeux, livres scolaires, médicaments, romans et vêtements) que nous avions emmené.

Si le véhicule porteur Fiat a connu quelques problèmes d’ordre mécanique (Quel voyageur n’en a pas?), l’équipement de la cellule habitable (Hymer), lui, n’a pas bougé. Tout fonctionne toujours comme au premier jour. Nous avons entendu des voyageurs nous conter comment toutes leurs armoires s’effondraient au bout de 1000 km de pistes. Nous ne sommes pas mécontents d’avoir opté pour la qualité allemande.

Nous ne sommes pas mécontents non plus des équipements supplémentaires que nos avions prévus.

  • Le réservoir de gaz GPL: La plupart du temps une simple bonbonne de gaz (mélange butane/propane) argentine était branchée, mais nous étions bien contents de pouvoir remplir notre réservoir de gaz GPL (80 litres) au Chili afin de parer aux nuits de gel dans l’Altiplano, où nous avons passé deux mois sans devoir nous soucier de trouver du gaz.
  • Le convertisseur 12V-220V nous a paru bien pratique pour recharger les batteries des différents appareils électroniques (caméra, appareil photo) et pour l’alimentation de l’ordinateur portable. Sans quoi, nous aurions dû changer tous les adaptateurs de ces appareils afin qu’ils fonctionnent au 12 Volt.
  • Le panneau solaire nous a permis de faire du camping sauvage plusieurs jours de suite à différentes reprises. Par exemple, durant 15 jours sur la plage de Pardelas (Péninsule de Valdès). Cet argument suffit pour en illustrer l’importance.
  • Lorsque nous avons remplacé notre premier pneu (éclaté sur les pistes de Bolivie), nous étions soulagés de savoir qu’il nous restait encore un autre pneu de réserve.
  • Notre réservoir d’eau, agrandi jusqu’à 160 litres, nous permettait d’avoir une autonomie en eau d’environs 5 jours. Nous évitions de prendre des douches, lorsque nous risquions de tomber à sec. Il nous semble qu’un réservoir de 100 litres eut été trop juste pour nous quatre.
  • La plaque de protection du carter, sous le châssis. A différentes reprises, nous avons heurté de grosses pierres. Sans la tôle de protection le carter aurait été endommagé.

Les petits bobos d’Idéfix

  • Le pare-brise a pris un gros caillou dans les premiers jours de voyage. Un mois après, il était fêlé sur toute la largeur. Mais grâce à l’application du kit pare-brise il a tenu le coup jusqu’au bout.
  • Le porte-à-faux a touché le sol plusieurs fois, mais sans causer de dégâts.
  • Le train avant, du côté gauche, donne des bruits inquiétants sur les pistes. Les divers diagnostics nous ont poussés à faire diverses tentatives de réparation: remplacement de la « rotula » (Atelier Fiat à Salta), remplacement de l’amortisseur gauche (Atelier Fiat à Cordoba), remplacement de la « Casoletta » (Repuesto Fiat et Atelier Michelin à Commodoro Rivadavia.). Et le problème n’est toujours pas résolu. Il ne nous a cependant jamais empêché de rouler.
  • Les jauges des réservoirs d’eau ne fonctionnent pas toujours correctement. Sans doute les électrodes sont-ils encrassés.
  • Coupure du 12 Volt sur le salar d’Uyuni. Nous n’avons jamais trouvé la cause. Le problème ne s’est produit qu’une seule fois et s’est résolu tout seul.
  • Un jour, nous avons perdu tout le liquide de refroidissement parce que le radiateur était percé (par un caillou??). Il a été ressoudé dans un atelier Fiat à Puerto Madryn.
  • La serrure de la portière du côté conducteur s’est bloquée. (Réparation maison avec l’aide de Carlos.)
  • Perte de puissance: le tube d’arrivée d’air au moteur a lâché. (Réparation maison, il a suffi de resserrer la bague.)
  • 1 pneu crevé, 1 pneu à remplacer d’urgence. Nous avons trouvé des pneus Michelin à Salta et à Commodoro Rivadavia.
  • Découverte d’une vis tombée du bloc moteur et restée posée sur la plaque de protection du carter. (Réparation maison. Le plus dur a été de trouver l’endroit d’où provenait la vis.)
  • Un jour, le moteur s’est mis à vibrer et ne donnait presque plus de puissance. L’atelier Fiat à Bariloche a diagnostiqué, à l’aide de l’ordinateur, un faux contact sur l’un des injecteurs. Ce fut vite réparé.
  • Réparation maison du robinet mitigeur de l’évier.
  • Nous avons remplacé 3 ampoules dans la cellule.
  • Nous avons remplacé le fusible de la pompe à eau le dernier jour de notre séjour en Amérique latine.
  • La direction commence à faire du bruit. Il doit y avoir un peu de jeu sur la crémaillère de la direction. Nous la ferons vérifier en Belgique.
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Nos coups de coeur

Il y a des endroits et des moments forts qui ont marqué cette année de voyage et d’aventure. La manière à laquelle on vit ce voyage, les choses ressenties, sont modelées par le climat, l’humeur du jour, la compagnie, les petits désagréments qui peuvent se transformer en éclats de rire comme en cauchemars, la beauté de la nature, l’attitude des enfants, etc…

Ainsi, le Top 6 (dans l’ordre chronologique) de nos coups de coeur est le suivant:

  • Le Pantanal (Brésil): Le spectacle des animaux aux abords de la piste, dite « Transpantanera », est fascinant. Les enfants en parlent encore.
  • Le Paso de Jama et le désert d’Atacama (Chili): Paysages étonnants et colorés de l’Altiplano, survolés par des flamants roses. Malheureusement, Yann a souffert de l’altitude lors du passage du col (4.856 mètres) de Paso de Jama.
  • Le Salar d’Uyuni et les pistes qui y mènent (Bolivie): Passer une nuit sur le salar illuminé par la pleine lune représente déjà un moment insolite. Y manger à la lueur des bougies à cause d’une panne de courant y apporte une touche supplémentaire. Et puis les 640 km de pistes que nous avons parcourus, parfois à travers sable et rivières, font que l’aventure restera mémorable.
  • La péninsule de Valdès (Argentine): Nous avons passé 15 jours en bivouac sur une plage magique. Nous étions omnibulés par le ballet des baleines.
  • Le lever du soleil sur la glacier Perito Moreno (Argentine) : Les bruits des craquements provoqués par ce géant, les variations des couleurs sur le glacier au fur et à mesure que le soleil se lève, la solitude, le sifflement d’un petit oiseau qui passe, le calme, la force que représentent les tonnes d’eau glacée et tant d’autres choses rendent cet endroit, à ce moment précis de la journée, absolument magique !
  • La Carretera Austral (Chili): Drôles de sensations que d’arpenter les pistes, les corniches et les pentes raides de cette route mythique. Les paysages sont fabuleux. Nous nous sentons isolés du monde. Jusqu’à ce qu’une journée de rodéo nous plonge dans une ambiance délirante d’authenticité.
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Nos coups de gueule

Puisque tout ne peut pas être rose et rêve tous les jours non plus, voici le Top 6 de ce qui nous a quelque peu déçu ou ennuyé pendant le voyage:

  • L’amende infligée par la police de Entre Rios lors de notre cinquième jour de voyage.
  • Le cybercafé à Ushuaia, où le patron infect nous a refusé l’accès parce que nous avions deux enfants avec nous.
  • Les nombreux lieux qui sont considérés par la population comme décharges publiques. Et là où il y a réellement des décharges publiques, on voit des milliers de sacs en plastique s’envoler à des kilomètres à la ronde. Déjà vu un “arbre à sacs”? C’est pas très joli.
  • Au Chili, le projet de construction d’un gigantesque barrage hydro-éléctrique dans la région de la Carretera Austral, signifierait la perte des merveilles naturelles de cette magnifique région. Nous n’avons pas les éléments exacts qui nous permettent de mesure l’impact sur la faune, la flore et sur les terres dont vivent les locaux, mais nous aimerions soutenir l’idée du mouvement “Patagonia chilena, sin represas”.
  • Les barrages (sur les routes, cette fois), dans la province de Cordoba, nous ont permis de constater à quel point l’équilibre économique d’un pays peut être fragile.
  • Les quelques soucis administratifs belges qui nous ont cassé les pieds.

