Au plaisir …

… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Route vers la côte est (Argentine) - 19/09/07 au 23/09/07

Cap sur la côte. Nous avons 2500 kilomètres à parcourir avant de rejoindre la côte est de l’Argentine.
Depuis Salta, nous descendons d’abord vers Cafayaté, en passant par la Quebrada de Las Conchas pour la troisième fois. Après une étape près du barrage de Termas de Rio Hondo nous nous dirigeons vers Miramar, petite ville située au bord d’un lac nommé “Mar Chiquita”. Nous y logeons dans un petit camping le long de l’eau. Le lendemain matin, les enfants nous réveillent en douceur en disant qu’ils voient des flamants roses par la fenêtre. En effet, trois flamants roses se trouvent juste devant nous faisant remonter la vase avec leurs pattes afin de dénicher des petits crustacés.
Après le petit déjeuner nous partons admirer d’autres oiseaux à partir d’un observatoire situé un peu plus loin sur le lac. Nous y voyons des perruches, des aigrettes et quelques martins-pêcheurs.

Miramar
Miramar

Nous reprenons la route. Nos haltes à Villa Maria et Tranque Lauquen n’offrent absolument rien de palpitant à raconter. Par contre, la traversée de ces contrées du centre de l’Argentine, cette pampa souvent inondée et toujours peuplée de vaches et de fermiers à cheval, nous permet de confirmer que cette région offre peu de divertissement aux voyageurs. Néanmoins, lors de ces nombreux kilomètres à travers la pampa, nous avons l’occasion de voir un renard, un tatou, de nombreux flamants roses, des aigrettes, un genre d’autruches, des cigognes et de nombreux autres oiseaux.

Miramar
Miramar

Sierra de la Montana nous permettra peut-être d’interrompre un peu cette monotonie de la pampa. Cette ville est située près de la montagne du même nom. Malheureusement, il pleut. Il pleut tellement que toutes les routes, ainsi que les sentiers de randonnées sont boueux et glissants. C’est raté pour la promenade. Nous nous arrêtons dans la rue où se trouve l’office de tourisme pour y passer la nuit. La ville et ce temps maussade n’ayant rien de palpitant à offrir et une fois les enfants couchés, nous nous installons dans notre lit et regardons un DVD pour la première fois depuis le début de note voyage. Vers onze heures, au moment du film où Jack Bauer s’apprête à lancer une attaque surprise sur un groupe de terroristes, quelqu’un frappe à la porte du motorhome. Un agent de police, dont le képi est trempé par la pluie, nous demande poliment de quitter les lieux car il est interdit de stationner ici. Afin d’éviter une contravention, j’enfile un pull au-dessus de mon pyjama et je nous emmène en dehors de la ville, sur le parking d’une station service. Les enfants n’ont pas bronché, ils dorment toujours. Nous nous replongeons sous les couvertures et rejoignons Jack Bauer dans ses aventures.

 

Retour à Salta (Argentine) - 01/09/07 au 18/09/07

Samedi 1 septembre 2007, ce matin, nous reprenons la route vers Salta. Nous comptons y rester plusieurs jours afin de nous reposer. Nous avons également des choses importantes à faire : fixer rendez-vous chez le garagiste pour Idéfix, faire nettoyer le châssis d’Idéfix qui est couvert de sable, de sel et de boue, mettre le site à jour et envoyer quelques mails.

Salta
Salta

Arrivés au camping municipal, nous y retrouvons Peter et Ruth, les suisses rencontrés à Cuzco. Nous y faisons également la connaissance de Coen et Karin-Marijke, des hollandais en 4×4. Ils ont voyagé en Asie pendant trois ans et demi et sont maintenant en Amérique de Sud depuis trois mois. Karin s’occupe particulièrement d’un des chiens sauvages qui errent dans le camping. Elle l’a appelé Happy. Les enfants s’y attachent également chaque jour un peu plus. C’est un couple très sympa et très intéressant. Ils adorent les jeux de société et nous ont fait découvrir le jeu “Les colons de Catane”. Ils jouent également avec les enfants. Yann ne manque pas une occasion pour jouer au jeu “des pirates”. Mais, surtout, les enfants passent toutes les journées avec Lucas, 8 ans, et Orian (3 ans), les enfants de Philippe et Nassera, des français qui sont en Amérique du Sud depuis dix mois.

Salta
Salta

Un soir, Yann et Lucas jouent pendant plus de deux heures au hockey avec des filles argentines, de 14 ans, qui sont arrivées ici avec leur école. Ils jouent également avec des bateaux que Luis, un argentin qui confectionne des bijoux, leur a fait avec des bouteilles en plastique. Yann et Pauline font également un très beau dessin, peint, sur le Pantanal et l’offrent à Coen et Karin.

Salta
Salta

Nous passons ici d’excellents moments. Au fil des jours, d’autres voyageurs arrivent : les allemands Krista et Walter, les suisses Gaby et Yvo, des jeunes français, Nicolas et Jessica, William et Laurence et Sammy, un français qui campe ici depuis plusieurs mois. L’ambiance est très bonne et du coup, nous passons de bons moments à bavarder, à prendre l’apéro, à faire des barbecues tous ensemble, ainsi qu’à préparer nos propres pizzas, cuites au feu de bois dans le four à pizza du camping.

Salta
Salta

Nous avons du mal à trouver un moment pour mettre nos carnets de route à jour, pour nettoyer Idéfix et pour écrire nos mails. Il faut dire que je passe pas mal de temps aussi à laver quotidiennement nos vêtements. Mais nous avons tout de même trouvé le temps de visiter une exposition d’art précolombien et de suivre une procession en l’honneur de la “Virgen de Milagro”, qui chaque année réunit des milliers de croyants devant la cathédrale de Salta.

La plupart des voyageurs apprécient l’ambiance et nous avons tous du mal à fixer une date de départ. Finalement ce sont Coen et Karin et Peter et Ruth qui partent les premiers. Nous partirons demain, mardi. Cap sur la Péninsule de Valdès.

 

Passage vers le Chili (Argentine-Chili) - 21/07/07 au 23/07/07

Quebrada de Humahuaca
Quebrada de Humahuaca

Samedi 21 juillet 2007, Tilcara se trouve dans la vallée de Humahuaca, à quelques kilomètres du village du même nom. Ce village est souvent cité dans les guides de voyage comme étant un village typiquement andin. Nous nous installons à Tilcara en début d’après-midi. Après le déjeuner nous partons visiter le musée archéologique qui se trouve au centre de ce village fort sympathique et aux allures légèrement touristiques. Le musée expose des vases, des urnes mortuaires, des outils et des bijoux de différentes périodes des cultures andines et incas. Sa pièce maîtresse est une authentique momie digne de celle de Rascar Capac dans Tintin. Yann était impatient de la voir, mais après l’avoir regardée de plus près il fait vite quelques pas en arrière et semble subitement s’intéresser davantage aux poteries péruviennes. La couleur de son visage vire au blanc verdâtre et commence à ressembler à celle de la momie. A la sortie du musée nous nous baladons entre les échoppes du marché artisanal sur la place du village, histoire de changer les idées à Yann.

Susques
Susques

Dimanche 22 juillet 2007, Susques est la dernière ville avant le passage vers le Chili à hauteur de la passe appelée Paso de Jama. A Susques se trouve le poste de douane pour les camions ainsi que la dernière pompe à essence avant San Pedro de Atacama, 280 kilomètres plus loin, au Chili. Susques étant située à une altitude de 3600 mètres, nous avons dans l’idée d’y passer la nuit afin de nous habituer à l’altitude. Ainsi nous pourrons facilement parcourir les 280 kilomètres restants demain tout en passant la douane argentine avant la pause du midi.
A Susques, les douaniers nous confirment que la régularisation douanière pour les véhicules privés se fait bien à la frontière même. Nous leur demandons si nous pouvons passer la nuit en face du poste de douane. De toute façon, nous ne sommes pas seuls, nous sommes entourés de camions. Un vent fort et glacial s’engouffre dans les rues de la ville. La poussière semble ne jamais se poser. A tout hasard, nous demandons aux douaniers à quelles températures nous devons nous attendre durant la nuit. Ils nous répondent : “Oh, entre -15 °C et -20 °C…”. Nous nous en doutions un petit peu mais secrètement nous avions tout de même espéré avoir une nuit un peu plus clémente. Nous ajoutons un peu d’antigel dans le réservoir à carburant et nous décidons de nous réveiller toutes les deux heures afin d’allumer un peu de chauffage, si nécessaire, pour maintenir la température dans Idéfix au-dessus de zéro.

