Au plaisir …

… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Retour à la vie de tous les jours! (Belgique) - 19/06/2009 au 30/09/2009

Vendredi 19 juin 2009, nous quittons l’Australie, ce superbe pays que nous avons sillonné pendant 9 mois. Nous montons dans l’avion avec un pincement au cœur car nous savons qu’une page importante de notre vie se tourne. L’aventure n’est pas tout à fait terminée, mais elle prend un énorme virage, nous retournons vers notre vie “d’avant”.

Le nez collé au hublot, nous regardons les côtes australiennes s’éloigner de nous. Pendant ces 24 heures de vol, nous avons tout le temps pour faire le point sur les deux années que nous avons passées en famille tout au long de cette fabuleuse aventure. Cependant, l’excitation du retour imminent ne laisse pas la place aux rêveries du temps passé. Bientôt, nous allons revoir nos familles et nos amis. Nous n’allons pas seulement les revoir et les serrer bien fort dans nos bras, mais nous allons nous réintégrer dans leurs vies. Nos familles et amis feront à nouveau partie de notre vie de tous les jours. Plus besoin de s’envoyer des emails ou de fixer des rendez-vous sur skype pour communiquer, ils seront là en chaire et en os.

Comment allons-nous vivre les premiers jours en Belgique? Comment sera la maison que nous avons louée pour une période de dix mois, le temps de récupérer la nôtre? Qui pourra nous aider pour le déménagement? Les enfants pourront-ils reprendre leur scolarité comme si rien ne s’était passé? Qu’allons nous faire d’Idéfix une fois qu’il sera de retour en Belgique? Comment vont réagir nos collègues de travail lorsque nous reprendrons nos métiers respectifs? Voilà les questions qui occupent vaguement notre esprit sans pour autant nous tourmenter. Notre retour est programmé. Dans quelques mois nous habiterons la même maison qu’avant, nous retrouverons les mêmes métiers, les enfants retrouveront la même école, les mêmes clubs de sport, nos familles et amis seront toujours là. Et nous, aurons-nous changé?

Nous rentrons au pays, alors que l’Europe patauge dans une crise financière qui fait des ravages. Est-ce que nous serons crédibles si nous balançons autour de nous des “tranquillo” argentins ou des “No worries” australiens? Combien de temps pourrons nous rester “zen” nous-mêmes sans tomber dans l’engrenage de la vie et des tracas de tous les jours?

Quelles que soient les réponses à ces questions, que seul le temps peut donner, nous sommes certains d’une chose: rien ni personne ne pourra nous enlever l’expérience fabuleuse que nous avons vécue. A lui seul, le souvenir du voyage nous donnera toujours un énorme sentiment de satisfaction.

Samedi 20 juin 2009, pour l’heure, l’excitation est à son comble. Nous descendons du TGV en gare de Lille, et guettons le quai tout en déchargeant le train de nos valises, sacs à dos, planches de bodysurf, koala et kangourou en peluche et le didgeridoo de Yann. Nos parents respectifs sont venus nous accueillir et se retrouvent tous les quatre avec l’un de leurs enfants ou petits-enfants dans les bras. Une fois l’écoulement d’intenses émotions passé, nous tentons de rassembler nos bagages éparpillés sur le quai. “Et voilà …”, c’est la seule chose que nous trouvons à dire pour signifier que notre retour est définitif, que finalement, ce n’était pas si long que ça et que nous mangerions bien quelque chose autour d’une grande table, entourés de tout ce beau monde. Christophe et Delphine nous font la surprise de nous rejoindre pour le repas, accompagnés de leurs 3 enfants, les cousins qui ont tant manqués à Yann et Pauline.