La suite

Le chapitre sud-américain est clôturé. Nos plans pour la suite restent inchangés, nous organisons notre transfert vers l’Australie. A notre retour définitif, en été 2009, nous continuerons notre vie “normale”. Nous reprendrons nos métiers respectifs et les enfants rejoindront leurs copains de classe. Mais quelque chose en nous aura changé. Ça, c’est certain…

 

De Puerto Montt au Parc National Puyehue (Chili) - 01/03/08 au 07/03/08

Samedi 1 mars 2008, l’arrivée à Puerto Montt se fait sous un ciel gris. Cela fait un bon bout de temps que nous n’avons plus croisé de grande ville. Nous sommes surpris de nous trouver dans les embouteillages. Il y avait un bail. Dire qu’en Belgique nous vivions cela quasi tous les jours.

Puerto Montt
Puerto Montt

Puerto Montt, comptant 150.000 habitants, est la capitale économique du sud chilien. Nous sommes impressionnés par ses buildings érigés sur la digue, ses centres commerciaux, ses esplanades. Nous nous installons un peu en dehors de la ville, du côté du petit port.

Puerto Montt
Puerto Montt

Dans ce quartier, dit “Agelmó”, nous nous baladons entre les échoppes d’artisanat. Sur le port, on sert des repas rapides à base de moules et d’autres fruits de la mer. Dans ces “cocinerias”, des locaux sont attablés côte à côte sur les quelques banquettes ainsi qu’aux deux petites tables qui sont installées juste à côté de la cuisinière. Nous achetons un peu de saumon au marché au poisson.

Puerto Montt - Angelmo
Puerto Montt - Angelmo

Les poissonniers sont en pleine action. L’un décortique des oursins, tandis qu’un autre livre un kilo de moules à la cocineria d’à côté. Des marchands y vendent également des fruits, des légumes, des algues et des colliers de moules séchées. Le spectacle est haut en couleur et en odeur.

Puerto Montt - Angelmo
Puerto Montt - Angelmo

Lundi 3 mars 2008, après l’école et le déjeuner, nous quittons Peurto Montt pour monter vers Frutillar, petit village situé à l’est du Lago LLanquihue. En partant, nous nous arrêtons à un supermarché. Comme d’habitude, Damien et les enfants restent dans le camping car pendant que je vais faire les courses. Lorsque j’attends dans la file à la caisse, je regarde autour de moi. Le magasin est bondé. Autour de moi, toutes les personnes ont des cheveux noirs. Je suis la seule avec des cheveux couleur châtain. C’est marrant, c’est le genre de réflexion que nous nous faisions au début du voyage ou dans des endroits isolés au Pérou et en Bolivie. Après 10 mois de vie en Amérique Latine, nous ne nous rendons plus tellement compte de notre “différence”. Nous balader en ville, faire nos achats partout comme tout le monde, comme tous les habitants de ces pays, est devenu une telle habitude que nous avons “oublié” que notre physique est différent. Aujourd’hui, le fait de devoir patienter dans ce magasin rempli de monde me ramène à la réalité. Pourquoi aujourd’hui, je ne sais pas, mais soudainement je me sens une étrangère. Alors qu’il y a une heure, c’était pour moi la chose la plus normale que de venir faire mes courses ici.

En quittant le magasin, les personnes semblent peu aimables. Je sors avec à chaque bras cinq sacs remplis de provisions. Des personnes me bloquent le chemin, me bousculent sans scrupules. Mes doigts commencent à me faire mal à cause du poids des sacs. Je répète sans cesse “permiso, permiso”, mais les gens bougent à peine. Sont-ils ainsi parce que je suis une étrangère ou sont ils comme ça les uns envers les autres ? Est-ce l’influence d’une grande ville, chacun pour soi ? Il est vrai que depuis plusieurs jours nous trouvons les chiliens moins sympas, moins accueillants qu’ils ne l’étaient plus au sud.

Nous ne sommes pas mécontents de quitter cette grande ville et de retrouver de petits villages. En route donc vers Frutillar, lieu de villégiature pour les habitants de Puerto Montt. Sur les rives du lac se trouvent de nombreux hôtels portant des noms à consonances germaniques. Nous passons la nuit sur le terrain d’un petit club de pêche, avec vue sur le lac.

Mardi 4 mars 2008, avant de quitter Frutillar, nous cherchons un endroit où nous pouvons capter une connexion internet par WIFI. Nous devons absolument vérifier nos e-mails car nous souhaitons réserver définitivement le passage en cargo vers la Belgique. Et oui, passer par la Belgique pour aller en Australie revient à nettement moins cher que les prix proposés par les compagnies maritimes au départ de l’Amérique du Sud.

Aujourd’hui nous faisons à nouveau une étape courte. Nous roulons jusqu’à Puerto Octay, 40 kilomètres plus au nord. Peu avant le village, une route nous mène plus loin dans la baie où nous trouvons un agréable camping, toujours au bord du lac. Seul petit bémol, les arbres cachent la vue sur le volcan Osorno qui se trouve de l’autre côté du lac. Nous allumons un barbecue. Les enfants nous invitent à danser autour du feu, comme le font les indiens.

Puerto Octay
Puerto Octay

Mercredi 5 mars 2008, nous consacrons l’après-midi à la rédaction de notre prochain carnet de route pour le site internet : lecture de nos notes, choix des chapitres, choix des photos, retranscription sur l’ordinateur et correction. Pendant ce temps-là, les enfants barbotent dans le lac. Ce n’est que tard dans la soirée que nous clôturons, avec satisfaction, notre carnet de route concernant la Carretera Austral.

de Puerto Octay vers Puyehue
de Puerto Octay vers Puyehue

Jeudi 6 mars 2008, la route qui nous mène à Entre Lagos est une piste. Les paysages sont beaux. Les volcans défilent au fil des kilomètres ; le volcan Osorno, le volcan Puntiagudo et le volcan Casablanca. Nous nous arrêtons à Entre Lagos pour déjeuner. Nous arpentons les rues de cette ville pendant une heure à la recherche d’un bon réseau internet afin de pouvoir faire la mise à jour du site. Les enfants sont très patients. Après plusieurs mois de voyage les enfants ont vraiment pris le pli et savent que de temps en temps il y a des moments moins drôles pour eux. Ils se montrent très compréhensifs et savent que les infos que nous diffusons sur notre site sont lues par nos familles et nos amis.

Finalement, en fin d’après-midi, nous reprenons notre route. Nous longeons le Lago Puyehue et arrivons une heure plus tard dans le Parc National du même nom. Au beau milieu de la forêt, nous établissons notre campement. D’ici partent plusieurs promenades vers des petites cascades. C’est décidé, demain nous resterons ici et profiterons de ce bel endroit.

Parque Nacional Puyehue
Parque Nacional Puyehue

Vendredi 7 mars 2008, dans le Parc National Puyehue, nous partons à la recherche des petites cascades se déversant de-ci de-là dans les ruisseaux. Les balades dans les bois sont courtes, mais jolies. Nous passons une nuit de plus dans ce petit havre de paix, à l’ombre des arbres touffus dans lesquels des perroquets viennent casser la graine.

Parque Nacional Puyehue
Parque Nacional Puyehue

Demain, nous rentrerons en Argentine et piquerons sur San Carlos de Bariloche car des amis nous y attendent.

 

L’île de Chiloé (Chili) - 24/02/08 au 29/02/08

île de Chiloé - Quellon
île de Chiloé - Quellon

C’est au sud de Chiloé, plus précisément à Punta Lapa, que débute ou finit la Panaméricaine, route longue de 22000 kilomètres. Cette route traverse douze pays et de nombreux peuples et cultures. Elle traverse les trois Amériques jusqu’en Alaska.