Salinas Grandes
Salinas Grandes

Lundi 23 juillet 2007, le gel fût moins fort que prévu. La nuit fût certes mouvementée par nos réveils réguliers et par les rafales de vent mais elle ne nous a pas causé de dégâts. Idéfix démarre au quart de tour.
Dès la sortie du village, la route commence à grimper. Sophie observe l’altimètre sur le GPS et garde un œil attentif sur les enfants. Pas facile lorsque les paysages que nous traversons sont si beaux et si variés qu’ils ne peuvent qu’attirer toute notre attention. Nous apercevons un premier lac salé et les premières vigognes qui sont à la recherche d’herbe dans cette étendue immense et aride. Les sommets des montagnes et des volcans qui apparaissent à l’horizon sont enneigés. Nous arrivons à la frontière : “Paso de Jama, 4200 mètres “. “Ca va les enfants? ” Tout va bien. Nous passons la douane argentine en une demi-heure. La douane chilienne se trouve à San Pedro de Atacama, 150 kilomètres plus loin. En route. Yann pâlit un petit peu et se plaint d’avoir mal à l’estomac. Sophie m’incite à accélérer afin d’amorcer la descente vers des altitudes plus décentes. De toute façon, nous pensons avoir atteint le point culminant après le passage de douane. La route longe des lacs magnifiques. Yann sursaute et vient nous rejoindre à l’avant dans l’espoir d’apercevoir quelques flamants roses sur ces lacs de l’Altiplano. La plupart des lacs sont gelés à cette altitude. Ceci explique pourquoi nous ne rencontrons qu’un seul flamant rose. Celui-ci semble avoir perdu son groupe, parti sans doute vers le salar d’Atacama, 2000 mètres plus bas.

Vers Paso de Jama
Vers Paso de Jama

Des lacs, des sommets enneigés, des vigognes, des lamas, le salar, un soleil étincelant sur des plaines balayées par un vent andin tonitruant, nous sommes éblouis par ces paysages.
Par contre, le GPS indique une altitude de 4838 mètres. Ca, ce n’était pas prévu au programme. D’autant plus que nous nous trouvons sur un plateau. Ce n’est finalement qu’au bout d’une heure que nous commençons à descendre. Le pauvre Yann a vomi quatre fois.

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Il reste 25 kilomètres à faire avant d’arriver à San Pedro de Atacama qui se trouve 2000 mètres plus bas. A partir d’ici, la route est une longue pente ininterrompue et rectiligne. Un chauffeur distrait y brûlerait ses plaquettes de freins en une seule descente.
Arrivés en bas, alors que la route reprend enfin un profil normal, nous nous arrêtons à la douane chilienne. La dame du contrôle sanitaire nous autorise à garder nos deux derniers pots de confiture de Bonne-mamy. Merci pour cette cordialité.
Nous entrons dans San Pedro de Atacama. A première vue le centre ville semble être réservé aux piétons. Après en avoir fait deux fois le tour par sa périphérie, la ville ne nous semble même pas si grande que ça. Nous trouvons un petit camping proche du centre. Yann a repris toutes ses couleurs. Mais quelle journée !
Sans aucun doute, ce passage vers le Chili nous a marqué. L’amalgame des situations – l’altitude, le gel, la douane, le malaise de Yann, l’inquiétude de Sophie – et des paysages de l’Altiplano époustouflants nous laisse le sentiment d’avoir réalisé un exploit. Aujourd’hui, nous considérons notre aventure et la découverte de cette région merveilleuse comme un exploit personnel accompli en famille.

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Salta (Argentine) - 13/07/07 au 20/07/07

Vendredi 13 juillet 2007, la route numéro 16 qui mène à Salta monte en permanence et ce pendant plusieurs centaines de kilomètres. Par contre, son tracé est si droit que l’on pourrait la dessiner sur une carte à l’aide d’une règle. A travers notre pare-brise, juste au-dessus de la belle fissure horizontale qui s’y est formée, nous voyons le bout de la route à l’horizon, et puis les premières montagnes de la Cordillère des Andes se dessinent. Au pied des montagnes nous prenons notre premier virage depuis des heures. Une demi-heure plus tard, nous y sommes. A 1100 mètres d’altitude, nous sommes à Salta. Salta est surnommée la “Linda” parce que c’est une des plus jolies villes d’Argentine. Elle a gardé quelques maisons et églises datant de la période à laquelle les espagnols se sont installés dans le nord. Nous, les belges, nous choisissons de nous installer au camping municipal. C’est le seul camping de la ville, ce qui a pour avantage qu’on y croise pratiquement tous les backpackers et routards comme nous qui sont à Salta en ce moment. Nous y faisons connaissance d’un couple de retraités allemands et d’une famille de français, voyageant en 4×4.

Nous resterons ici quelques jours afin de prendre congé de la route. Nous en profiterons pour visiter la ville, pour sillonner dans la région, pour faire laver notre linge, pour emmener Idéfix au garage pour son entretien et pour faire quelques réparations au motorhome, au pare-brise entre autres.

Samedi 14 juillet 2007, nous commençons la journée par deux heures de classes avec les enfants. Nous effectuons les quelques petites réparations au motorhome. Nous épluchons nos guides de voyage afin de préparer une ou deux excursions dans la région de Salta, ainsi que notre itinéraire vers le Chili et le Pérou. Nous terminons cette journée de repos par un barbecue et buvons une bière argentine à la santé de Céline et Enzo qui se sont mariés aujourd’hui en Belgique.

Salta
Salta

Dimanche 15 juillet 2007, nous prenons le bus B3 pour le centre ville, puis nous nous dirigeons vers la plaza 9 de julio. Nous y visitons un petit musée et jetons un coup d’œil à la cathédrale. La place est jolie et agréable. Dans un magasin d’artisanat nous achetons notre première bricole “souvenir”, puis nous nous installons à la table d’un restaurant pour déjeuner. Après avoir flânés encore un peu dans la ville, très calme d’ailleurs en ce dimanche, nous rentrons au camping.

Salta
Salta

Le camping municipal possède une gigantesque “piscine”. J’aurais tendance à dire qu’il s’agit plutôt d’un étang. Encore faudrait-il qu’il soit rempli pour pouvoir en juger. En tout cas, l’immense dalle de béton qui sert de fond à cette piscine fait parfaitement l’affaire comme terrain de hockey. Nous sortons les sticks de hockey et tapons la balle. En fin d’après-midi, nous nous installons dans Idéfix afin d’écrire nos carnets de route. On a pris un peu de retard…

Salta
Salta

Lundi 16 juillet 2007, nous avons rendez-vous au garage Fiat pour l’entretien d’Idéfix à 8h00 du matin. Pendant que le garagiste remplace l’huile, le filtre à air et le filtre à carburant, Yann passe chez le coiffeur. Nous partons ensuite acheter un petit radiateur électrique qui pourrait peut-être nous servir au Pérou et en Bolivie, afin d’économiser du gaz durant les nuits glaciales.

