Au plaisir …

… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Aréquipa et Cuzco (Pérou) - 30/07/07 au 06/08/07

Arequipa
Arequipa

Lundi 30 juillet 2007, Aréquipa est réputée pour être une ville propre et agréable. Nous y faisons une promenade et quelques courses. A midi, nous nous offrons un petit resto. Yann, coiffé de son chapeau en cuir acheté une heure auparavant, pose à côté d’un cactus. Pauline parade avec son petit sac à dos de tissage artisanal.
Toutes les agences de tourisme proposent des excursions vers le Canyon de Colca. Nous aurions pu entreprendre cette excursion nous-mêmes, avec Idéfix, afin d’y observer les condors mais nous décidons de faire l’impasse sur le canyon à cause du col de 4800 mètres à passer. Nous pensons que Yann nous en sera reconnaissant. Demain nous partirons vers Cuzco pour nous rapprocher du mythique Machu Picchu et il faut que les enfants soient en pleine forme.

Arequipa
Arequipa
vers Cusco
vers Cusco

Mardi 31 juillet 2007, aujourd’hui la route sera longue. Il y a 600 kilomètres jusqu’à Cuzco et nous sommes impatients d’y être. Nous partons vers 8h30. En fait il n’est que 7h30, mais nous ne nous sommes pas encore rendus compte du changement d’horaire depuis notre entrée au Pérou. La route est bonne mais longue, très longue même. Heureusement, les villages que nous traversons dans la vallée, qui entoure la route lors des cents derniers kilomètres avant Cuzco, nous offrent un divertissement continu. Dans ces paysages ruraux nous sommes émerveillés par l’activité débordante des habitants qui s’affairent sur leurs champs, tirent leurs charrettes, mènent leurs petits troupeaux de moutons à coups de bâton ou boivent un verre de pisco attablés devant leurs petites maisons. De vieilles dames en habits de couleurs et portant le chapeau melon traditionnel font leur lessive dans la rivière ou marchent à petits pas le long de la route portant de gros ballots de branches sèches sur le dos.

Le soleil disparaît derrière les hautes montagnes qui bordent la vallée. Il commence à faire sombre lorsque nous atteignons enfin Cuzco. Le trafic s’intensifie. Le nombre de coups de klaxon aussi. Nous quittons les grands axes car nous devons traverser la ville afin de trouver le camping dont on nous a dit le plus grand bien.

Le plan de la ville a l’air plutôt simple. Les ruelles de la ville, par contre, ne sont pas toujours aussi larges en réalité qu’elles ne le paraissent sur le plan. La ruelle que nous empruntons monte assez fort. Idéfix grimpe sans problème mais il s’agit de ne pas s’arrêter en plein milieu de la pente. Espérons qu’aucune voiture n’arrive dans l’autre sens car cela nous obligerait à nous arrêter ou à passer deux roues sur le trottoir aux hautes bordures afin de la laisser passer. Nous arrivons en haut de la pente. Ca alors ! Cette rue se termine en cul-de-sac ! Pas question de redescendre la pente en marche-arrière. Il faut faire demi-tour, mais il n’y a pas beaucoup de place. Idéfix se tortille entre les deux murs qui bordent la fin de la ruelle. Il lui reste trente centimètres devant et derrière pour faire sa manœuvre afin de se retourner. Il nous faut quelques minutes de patience et de va-et-vient avant d’être en position pour rebrousser chemin. Allez, on redescend.

Au bas de la rue nous tournons à droite, puis nous devrions normalement prendre à gauche. Pas de chance, nous sommes sur la mauvaise bande et un agent de la circulation nous oblige à tourner à droite. Nous lui indiquons que la ruelle à droite est trop étroite pour nous et que nous aimerions beaucoup prendre la ruelle de gauche. Rien à faire, la dame qui tient le sifflet en bouche ne se laisse pas amadouer par nos “por favor”. Bon, nous tournons à droite. Comme prévu, le virage est trop court. Impossible de renter dans la ruelle sans faire passer la roue arrière sur le trottoir. La bordure du trottoir fait 30 centimètres de haut et Idéfix refuse de lever la pa-patte pour la franchir. Les pneus patinent. Idéfix est fatigué. Ses passagers aussi. Finalement nous réussissons à passer en force. Passés la Plaza de Armas nous demandons un dernier effort à Idéfix car la route monte encore. Ca monte, ça monte, ça monte jusqu’au portail du camping. Le gérant hollandais nous ouvre et nous invite à “monter” encore sur son aire de camping. Ca y est, nous y sommes ! La bonne nouvelle, c’est que nous avions choisi Cuzco pour nous installer pendant plusieurs jours et pour nous reposer un peu. Eh bien, nous commencerons demain.