île de Chiloé - Quellon
île de Chiloé - Quellon

Sur l’île de Chiloé nous parcourons environ 211 kilomètres sur la Panaméricaine. Notre première étape est Quellon. Du camping, nous avons une vue sur la baie où des bateaux de pêche sont à l’ancre. Tout au long de la journée retentissent de sourds coups de marteau des pêcheurs qui retapent leurs barques. Au loin, nous apercevons toujours le sommet du volcan Corcovado. Les enfants barbotent dans la piscine, ou faut-il dire bassine, que le gérant du camping a installée.

île de Chiloé - Castro
île de Chiloé - Castro
île de Chiloé - Chonchi
île de Chiloé - Chonchi

Les villes et les villages sont fort ressemblants. Leurs caractéristiques principales sont la pêche, la récolte de fruits de mer et les chapelles ou églises construites en bois. En l’an 2000 quelques-unes d’entre elles furent déclarées Patrimoine de l’Humanité. La première que nous visitons se trouve à Chonchi. A l’extérieur, elle est peinte en bleu et jaune. A l’intérieur, les quelques bruits semblent être étouffés par la voûte en bois. Même les haut-parleurs, utilisés pour la messe, sont encastrés dans des caissons en bois.

Quelques kilomètres plus loin, nous découvrons la chapelle de Vilupulli. Elle est plus sobre et n’est pas recouverte d’une couche de peinture. Ainsi, les tuiles de bois, utilisées du parvis jusqu’au clocher, ressortent encore mieux.

île de Chiloé - Vilupulli
île de Chiloé - Vilupulli
île de Chiloé - Castro
île de Chiloé - Castro

Nous poursuivons notre route et établissons notre campement à Castro, au bord d’un lac où une dizaine de cygnes à col noir voguent paisiblement.
A marée basse les villageois, armés de leurs seaux, descendent sur la plage. Ils y ramassent des coquillages dans le sable mouillé. Après la “cueillette” ils rentrent chez eux. Leurs petites maisons sont colorées et construites sur pilotis au bord de la plage. Ces petites habitations sont appelées “palafitos”.

île de Chiloé - Castro
île de Chiloé - Castro

La cathédrale de Castro est l’une des plus jolies de l’île. La lumière du soleil entrant par les vitraux de l’église donne à son intérieur, tout en bois, des couleurs chaudes et harmonieuses.

île de Chiloé - Castro
île de Chiloé - Castro

Ce soir, nous nous offrons une sortie au restaurant. Au menu : poissons, oursins, clams et moules. Cela nous change un peu des grillades. La cuisine chilote est fort différente de celle du reste du Chili. Sa grande spécialité est le “curanto”, mélange de porc, poulet, pommes de terre, coquillages et grandes moules. Nous apprenons que la pomme de terre est originaire de cette île. Il semblerait qu’il y ait plus de 200 variétés.

île de Chiloé
île de Chiloé

Autre particularité de l’île est l’ancre utilisée par les bateaux. Celle-ci s’appelle “sacho”. La base est formée par deux gros bouts de bois placés en forme de croix. Une pierre ronde est maintenue au centre de cette croix par quatre bâtons se touchant et attachés au-dessus.

Sophie dessine une ancre "Sacho"
Sophie dessine une ancre "Sacho"
île de Chiloé - Achao
île de Chiloé - Achao

Dans chaque port, dans chaque baie, nous aimons regarder les bateaux de pêche peints de toutes les couleurs. Au temps des indiens, les bateaux étaient des longues chaloupes à voile de laine. Celles-ci étaient nommées “dalcas”. De là vient le nom d’un des villages, Dalcahue. Nous y prenons un petit bac afin de nous rendre sur l’île de Quinchao. Nous y mangeons de délicieux clams sur barbecue (merci Yann et Géraldine).

île de Chiloé - Dalcahue
île de Chiloé - Dalcahue

L’île de Chiloé, bien qu’elle soit jolie et qu’elle ait ses petits côtés typiques et sympathiques, ne nous laisse pas un souvenir impérissable. Peut-être n’avons-nous pas été en mesure de l’apprécier pleinement parce que nos pensées étaient encore sur la Carretera Austral ou sur la plage de Santa Barbara, parmi les dauphins.

 

Carretera Austral (Chili) - 05/02/08 au 23/02/08

Extrait sonore : Idéfix sur la Carretera Austral
(Ecoutez au moins jusqu’au passage du pont)

D’est en ouest

Mardi 5 février 2008, nous parcourons la pampa argentine d’est en ouest. Nous quittons la mer, traversons des milliers d’hectares de terrains d’extraction de pétrole et arrivons à Los Antiguos. C’est une petite ville frontalière, située au pied de la Cordillère des Andes et face au lac Buenos Aires.

En cours de route, une image nous a marqués. Celle d’un portail d’estancia, barrière fermée, derrière laquelle une piste s’étire vers l’horizon. A côté du portail, un écriteau indique : “Estancia El Desierto, 49 km”. Est-il encore possible de s’imaginer ou de concevoir l’incroyable étendue d’une telle estancia ? Et encore, celle-ci n’en est qu’une parmi tant d’autres dans ce pays où les vendeurs de fil barbelé doivent être richissimes.

Aux portes de la carretera

Mercredi 6 février 2008, nous voilà aux portes de la Carretera Austral, route dite mythique de par son histoire, route dite difficile de par son état non goudronné, et route dite magnifique, tout simplement de par les paysages et les villages chiliens qu’elle traverse.

Au passage en douane à hauteur de Chile Chico, l’on nous confisque notre poivre en grains (belge) lors du contrôle sanitaire. En voilà une drôle d’idée ! Sophie et moi maugréons encore concernant la perte du poivre, alors qu’à la sortie du village nous est offert un petit avant-goût de la suite de notre journée, qui s’avérera pour le moins “pimentée”.

Chile Chico
Chile Chico
Carretera Austral - Autour du Lago General Carrera
Carretera Austral - Autour du Lago General Carrera

La piste qui permet de longer le Lac Général Carrera est fermée à cause de travaux d’entretien. La piste s’ouvrira dans une demi-heure. Nous avons donc le temps de constater que la piste monte en pente raide et que le revêtement a l’air très meuble. Le panneau de circulation qui annonce la pente ne laisse pas d’équivoque. La petite voiture qui est dessinée dessus en guise d’icône a les phares pointés vers le ciel. Un dernier camion vient aplatir la piste, puis nous laisse passer. Je me cramponne au volant et à la pédale de gaz et je démarre. Heureusement, Idéfix monte sans problème.

Carretera Austral - Autour du Lago General Carrera
Carretera Austral - Autour du Lago General Carrera

Ainsi, nous entrons dans un nouveau décor. Le paysage est vert et boisé. Nous nous approchons de la rive du lac Général Carrera. Derrière ses eaux d’un bleu profond s’étendent des montagnes enneigées sur toute la largeur du lac. La piste est cahoteuse. Nous passons au dessus d’un petit ruisseau. Là, je suis surpris par l’importance de le montée qui surgit devant nous. La piste est mauvaise et escarpée. Idéfix n’a pas assez d’élan et patine tout en haut de la côte. Il n’y a rien d’autre à faire que de redescendre en marche arrière et de faire une deuxième tentative …
La troisième est la bonne. Lancé à toute allure, secoué dans tous les sens et faisant voler poussière et cailloux, Idéfix vainc la pente. Voilà les chauffeurs prévenus de la marche à suivre pour les prochaines montées.