A notre retour au camping, nous rencontrons une famille de français fort sympathique. Christophe, Martha et leur fille terminent leur périple de un an en Amérique Latine. Nous discutons un peu et échangeons nos expériences de voyage. Inutile de dire que nous notons tout de suite les bons tuyaux et conseils. Nous retenons aussi que la robinetterie de leur véhicule a craqué à cause du gel. Un homme averti…

Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas

Mardi 17 juillet 2007, aujourd’hui nous allons vers Cafayate pour ensuite revenir à Salta par la même route. Si cette route est aussi belle qu’on le dit, il ne peut pas y avoir de mal à la faire deux fois. Nous quittons Salta et empruntons la route 68. Au bout de 130 km nous entrons dans la “Quebrada de Las Conchas”. Le paysage montagneux est magnifique. Certains rochers sont qualifiés de “monument géologique” et ont reçus de jolis noms, tels que “l’Amphithéâtre”, “le Crapaud” ou encore “les Châteaux”. Cependant, si ces monuments amusent surtout les enfants, la dernière partie de la route est de loin la plus prenante. Nous y longeons des versants de montagnes de couleurs variées à l’infini : gris, marron, rouge, ocre, ornés de cactus ou d’herbe verte, flanqués d’un ruisseau d’eau fraîche ou du lit d’une rivière asséchée.

Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas

Il est 15 heures lorsque nous apercevons les premières vignes, signe que nous sommes arrivés à Cafayate. Nous décidons de passer la nuit ici et de rebrousser chemin demain.

Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas

Mercredi 18 juillet 2007, nous reprenons la route 68 en direction de Salta. Nous ne regrettons pas du tout de devoir faire la même route que hier. Dans ce sens-ci, les angles de vue sont différents. En cette heure matinale, la lumière sur la “Quebrada de las Conchas” est plus belle. Nous dégustons.
Nous arrivons à Salta en début d’après-midi. Nous pourrons donc faire l’école avec les enfants et préparer notre excursion de demain.

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Jeudi 19 juillet 2007, Idéfix trépigne. Aujourd’hui, nous allons faire de la piste. Un petit aller-retour, dont nous avons le secret, devrait nous faire découvrir de nouveaux paysages fascinants, et ce en empruntant une piste qui monte par la “Quebrada de Escoipe” jusqu’à 3300 mètres d’altitude pour descendre ensuite vers Cachi.

Route vers Cachi
Route vers Cachi

Au début de la piste les passages sont très étroits. A peine avons-nous réussi à croiser un premier camion, que nous devons déjà étudier la façon par laquelle nous allons traverser le petit torrent qui croise la route en se déversant dans le “Rio de Escoipe”. Un Indiana Jones l’aurait sans doute traversé sans hésitation, mais à notre connaissance, Indiana Jones ne roule habituellement pas en motorhome. Nous bien, mais cela ne nous empêche pas de passer. Les enfants viennent s’asseoir à l’avant afin de ne rien rater du spectacle : “Idéfix qui nage.”.

Route vers Cachi
Route vers Cachi

Un peu plus loin, nous traversons un vieux pont en fer recouvert de planches de bois, qui pourrait parfaitement servir de décor au prochain film de l’aventurier cité ci-dessus.
La route grimpe, les montagnes nous envahissent. Nous savourons le spectacle et les enfants se réjouissent de voir des petits torrents, des rivières asséchées, des cactus (comme dans Lucky Luke) et des ponts qui font sauter maman et papa sur leur appareil photo.

Route vers Cachi
Route vers Cachi

Par contre, cela fait presque quatre heures que nous roulons et nous n’avons pas encore atteint les deux tiers du chemin à faire jusqu’à Cachi. Nous sommes à une altitude de plus ou moins 3300 mètres, point culminant de notre itinéraire du jour. Nous décidons de déjeuner ici et de rebrousser chemin car nous sommes déjà largement satisfaits de notre exploration.
Lorsque nous arrivons au camping vers 16 heures, nous décidons d’offrir un bon bain à Idéfix. Nous branchons le tuyau d’arrosage et lui faisons sa toilette. “Tiens, nous avions oublié qu’il avait cette couleur-là avant…”

Vendredi 20 juillet 2007, nous quittons Salta définitivement et débutons notre route vers le Chili. Nous comptons la faire en trois étapes. La première étape est Yala, qui se situe à 1400 mètres d’altitude. La deuxième étape sera Tilcara à 2500 mètres d’altitude. La troisième étape sera Susques à 3660 mètres d’altitude. Ensuite, nous emprunterons le passage inévitable appelé “Paso de Jama”, à 4400 mètres d’altitude pour finalement arriver à San Pedro de Atacama au Chili.

 

Quimili (Argentine) - 11/07/07 au 12/07/07

Mercredi 11 juillet 2007, c’est l’anniversaire de papa, bonpapy.
A Quimili, un trou perdu entre les champs de coton, se trouve une petite école : “la escuela San Fransisco de Asis”. Baudouin et Véro nous en avaient parlé et nous avaient suggéré d’y faire un petit saut afin de saluer la sœur Anadélia et le père Eugenio à qui ils ont rendu visite il y a deux ans. Nous expliquons aux enfants que cela leur permettra peut-être de faire connaissance avec les enfants et de voir comment fonctionne une petite école de village en Amérique Latine.

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Nous nous garons en face de la cour d’école. La cour est déserte car il n’y a pas de cours l’après-midi. Un villageois vient à notre rencontre et nous aide à chercher la “hermana”. Elle est absente. Une autre villageoise nous rejoint et entreprend de téléphoner à sœur Anadélia. J’ai sœur Anadélia au bout du fil et je lui explique que nous sommes de la famille de Baudouin et Véro “de Bélgica”. A ces mots, sa voix se remplit d’enthousiasme, elle me dit qu’elle est à cent kilomètres d’ici mais qu’elle arrive tout de suite pour nous accueillir. Une heure et demie plus tard, sa voiture apparaît et longe notre motorhome en klaxonnant. Les présentations sont accompagnées de grandes accolades. Quel accueil ! Sœur Anadélia nous explique qu’il a gelé la nuit dernière et qu’il est hors de question que nous dormions dehors cette nuit. Elle nous offre une chambre dans sa maison située à côté de l’école.

Quimili
Quimili

Vers dix-neuf heures nous l’accompagnons au village afin de suivre la messe célébrée par le père Eugenio. A la sortie de l’église le père vient à notre rencontre et nous invite à prendre l’apéritif chez lui. Sœur Anadélia lui explique que nous l’avons invité à partager notre repas dans Idéfix ce soir. Là-dessus père Eugenio nous invite plutôt à profiter d’une “parilla” chez lui. Nous acceptons l’invitation. Tout le monde met la main à la pâte. Les enfants suivent le père à la cave, lampe de poche en main, car il y a une panne de courant dans le village. Un peu plus tard, nous nous retrouvons tous à table autour d’un délicieux “chorizo caseiro” et d’une agréable bouteille de vin dans une ambiance accueillante et chaleureuse.

Après le repas, nous rejoignons nos chambres dans la maisonnette de sœur Anadélia. Il fait glacial et il n’y a pas de chauffage. La nuit dernière, le gel a fait sauter une canalisation. Il n’y a donc pas d’eau courante non plus. Sœur Anadélia nous propose une couverture supplémentaire, toute heureuse de pouvoir nous héberger chez elle.

Jeudi 12 juillet 2007, nous nous levons vers huit heures trente, il y a –1,5 C° dehors. Nous entendons les enfants arriver à l’école. Ils ne jouent pas sur la cour de récréation car il fait trop froid. Sœur Anadélia est fort sollicitée, soit par l’école, soit par les voisins. Elle essaie également de faire avancer la réparation de sa conduite d’eau. Une fois de plus, nous la voyons courir dans tous les sens. Elle nous a également invités à manger chez elle à midi. Elle allume déjà son feu pour la parilla à dix heures trente (elle nous explique qu’en Argentine il est de coutume de laisser cuire la viande pendant une heure et demie sur une grille fort élevée, au-dessus d’un petit feu). Je lui propose mon aide, mais elle refuse gentiment, je sens qu’elle est toute heureuse de recevoir du monde chez elle. Elle me dit avec un grand sourire : “Esta una fiesta ! “. Quel bonheur.