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Mardi 23 juin 2009, hier nous avons finalisé l’organisation de notre emménagement dans notre maison provisoire, où nous vivrons une dizaine de mois, le temps que nos locataires libèrent notre propre maison. Ce matin, nous prenons notre petit-déjeuner tranquillement, sous un soleil radieux, lorsque le facteur sonne à la porte pour nous apporter une lettre recommandée. Coup de théâtre! La lettre provient de nos locataires qui nous signifient qu’ils désirent résilier leur bail de location avant son terme! Faut-il en rire ou en pleurer? Subitement, nous nous rendons compte que nous allons récupérer notre propre maison bien plus tôt que prévu! Mais en même temps, nous nous retrouvons avec deux maisons sur le dos! La surprise est de taille. Difficile dès lors de rester “tranquillo” tout en sirotant un dernier café et en profitant du beau temps qui règne sur la Belgique. Nous passons le restant de la journée à passer des coups de fil, des fax et des emails afin de régler au plus vite cette situation épineuse.
Le lendemain matin, la situation semble s’être arrangée. Le soleil brille toujours et nous faisons déjà nos projets pour réintégrer notre doux foyer dès qu’il se libérera. Et pendant ce temps, Idéfix, notre maison roulante, vogue sur les eaux de l’Océan Pacifique.

Jeudi 2 juillet 2009, nous avons rendez-vous à l’école de Yann et Pauline. Ils doivent y faire un petit test afin que l’école puisse évaluer s’il peuvent commencer l’année scolaire dans leurs classes respectives. Ils passent le test avec brio. La coordinatrice de l’école nous annonce que Yann et Pauline sont très clairement à niveau pour entrer dans les classes qui correspondent à leur âge. Sauf Pauline qui, ayant sauté une année de maternelle pendant le voyage, pourra directement entrer dans une classe où elle sera forcément la plus jeune. Nous en profitons pour remercier l’école pour tout le soutien qu’elle nous a donné, avant, pendant et après le voyage. Les enfants explorent leurs nouvelles classes et commencent juste maintenant à se rendre compte qu’ils y passeront bientôt huit heures par jour. Mais ce dont ils ne se rendent pas encore compte aujourd’hui, parce qu’on est en période de vacances, c’est que bientôt ils seront entourés de dizaines de copains de classe.

Vendredi 3 juillet 2009, Sophie a la confirmation qu’elle pourra reprendre son poste de logopède (orthophoniste) dès le mois de septembre. Damien reprendra déjà son boulot à la mi-juillet. Apparemment, il y a du pain sur la planche. Si les collègues l’ont autorisé à partir en vadrouille pendant deux ans, il peut difficilement leur refuser de revenir dès que le boulot appelle.

Samedi 4 juillet 2009, nous passons les mois d’été à rendre visite à nos amis, à participer à toutes les fêtes de famille, à sélectionner nos photos de voyage pour en faire un album, à faire de la voile, à trouver une voiture, à organiser notre déménagement, à travailler, à jouer des jeux de société avec les enfants, et … à prendre des vacances. Eh oui, difficile de refuser un petit séjour à Saint-Emilion, à la côte belge ou en Bretagne dès lors que c’est la famille qui nous appelle. Nous avons encore tant de choses à nous raconter … et du bon temps à passer ensemble.

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Dimanche 30 août, la rentrée est dans deux jours. Et aujourd’hui, nous réintégrons notre maison. Nous embarquons quatre matelas et sélectionnons une dizaine de caisses en carton dont nous espérons qu’elle contiennent l’essentiel de notre service à petit déjeuner et quelques casseroles, histoire de pouvoir passer la première semaine d’école sans avoir à faire le grand déménagement. De toute façon, on a l’habitude de camper …

Par ailleurs, nous tenions à dire un grand merci à maman et papa Holvoet de nous avoir hébergés durant l’été!