Carretera Austral - Autour du Lago General Carrera
Carretera Austral - Autour du Lago General Carrera

Les prochaines montées sont nombreuses, mais la machine est rodée. Le seul ennui, à devoir arpenter les côtes à vive allure, est qu’il n’est pas question de ralentir sur les bosses de la tôle ondulée. Elles cassent la vitesse, mais surtout, elles secouent Idéfix comme un prunier. Et lorsqu’il s’agit de réitérer la manœuvre le long d’une corniche avec le lac dans le contrebas, autant dire qu’il n’est plus tellement question d’admirer le paysage. Sophie m’encourage et me guide, mais elle n’en mène pas large. Elle s’agrippe au siège et évite de regarder vers le bas.

Heureusement que la route descend aussi de temps en temps. Il est 19 heures. Nous nous arrêtons à Puerto Guadal, au bord du lac. Les enfants pêchent alors que maman et papa évacuent les émotions de la journée en discutant avec Yann et Géraldine qui nous ont rejoints.

Carretera Austral - Autour du Lago General Carrera
Carretera Austral - Autour du Lago General Carrera

Décors exotiques

Jeudi, 7 février 2008, en route vers Puerto Rio Tranquilo. La piste nous parait nettement moins difficile que hier. Pour la simple et bonne raison que les montées sont moins raides et moins longues.

A Puerto Rio Tranquilo nous embarquons sur un bateau pour aller voir “La Capilla de Marmol” (la chapelle de marbre). Ce matin, le ciel était gris mais maintenant les nuages nous ont quittés. Grâce au soleil étincelant la couleur bleue émeraude de l’eau du lac nous fascine. Le bateau s’approche petit à petit des roches. Nous apercevons des creux, des petites grottes façonnées au fil des années par l’eau. Quelle surprise lorsque le capitaine nous emmène dans l’une d’elles. La grotte est si petite que sa manœuvre est millimétrée. Les cavités sont toutes voûtées de marbre, et présentent d’étonnantes courbes et reliefs comme si les parois avaient été ciselées au burin par des mains expertes. Nous ne pouvons nous lever au risque de heurter la roche. Mais nous pouvons la toucher. Elle est lisse, douce et belle.

Carretera Austral - Capilla de Marmol
Carretera Austral - Capilla de Marmol

La balade se termine par la visite de la “chapelle”. En réalité c’est un immense bloc de roche au milieu de l’eau. L’érosion a fait qu’il ne tient plus que sur quelques “colonnes” et entre elles, la roche forme de jolies voûtes.

Carretera Austral - Capilla de Marmol
Carretera Austral - Capilla de Marmol

Après cette belle découverte nous retournons au village. Celui-ci compte au maximum dix rues et se trouve loin de toute grande ville. Les petits magasins sont approvisionnés en début de semaine. En fin de semaine nous n’y trouvons qu’un peu de fromage et quelques tomates.

Carretera Austral - Puerto Rio Tranquilo
Carretera Austral - Puerto Rio Tranquilo

C’est à 16 kilomètres plus au nord que nous trouvons un endroit où loger. Une nuit passée sur le terrain de ce fermier nous permet de nous rendre compte de la vie quotidienne des patagons de cette région. Tout est dans la simplicité. Les maisons sont toutes semblables. Les murs sont construits de lattes ou de tuiles en bois et le toit n’est qu’une tôle. C’est toujours le vieux chaudron placé au milieu de la pièce centrale qui chauffe toute la maison. Les habitants de cette maison ne bénéficient des avantages de l’électricité que depuis 2001.

Carretera Austral - habitant
Carretera Austral - habitant

Brume tropicale

Carretera Austral - Parc Pumalin
Carretera Austral - Parc Pumalin

Vendredi 8 février 2008, si la végétation dans cette partie du Chili est aussi exubérante, ce n’est certainement pas parce qu’il y fait sec. Aujourd’hui, nous en avons la démonstration. Le ciel est chargé de nuages gris. Les premières gouttes de pluie viennent s’écraser sur le pare-brise d’Idéfix. La piste est bonne, mais un peu lourde. La végétation nous paraît plus “exotique” que les jours précédents. La route est bordée de plantes de bambou, de fougères et de grosses “rhubarbes” aux feuilles énormes.

Carretera Austral
Carretera Austral

La brume reste suspendue entre les collines et offre au paysage une allure de forêt humide et tropicale. Dans cette verdure impénétrable surgissent des petites maisons isolées. Par-ci par-là, un enclos vide nous rappelle que nous sommes en Patagonie chilienne, pays du gaucho et du “peón” (meneur de bétail), où l’homme vit avec ses chevaux et son bétail sur ces terres immenses.

Maintenant, nous longeons le Rio Ibanez. Ses rives sont bordées d’arbres morts. L’apparence fantomatique des ces lieux est due aux retombées de cendres suite à l’irruption du volcan Hudson en 1991.

Carretera Austral - Bosque Muerto sur le Rio Ibanez
Carretera Austral - Bosque Muerto sur le Rio Ibanez

Au fur et à mesure que nous nous approchons de la ville de Coihaique, les petits enclos se transforment en prairies, les potagers en champs de blé, les petites baraques en bois en grandes baraques en bois. Et la piste de terre et de cailloux en asphalte. L’asphalte est plus roulant, mais nous sommes d’accord pour dire que la Carretera a tout de même nettement plus de charme en version “ripio”. Tout au long de la route, nous avons ressenti cette intense sensation de liberté de pouvoir voyager à notre rythme, notre maison sur le dos, dans un endroit aussi magique et nous nous avouons en avoir frissonné de bonheur.

Carretera Austral - Coihaique
Carretera Austral - Coihaique

Rodéo

Dimanche 10 février 2008, c’est le dernier jour de la “Semana del Pionero” à Coihaique. Nous nous rendons à un endroit, une prairie située bien en dehors de la ville, pour assister à un rodéo chilien, ici appelé “Jineteadas”. Ne voulant rien rater du spectacle, nous arrivons sur place à onze heures du matin. Bizarrement, l’endroit est désert. Lorsqu’un homme apparaît et s’approche de nous pour nous laisser entrer dans la prairie, nous commençons à comprendre. A voir sa démarche et ses yeux explosés, cet homme a dû passer toute la nuit à faire du rodéo sur le comptoir du saloon.

Carretera Austral - Rodéo à Coihaique
Carretera Austral - Rodéo à Coihaique

Notre idée se confirme et la scène devient de plus en plus fascinante au fur et à mesure que les personnages y font leur entrée. Nous observons un homme, habillé d’un chapeau et de grandes bottes noires équipées d’éperons. Il peine à seller son cheval. Une fois arrivé au bout de son effort, il tire son cheval par le mors et l’attache à une poutre avant de rentrer dans la baraque qui fait office de bar.

Carretera Austral - Rodéo à Coihaique
Carretera Austral - Rodéo à Coihaique

La baraque est construite sur le sol poussiéreux. Notre homme rejoint trois de ses copains attablés au fond du saloon et commande une bouteille de vin blanc pour se rafraîchir les idées.

Les vêtements et accessoires que ces hommes portent sont ceux qu’ils utilisent tous les jours. Il n’y a pas de tenue folklorique. Leurs bottes, leurs éperons, leurs bérets, leurs couteaux et leurs lassos sont vrais. Petit à petit, d’autres hommes émergent. Leurs traits, déjà très typés, sont tirés. Nous sommes les seuls touristes sur la prairie. Apparemment, nous sommes surtout arrivés trop tôt.

Carretera Austral - Rodéo à Coihaique
Carretera Austral - Rodéo à Coihaique

Ce n’est que vers quinze heures qu’une masse de locaux arrive et que les pick-up s’agglutinent autour de l’arène. On lâche la première vachette pour échauffer et dégriser les lanceurs de lasso qui tentent en vain d’attraper la vache par les pattes.

Carretera Austral - Rodéo à Coihaique
Carretera Austral - Rodéo à Coihaique

Un animateur, sans doute le comique du village, monte sur une estrade et s’empare du micro. Il lance les hostilités. Depuis l’enclos à vaches, on lui fait signe que la première monture est prête. C’est parti ! La vachette est lancée dans l’arène. L’homme cramponné sur son dos se maintient tant bien que mal. Il tient … 3 secondes.