Lors de la récréation, nous proposons à Yann et à Pauline d’aller jouer avec les autres enfants mais ils sont trop intimidés et préfèrent faire de jolis dessins pour sœur Anadélia.
Lorsque l’école se termine à midi, un monsieur vient vers moi et offre deux médaillons de la Vierge Marie pour nos enfants. C’est incroyable, je suis réellement touchée par la gentillesse, par la spontanéité et par la générosité des personnes que nous avons la chance de rencontrer ici.

Sœur Anadélia vient nous chercher pour passer à table. Nous apportons le dessert (le gâteau au chocolat préparé la veille pour l’anniversaire de Damien) et une bouteille de vin. Nous mangeons ce midi la meilleure parilla depuis notre arrivée sur ce continent. La viande est absolument délicieuse. Nous passons un bon moment de convivialité.

Quimili
Quimili

Nous sommes jeudi, demain soir sœur Anadélia quitte Quimili pour deux semaines car ce sont les vacances scolaires. Nous pensons donc qu’il est plus sage de reprendre tout doucement la route. Yann est déçu, il aurait aimé rester plus longtemps. Essentiellement parce qu’il peut jouer au basket sur la cours de récréation mais je suis certaine qu’il a également senti cette chaleur humaine et cette générosité malgré que nous soyons dans une région très pauvre. Nous expliquons à Yann et Pauline que de nombreux enfants arrivent à l’école l’estomac vide. Sœur Anadélia et quelques mamans bénévoles cuisinent ou s’organisent pour essayer de donner au moins un repas par jour aux enfants. Ce n’est pas facile car le gouvernement ne donne que 0,60 pesos argentin par enfant et par jour.
Nous remercions sœur Anadélia maintes fois pour tout. Elle insiste pour que nous revenions chez elle dans quelques mois et nous dit en riant qu’elle nous téléphonera d’ici quelques semaines pour nous demander où nous restons. Quel sacré petit bout de femme!

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Nous quittons cet endroit comme nous y sommes venus, par le chemin de terre, mais cette fois, les personnes que nous croisons nous saluent et nous disent au revoir.
Nous avons 170 kilomètres à faire pour rejoindre la route numéro 16 et mettre le cap sur Salta.

Malheureusement, la route est en si mauvais état, parsemée de trous profonds, alternant terre, cailloux et asphalte détérioré que nous mettons quatre heures pour en arriver à bout. C’est vers 19h30, dans le noir complet, que nous nous arrêtons à la première station service que nous rencontrons à Pampa de Los Guanacos.

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Misiones (Argentine) - 08/07/07 au 09/07/07

Dimanche 8 juillet 2007, nous sommes à San Ignacio, situé dans la province de Misiones, où l’on peut visiter des ruines de missions jésuites datant du dix-septième siècle. Il pleut depuis hier soir. Nous mettons nos bottines et KW et partons à pied vers les ruines de San Ignacio Mini. Ce site est classé par l’Unesco comme Patrimoine Mondial de l’Humanité. Cette mission de jésuites fût construite en 1632 et plusieurs milliers d’indiens y vécurent pendant près d’un siècle.

Misiones
Misiones

C’est une belle occasion pour donner un petit cours d’histoire aux enfants et de leur expliquer la colonisation, l’influence des espagnols sur la vie des indiens, l’arrivée et l’aide des jésuites, mais également la guerre guaranatique (les Guaranis, indiens s’opposant à l’artillerie espagnole) après laquelle les indiens chrétiens furent chassés des missions et contraints de retourner vivre dans la forêt.

La visite des ruines vaut la peine et ça nous permet de mieux imaginer la vie dans les “reducciones”. Le site semble enchanté avec ses arbres centenaires au milieu des habitations, avec le calme et les belles couleurs. Dommage qu’il pleuve car si les rayons du soleil pouvaient illuminer tout cela, ce serait vraiment très joli.

Misiones
Misiones

Lundi 9 juillet 2007, c’est la fête nationale en Argentine. Nous prenons la route vers Posadas dans l’espoir d’y trouver du LPG, un cybercafé et une lavanderia. Nous y passons quelques heures, tournons en rond en ville avec l’ordi sur les genoux en espérant trouver une connexion wi-fi. Vers 15 heures nous décidons de continuer notre route vers Corrientes car nous n’avons rien trouvé à Posadas. Et pour cause, quasi tout est fermé car c’est un jour férié.

Mardi 10 juillet 2007, c’est l’anniversaire de Damme.
Aujourd’hui nous reprenons la route qui nous mène tout doucement vers Salta. Nous nous arrêtons à Corrientes et y trouvons un cybercafé et un supermarché. Après une bonne heure d’internet et de nombreux messages de salutations pour Damien nous repartons. Ce soir, nous aimerions arriver à Avia Teraï, petit village situé au croisement de la route vers Salta et celle qui mène vers Quimili. Vers 17 heures nous sommes à quarante kilomètres de là, mais le réservoir d’essence est presque vide. Pas de problème, nous longeons une ville et nous nous arrêtons à une pompe à essence … plus de Diesel. Le pompiste nous indique une autre pompe à un kilomètre de là… plus de Diesel. Nous voyons une enseigne d’une troisième pompe au loin… la pompe est fermée. Aie aie aie, il nous faut de l’essence. Un homme nous indique une autre pompe à l’entrée de la ville. Nous croisons les doigts mais, là non plus il n’y a pas de Diesel. Nous faisons une tentative supplémentaire vers une cinquième pompe… du Diesel ! Ah, on respire un bon coup, on fait le plein et c’est reparti.

Nous fêtons ce soir l’anniversaire de Damien… sur une pompe à essence. Il n’y a rien à faire, nous nous trouvons dans une région relativement pauvre et il n’y a rien d’attrayant dans le coin. J’ai prévu un bon petit apéritif, une bonne bouteille de vin argentin et un succulent poulet grillé au four.

Il y a quelques semaines nous avions dit aux enfants, en blaguant, qu’un jour on mettrait la musique à fond dans le motorhome lorsque nous serions sur une pompe à essence. Ainsi nous pourrions, à notre tour, réveiller les camionneurs qui souvent font beaucoup de bruit. Evidemment, ce n’est pas entré dans l’oreille d’un sourd. Ce soir, les enfants ont décidé de mettre en action nos paroles. Ils allument la radio, mettent le volume à fond et nous voilà tous les quatre en train de danser, de sauter, de chanter et d’hurler comme des fous. Quels sourires sur les visages des enfants, quel beau moment de complicité et de bonheur.

 

Les chutes d’Iguazu et d’Iguaçu (Argentine/Brésil) - 30/05/07 au 03/06/07

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Mercredi 30 mai, c’est une belle journée ensoleillée qui s’annonce, un temps idéal pour visiter le Parc d’Iguazu. Dès les premiers instants je m’y sens bien, nous nous trouvons en pleine nature. Après chaque tournant, au bout de chaque sentier, nous découvrons une nouvelle chute et admirons d’autres vues. C’est absolument magnifique et impressionnant. La nature, changeante, impressionnante, vivante et forte nous laisse bouche bée; ces milliers de litres qui se déversent avec une telle force et de manière si élégante, même les oiseaux se plaisent à se lancer dans les nuages de brumes et à frôler ces cascades géantes.

Parc National Iguazu
Parc National Iguazu

Les enfants aussi, semblent touchés par la beauté de cet endroit. J’aperçois Pauline qui aime rêvasser en regardant l’eau tomber. Qu’y voit-elle, le reflet du soleil dans ces millions de gouttelettes, l’arc-en-ciel qui colore encore plus ce merveilleux spectacle ou ce joli petit regard innocent et naïf ne se rend-il tout simplement pas compte de ce que la nature, la vie nous offre à voir aujourd’hui… Yann, plus curieux, plus expansif lance un regard furtif et se demande déjà ce qu’il y a à voir au prochain point-de-vue.