Mardi 1 septembre 2009, c’est la rentrée. Les enfants bouclent leur cartable. Il n’est plus question de traîner lors du petit-déjeuner. L’école commence à l’heure! Bonne journée les enfants. Et n’oubliez pas de lever le doigt si vous voulez demander quelque chose, de ne boire de l’eau que lors de la récréation, de passer aux toilettes avant d’entrer en classe, de…

Premier jour d'école
Premier jour d'école

Lundi 7 septembre 2009, Pauline a un peu de mal à s’adapter au système scolaire. Elle a besoin de temps pour trouver ses repaires: elle se perd dans les couloirs de l’école et a surtout peur de mal faire. Un soir, en rentrant de l’école, elle nous demande même si elle a le droit de se moucher le nez en classe… Sophie la rassure et tente avec patience de lui expliquer qu’elle aura besoin de quelques semaines pour s’habituer à l’école, mais que très bientôt, elle s’y amusera comme une folle. Yann par contre, se régale. Il parle tellement de ses copains et des parties de foot, que nous nous demandons s’il pense aussi à rester concentré sur ses cours.

Dès cette première semaine de septembre, nous nous sommes tous les quatre plongés dans cette vie active si typique de notre pays: école, travail, courses, lessives, visites médicales, devoirs, mais surtout aussi le sport. C’est très simple, nous jouons tous les quatre au hockey… mais pas le même jour, ce serait trop simple…

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Samedi 12 septembre 2009, le camion de déménagement est plein à craquer, aujourd’hui nous ramenons à la maison toutes nos caisses que nous avons emballées et fermées il y a plus de deux ans. Mais comment avons-nous bien pu accumuler toutes ces choses? Lorsqu’on a vécu dans 15 mètres carrés pendant deux ans, il devient difficile de concevoir qu’on ait un jour eu besoin de tant de babioles. Qu’à cela ne tienne, les caisses s’entassent dans notre maison et nous nous contentons de déballer le stricte nécessaire pour l’instant. Par contre, les enfants se jettent sur toutes les caisses qui leurs sont destinées. Ils ont beau avoir appris à lire en Néerlandais, il ne leur faut pas beaucoup d’effort pour pouvoir déchiffrer l’inscription “Jouets” sur les caisses qui les intéressent. Ils déballent tout et mettent d’emblée un désordre épouvantable dans toutes les pièces de la maison. Ils vont même jusqu’à jouer avec les jeux de bébé qu’ils n’avaient plus vus ni touchés depuis si longtemps. Leur excitation est si émouvante que nous les laissons faire, bien évidemment.

Le déménagement
Le déménagement

Lundi 21 septembre 2009, les enfants s’épanouissent à l’école. Leurs résultats sont excellents. Dès que l’un d’eux rentre à la maison en brandissant un 10/10 pour une dictée ou un 15/15 pour un test de calcul, nous nous regardons avec fierté. Nous ressentons un certain soulagement également. Car si le but de notre voyage était bel et bien de passer du temps en famille, il n’en demeure pas moins que ce sont nous, les parents, qui avons en quelque sorte arraché nos enfants aux structures conventionnelles. Le challenge pour nous était de nous assurer qu’ils puissent y revenir dès que notre voyage se terminerait. Aujourd’hui, il semblerait que nous avons réussi ce challenge. Pourvu que nous puissions le confirmer en fin d’année scolaire…

Mercredi 30 septembre 2009, Idéfix est arrivé au port d’Anvers. Un docker vient le déposer à la sortie du parking du quai hautement sécurisé. Il est en parfait état. Quel soulagement. Le docker insiste pour que nous laissions tourner le moteur, car la batterie aura sans doute besoin d’un fameux coup de recharge. Damien passe au bureau des douanes afin de faire signer le carnet de passage en douane du véhicule, histoire de pouvoir fournir une preuve que le véhicule est bien rentré en Belgique. C’est la pause déjeuner, il va falloir attendre que les bureaux s’ouvrent, à 13h00. Bon, soit, on en a vu d’autres. A 13h00 l’employée des douanes semble perturbée par le document que nous lui présentons. Elle consulte ses collègues, puis fais quelques recherches sur internet. Au bout d’une demi-heure elle revient vers nous et nous demande comment cela se fait que le véhicule ait quitté l’Australie le 11 juin, et que nous ne le présentons en Belgique que le 30 septembre. Nous lui répondons qu’il a passé tout ce temps sur le bateau. “Quoi, il a passé 3 mois et demi en mer? C’était quoi ce bateau, un pédalo?” La douanière finit par nous croire et promet de faire suivre les papiers un peu plus tard lorsque son supérieur aura donné son aval sur cette situation apparemment très originale. Cependant, Idéfix est libre de partir et de reprendre les routes de Belgique. Damien s’installe au volant, mais … Idéfix ne démarre pas. Il a suffit d’une heure de palabres dans le poste de douane pour que la batterie décide de ne plus rien donner du tout. Nous sommes obligés de faire appel aux dépanneurs du port afin de donner un petit coup de charge à la batterie.