Carretera Austral - Rodéo à Coihaique
Carretera Austral - Rodéo à Coihaique

Les prochains candidats sont plus doués. Le vainqueur a tenu 12 secondes et remporte la coquette somme de 100.000 Pesos chiliens (c’est-à-dire 140 Euros). Entre temps, l’homme qui nous a accueilli ce matin se faufile dans le public et tente de vendre des tickets de tombola. Il pointe son doigt vers le gros lot : une vachette affublée d’un gros nœud rouge.

Carretera Austral - Rodéo à Coihaique
Carretera Austral - Rodéo à Coihaique

Nous pourrions passer des heures à admirer la scène. Le temps d’une journée, nous avons l’impression d’être entrés dans un monde parallèle. Il fait chaud. Les sabots et les bottes soulèvent beaucoup de poussière. Le frigo du saloon reste la plupart du temps ouvert et la bière n’est donc pas très fraîche. En fin d’après-midi, ce sont des chevaux sauvages auxquels les hommes doivent tenir tête. Entre temps, les feux des “asadores” (barbecues) sont allumés et le saloon est préparé pour la fête de ce soir.

Carretera Austral - Rodéo à Coihaique
Carretera Austral - Rodéo à Coihaique

Nous décidons de rentrer. Les enfants ont de la poussière jusque dans les oreilles. Un homme nous autorise à monter à l’arrière de son vieux pick-up et nous emmène à Coihaique où une bonne douche et une bière fraîche nous attendent.

Carretera Austral - Retour à Coihaique
Carretera Austral - Retour à Coihaique

Les images hautes en couleurs de cette journée ne cessent de défiler encore dans nos têtes comme un film sans fin.

Carretera Austral - Rodéo à Coihaique
Carretera Austral - Rodéo à Coihaique

La vis mystérieuse

Lundi 11 février 2008, nous décidons de faire une petite inspection rudimentaire du véhicule avant de reprendre la piste en direction de Chaitén. “Tiens, qu’est-ce que c’est que ça? ” Je passe le bras entre le moteur et la plaque de protection fixée sous le châssis et j’en ressors un objet. Une vis! Elle semble provenir du bloc moteur d’Idéfix. Ca alors!

Une fois la vis remise en place, nous nous disons que dorénavant nous ferons nos petites inspections plus fréquemment.

“Ah, la piste … “

Mercredi 13 février 2008, le bruit des gouttes de pluie tombant sur le toit d’Idéfix nous réveille. Il pleut des cordes. Cela ajoute du suspens à nos questions concernant l’état de la piste. Un panneau nous informe qu’une partie de la route est fermée entre 10 heures et 14 heures pour cause de travaux.

Après une heure de piste, Idéfix s’engouffre à nouveau dans une forêt primaire. Nous sommes dans le Parc National Queulat. La pluie n’enlève rien au charme de la découverte des paysages, bien au contraire. La forêt est dense, belle, impressionnante, les cascades sont grandes, petites et jolies. Pour décrire les odeurs je devrais être l’auteur du livre “Le Parfum”, tellement elles sont douces, agréables, surprenantes. Au-delà de cette beauté trône une chose étonnante, inattendue, un glacier, le Ventisquero Colgante.

Carretera Austral
Carretera Austral

La piste devient de plus en plus sinueuse, étroite et boueuse. Nous sommes dans la partie des travaux. Pendant quelques kilomètres nous fixons nos yeux uniquement sur la piste. “Waw, Idéfix peut même faire du cross !” De temps à autre nous avons le temps de souffler lorsqu’une dame, travaillant pour les travaux publics, nous brandit un rond rouge perché sur une tige de bambou en guise de Stop.

Même si, de temps en temps, faire de la piste sur plusieurs centaines de kilomètres nous énerve, nous osons espérer que l’Etat chilien ne goudronnera pas cette partie de la Carretera Austral. Cela enlèverait une grande partie du charme et de l’authenticité de cette région. Malheureusement, certains industriels et hommes d’Etat préfèrent admirer leur portefeuille que la richesse naturelle de leur pays. Nous croisons des manifestants. Ils essaient de lutter contre l’implantation d’une usine. Le but de cette dernière est d’y installer des barrages afin d’obtenir de l’électricité bon marché. Les barrages et les déchets de l’usine risquent de faire de gros dégâts dans ce petit bout de paradis. Partout est affiché le slogan “Patagonia chilena sin represas ! ” (Patagonie chilienne sans barrages).

Carretera Austral - Puyuhuapi
Carretera Austral - Puyuhuapi

En fin de journée nous arrivons au village de Puyuhuapi. Tout est calme, des pêcheurs rentrent de leur journée de pêche, il pleut toujours. Tout est en bois, les maisons, les chapelles, les arrêts de bus, les magasins, etc. Nous nous garons près d’un petit square, au bord de l’eau. Quelques hommes s’abritent de la pluie. Nous pensons qu’ils attendent le bus, mais finalement, nous nous rendons compte qu’ils font tout simplement causette sur la place du village. Elle ne fait que 10 m² et apparemment nous sommes garés dessus.

Mer ou lac ?

Jeudi 14 février 2008, surprise au réveil. Hier soir, nous admirions les petits bateaux de pêche qui flottaient dans la baie. Ce matin, ils sont couchés sur le sable. Nous nous regardons d’un air interrogatif : “Le niveau de l’eau a baissé. Serions-nous face à la mer ? ” Eh, oui, à force de traverser plaines et forêts, de longer lacs et rivières, de contempler cascades et glaciers, nous en perdons un peu nos repères et avons complètement oublié que nous longeons le Pacifique depuis plus d’une semaine.

Notre dernier arrêt avant Chaitén est à Puerto Cardenas. Nous nous y garons sur la jetée. A côté de nous est amarré un vieux bateau. Même les enfants se demandent s’il peut encore naviguer. Mais quelle surprise lorsque nous voyons des vaches dans sa calle. Apparemment, certains fermiers préfèrent toujours effectuer le transport de leur bétail à l’ancienne, c’est-à-dire, tel ils le faisaient avant la construction de la Carretera Austral, par la voie de l’eau. Ce soir nous dormons au bord d’un… oui, d’un lac.

Carretera Austral - Puerto Cardenas
Carretera Austral - Puerto Cardenas

Un petit bout de paradis

Vendredi 15 février 2008, Chaitén signifie pour nous la fin de notre aventure sur la Carretera Austral, enfin presque. Au nord de cette ville se trouve le Parc Pumalin que nous ne souhaitons rater sous aucun prétexte. Mais avant cela, nous allons offrir quelques jours de repos à notre véhicule. Rien de tel qu’un bel emplacement au bord de l’Océan Pacifique. Nous nous y sommes à peine posés que mon regard remarque un mouvement inattendu dans les vagues… des dauphins ! Ah, que la vie est belle !

Carretera Austral - Santa Barbara
Carretera Austral - Santa Barbara

Lundi 18 février 2008, du sable, des rochers, des dauphins, l’Océan Pacifique, ces quelques mots résument notre nouveau bivouac. Les enfants jouent aux Power Rangers et aux Cités d’Or sur les rochers. Les adultes bavardent, discutent, écrivent et scrutent l’horizon à la recherche des dauphins. Dès que ces derniers approchent, tout le monde attrape son appareil photo ou sa caméra.
La température baisse fortement lorsque le soleil se couche. Mais rien de tel qu’un feu de camp sur la plage pour nous réchauffer et pour profiter de ce bel endroit jusque tard dans la nuit.

Carretera Austral - Santa Barbara
Carretera Austral - Santa Barbara

Mardi 19 février 2008, dur, dur l’école avec tant de dauphins qui surfent sur les vagues !
En milieu de journée, la tentation est trop grande, nous ne résistons plus à l’envie de nager avec ces animaux. Mais en vain. A peine nous sommes-nous lancés dans l’eau glacée du Pacifique que les dauphins prennent la fuite. Il n’y a même plus une nageoire dorsale en vue.