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Quelle surprise lorsque nous terminons la visite par une promenade dans la forêt. Essayant de susciter encore plus la curiosité de nos enfants, nous leur proposons de marcher sans faire de bruit et d’essayer de repérer par la vue ou par l’ouïe la présence d’un animal quelconque. Cela valait le coup d’essayer! Soudain, nous apercevons des singes sautant d’un arbre à l’autre, s’arrêtant de temps en temps pour cueillir et manger une orange et repartant de plus belle. Yann, admirant la gaieté et la souplesse des singes me dit qu’il aurait aimé être un singe et être libre comme eux. Quelques pas plus loin, une autre surprise nous attend… des toucans! Nous avons de la chance de les admirer à la lumière du soleil couchant. Une lumière qui semble traverser leur long bec orange et qui leur donne une couleur magnifique. Quelle belle journée de découvertes, de surprises et surtout de moments inoubliables partagés en famille.

Jeudi 31 mai, nous retournons aujourd’hui au Parc d’Iguazu pour y voir les chutes nommées “Les gorges du diable”. Nous n’avons pas pu les voir hier car le niveau d’eau était trop élevé et la passerelle pour y accéder était fermée au public. Nous regrettons de ne pas avoir une belle journée ensoleillée, il fait nuageux. Arrivés au parc, nous prenons un petit train qui nous mène vers le lieu souhaité. Ensuite, nous prenons les passerelles qui traversent les différentes branches de la rivière. Yann n’est pas très à l’aise en voyant l’eau couler sous ses pieds. C’est d’autant plus impressionnant que le niveau d’eau est élevé.

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Approchant de plus en plus du site, je deviens quelque peu sceptique, il ne fait pas très beau, est-ce que ces chutes valent vraiment la peine d’être vues? Mais une fois de plus, la nature ne nous déçoit pas, au contraire. Aujourd’hui, j’ai l’impression de découvrir une nature magnifique mais en colère car l’eau se déverse avec une telle force et provoquant un tel vrombissement continu et énorme. La cascade est en demi cercle, nous n’en voyons pas le fond tant il y a de l’eau et de la brume. Une brume qui tantôt s’évapore, tantôt monte telle une fumée sortant de cet énorme trou, telle une fumée crachée de la gorge du diable… C’est impressionnant!

Vendredi 1 juin, aujourd’hui, il pleut. Nous prenons le bus pour rejoindre le centre-ville. Après un bref passage au cybercafé où nous mettons notre site internet à jour, nous nous promenons jusqu’au site dit “Tres Fronteras”. Ce lieu offre une vue panoramique sur le Paraguay et le Brésil, vus depuis l’Argentine. Depuis l’est, les eaux déchues du Rio Iguazu se déversent dans le Rio Parana qui forme la frontière naturelle entre le Paraguay et l’Argentine, pour former plus loin la délimitation de la partie ouest de la province “Entre Rios” en Argentine.

Ce soir, nous mangeons au restaurant pour fêter l’anniversaire de Sophie. Nous mangeons le dessert dans le motorhome car le gâteau au chocolat, dont seul Sophie a le secret, nous attend. Finalement nous nous disons que nous mangeons bien mieux chez Idéfix qu’au restaurant. Sophie souffle ses 33 bougies en espérant qu’il fera moins pluvieux au Brésil.

Samedi 2 juin, il y a trois kilomètres à vol d’oiseau entre Puerto Iguazu et Foz do Iguaçu. Mais il y a aussi deux postes de douane à passer, à faire le plein d’essence, le plein de gaz, la vaisselle, la vidange des eaux usées et de la toilette, à trouver l’office de tourisme, à trouver un magasin pour faire un ravitaillement complet, à trouver un bureau de change pour prendre des “Reais” et finalement à trouver un bon endroit pour passer la nuit. Nous commencions à nous sentir à l’aise dans le maniement de base de la langue espagnole, et voici que subitement nous devons nous faire comprendre en portugais. Cela ne nous déstabilise pas pour autant. Ce soir, nous logeons dans un petit camping bien situé, tout neuf et sympa. Il y a un petit bar et un billard. Le Brésil nous plaît déjà.

Parque Nacional do Iguaçu
Parque Nacional do Iguaçu

Dimanche 3 juin, cette fois-ci, nous partons admirer les chutes d’Iguaçu du côté du Parc National brésilien. La première partie de la visite nous déçoit; la vue sur “La Gorge du Diable” est moins impressionnante vue d’ici que du côté argentin. Les ascenseurs qui engloutissent et recrachent des touristes à divers niveaux de la cascade ne nous impressionnent guère. Par contre, nous sommes surpris et émerveillés par la beauté et l’étendue des chutes telles que nous les apercevons en face en nous promenant sur le sentier longeant les falaises. Quel spectacle enivrant!

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En quittant le parc, nous tombons sur une auberge de jeunesse qui prévoit également des emplacements pour motorhome. Nous nous y installons sans hésiter. L’accueil est sympa, il y a une connexion internet et deux véhicules super-équipés garés sur le gazon nous indiquent la présence d’autres voyageurs tels que nous. Effectivement, les uns sont des Allemands et les autres des Italiens. Ils ont parcouru l’Amérique du Sud depuis
plusieures années et nous donnent de bons conseils qui nous seront certainement utiles.

 

En route vers Iguazu (Argentine) - 22/05/2007 au 28/05/2007

Mardi 22 mai, après avoir récupéré Idéfix, nous visons la ville de Tigre pour y passer notre première nuit. Ayant déjà passé une journée là-bas et ayant eu les coordonnées d’un camping, nous partons confiants.

Malheureusement, nous ne trouverons jamais le camping, il n’existe plus, ni l’hôtel dont nous comptions éventuellement dormir sur le parking. Pour finir nous reprenons la route vers Pilar. Tout à coup, la nuit tombe, il est 18h00. Comment trouver un logement dans cette pénombre, les routes sont à peine éclairées. Après plusieures recherches peu fructueuses nous finissons sur le parking d’une station-service. Nous sommes bien placés, avons pu faire le plein d’eau et nous nous sentons en sécurité. Par contre, pas de gaz … et ce ne sera pas évident de trouver du gaz LPG.

Mercredi 23 mai, nous avons trouvé une solution temporaire pour obtenir du gaz. Idéfix passe sa deuxième nuit sur le parking d’une station-service, faute d’avoir trouvé un camping.

En route vers Iguazu
En route vers Iguazu

Jeudi 24 mai, ayant passé la nuit par deux fois sur le parking d’une station-service nous décidons de quitter cette partie d’Argentine aux allures peu touristiques, peu intéressante et propice au développement de campings fantômes. L’itinéraire du jour doit nous faire passer de l’autre côté du Rio Uruguay afin de joindre l’Uruguay. Nous espérons atteindre Colonia et les plages du sud, histoire de changer d’environnement. La route Nationale 14 qui va de Zarate à Gualaguaychù est magnifique. Il fait un soleil étincelant et nous sommes ébahis par l’étendue et la verdure de la zone marécageuse que nous traversons. Le bétail nous regarde passer nonchalemment, les pattes dans l’eau jusqu’aux genoux.

Au premier poste de contrôle de police on nous demande de nous ranger sur le côté de la route: “Papeles del veiculo, por favor!”. L’agent demande s’il peut monter dans l’habitacle pour consulter nos passeports. Il commence à faire causette et semble très intrigué par notre aménagement intérieur. Il fait quelques petites blagues aux enfants puis nous dit que tout est en ordre. Très sympa le flic. Mais apparemment bien plus curieux que les vaches de la région.

Gualeguaychu dans la province de Entre Rios
Gualeguaychu dans la province de Entre Rios

Arrivés à Gualeguaychù, nous nous arrêtons à l’office de tourisme, où Damien essaie d’obtenir des renseignements. En attendant sur le parking, surprise, voilà le couple d’Allemands qui arrive avec son 4X4. Entretemps Damien revient et nous annonce que le pont est fermé; Il s’agit d’un genre de manifestation, en commun accord entre la région argentine et la région uruguayenne, contre une usine de papier. Cette dernière pollue tellement la rivière, le Rio Uruguay, et donc aussi les rives, que toute la production agricole risque d’être refusée sur le marché. Nous ne passerons donc pas en Uruguay aujourd’hui, mais nous avons un plan de la ville et les coordonnées d’un camping.