Cuzco
Cuzco

Du mercredi 1 au lundi 6 août 2007, Cuzco, 3600 mètres d’altitude, Quinta Lala (camping tenu par un couple de hollandais).
Cuzco, qui signifie “nombril” en langue quechua, était la capitale de l’empire inca. Elle fut en grande partie détruite par les espagnols. Mais nous pouvons encore y voir les fondations ou les murs sur lesquels s’appuient actuellement des constructions espagnoles.
C’est une jolie ville, très animée et fort agréable. Nous y passons sept agréables journées.

Le camping est en quelque sorte un “meeting-point” de voyageurs avec véhicule. Nous avons le plaisir d’y rencontrer Bernard et Audrey, deux belges avec leur “Ambuland”, plusieurs couples de suisses, Frank et Andréa, un couple d’allemands et nous avons la joie de revoir Jürgen et Yves, les allemands que nous avions rencontrés à Buenos Aires lors des démarches douanières pour récupérer nos véhicules réciproques. C’est un vrai bonheur. Nous passons pas mal de temps ensemble à échanger nos aventures et surtout nos tuyaux concernant les lieux à ne pas manquer et les routes à faire ou à éviter.

Cuzco
Cuzco

L’ambiance est telle que nous organisons un barbecue accompagné d’une compote de pomme et d’une salade faites maison. Je leur fais la surprise de préparer un moelleux au chocolat (belge). Quelle plaisir de voir le sourire de nos amis voyageurs qui dégustent leur dessert et qui reviennent discrètement près de moi pour recevoir une autre part. Tout le monde a mis la main à la pâte pour préparer ce repas et tout le monde, Yann et Pauline y compris, profite pleinement de ce moment de partage et de convivialité.

Cuzco
Cuzco
Cuzco
Cuzco

De temps à autre, nous descendons vers le centre ville. La ballade nous permet d’admirer Cuzco du haut car le camping se trouve 300 mètres plus haut dans la montagne. Nous empruntons des petites ruelles dont les trottoirs sont en escaliers tant elles sont fort en pente. Des dames et des fillettes habillées en tenue traditionnelle s’y promènent, d’autres vendent des CD et des souvenirs et d’autres encore nous hèlent en espérant nous faire entrer dans leur restaurant. Il y a partout des boutiques de souvenirs, sur La Plaza de Armas de très jolis magasins, mais très chers et dans les ruelles, aux alentours de la place principale, il y a des petites échoppes où l’on peut admirer les artisans en plein travail.

Cuzco
Cuzco

Dans ces petites rues, on ne s’étonne plus de voir des lamas suivre leur maître tels des chiens. Au camping aussi, une péruvienne vient régulièrement faire brouter ses lamas et alpagas. Evidemment, au grand bonheur de Yann et Pauline qui se baladent entre ces animaux avec beaucoup de plaisir. Yann les apprécie tellement qu’il en a pris plus de 200 photos ! Vive les appareils numériques !