Carretera Austral - Parc Pumalin
Carretera Austral - Parc Pumalin

La journée n’est pas terminée et nous quittons Santa Barbara pour nous plonger dans la nature luxuriante du parc Pumalin. C’est le plus grand parc privé au monde. Il préserve 300.000 hectares de forêts primaires. Le propriétaire, Douglas Tompkins, créateur de différentes marques de vêtements, dont Esprit, protège ainsi une partie de la nature de ce pays. Le parc s’étend de la frontière argentine à la côte et coupe donc le territoire chilien en deux parties. Cela semble ne pas arranger les hommes d’Etat, ni certains industriels.

Carretera Austral - Parc Pumalin
Carretera Austral - Parc Pumalin

Se promener dans ce parc est un réel bonheur. C’est un des rares endroits où l’on peut encore admirer le “Alerce”, le Mélèze Andin. Cet arbre peut atteindre une hauteur de 80 mètres et a une longévité de plus de 3000 ans. Le Alerce, maintenant protégé, était jadis en voie de disparition. Son bois semble excellent pour toutes sortes de constructions. Vu que dans cette partie du Chili tout est en bois nous comprenons pourquoi l’existence de cet arbre était en danger.

Carretera Austral - Fleurs et plantes
Carretera Austral - Fleurs et plantes

Evidemment, ce parc contient une flore très riche, dont d’énormes fougères, des lianes, des rhubarbes géantes, mangées crues et salées au mois de septembre, des bambous, de la mousse et de-ci de-là de jolies petites fleurs. Les enfants semblent si petits dans cette forêt immense. Lever la tête à la recherche des cimes des arbres nous donne le tournis.

Carretera Austral - Parc Pumalin
Carretera Austral - Parc Pumalin
Carretera Austral - Parc Pumalin
Carretera Austral - Parc Pumalin

Mercredi 20 février 2008, au programme du jour, une autre promenade dans le parc. Mais cette fois-ci en compagnie de nos amis Coen, Karin, Yann et Géraldine. Les petits chemins tracés, les escaliers de bois façonnés entre les racines, les troncs, les lianes, les murs de roche couverts de mousse nous mènent d’une cascade à l’autre. Celles-ci sont tellement belles et l’eau semble si douce que si nous en avions l’autorisation, nous nous baignerions dessous.

Carretera Austral - Parc Pumalin
Carretera Austral - Parc Pumalin
Carretera Austral - Parc Pumalin (Thanks to Cheminsdumonde.net)
Carretera Austral - Parc Pumalin (Thanks to Cheminsdumonde.net)

Yann joue au guide et ouvre la cordée. Pauline, sautille telle une petite chèvre mais profite néanmoins de la gentillesse de nos amis pour parcourir quelques mètres sur leurs épaules. Sophie joue à Jane et Damien ferme les rangs.

Le Parc Pumalin contient plusieurs campings. Mais ils sont essentiellement aménagés pour des tentes et il est interdit de faire du camping sauvage. La décision est vite prise, nous retournons à la belle plage de Santa Barbara.

Carretera Austral - Santa Barbara
Carretera Austral - Santa Barbara

Jeudi 21 et vendredi 22 février 2008, au lever, la brume cache notre jolie vue sur la mer et sur le volcan Corcovado. Quelques heures plus tard, le temps de faire l’école, le voile s’est levé. Yann et Pauline jouent le restant de la journée sur la plage. Dès que les dauphins apparaissent ils nous appellent tout excités. Nous finissons même notre repas, l’assiette à la main, au bord de l’eau.

Carretera Austral - Santa Barbara
Carretera Austral - Santa Barbara

Le spectacle est grandiose. Au coucher du soleil, la visibilité est telle que nous pouvons apercevoir l’île de Chiloé. C’est notre prochaine étape.

Carretera Austral - Santa Barbara
Carretera Austral - Santa Barbara
Carretera Austral - Santa Barbara
Carretera Austral - Santa Barbara

End of the road, thank you ferry much

Samedi 23 février 2008, un dernier regard vers la plage, la mer et ses dauphins et nous quittons définitivement ce bel endroit ainsi que la Carretera Austral. Notre ferry nous attend. Le départ est prévu à 13 heures. Cependant, l’embarquement est quelque peu retardé. Un véhicule a cassé sa barre de transmission sur la rampe de débarquement et bloque le passage pour les autres véhicules. Vers 13 heures 20, après avoir observé une voiture en panne débouler la rampe d’accès le moteur éteint, nous pouvons enfin monter à bord. Le ferry largue les amarres. Nous voilà en route pour la “Isla Grande Chiloé”. Du bateau, nous regardons Chaitén et nous nous félicitons d’avoir parcouru cette fameuse et fascinante Carretera Austral.

 

Torres del Paine (Chili) - 7/1/08 au 15/1/08

Du lundi 7 janvier au mercredi 9 janvier 2008, nous partons faire un petit tour d’exploration dans la zone franche de Punta Arenas. Même si les prix n’y sont pas forcément intéressants, on y trouve réunis un tas de produits qu’on ne trouve pas partout en Amérique Latine. Nous y achetons un disque dur pour les sauvegardes de nos photos, un couteau suisse et des cannes à pêche pour les enfants. Nous passons la nuit garés le long d’un trottoir dans un quartier résidentiel. Nous avons demandé la permission à l’un des habitants qui n’y voyait pas d’inconvénients.

Nous passons plusieurs heures dans la zone portuaire de la ville. Nous y rendons visite à différentes agences maritimes afin de dénicher une compagnie de cargo qui puisse assurer le transport d’Idéfix vers l’Australie. Tous les départs pour l’Australie se font depuis Santiago (Valparaiso), mais les agences travaillent sur plusieurs ports. Alors nous profitons de notre passage par Punta Arenas pour faire connaissance avec les agences, qui de toutes façons ne répondent quasi jamais lorsqu’on les contacte par e-mail. Deux de ces agences travaillent avec l’Australie et nous promettent une réponse rapide … par e-mail.

Les “sélénites” aussi sont de passage à Punta Arenas. Ils sont suivis de Laurent, Delphine et leurs enfants, voyageant également en camping-car. Ils se joignent à nous dans notre quartier résidentiel pour y passer la nuit. Nous voilà à trois camping-cars le long du trottoir dans cette rue bordée de jolies petites maisons. Les habitants semblent néanmoins s’amuser de notre présence.

Jeudi 10 janvier 2008, la dernière ville, du moins lorsque nous venons de sud, avant d’atteindre le Parc National Torres del Paine, est Puerto Natales. C’est une ville très basique, toutes les maisons se ressemblent, la plupart sont construites en bois et elles ont toutes, comme dans de nombreuses villes patagoniennes, un toit rouge, vert ou bleu. Vue de haut, c’est une ville très colorée. Nous ne passons qu’une demie journée ici, le temps d’y trouver une bonne carte de la région et du Parc National Torres del Paine et d’y faire quelques réserves de nourriture et de boisson.

Puerto Natales
Puerto Natales
Cueva del Milodon
Cueva del Milodon

Vendredi 11 janvier 2008, remontant depuis Puerto Natales, nous nous arrêtons à hauteur de la “Cueva del Milodón”. Nous attendons que les français nous rejoignent, puis nous partons ensemble visiter la fameuse grotte. C’est dans cette énorme grotte que l’on a découvert les restes d’un “paresseux”, animal préhistorique qui a disparu depuis l’âge de glace. Les six enfants marchent devant et sont tout excités d’explorer une grotte où ont vécu toutes sortes de bêtes préhistoriques. Il faut dire qu’avec le bruit qu’ils font, même les animaux résidant actuellement dans la grotte ne sont pas à l’abri d’un danger d’extinction immédiate.

Nous, les parents, peu impressionnés par la visite, décidons de continuer notre route vers le Parc National Torres del Paine ce soir même. Il est dommage, cependant, que la nuit tombe, car la route qui mène ver l’entrée sud du parc doit être de toute beauté en plein jour. Elle longe quelques lacs à l’eau bleu azur et offre quelques points de vue sur les glaciers et sur les pics rocheux du parc. Nous entrons dans le parc vers minuit et garons nos trois camping-cars sur le parking d’un hôtel près du Lago Grey.