Et puis, en route. Idéfix rentre à la maison.

Epilogue

A l’heure où Idéfix passe sa première nuit sur notre parking, nous sommes déjà en plein milieu du train de vie habituel. Pourtant, nous avons franchement l’impression que notre vie de nomade nous a apporté une grande richesse. Beaucoup de souvenirs bien-sûr, mais sans doute aussi un nouveau regard sur la vie “à l’européenne”. Même si nous reprenons nos métiers et activités avec autant d’enthousiasme qu’avant, nous ne pouvons nous empêcher de réaliser que nous regardons les choses un peu différemment, avec plus de recul. Nous avons l’impression de moins nous exciter sur les détails, mais d’attacher plus d’importance à l’essentiel.

Dans les magasins, nous nous rendons compte que nous gardons spontanément le sourire, même lorsque le vendeur en face a une mine grise à nous faire peur.
Il aura fallu 3 semaines pour faire installer une ligne internet à la maison. Pour sûr que ça irait plus vite en Argentine, car il suffirait là-bas de bavarder amicalement avec l’un des responsables ou de dégoter une petit bricoleur qui pourrait arranger les choses en dehors de ses heures de travail, pourvu qu’il y ait un steak sur le grill.
Dans notre entourage, tout le monde nous interroge sur notre aventure, sur notre retour, sur nos projets à venir. Mais par moment, nous n’osons plus trop répondre en long et en large, de peur d’ennuyer ou de déranger. C’est vrai que pour nous, l’aventure était tellement incroyable, qu’il nous semble difficile de transmettre notre enthousiasme aux autres, qui eux, souvent préfèrent vite reprendre la conversation classique sur la politique belge, le foot ou la crise financière. Chacun son truc. Nous ne leur en voulons pas.

Avant de partir en voyage, nous pensions être des précurseurs en installant un panneau solaire sur le toit d’Idéfix pour assurer une autonomie de batterie. Depuis notre retour, nous constatons que les panneaux solaires sont maintenant installés sur beaucoup de toits de maisons. La question climatique et énergétique semble être arrivée aux oreilles et aux factures d’électricité de tous les concitoyens.

En deux ans, nous avons manqué de nous faire 350 copains sur un site qui s’appelle facebook, et nous avons dû faire des recherches pour comprendre ce qu’était Twitter. Nous ne sommes vraiment pas dans le coup. Mais ce coup-là, avouons-le, nous ne le regrettons pas du tout!

Les enfants, qui pendant deux ans ont joué au monopoly, ont fait des bricolages avec des bouteilles en plastic et fait des arcs à flèche avec des branches d’arbre, qui n’ont cessé de faire des constructions, des dessins, de lire tous les jours, de s’émerveiller devant la beauté de notre terre, sont confrontés aux phénomènes qui font rage sur la cour de récréation de l’école. Ils aimeraient bien être dans le coup, eux, et avoir les mêmes choses que leurs copains de classe. Là, la lutte risque d’être dure, mais nous tenons bon et finalement, les enfants aussi.