Cuzco
Cuzco

Nous préparons tout doucement notre trip vers le Machu Picchu. C’est un réel parcours du combattant ! Il faut réserver l’aller-retour en train ainsi qu’une nuit d’hôtel à Aguas Calientes. Il est impossible d’y aller en voiture. Damien se renseigne beaucoup. Personne ne sait donner “le meilleur” moyen, ou la meilleure combinaison. Il y a tellement de critères dont il faut tenir compte : du désir d’arriver tôt le matin au Machu Picchu, avant la horde de touristes, d’y rester jusqu’au coucher du soleil ou pas, de passer une ou deux nuits à l’hôtel, de prendre le train à partir de Cuzco ou d’Ollantaytambo et surtout, de l’état de notre portefeuille… Finalement, nous choisissons d’aller jusqu’à Ollantaytambo avec Idéfix, d’y loger une nuit sur un parking et d’y prendre le train vers Aguas Calientes le lendemain. Nous y logerons une nuit à l’hôtel. Ensuite, nous prendrons le bus le matin tôt afin d’arriver vers 7 heures au Machu Picchu et puis retour à Ollantaytambo le même jour.
Nous quitterons Cuzco ce mardi 7 août, irons visiter les ruines et le marché de Pisac et logerons comme prévu à Ollantaytambo. Voilà, notre itinéraire est fixé. D’ici quelques jours nous serons au “fameux” Machu Picchu !!

 

En route pour le Pérou (Chili) - 26/07/07 au 29/07/07

Côte entre Calama et Iquique
Côte entre Calama et Iquique

Jeudi 26 juillet 2007, nous quittons San Pedro de Atacama et ses merveilleux couchers de soleil. Cap vers le Pérou ! La première partie de la route est très belle, nous traversons la Vallée de La Lune. Ensuite, les paysages sont moins jolis, toujours identiques, des montagnes de pierres et de sable, aucune verdure, aucune vie, ni animale, ni humaine. Nous nous arrêtons à Calama pour y passer la nuit. Un monsieur nous accueille chaleureusement dans son camping.

Aujourd’hui, notre bonne étoile nous a encore fait preuve de sa présence. Un couple de suisses en 4×4 se sont fait cambrioler leur véhicule sur le parking du supermarché où nous nous sommes également arrêtés pour faire nos courses une heure plus tôt. Nous avions hésité à faire les courses à nous quatre mais les enfants avaient insisté pour rester dans Idéfix et d’y jouer un jeu avec Damien pendant que je faisais les courses… merci les enfants !

Côte entre Calama et Iquique
Côte entre Calama et Iquique

Vendredi 27 juillet 2007, nous reprenons la route vers la côte. A l’intérieur du pays les paysages sont toujours aussi arides. La route longe des flancs de montagnes. Le beige, dans toutes ses variantes, est la seule couleur que la nature nous offre depuis deux jours.
Soudainement, la mer ! Je ne suis pas mécontente de me retrouver à la même altitude qu’à celle de notre plat pays.

Côte entre Calama et Iquique
Côte entre Calama et Iquique

Nous nous arrêtons au bord de la mer pour déjeuner. Nous observons des pélicans qui volent à quelques centimètres au-dessus de l’eau, piquent leur tête dans la mer pour attraper un poisson et qui se posent finalement sur un rocher pour manger leur proie. Je ne peux m’empêcher de sortir du motorhome pour les prendre en photo. Tiens, j’entends un drôle de bruit. Je connais ce cri. C’est de quel animal encore ? Des phoques !! Je cours vers Idéfix, toute excitée. Tout le monde cesse de manger. En un temps éclair nous nous retrouvons tous les quatre sur les rochers pour admirer les phoques qui se dorent au soleil sur un grand rocher entouré d’eau. Ils sont un peu loin mais nous sommes tous heureux de cette belle surprise.

Côte entre Calama et Iquique
Côte entre Calama et Iquique

Une heure plus tard, nous continuons notre route vers Iquique et observons sans cesse la côte à la recherche d’autres phoques. Ce soir, nous avons trouvé un bel emplacement au bord de la mer dans un petit camping à l’entrée de la ville. Yann passe encore une bonne heure dehors à observer les phoques que nous voyons de loin. Pauline, quant à elle, fait des puzzles.