En route vers ce lieu. La ville est assez jolie. Nous parcourons quelques kilomètres pour ensuite emprunter notre première piste. Cette une longue piste sablée de six kilomètres. Suspens … Les enfants viennent s’installer devant, mais pas question de déranger Damien qui est hyper concentré. Sophie est aux aguets du moindre trou ou passage trop sablé. La piste nous semble longue, mais nous y arrivons.

Gualeguaychu
Gualeguaychu

Ce camping-ci semble bien ouvert puisqu’on nous accueille à l’entrée. Mais le fait que nous soyons les seuls visiteurs sur ce terrain d’au moins cinq hectares confirme à nouveau notre idée sur les campings fantômes dans cette région. Comme nous avions toute la place du monde il nous a fallu un peu de temps pour choisir l’emplacement idéal afin de stationner Idéfix: près de la plaine de jeu pour les enfants, pas en pente, pas trop loin des douches, l’endroit qui semble le plus sûr, et surtout avec vue sur le fleuve. Vue spectaculaire d’un fleuve très large, à partir d’une plage déserte, donnant sur les côtes d’Uruguay en face. Et tout ça pour nous tout seuls. Nous nous disons que nous avons bien mérité ça. Est-ce le hasard, notre instinct ou la chance du voyageur qui nous a planté là?

Gualeguaychu
Gualeguaychu

Après que les enfants aient testé les balancoires abandonnées, nous manoeuvrons Idéfix vers son emplacement idéal. L’emplacement idéal s’avère en fait être surtout un emplacement très humide. Les roues d’Idéfix dérappent et patinent. Nous voilà embourbés sur notre emplacement idéal … Mais nous gardons notre calme. Sophie part placer les cales sous les roues motrices et en un coup d’accélérateur Idéfix rejoint le chemin “dur”. Du coup nous changeons d’avis concernant l’emplacement idéal et nous nous installons sur une place royale, prévilégiant surtout la vue sur le fleuve, qui ne cesse de nous fasciner.

Aujourd’hui, premier jour de classe pour les enfants et premier barbecue. Mais nous mangeons à l’intérieur car les soirées et les nuits (entre 5 et 10°C) sont très fraîches.

Samedi 26 mai, nous nous levons de bonne heure et profitons du beau lever du soleil sur le fleuve. Aujourd’hui, cap vers Concordia. Dans le guide de l’ACA (Automobile Club Argentina) nous avons repéré trois camping. Nous aurons donc le choix.
Au fil des kilomètres que nous parcourons, nous nous faisons la réflexion que l’économie argentine est en hausse car il y a des travaux sur toutes les routes! L’après-midi, je prends les contrôles d’Idéfix et Damien remplit son rôle de co-pilote à merveille. Nous nous trouvons tout près du camping mais ne trouvons pas d’indications. Nous préférons ne pas perdre de temps à chercher et Damien va donc demander le chemin à suivre. Le pauvre, vu que je ne parle pas espagnol, c’est chaque fois lui qui peut se farcir les explications des Argentins, qui apparemment sont généralement correctes mais données dans un langage rapide et peu compréhensible. Néanmoins, nous savons que nous devons prendre une piste de 10 kilomètres et selon les gens celle-ci est pratiquable en motorhome. Quelques instants plus tard, c’est parti! Effectivement, c’est une belle piste de terre et de cailloux (éviter les gros pour ne pas crever de pneu) et nous arrivons sans problème au lieu appelé “camping”.

Concordia
Concordia

Apparemment, c’est un camping municipal et gratuit…cool! A l’entrée, nous sommes rassurés à la vue d’un poste de police. Nous nous plaçons à un bon endroit, encore face au fleuve avec vue sur l’Uruguay, qui se trouve sur l’autre rive. Le lieu est moins beau que le précédent mais nous nous y sentons bien.

"schooltje"
"schooltje"

Yann est super motivé pour faire l’école, mais aussi super exigeant pour trouver un emplacement près d’une boîte électrique… ainsi il est sûr de pouvoir regarder un dvd sur l’ordinateur (baptisé “ordix”). Pauline est de plus en plus motivée pour faire des exercices scolaires. C’est un vrai plaisir de faire la “juf mama”.

Ces soir, nous mangeons notre premier steak argentin sur barbecue.
Nous sommes impressionnés par le courage des campeurs-pêcheurs sous tente car la nuit il fait vraiment froid et humide. D’ailleurs, la première chose qu’ils font en arrivant sur un camping, c’est d’allumer un feu, même avant de monter leur tente. Leur feu brûle jour et nuit.

Dimanche 27 mai, en route vers Paso de Los Libres. Nous partons de bonne heure afin d’y arriver en début d’après-midi. C’est la stratégie que nous nous sommes imposés pour voyager de manière relaxe; faire en sorte d’arriver sur les lieux au plus tard vers 16 heures, afin d’être sûrs de trouver un site sécurisé pour la nuit et ce avant qu’il ne fasse noir (en cette période, il fait nuit vers 18 heures).

En cours de route, remarquant que les phares de la plupart des véhicules sont allumés et ayant vu des panneaux de signalisation mentionnant vaguement quelque chose à propos de “luces bajas” , nous nous demandons s’il faut allumer les phares en pleine journée ou non. Nous décidons donc d’allumer les petits phares. Et voilà, que “in the middle of nowhere” se trouve un poste de police. On nous donne deux amendes; l’une parce que sois-disant nous roulions les phares éteints et l’autre pour ne pas avoir de banderolle rouge et blanche sur le porte-vélo. Nous sommes furieux. Le montant de l’amende est de 550 pesos! Cela fait 135 euro, c’est scandaleux. Nous repartons tous les deux de mauvaise humeur. Dire que ce matin, nous étions si contents de na pas avoir dû payer de camping. Il aurait peut-être mieux valu, cela ne nous aurait coûté que 20 pesos maximum.

Vers 15h30, nous arrivons à Paso de Los Libres. La circulation est un peu plus dense, la route en mauvaise état, nous suivons un camion. BANG! Un cailloux gros comme un abricot percute notre pare-brise en plein milieu. Dommage. Une semaine de route et notre Idéfix perd déjà un peu de son éclat! Nous sommes exaspérés mais nous restons calmes. Heureusement, nous avons ramené de la Belgique des kits pare-brise.

Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons au pont qui mène vers l’Uruguay. Cette partie de la ville n’est pas très jolie. La ville est pauvre et sale. Les gens n’ont pas l’air très heureux. Il y en a qui traînent un peu partout. Ceux-là, sont-ils des camés, des clochards, peut-être les deux. En un clin d’oeil, nous nous comprenons et faisons demi-tour. Nous allons dormir sur une station service repérée quelques kilomètres avant. Pour finir, nous y passons une bonne nuit, d’autant plus qu’un policier y fait la garde toute la nuit. Nous nous endormons en nous disant que demain sera un jour meilleur…

Lundi 28 mai, aujourd’hui, on trace! Quatre cents kilomètres à faire pour se rapprocher un peu plus de Puerto Iguazu. Nous sommes dans la province de Corrientes. Ici, la plupart des postes de contrôle policier sont abandonnés. D’autres servent d’endroit de causette pour les agents qui y discutent avec leurs copains et qui nous laissent passer avec le sourire. Tant mieux.
Le paysage aussi change. La pampa, plate, étendue et essentiellement couverte d’herbe et de vaches prend des hauteurs et se meut en un paysage vallonné et boisé. Les couleurs sont magnifiques, la terre est rouge-ocre, les herbes vertes, jaunes, violacées, la nature dans toute sa splendeur.

En route vers Iguazu
En route vers Iguazu

Sophie, qui est aux commandes d’Idéfix, essaie en vain de dépasser un camion chargé de bois qui peine à surmonter les crêtes et qui déboule la pente suivante à toute allure et de tout son poids.