Route vers Torres de Paine
Route vers Torres de Paine

Samedi 12 janvier 2008. “Voilà les enfants, ce qu’est un glacier!” Du bord du Lago Grey nous voyons le glacier Grey s’agripper à la roche. Sur le lac, quelques blocs de glace, qui ont lâché prise, flottent en s’éloignant. Depuis notre mirador, le glacier paraît un peu loin. De plus, le ciel nuageux n’améliore pas la visibilité. Néanmoins, la promenade est agréable et elle nous offre un petit avant-goût des glaciers avant que nous n’allions visiter ceux d’Argentine.

Torres del Paine - Glacier Grey
Torres del Paine - Glacier Grey

L’après-midi, l’apparition de la pluie vient perturber nos plans et notre bonne humeur. Les parents restent dans le camping-car et profitent de la connexion Wifi de l’hôtel, alors que les enfants se fabriquent des camps dans les bosquets.

Dimanche 13 janvier 2008, le Parc National Torres del Paine, classé Réserve de la biosphère par l’Unesco en 1978, serait l’un des plus beaux parcs du Chili. Probablement parce que les paysages sont très variés, il y a de la steppe, des forêts, des montagnes, des lacs et des glaciers. Le nom du parc provient des trois montagnes élancées qui se trouvent côte à côte. Il y a également les trois “Cuernos del Paine” (cornes du Paine).

Torres del Paine
Torres del Paine

Lors de la promenade, à partir de la guarderia du Lago Pehoe, Damien ne cesse d’essayer de trouver les trois tours. Mais tout au long de la journée, nous serons surplombés par les trois cornes. Cette promenade est superbe, elle nous mène d’une belle cascade à un passage culminant où le vent souffle si fort que le temps d’un instant, en ouvrant ses bras, on peut rêver d’être un condor et imaginer de se laisser emporter par le vent. Mais rapidement les cris de joie des enfants nous ramènent à la réalité.
Le soleil brille et nous permet d’apprécier à sa juste valeur ce superbe endroit, ces magnifiques paysages, le vert des arbustes, le jaune de leurs fleurs, le bleu du lac et du ciel, le blanc étincelant de la neige posée sur une roche grise. Les montagnes ne sont pas très hautes (maximum 2900 mètres) mais leurs formes les rendent tout simplement majestueuses. On s’y sent tout petit mais très heureux.

Torres del Paine
Torres del Paine
Torres del Paine
Torres del Paine

Lundi 14 janvier 2008, la piste qui nous mène du Lago Pehoe à l’entrée Laguna Amarga est belle, mais sans plus. Accompagnés de deux autostoppeurs chiliens nous profitons néanmoins de cette route. Au détour d’un virage, nous apercevons un lac et, oh surprise, deux condors viennent embellir le décor. Ce sont les premiers que nous pouvons observer de si près. Les enfants ont le nez scotché à la fenêtre et expriment leur joie par des “Waw ! “.

Arrivés à la guarderia, nous demandons s’il est possible de remplir nos réservoirs d’eau. Le gardien refuse en disant que le robinet ne fonctionne pas bien. La fille chilienne, que nous avons prise en autostop, part chez le gardien munie de son meilleur espagnol et de son plus beau sourire. Surprise, elle obtient la permission de prendre de l’eau…
En fin d’après-midi, les deux camping-cars français nous rejoignent à notre emplacement le long de la rivière. Mais ils vont continuer leur route vers la Laguna Amarga.

Les enfants, comme d’habitude, jouent au bord de l’eau et Damien se régale avec l’appareil photo car nous voyons enfin les “Tres Torres”.

Torres del Paine
Torres del Paine

Mardi 15 janvier 2008, ciel dégagé. Les trois tours du Paine s’affichent sur une toile bleu clair. Il n’y a pas un nuage à l’horizon. Notre petite famille traverse le pont étroit à pied et part en randonnée. Les vues sur les pics ensoleillés défilent inlassablement. La nature est fort différente des autres endroits, c’est plus aride, moins vert et le sol est couvert de nombreuses branches mortes.
Pauline est en pleine forme. Yann est un peu grognon car il n’y a pas de rochers à escalader sur ce sentier. Néanmoins, les enfants marchent bien.

Torres del Paine
Torres del Paine

Vers 16 heures, nous levons le camp et quittons le Parc National pour passer la nuit à seulement 3 kilomètres d’ici, au bord de la Laguna Amarga. Les enfants y retrouvent leurs amis, Océane, Timothée, Romane et Sam.
L’endroit est une fois de plus joli et calme. Notre présence ne semble nullement déranger les guanacos et les nandous qui vivent ici.

Torres del Paine - Laguna Amarga
Torres del Paine - Laguna Amarga
Torres del Paine
Torres del Paine

 

En route pour le Pérou (Chili) - 26/07/07 au 29/07/07

Côte entre Calama et Iquique
Côte entre Calama et Iquique

Jeudi 26 juillet 2007, nous quittons San Pedro de Atacama et ses merveilleux couchers de soleil. Cap vers le Pérou ! La première partie de la route est très belle, nous traversons la Vallée de La Lune. Ensuite, les paysages sont moins jolis, toujours identiques, des montagnes de pierres et de sable, aucune verdure, aucune vie, ni animale, ni humaine. Nous nous arrêtons à Calama pour y passer la nuit. Un monsieur nous accueille chaleureusement dans son camping.

Aujourd’hui, notre bonne étoile nous a encore fait preuve de sa présence. Un couple de suisses en 4×4 se sont fait cambrioler leur véhicule sur le parking du supermarché où nous nous sommes également arrêtés pour faire nos courses une heure plus tôt. Nous avions hésité à faire les courses à nous quatre mais les enfants avaient insisté pour rester dans Idéfix et d’y jouer un jeu avec Damien pendant que je faisais les courses… merci les enfants !

Côte entre Calama et Iquique
Côte entre Calama et Iquique

Vendredi 27 juillet 2007, nous reprenons la route vers la côte. A l’intérieur du pays les paysages sont toujours aussi arides. La route longe des flancs de montagnes. Le beige, dans toutes ses variantes, est la seule couleur que la nature nous offre depuis deux jours.
Soudainement, la mer ! Je ne suis pas mécontente de me retrouver à la même altitude qu’à celle de notre plat pays.

Côte entre Calama et Iquique
Côte entre Calama et Iquique

Nous nous arrêtons au bord de la mer pour déjeuner. Nous observons des pélicans qui volent à quelques centimètres au-dessus de l’eau, piquent leur tête dans la mer pour attraper un poisson et qui se posent finalement sur un rocher pour manger leur proie. Je ne peux m’empêcher de sortir du motorhome pour les prendre en photo. Tiens, j’entends un drôle de bruit. Je connais ce cri. C’est de quel animal encore ? Des phoques !! Je cours vers Idéfix, toute excitée. Tout le monde cesse de manger. En un temps éclair nous nous retrouvons tous les quatre sur les rochers pour admirer les phoques qui se dorent au soleil sur un grand rocher entouré d’eau. Ils sont un peu loin mais nous sommes tous heureux de cette belle surprise.

Côte entre Calama et Iquique
Côte entre Calama et Iquique

Une heure plus tard, nous continuons notre route vers Iquique et observons sans cesse la côte à la recherche d’autres phoques. Ce soir, nous avons trouvé un bel emplacement au bord de la mer dans un petit camping à l’entrée de la ville. Yann passe encore une bonne heure dehors à observer les phoques que nous voyons de loin. Pauline, quant à elle, fait des puzzles.