Samedi 28 juillet 2007, avant de prendre la route vers Arica, dernière ville avant la frontière péruvienne, nous partons à la recherche d’une usine à gaz. Selon d’autres voyageurs nous pourrions y faire remplir notre bombonne de gaz argentine. Nous nous dirigeons vers la zone franche où serait située cette usine. Mais tout à coup, nous voyons un distributeur de gaz avec une pompe sur laquelle est écrit GLP ! Non, serait-ce du LPG ? Ce serait trop beau si on pouvait remplir notre grand réservoir. Damien part se renseigner, un de nos embouts se fixe sur la pompe… nous avons du LPG !! Ce qui signifie, plus aucun souci de gaz pendant plusieurs mois, pas de soucis de chauffage lors des nuits de gèle au Pérou et en Bolivie. Cool ! Nous reprenons la route avec un énorme sourire aux lèvres.

La route qui nous mène vers Arica ne longe pas la côte, elle est plus à l’intérieur du pays. Nous constatons que cette région-ci, pourtant si proche de la mer, est toujours très sèche. La ville où nous logeons ce soir se trouve à la côte et nous nous installons sur le parking d’un hôtel, avec vue sur mer.

Dimanche 29 juillet 2007, nous quittons la ville côtière d’Arica. Dans quelques heures nous serons au Pérou. A la frontière, le douanier nous demande nos quatre formulaires.
- “Quels formulaires ? ”
- “Il faut que vous remplissiez un formulaire en quatre exemplaires. Vous pouvez acheter ces formulaires au casino d’Arica.”
- “Pardon ?”
- “Oui, sans ça, vous ne passerez pas au Pérou. Soit, vous pouvez toujours demander à un chauffeur de taxi de vous vendre des formulaires.”
A ce moment, un chauffeur de taxi est justement en train de monter dans son véhicule. Nous l’interpellons avant qu’il ne parte. Il semble comprendre de quoi il s’agit. Il est tellement pressé qu’il nous remet quatre feuillets vite fait puis part en trombe pour passer la frontière. Gracias senior!

A la douane péruvienne nous passons le contrôle sanitaire, le contrôle de douane, le contrôle de santé (?) et le service d’immigration. Ca y est, nous sommes au Pérou. En traversant la ville de Tacna, nous nous arrêtons afin de trouver de la monnaie péruvienne (le “Nueve Sol”). Nous nous apercevons tout de suite que les indications sur les routes sont quasi inexistantes dans ce pays. Une heure plus tard, nous en payons les frais lorsque nous nous rendons compte que nous ne sommes pas sur la bonne route et que nous devons rebrousser chemin. Pas moyen non plus d’acheter une bonne carte routière ou un simple sandwich dans une station service. Nous trouvons quand même un paquet de crackers qui fera l’affaire pour notre pique-nique de ce midi. Nous nous félicitons d’avoir fait le plein d’essence à Arica car entre la frontière et Aréquipa, les pompes à essence sont tellement délabrées, anonymes et désertes qu’on n’y prendrait même pas de l’essence pour sa tondeuse.

Route vers Arequipa
Route vers Arequipa

Par contre, au fil des kilomètres, la route s’embellit. Bientôt, nous voyons apparaître le volcan, au sommet enneigé, au pied duquel est située la ville d’Aréquipa. Nous y arrivons juste à la tombée de la nuit et logeons sur le parking d’un hôtel à deux pas du centre-ville.

 

San Pedro de Atacama (Chili) - 24/07/07 au 25/07/07

Mardi 24 juillet 2007, San Pedro de Atacama est une toute petite ville située dans une région désertique. Toutes les maisons ont la même allure, les murs en sont construits à base de terre et de paille et ont la couleur du désert.

San Pedro de Atacama
San Pedro de Atacama

Ce matin, les enfants jouent au ping-pong, Damien et moi faisons un petit nettoyage rapide d’Idéfix et ensuite, nous partons vers la rue principale afin d’y réserver notre excursion prévue en fin d’après-midi : La Vallée de la Lune.
Séance école après le déjeuner et ensuite nous préparons nos affaires pour LA sortie de la journée : bonnets, écharpes, vestes, crème solaire, de l’eau, l’appareil photo, la caméra et le statif dans les sacs, bottines aux pieds, lunettes solaires sur le nez et casquette sur la tête. Nous sommes dans une région très sèche et le soleil brille de tout son éclat. Mais dès le coucher du soleil la température chute très fort et il faut troquer sa casquette contre un bonnet et ajouter quelques couches de vêtements.