Aujourd’hui, c’est la même question qui revient systématiquement:“Alors, pas trop dur le retour?” Les gens semblent très étonnés lorsque nous leur répondons que le retour se passe à merveille et pour cause, la Belgique n’a pas changée, nous retrouvons nos familles et nos amis et nous reprenons exactement la même vie qu’avant: même maison, mêmes boulots et même école!
En quelque sorte, nous avons juste fait un break extraordinaire de deux ans avec nos enfants. Finalement, en y réfléchissant bien, il y a une différence par rapport à la même vie d’avant: aujourd’hui, nous avons la tête et le cœur remplis de souvenirs intenses et uniques.

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Pendant ces deux années de voyage nous vivions dans un autre monde, dans un monde presque idéal. Transposer ce monde, cette manière de vivre et ces sentiments, dans l’univers occidental est impossible car la mentalité est trop différente, l’influence de la société est trop importante. Certes, il est toujours possible de faire ses propres choix, de voir les choses d’une certaine manière, mais l’influence de la société et des médias est là.

Le plus difficile, mentalement, est de savoir que nous exposons nos enfants à ces influences négatives, aux médias qui ne reflètent que des histoires horribles, à cette société trop compétitive et calculatrice, à la méchanceté gratuite.
Aujourd’hui, un de nos souhaits les plus sincères est que les sentiments de liberté, d’insouciance, de bonheur intense, de partages et de découvertes resterons éternellement dans le cœur de nos enfants et que ceux-ci les aideront à grandir, à faire face aux difficultés auxquelles ils seront confrontés et que ces sentiments les guideront dans leurs choix.

Dans la maison, les cartons qui n’ont pas encore été ouverts resteront sans doute fermés quelques temps. Il n’y a rien qui presse. Les activités de tous les jours prennent le dessus. Il faut à nouveau courir dans tous les sens. Mais nous essayons de trouver quelques moments de répit, et de garder l’esprit “zen”. Nous nous étions jurés de ne pas passer nos soirées devant la télévision, mais parfois les journées sont si intenses et si épuisantes, qu’il est bon de se plonger dans son fauteuil.

Il y a un film que nous voudrions absolument regarder. C’est un film qui montre des images extraordinaires de la planète, des paysages colorés à couper le souffle. C’est un film qui parle de rencontres chaleureuses et de choses simples, tout en montrant les merveilles de la nature. Un de ces soirs, lorsque nous serons confortablement installés dans le salon avec un verre de vin et un petit morceau de chocolat, nous tenterons une petite évasion en regardant ce film. Il s’intitule: “Au plaisir d’emmener nos enfants à la découverte du monde.”

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Escale en Belgique – 10/05/08 au 8/09/08

Lundi 8 septembre 2008, les valises sont dans la soute de l’avion. Nous avons fait nos au revoir à la famille et aux amis. Nous revoilà à nous quatre, prêts à reprendre notre aventure, à passer une nouvelle année ensemble sur des terres inconnues. Les roues de l’avion quittent le bitume. Dans une vingtaines d’heures nous serons en Australie.

Destination Australie
Destination Australie
Grand nettoyage d'Idefix
Grand nettoyage d'Idefix

Notre escale en Belgique n’était pas prévue au départ. Nous avions envisagé cette escale lorsque nous ne trouvions pas de compagnie maritime qui puisse assurer le transport du camping car depuis le Chili vers l’Australie pour un prix acceptable. De plus, il y avait uniquement des cargos à containers et pas de RORO (Roll on - Roll off). Finalement, Idéfix a quitté Buenos Aires le 19 mai et arrivera à Perth (à l’ouest de l’Australie) le 14 septembre. Entre deux, il a passé un mois en Belgique, juste le temps de passer quelques vérifications techniques et de se faire récurer de fond en comble afin qu’il puisse bientôt poser ses roues sur les terres australiennes. Beaucoup de personnes nous ont demandé si ces quatre mois d’interruption de notre voyage ne nous ont pas paru longs. A vrai dire, ces quatre mois ont filé à toute vitesse et se sont avérés bien utiles. Voici donc le carnet de route de notre escale en Belgique.