Les enfants jouent à l’arrière. Ils sont assis sur leur siège la ceinture de sécurité bouclée. Ils comprennent que maman et papa ne veuillent pas sortir des pesos au prochain contrôle de police. Ils s’amusent à suivre les montées et les descentes d’Idéfix sur la route comme s’ils suivaient les mouvements d’un yoyo. Voilà quatre cents trente kilomètres de parcourus et ils n’ont pas bronché. Chapeau bas, les enfants.
Nous logeons à Jardin de America. Au loin, on croirait presque entendre le vrombissement des énormes chutes d’eau aux abords desquelles nous espérons arriver demain.

 

Nous récupérons Idéfix (Argentine) - 21/05/2007 au 22/05/2007

Avertissement: Lecture uniquement autorisée à ceux qui ont le courage de lire les joies administratives argentines!

Lundi 21 mai 2007, La clé de notre chambre d’hôtel rendue, les bagages dispatchés dans le taxi, nous sommes en route vers le terminal 1-2 pour récupérer Idéfix. Après 10 minutes de routes dans les rues embouteillées de Buenos Aires, nous nous approchons du port. Tout à coup, nous nous retrouvons, 4 touristes dans un de ces fameux taxis noir et jaune, en plein mileu d’une dizaine de camions qui font la file pour arriver au terminal… “Euh, sommes-nous bien au bon endroit?” Des contrôleurs arrêtent notre véhicule et expliquent au chauffeur l’endroit où aller. Effectivement, nous nous sentons plus à notre place dans les bureaux du terminal qu’entre ces camions. C’est parti pour une journée de paperasserie!

Les enfants s’installent devant une télévision qui diffuse des dessins animés et Damien fait la file. Moi, je surveille les enfants et les bagages. Quelque minutes plus tard, Damien revient en disant:”Ca commence bien, je dois aller chercher un papier à la douane et celle-ci se trouve à quelques kilomètres d’ici”. Damien part seul et je reste ici avec les enfants et les bagages. Une heure et quart plus tard, Damien revient…

Il n’a pas obtenu les papiers car le véhicule est à mon nom et c’est moi qui dois signer les papiers. Il est 12h45, nous sommes là depuis 10h15 et nous n’avons toujours pas un seul document, ni un seul renseignement. Damien m’explique comment aller aux bureaux de la douane:”Tu prends le bus rouge jusqu’au terminal 3, arrivée là, tu te mets dos au bureau blanc, tu regardes la rue, tu marches quelques mètres vers la rue et tu verras une ruelle sur ta droite. Tu prends la ruelle jusqu’au bout, là tu suis “arrivades”, tu rentres dans un hangar et tu frappes à une petite porte bleue qui se trouve à ta gauche.” OK! Il est 12h48 et la douane ferme de 13h00 à 14h30! J’arrive sur place, pas très à l’aise certe, mais je trouve mon chemin. J’apperçois de loin un couple d’Européens qui semble suivre les mêmes démarches que nous. Il est 12h58. La dame dans son petit bureau me dit de revenir à 14h30. J’ai beau leur dire, avec le (très) peu d’espagnol que j’ai:”Por favor, tiene dos bambinos…”. La dame ne veut rien savoir. Elle me répète de revenir à 14h30 et me dit que de toute façon nous ne récupérerons le motorhome que demain!! La tuile!! Je rebrousse chemin dans la ruelle et vois avec soulagement que le petit bus rouge est là. Je saute dedans “terminal un, por favor”. Je dois annoncer ces deux mauvaises nouvelles à Damien et aux enfants. Yann se met à pleurer et à râler:”Quelle banane, j’en ai marre!” Nous mangeons un peu et nous nous arrangeons avec l’homme de la sécurité pour mettre nos bagages en lieu sûr. Nous voilà, à 14h00, tous les quatre dans ce petit bus rouge en route vers la douane. Nous y retrouvons nos voisins d’Europe.

A 14h35, la porte du petit bureau est toujours fermée et personne, même pas les Argentins, ose frapper à la porte. Apparemment, tout le monde redoute le tempérament de la dame blonde. 14h40, nous pouvons rentrer. Nous leur donnons tous les documents nécessaires. Le temps qu’ils remplissent les formulaires ils nous envoient attendre dans un hangar. Mais ils se foutent de qui??

15h30, ils me font signer des papiers et nous disent d’aller deux “bureaux” plus loin, chez le douanier. Evidemment, il fallait s’y attendre, il manque un numéro sur un papier. Nous devons retourner au terminal 1-2 pour obtenir ce numéro et revenir ici demain car ils ferment dans 20 minutes. De retour au terminal 1-2, personne ne sait de quel numéro il s’agit! Néanmoins, Damien obtient deux nouveaux documents et nous devons payer 650 pesos pour le déchargement d’Idéfix et les frais administratifs!! C’est le comble, je n’en reviens pas.
Nous récupérons nos bagages et partons à la recherche d’un hôtel.
En fait, nous ne sommes même pas certains qu’Idéfix est bien là, qui sait…

Mardi 22 mai 2007, Nous avons passé une bonne nuit et avons eu un petit déjeuner plus complet que d’habitude. Maintenant, qu’allons nous faire? Nous n’avons toujours pas ce fameux numéro et nous avons l’impression que ce douanier ne savait lui-même pas très bien ce qu’il fallait faire. Soit, nous essayons de prendre Idéfix tout de suite mais au risque d’avoir des problèmes avec la douane, soit nous retournons chez le douanier au risque d’encore y passer une journée. Nous optons pour la voie la plus réglementaire. Nous voilà à 10h00, avec enfants et bagages, chez notre “ami” le douanier. Evidemment, les derniers documents obtenus ne lui servent à rien, il lui faut ce fameux numéro. Je finis par sortir du bureau, je suis excédée! Même les douaniers entre eux ne semblent pas d’accord sur les démarches à suivre. Pour finir, un fonctionnaire part avec Damien pour solutionner ce problème de numéro. Il est 10h45, le fonctionnaire est de retour mais pas Damien.

Puerto de Buenos Aires, Terminal 1
Puerto de Buenos Aires, Terminal 1

A 11h00, Damien revient et il a obtenu le numéro en allant d’abord dans un autre terminal et ensuite dans un bureau entre les containers. Mais bonne nouvelle, il a apreçu Idéfix et récupéré les clefs. Mon Dieu, c’est un vrai parcours du combattant; six bureaux différents en 2 jours et nous n’avons toujours pas Idéfix. Maintenant, nous supposons que les douaniers voudront encore contrôler le contenu d’Idéfix. Allé, il nous faudra encore du courage et de la patience! A 11h20, Damien repart vers un septième bureau pour un autre papier!! 11h45, Damien est de retour, mais le monsieur à qui il faut donner le papier est parti…
13h00, notre “ami” le douanier vient et se met à travailler dans son petit bureau mais il ne faut surtout pas le déranger… 13h30, il nous fait signer des papiers, une fois de plus, il remplit le carnet de passage en douane, nous donne deux nouveaux formulaires (encore!) et nous dit que nous pouvons récupérer Idéfix. Je lui sers la main et lui dis:”Gracias y adios.” Nous filons avant qu’il ne décide d’encore vouloir contrôler le contenu de notre motorhome.

Puerto de Buenos Aires, Terminal 1
Puerto de Buenos Aires, Terminal 1

Il est 14h00 lorsque nous mettons nos valises et sacs à dos dans Idéfix. Enfin!
Nous quittons le port, passons les derniers guichets de contrôle et j’ai l’honneur de faire les premiers kilomètres avec Idéfix en Argentine, malgré que ceux-ci soient parcourus dans le trafic indescriptible de Buenos Aires, le bonheur est immense!

 

Buenos Aires (Argentine) - 15/05/2007 au 20/05/2007

Mardi 15 mai, nous avons atterri à Buenos Aires à 7 heures, heure locale, 12h00 heure belge. Cela fait 22 heures que nous avons quitté Courtrai. Le temps d’échanger quelques euros en pesos argentins, de faire le nécessaire pour annoncer que nous devons récupérer un véhicule au port, de prendre un “radio taxi”, nous nous installons vers 9 heures dans une chambre d’hôtel dans le Microcentro de Buenos Aires. Après une bonne douche, nous partons régler les formalités d’assurance pour Idéfix, que nous espérons récupérer dans trois jours.