Samedi 28 juillet 2007, avant de prendre la route vers Arica, dernière ville avant la frontière péruvienne, nous partons à la recherche d’une usine à gaz. Selon d’autres voyageurs nous pourrions y faire remplir notre bombonne de gaz argentine. Nous nous dirigeons vers la zone franche où serait située cette usine. Mais tout à coup, nous voyons un distributeur de gaz avec une pompe sur laquelle est écrit GLP ! Non, serait-ce du LPG ? Ce serait trop beau si on pouvait remplir notre grand réservoir. Damien part se renseigner, un de nos embouts se fixe sur la pompe… nous avons du LPG !! Ce qui signifie, plus aucun souci de gaz pendant plusieurs mois, pas de soucis de chauffage lors des nuits de gèle au Pérou et en Bolivie. Cool ! Nous reprenons la route avec un énorme sourire aux lèvres.

La route qui nous mène vers Arica ne longe pas la côte, elle est plus à l’intérieur du pays. Nous constatons que cette région-ci, pourtant si proche de la mer, est toujours très sèche. La ville où nous logeons ce soir se trouve à la côte et nous nous installons sur le parking d’un hôtel, avec vue sur mer.

Dimanche 29 juillet 2007, nous quittons la ville côtière d’Arica. Dans quelques heures nous serons au Pérou. A la frontière, le douanier nous demande nos quatre formulaires.
- “Quels formulaires ? ”
- “Il faut que vous remplissiez un formulaire en quatre exemplaires. Vous pouvez acheter ces formulaires au casino d’Arica.”
- “Pardon ?”
- “Oui, sans ça, vous ne passerez pas au Pérou. Soit, vous pouvez toujours demander à un chauffeur de taxi de vous vendre des formulaires.”
A ce moment, un chauffeur de taxi est justement en train de monter dans son véhicule. Nous l’interpellons avant qu’il ne parte. Il semble comprendre de quoi il s’agit. Il est tellement pressé qu’il nous remet quatre feuillets vite fait puis part en trombe pour passer la frontière. Gracias senior!

A la douane péruvienne nous passons le contrôle sanitaire, le contrôle de douane, le contrôle de santé (?) et le service d’immigration. Ca y est, nous sommes au Pérou. En traversant la ville de Tacna, nous nous arrêtons afin de trouver de la monnaie péruvienne (le “Nueve Sol”). Nous nous apercevons tout de suite que les indications sur les routes sont quasi inexistantes dans ce pays. Une heure plus tard, nous en payons les frais lorsque nous nous rendons compte que nous ne sommes pas sur la bonne route et que nous devons rebrousser chemin. Pas moyen non plus d’acheter une bonne carte routière ou un simple sandwich dans une station service. Nous trouvons quand même un paquet de crackers qui fera l’affaire pour notre pique-nique de ce midi. Nous nous félicitons d’avoir fait le plein d’essence à Arica car entre la frontière et Aréquipa, les pompes à essence sont tellement délabrées, anonymes et désertes qu’on n’y prendrait même pas de l’essence pour sa tondeuse.

Route vers Arequipa
Route vers Arequipa

Par contre, au fil des kilomètres, la route s’embellit. Bientôt, nous voyons apparaître le volcan, au sommet enneigé, au pied duquel est située la ville d’Aréquipa. Nous y arrivons juste à la tombée de la nuit et logeons sur le parking d’un hôtel à deux pas du centre-ville.

 

San Pedro de Atacama (Chili) - 24/07/07 au 25/07/07

Mardi 24 juillet 2007, San Pedro de Atacama est une toute petite ville située dans une région désertique. Toutes les maisons ont la même allure, les murs en sont construits à base de terre et de paille et ont la couleur du désert.

San Pedro de Atacama
San Pedro de Atacama

Ce matin, les enfants jouent au ping-pong, Damien et moi faisons un petit nettoyage rapide d’Idéfix et ensuite, nous partons vers la rue principale afin d’y réserver notre excursion prévue en fin d’après-midi : La Vallée de la Lune.
Séance école après le déjeuner et ensuite nous préparons nos affaires pour LA sortie de la journée : bonnets, écharpes, vestes, crème solaire, de l’eau, l’appareil photo, la caméra et le statif dans les sacs, bottines aux pieds, lunettes solaires sur le nez et casquette sur la tête. Nous sommes dans une région très sèche et le soleil brille de tout son éclat. Mais dès le coucher du soleil la température chute très fort et il faut troquer sa casquette contre un bonnet et ajouter quelques couches de vêtements.

Vallée de la Mort
Vallée de la Mort

Nous voilà partis dans un minibus avec d’autres touristes. Yann est très calme. A mon avis il craint que nous montions à nouveau très haut en altitude. Je le rassure et quelques minutes plus tard il retrouve sa joie de vivre. Nous faisons un premier arrêt à la “Vallée de la Mort”. Cette vallée est nommée ainsi car il n’y a aucune vie. La vue sur cette vallée est impressionnante et d’autant plus que le vent souffle très très fort. Je n’ose pas lâcher Pauline de peur que le vent la pousse dans le précipice. Elle qui est légère comme une plume. Après quelques minutes de “cheese” suivies des cliquetis des appareils photo, le minibus reprend sa route vers le parc national. Un deuxième arrêt nous mène vers un site appelé “Las tres Marias” ainsi qu’à une grotte de sel. Toutes les roches de la région sont en grande partie constituées de sel et de certains métaux, tel le cuivre. Il y a d’ailleurs de nombreuses mines de sel dans la région.

Vallée de la Lune
Vallée de la Lune

Finalement nous arrivons vers dix-sept heures à un des endroits clés de la Vallée de la Lune. Nous escaladons une énorme dune, ensuite Damien, Yann, Pauline et moi-même empruntons un petit chemin en haut des rochers afin d’y dénicher un bel endroit pour admirer le coucher du soleil sur la vallée.

Vallée de la Lune
Vallée de la Lune

Le spectacle est grandiose ! Les couleurs sont magnifiques et c’est à contrecœur que nous rangeons nos appareils car nous devons rejoindre le minibus à 18h20 précises. Mais nous rentrons ce soir au camping heureux … Ah, que c’était beau !

Vallée de la Lune
Vallée de la Lune


Vallée de la Lune
Vallée de la Lune

Mercredi 25 juillet 2007, notre excursion à la Vallée de la Lune nous a tellement plu que nous n’hésitons pas à nous inscrire dans une agence pour une excursion au Salar d’Atacama, ainsi qu’à la réserve des flamants roses.
Nous passons une journée classique de jeux, d’école et organisons notre route vers le Pérou. Puis, nous quittons le camping avec tout le matériel nécessaire, comme hier.

IMG_1873.JPG
IMG_1873.JPG

Nous faisons un premier arrêt dans un petit village. Des petits drapeaux noirs sont accrochés à de nombreuses façades dans toutes les ruelles. L’on nous explique que c’est en guise de protestation contre les grandes mines de sel. Le village est situé dans une région très sèche et il y a donc très peu d’eau. Les villageois protestent car une grande partie de l’eau est utilisée dans les mines. De plus, les lacs du parc national se dessèchent de plus en plus, au détriment de la flore et de la faune, dont essentiellement des flamants roses. Ils veulent absolument préserver la richesse naturelle du parc et ils n’ont pas tort.

Salar de Atacama
Salar de Atacama

Arrivés au lac salé, nous nous promenons sur cette grande étendue de sel. Nous nous dirigeons vers un lac où se trouvent des dizaines de flamants roses et quelques autres espèces d’oiseaux. Nous attendons le coucher de soleil tout en observant ces élégants volatiles. Yann et Pauline les observent avec les jumelles et nous avec notre appareil photo et caméra.

Salar de Atacama
Salar de Atacama

Quel spectacle, quelles couleurs, quel paysage. Le blanc du sel, le bleu de l’eau, le rose de ces oiseaux, les montagnes et volcans enneigés et puis le ciel qui nous montre toutes ses plus belles couleurs. On se croirait dans un dessin animé de Walt-Disney. C’est tellement féérique, tellement extraordinairement beau !

Salar de Atacama
Salar de Atacama