Samedi 10 mai 2008, Sophie et les enfants atterrissent en Belgique. Ce retour impromptu permet aux enfants de revoir leurs amis et la famille plus tôt que prévu et ils en sont, bien évidemment, enchantés. Chaque fois que Sophie est invitée à un barbecue, elle ne mange presque rien parce qu’elle passe sa soirée à répondre aux questions des convives enthousiastes ou à raconter nos histoires et nos expériences vécues en Amérique Latine. Les autres soirées, Sophie en profite pour rassembler nos plus belles photos et en compose un album. La seule chose qui perturbe les enfants, est la différence de taille entre une maison et un camping car. Ils partent régulièrement à la recherche de Sophie en criant:”Maman, où es-tu?”.

Lundi 19 mai 2008, Idéfix quitte, avec une semaine de retard, Buenos Aires à bord du Grande San Paolo. Damien l’accompagne afin de pouvoir monter la garde devant sa porte dans les ports d’escales peu sûrs. En effet, dans certains ports, il n’est pas nécessaire d’être un roi du camouflage pour monter à bord d’un bateau sans être aperçu.

Samedi 21 juin 2008, Idéfix et Damien débarquent à Anvers. Enfin! Initialement, l’arrivée du bateau était prévue pour le 6 juin! Notre petite famille a été séparée pendant 6 semaines. Les retrouvailles sont d’autant plus émouvantes.

Du dimanche 22 juin au mercredi 23 juillet, les vacances scolaires approchent. Pourtant, nous décidons de poursuivre nos matinées d’école avec nos enfants. Pauline commence à s’ennuyer lors des cours de maternelle. A sa demande (et après lui avoir fait passer un petit test d’aptitude à l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe), nous décidons de la faire passer en première primaire. Yann entame sa seconde primaire. Ils s’appliquent bien. Un inspecteur de l’éducation est venu nous dire bonjour. Il a fait passer quelques tests à Yann. Mais ce sont surtout nous, les parents, qu’il a interrogés afin de juger l’aptitude des parents à enseigner leurs enfants et de vérifier leur conscience quant à leur responsabilité parentale. Yann passe les petits tests avec brio. Il bluffe l’inspecteur en lui montrant le Brésil ainsi que la Belgique sur une carte du monde. L’inspecteur reste pantois devant les photos que Yann a choisies, découpées, collées et commentées dans son propre carnet de route. L’inspecteur nous félicite et nous souhaite bonne continuation. Nous sommes fiers et rassurés du fait que nous ayons réussi notre année scolaire.

Tournoi de hockey au Saint-Georges
Tournoi de hockey au Saint-Georges

Le dernier weekend de juin, nous participons au tournoi de hockey sur gazon du Saint-Georges. Le plus difficile est de retrouver nos chaussures de hockey, stockées dans l’une des nombreuses caisses laissées en Belgique. Le tournoi nous offre 3 jours de sport, de fête et de retrouvailles. Mais ensuite, 3 jours de courbatures.

Chasse au tresor - De Libel, Kortrijk
Chasse au tresor - De Libel, Kortrijk

A Courtrai, nous découvrons un nouveau site grâce à une chasse au trésor! Il y a une libellule géante de plus de 35 mètres d’envergure à moins d’un kilomètre de chez bonne-mamy et bon-papy.

Chasse au tresor - De Libel, Kortrijk
Chasse au tresor - De Libel, Kortrijk

Entretemps, Idéfix se fait masser les amortisseurs chez le garagiste. Quelques jours plus tard, il quitte le garage avec un nouveau pare-brise et une nouvelle “rotule”. La cause du bruit du côté de la roue gauche et les problèmes de direction ont été détectés et corrigés. Enfin!