La Boca
La Boca

Mercredi 16 mai, visite du quartier “Caminito” à La Boca; un lieu plein de couleurs, de vendeurs de tout et de rien mais surtout le chef-lieu du Tango.Les enfants sont des anges; nous les entraînons partout et par tous les moyens: taxi, métro, à pied, …
Buenos Aires est une ville qui a tout d’une grande ville européenne. Ce qui nous plaît, par contraste avec l’Europe, c’est sa configuration en dammier, qui fait qu’il est facile de s’y orienter. Les gens sont agréables et serviables. Nous nous y sentons donc bien et l’insécurité ne se fait pas sentir.

Jeudi 17 mai. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Yann! Nous partons gonflés à bloc vers les bureaux de Grimaldi ici à Buenos Aires (”Buenosaurus” comme dirait Yann). Mais quelle déception en arrivant là-bas! Nous ne pourrons pas récupérer Idéfix demain, mais seulement lundi. Nous avons tous une boule dans la gorge. Annonçant notre visite au zoo et le trajet en métro, les enfants sèchent vite leurs larmes. Mais, pas de chance, les métros sont en grève aujourd’hui. Un charmant monsieur nous indique le bus (dit colectivo en argentin) 93 pour arriver à la Plaza Italia. Nous passons une excellente journée au zoo, qui est énorme et qui contient un nombre incroyable d’animaux. Les enfants sont ravis.

Métro "Linea A"
Métro "Linea A"

Vendredi 18 mai. Après le petit déjeuner classique “medialunas et café con leche”, nous prenons la plus ancienne voie de métro de Buenos Aires. Les wagons sont encore tout en bois. Nous allons vers la gare Retiro pour y prendre un sixième moyen de transport: le train. Nous allons vers la ville Tigre. Tigre est une jolie petite ville qui semble attirer pas mal de touristes grâce à son réseau de rivières et de petites îles. Ces îles sont habitées, mais si petites que tout s’y fait à pied. Les habitants utilisent les bateaux comme des bus. Il leur suffit de se mettre au bout de leur ponton pour que le bateau s’arrête pour les prendre. C’est ainsi que les habitants vont faire leurs courses, partent travailler et que les enfants vont à l’école. Nos prenons un de ces bateaux pour aller voir un muséee conseillé par l’office de tourisme. Nous sommes les seuls à descendre à ce ponton et nous comprenons rapidement pourquoi; le musée est une petite maison traditionnelle des îles dont nous ne savons juste faire le tour. Nous voilà “plantés” sur cette île espérant que nous réussirons à reprendre un de ces bateaux car nous ne souhaitons pas rester “coincés” ici. Une heure plus tard, nous hélons un bateau au bout du ponton et nous voici repartis vers la terre ferme. Ouf!

Tigre
Tigre

Prendre les moyens de transport classiques nous permet de voyager comme et parmi les autochtones. Dans le train, nous nous rendons mieux compte de la réalité. Nous voyons ce qui se cache derrière les immeubles et façades, nous découvrons les quartiers chics ainsi que les quartiers pauvres et les endroits où logent certains “cartoneros”. Les cartoneros sont les clochards. On les nomme ainsi car dès la tombée de la nuit ils sortent avec leur chariot sur lequel repose un énorme sac blanc qu’ils remplissent en vidant les poubelles et surtout avec des cartons qui leur sont très précieux pour passer les nuits et l’hiver. Leur chariot et leurs sacs sont tellement grands qu’ils sont obligés de marcher sur la rue et non sur le trottoir. C’est vraiment de la folie de se faufiler entre ces bus, taxis, voitures et motos qui roulent comme lors des courses de rally, c’est-à-dire, en passant à gauche, à droite, à gauche, au milieu, en freinant, en accélérant, en claxonnant. Ils ont du culot ces cartoneros! Mais il est vrai qu’ils n’ont pas grand chose à perdre.

Buenos Aires
Buenos Aires

Le train est également un bon endroit pour faire du commerce; il y a des chanteurs et musiciens, mais aussi des vendeurs de chaussettes, de lampes de poche, de biscuits, de cartes de téléphone et autres. Nous nous assoupissons lors du trajet retour. Encore une longue journée de marche et de découvertes. Plus que deux métros et nous pouvons nous reposer un peu à l’hôtel.
Hier, il n’y avait pas de métro et aujourd’hui tous les trajets sont gratuits. Du coup, la combinaison de métro gratuit et heure de pointe nous donne un retour en métro mémorable. Au début, nous sommes ravis d’avoir trouvé des places assises mais au fur et à mesure le wagon se remplit… Les gens se pressent (au sens propre du terme) pour rentrer dans le wagon. Nous n’avons jamais vu des gens ainsi pousser, se tenir sur la pointe des pieds aux portes et laisser celles-ci se fermer, pressant le jus complètement. Là nous nous rendons compte qu’être assis est une bonne chose pour les enfants mais une mauvaise chose pour sortir de ce pressoir humain. Arrivés à notre arrêt, Pauline dans les bras, Yann entre Damien (qui doit nous frayer un chemin) et moi, nous essayons de sortir de ce lieu chaud et de plus en plus insoutenable. A peine debout, d’autres passagers arrivent encore à se trouver une place dans ce wagon. C’est pas vrai, non seulement nous ratons notre arrêt, mais en plus, nous nous retrouvons avec deux enfants dans cette boîte à sardines humaine. Yann n’a pas trop l’air impressionné et on lui laisse suffisamment de place. C’est là que nous constatons une fois de plus l’amabilité des Argentins. Trois hommes devant nous se sont arrangés pour nous aider à sortir au prochain arrêt. Super! Enfin de l’air…mais nous ne sommes pas encore arrivés à destination. Les enfants sont crevés mais courageux. Nous en prenons chacun un sur nos épaules et essayons de trouver une autre bouche de métro. Là nous laissons passer les wagons bondés et montons dans le prochain où nous pouvons nous tenir debout sans faire du “cheek to cheek” avec ces chers Argentins. Nous arrivons enfin à l’hôtel et rêvons d’une bonne douche. Bien que nous ayons eu de l’eau chaude les jours précédents, aujourd’hui…l’eau est glacée. Mais personne ne semble désemparé. Au moins nous sommes à nouveau bien réveillés et repartons pour manger une bonne grillade dans un resto à deux “cuadras” d’ici (c’est-à-dire deux pâtés de maisons).
Demain sera une journée de repos!

Tango Show à Buenos Aires
Tango Show à Buenos Aires

Samedi 19 mai. Rien de particulier au programme. D’ailleurs, le samedi toute la ville semble endormie. La plupart des magasins, des cybercafés et certaines bouches de métro sont fermées. La population semble avoir abandonné la ville. Mais ce n’est pas plus désagréable pour s’y promener.
Ce soir nous mangeons au “36 Billares” où nous assistons à un “tango show”. Très sympa. Le patron, qui semble inquiet de voir débarquer deux bambinos dans son établissement réservé aux habitués et aux “portenos” de sortie, nous félicitera par la suite d’avoir des enfants si exemplaires. Il est vrai que les enfants ont été fascinés par les pas de dance et par le spectacle.

Puerto Moreno
Puerto Moreno

Dimanche 20 mai. Aujourd’hui nous visitons le musée d’Art Sud-Américain. Nous sommes quelque peu déçus car il s’agit en réalité d’un musée d’art moderne. Les photos de l’artiste David Lachapelle sont belles, mais pas vraiment destinées aux yeux et à la curiosité des enfants.
Ensuite, nous prenons une fois de plus le bus pour aller visiter une frégate - musée sur Puerto Moreno. La visite vaut la peine. Non seulement parce que le voilier est magnifique et que sa chambre des machines est impressionnante, mais aussi pour se faire une idée du port renouvelé. Cet endroit semble être “the place to be” avec ses dizaines de restaurants et de flats situés aux bords des quais.
Demain, nous récupérons, enfin espérons-le, notre cher Idéfix!

 
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