Vallée de la Mort
Vallée de la Mort

Nous voilà partis dans un minibus avec d’autres touristes. Yann est très calme. A mon avis il craint que nous montions à nouveau très haut en altitude. Je le rassure et quelques minutes plus tard il retrouve sa joie de vivre. Nous faisons un premier arrêt à la “Vallée de la Mort”. Cette vallée est nommée ainsi car il n’y a aucune vie. La vue sur cette vallée est impressionnante et d’autant plus que le vent souffle très très fort. Je n’ose pas lâcher Pauline de peur que le vent la pousse dans le précipice. Elle qui est légère comme une plume. Après quelques minutes de “cheese” suivies des cliquetis des appareils photo, le minibus reprend sa route vers le parc national. Un deuxième arrêt nous mène vers un site appelé “Las tres Marias” ainsi qu’à une grotte de sel. Toutes les roches de la région sont en grande partie constituées de sel et de certains métaux, tel le cuivre. Il y a d’ailleurs de nombreuses mines de sel dans la région.

Vallée de la Lune
Vallée de la Lune

Finalement nous arrivons vers dix-sept heures à un des endroits clés de la Vallée de la Lune. Nous escaladons une énorme dune, ensuite Damien, Yann, Pauline et moi-même empruntons un petit chemin en haut des rochers afin d’y dénicher un bel endroit pour admirer le coucher du soleil sur la vallée.

Vallée de la Lune
Vallée de la Lune

Le spectacle est grandiose ! Les couleurs sont magnifiques et c’est à contrecœur que nous rangeons nos appareils car nous devons rejoindre le minibus à 18h20 précises. Mais nous rentrons ce soir au camping heureux … Ah, que c’était beau !

Vallée de la Lune
Vallée de la Lune


Vallée de la Lune
Vallée de la Lune

Mercredi 25 juillet 2007, notre excursion à la Vallée de la Lune nous a tellement plu que nous n’hésitons pas à nous inscrire dans une agence pour une excursion au Salar d’Atacama, ainsi qu’à la réserve des flamants roses.
Nous passons une journée classique de jeux, d’école et organisons notre route vers le Pérou. Puis, nous quittons le camping avec tout le matériel nécessaire, comme hier.

IMG_1873.JPG
IMG_1873.JPG

Nous faisons un premier arrêt dans un petit village. Des petits drapeaux noirs sont accrochés à de nombreuses façades dans toutes les ruelles. L’on nous explique que c’est en guise de protestation contre les grandes mines de sel. Le village est situé dans une région très sèche et il y a donc très peu d’eau. Les villageois protestent car une grande partie de l’eau est utilisée dans les mines. De plus, les lacs du parc national se dessèchent de plus en plus, au détriment de la flore et de la faune, dont essentiellement des flamants roses. Ils veulent absolument préserver la richesse naturelle du parc et ils n’ont pas tort.

Salar de Atacama
Salar de Atacama

Arrivés au lac salé, nous nous promenons sur cette grande étendue de sel. Nous nous dirigeons vers un lac où se trouvent des dizaines de flamants roses et quelques autres espèces d’oiseaux. Nous attendons le coucher de soleil tout en observant ces élégants volatiles. Yann et Pauline les observent avec les jumelles et nous avec notre appareil photo et caméra.

Salar de Atacama
Salar de Atacama

Quel spectacle, quelles couleurs, quel paysage. Le blanc du sel, le bleu de l’eau, le rose de ces oiseaux, les montagnes et volcans enneigés et puis le ciel qui nous montre toutes ses plus belles couleurs. On se croirait dans un dessin animé de Walt-Disney. C’est tellement féérique, tellement extraordinairement beau !