Il est temps de passer au grand nettoyage. L’Australie qui a vu un jour son agriculture et ses terres bouleversées suite à l’introduction malencontreuse d’un couple de lapins a depuis une véritable phobie des petites bébêtes venues d’ailleurs. Le contrôle sanitaire à l’entrée du pays est donc très strict. Il est interdit de faire entrer pollen, terre, feuilles, graines et autres. Autant dire qu’Idéfix en a accumulés des tonnes en Amérique Latine et qu’il aura donc vite fait de se trouver relégué en quarantaine. Afin d’éviter cela, nous transformons le parking de maman et papa en véritable car-wash: karcher, souffleur à air comprimé, brosses, seaux, éponges, loques, savon… et brosses à dents. Chaque caisse, tiroir et compartiment est vidé et son contenu nettoyé avec méticulosité. Chaque recoin poussiéreux est attaqué à coup de brosse à dents.

Grand nettoyage d'Idefix
Grand nettoyage d'Idefix

Le dernier jour, Damien passe une journée entière couché sous le châssis. La terre et la boue qui en tombent lui donnent un dernier souvenir des pistes d’Amérique Latine. Il en prend plein les yeux. Sophie, fait le final touch. Elle replace les rideaux, les draps et les housses de fauteuils qui ont retrouvé toutes leurs couleurs grâce aux miracles du lave-linge. Tout ceci sans parler du nettoyage du reste de l’équipement du camping car: four, hotte, cassette wc, pneus de réserve, marquise, lanterneaux, grilles d’aération, stores, moustiquaires, filtre à air, filtre à pollen, aération, réservoirs d’eau, double plancher, … rien que l’énumération de la liste complète donnerait le vertige au plus musclé des Mrs Propre.

Grand nettoyage d'Idefix
Grand nettoyage d'Idefix

Il est 3h00 du matin. Tout est propre, tout est chargé dans Idéfix. Demain matin, nous partons pour Zeebrugge où Idéfix doit embarquer.

Jeudi 24 juillet, sur la route de Zeebrugge, nous passons à un car-wash pour camions. Idéfix a encore besoin d’un dernier coup de brosse à l’extérieur. Super, voilà notre idéfix brillant comme un sou neuf. Nous quittons le car-wash, Damien au volant d’Idéfix et Sophie en voiture. Est-ce la fatigue accumulée les jours précédents? Est-ce que Damien rêve déjà aux terres australiennes? Où est-il tout simplement très distrait pour rouler dans une traînée de boue? En tout cas, Damien ne s’en rend pas compte tout de suite. Sophie, par contre, a un sérieux doute quant à l’origine de cette traînée. Nous nous arrêtons sur une aire de service. Sophie refait briller un phare, Damien essuie une trace laissée par une mouche venue s’écraser sur le pare-brise. Tout à coup, Sophie se rappelle la traînée… Nous partons vérifier les roues du côté gauche d’Idéfix. Ce n’est même pas de la boue, c’est du purin!! Cinq minutes plus tard, après avoir trouvé un seau d’eau et acheté une éponge, nous revoilà couchés sous le châssis en frottant et poussant de gros jurons.

Finalement, nous atteignons Zeebrugge sans ramasser d’autres tas de fumiers ou de mouches et en évitant les excréments de mouettes. Nous réglons les formalités douanières et Idéfix est laissé en charge des dockers qui le rangeront bientôt dans les cales du Tampa. Le Tampa est un bateau Ro-Ro de la compagnie Wallenius Wilhelmsen. Il arrivera à Fremantle (port situé à côté de Perth), en Australie, le 14 septembre. Bon voyage, compagnon.

A notre retour de Zeebrugge, nous nous inquiétons de n’avoir toujours pas eu de réponse favorable à notre demande de visa pour l’Australie. Voilà plus de trois semaines que nous avons rentré notre dossier en bonne et due forme: inscriptions et déclarations par internet, copies des passeports, actes de naissance des enfants, extraits de comptes bancaires. Des médecins, agrées par le gouvernement australien ont envoyé par recommandé et sous scellés les examens médicaux des enfants ainsi que les radiographies de nos thorax. Oui, en demandant un visa de 12 mois après avoir passé un an en Amérique Latine, nous ne nous sommes pas facilité la tâche…