Salar de Atacama
Salar de Atacama

 

Passage vers le Chili (Argentine-Chili) - 21/07/07 au 23/07/07

Quebrada de Humahuaca
Quebrada de Humahuaca

Samedi 21 juillet 2007, Tilcara se trouve dans la vallée de Humahuaca, à quelques kilomètres du village du même nom. Ce village est souvent cité dans les guides de voyage comme étant un village typiquement andin. Nous nous installons à Tilcara en début d’après-midi. Après le déjeuner nous partons visiter le musée archéologique qui se trouve au centre de ce village fort sympathique et aux allures légèrement touristiques. Le musée expose des vases, des urnes mortuaires, des outils et des bijoux de différentes périodes des cultures andines et incas. Sa pièce maîtresse est une authentique momie digne de celle de Rascar Capac dans Tintin. Yann était impatient de la voir, mais après l’avoir regardée de plus près il fait vite quelques pas en arrière et semble subitement s’intéresser davantage aux poteries péruviennes. La couleur de son visage vire au blanc verdâtre et commence à ressembler à celle de la momie. A la sortie du musée nous nous baladons entre les échoppes du marché artisanal sur la place du village, histoire de changer les idées à Yann.

Susques
Susques

Dimanche 22 juillet 2007, Susques est la dernière ville avant le passage vers le Chili à hauteur de la passe appelée Paso de Jama. A Susques se trouve le poste de douane pour les camions ainsi que la dernière pompe à essence avant San Pedro de Atacama, 280 kilomètres plus loin, au Chili. Susques étant située à une altitude de 3600 mètres, nous avons dans l’idée d’y passer la nuit afin de nous habituer à l’altitude. Ainsi nous pourrons facilement parcourir les 280 kilomètres restants demain tout en passant la douane argentine avant la pause du midi.
A Susques, les douaniers nous confirment que la régularisation douanière pour les véhicules privés se fait bien à la frontière même. Nous leur demandons si nous pouvons passer la nuit en face du poste de douane. De toute façon, nous ne sommes pas seuls, nous sommes entourés de camions. Un vent fort et glacial s’engouffre dans les rues de la ville. La poussière semble ne jamais se poser. A tout hasard, nous demandons aux douaniers à quelles températures nous devons nous attendre durant la nuit. Ils nous répondent : “Oh, entre -15 °C et -20 °C…”. Nous nous en doutions un petit peu mais secrètement nous avions tout de même espéré avoir une nuit un peu plus clémente. Nous ajoutons un peu d’antigel dans le réservoir à carburant et nous décidons de nous réveiller toutes les deux heures afin d’allumer un peu de chauffage, si nécessaire, pour maintenir la température dans Idéfix au-dessus de zéro.

Salinas Grandes
Salinas Grandes

Lundi 23 juillet 2007, le gel fût moins fort que prévu. La nuit fût certes mouvementée par nos réveils réguliers et par les rafales de vent mais elle ne nous a pas causé de dégâts. Idéfix démarre au quart de tour.
Dès la sortie du village, la route commence à grimper. Sophie observe l’altimètre sur le GPS et garde un œil attentif sur les enfants. Pas facile lorsque les paysages que nous traversons sont si beaux et si variés qu’ils ne peuvent qu’attirer toute notre attention. Nous apercevons un premier lac salé et les premières vigognes qui sont à la recherche d’herbe dans cette étendue immense et aride. Les sommets des montagnes et des volcans qui apparaissent à l’horizon sont enneigés. Nous arrivons à la frontière : “Paso de Jama, 4200 mètres “. “Ca va les enfants? ” Tout va bien. Nous passons la douane argentine en une demi-heure. La douane chilienne se trouve à San Pedro de Atacama, 150 kilomètres plus loin. En route. Yann pâlit un petit peu et se plaint d’avoir mal à l’estomac. Sophie m’incite à accélérer afin d’amorcer la descente vers des altitudes plus décentes. De toute façon, nous pensons avoir atteint le point culminant après le passage de douane. La route longe des lacs magnifiques. Yann sursaute et vient nous rejoindre à l’avant dans l’espoir d’apercevoir quelques flamants roses sur ces lacs de l’Altiplano. La plupart des lacs sont gelés à cette altitude. Ceci explique pourquoi nous ne rencontrons qu’un seul flamant rose. Celui-ci semble avoir perdu son groupe, parti sans doute vers le salar d’Atacama, 2000 mètres plus bas.