Coucher de soleil sur la cote belge
Coucher de soleil sur la cote belge

Début août, nous passons quelques jours à la mer. Notre côte belge, que l’économie mondiale soit bonne ou mauvaise, ne cesse de voir des immeubles pousser. Mais lorsque nous tournons le dos vers les terres, nos plages n’ont pas changées. Les rangées de cabines blanches dans lesquelles sont rangés pelles, seaux, formes, transats, cerf-volants et autres, sont toujours là.

la cote belge
la cote belge

Lorsque le soleil brille, les couleurs, les unes plus vives que les autres, des magasins de fleurs des enfants viennent décorer la plage. Les fleurs, certes en papiers et confectionnées avec amour par les grands-mères et les mamans, sont vendues par les enfants. Leur magasin? Un grand trou creusé, par les papas ou les grands-pères, dans le sable, avec banquette, escalier et tout ce que l’enfant peut imaginer. La monnaie? Des coquillages d’une forme bien précise, appelés couteaux. Le temps pourrait s’arrêter.

magasins de fleurs sur la cote belge
magasins de fleurs sur la cote belge

Le soir, nous travaillons au montage vidéo de l’Amérique Latine. Nous avons 14 heures d’images à visionner, à choisir, à découper, à monter et à mettre en musique. Le travail est long, mais nous y prenons du plaisir.

Il y a quelques mois, nous avions un peu peur qu’en passant par la Belgique nos enfants nous disent de ne plus vouloir partir. Pour notre grand bonheur, lorsque nous leur posions la question début août, ils nous ont tous les deux répondu avec un grand OUI! En Belgique de nombreux enfants et adultes leur posaient souvent des questions et certains enfants exprimaient l’envie de vouloir partir également pour un si long voyage avec leurs parents. Depuis notre passage en Belgique et suite à ces moments de questions et de réflexions, Yann et Pauline ont eu une certaine prise de conscience par rapport à notre voyage en famille.

Un beau matin, nous avons une belle surprise dans notre boîte aux lettres électronique: nous sommes autorisés à entrer en Australie et ce pour une durée de 12 mois. Nos demandes de visas sont approuvées! Nous nous empressons de réserver nos billets d’avion.

Autre bonne surprise, Yann et Géraldine, nos amis français avec qui nous avons fait un petit bout de chemin en Amérique Latine, viennent de débarquer à Anvers. Avant de rejoindre la France, ils viennent nous faire un petit bonjour. Nous nous retrouvons autour d’un barbecue et passons en revue nos souvenirs d’outre Atlantique. Qui sait, peut-être nous croiserons-nous encore sur les chemins du monde?

Nous souhaitons remercier notre famille et nos amis chez qui et avec qui nous avons passé d’excellents moments durant notre escale en Belgique.
En mai 2007 nous nous envolions vers l’Amérique Latine. Ce lundi 8 septembre, nous volons vers l’Australie. Nous sommes loin de nos familles et de nos amis. Pourtant, grâce à ces quelques mois passés en Belgique, nous avons vu de nombreuses personnes à maintes reprises et bien plus que si nous n’avions pas entamé ce long voyage.

Aperitif a la cote belge
Aperitif a la cote belge

Notre avion amorce son atterrissage vers l’aéroport de Perth. Nous voilà en Australie!

 

Idéfix embarque pour l’Argentine (Belgique) - 13/04/2007

Port d’Anvers, Quai 1333. Idéfix passe la douane, et se prépare à être embarqué sur le “Grande Brasile” à destination de Buenos Aires. Il nous reste deux semaines pour vider notre maison afin qu’elle puisse accueillir son locataire. Ensuite nous aurons encore deux semaines pour régler les dernières petites choses administratives et faire nos au revoir aux amis et à la famille. L’idée d’aventure, de découverte et de moments intenses à passer avec nos enfants commence à mettre notre patience à rude épreuve.

L'attente au quai 1333 avant d'embarquer sur le cargo
L'attente au quai 1333 avant d'embarquer sur le cargo


El "Grande Brasile"
El "Grande Brasile"

Le 14 mai, nous prendrons notre envol.