Vers Paso de Jama
Vers Paso de Jama

Des lacs, des sommets enneigés, des vigognes, des lamas, le salar, un soleil étincelant sur des plaines balayées par un vent andin tonitruant, nous sommes éblouis par ces paysages.
Par contre, le GPS indique une altitude de 4838 mètres. Ca, ce n’était pas prévu au programme. D’autant plus que nous nous trouvons sur un plateau. Ce n’est finalement qu’au bout d’une heure que nous commençons à descendre. Le pauvre Yann a vomi quatre fois.

DSCN5647.JPG
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Il reste 25 kilomètres à faire avant d’arriver à San Pedro de Atacama qui se trouve 2000 mètres plus bas. A partir d’ici, la route est une longue pente ininterrompue et rectiligne. Un chauffeur distrait y brûlerait ses plaquettes de freins en une seule descente.
Arrivés en bas, alors que la route reprend enfin un profil normal, nous nous arrêtons à la douane chilienne. La dame du contrôle sanitaire nous autorise à garder nos deux derniers pots de confiture de Bonne-mamy. Merci pour cette cordialité.
Nous entrons dans San Pedro de Atacama. A première vue le centre ville semble être réservé aux piétons. Après en avoir fait deux fois le tour par sa périphérie, la ville ne nous semble même pas si grande que ça. Nous trouvons un petit camping proche du centre. Yann a repris toutes ses couleurs. Mais quelle journée !
Sans aucun doute, ce passage vers le Chili nous a marqué. L’amalgame des situations – l’altitude, le gel, la douane, le malaise de Yann, l’inquiétude de Sophie – et des paysages de l’Altiplano époustouflants nous laisse le sentiment d’avoir réalisé un exploit. Aujourd’hui, nous considérons notre aventure et la découverte de cette région merveilleuse comme un exploit personnel accompli en famille.

IMG_1764.JPG
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Salta (Argentine) - 13/07/07 au 20/07/07

Vendredi 13 juillet 2007, la route numéro 16 qui mène à Salta monte en permanence et ce pendant plusieurs centaines de kilomètres. Par contre, son tracé est si droit que l’on pourrait la dessiner sur une carte à l’aide d’une règle. A travers notre pare-brise, juste au-dessus de la belle fissure horizontale qui s’y est formée, nous voyons le bout de la route à l’horizon, et puis les premières montagnes de la Cordillère des Andes se dessinent. Au pied des montagnes nous prenons notre premier virage depuis des heures. Une demi-heure plus tard, nous y sommes. A 1100 mètres d’altitude, nous sommes à Salta. Salta est surnommée la “Linda” parce que c’est une des plus jolies villes d’Argentine. Elle a gardé quelques maisons et églises datant de la période à laquelle les espagnols se sont installés dans le nord. Nous, les belges, nous choisissons de nous installer au camping municipal. C’est le seul camping de la ville, ce qui a pour avantage qu’on y croise pratiquement tous les backpackers et routards comme nous qui sont à Salta en ce moment. Nous y faisons connaissance d’un couple de retraités allemands et d’une famille de français, voyageant en 4×4.

Nous resterons ici quelques jours afin de prendre congé de la route. Nous en profiterons pour visiter la ville, pour sillonner dans la région, pour faire laver notre linge, pour emmener Idéfix au garage pour son entretien et pour faire quelques réparations au motorhome, au pare-brise entre autres.

Samedi 14 juillet 2007, nous commençons la journée par deux heures de classes avec les enfants. Nous effectuons les quelques petites réparations au motorhome. Nous épluchons nos guides de voyage afin de préparer une ou deux excursions dans la région de Salta, ainsi que notre itinéraire vers le Chili et le Pérou. Nous terminons cette journée de repos par un barbecue et buvons une bière argentine à la santé de Céline et Enzo qui se sont mariés aujourd’hui en Belgique.

Salta
Salta

Dimanche 15 juillet 2007, nous prenons le bus B3 pour le centre ville, puis nous nous dirigeons vers la plaza 9 de julio. Nous y visitons un petit musée et jetons un coup d’œil à la cathédrale. La place est jolie et agréable. Dans un magasin d’artisanat nous achetons notre première bricole “souvenir”, puis nous nous installons à la table d’un restaurant pour déjeuner. Après avoir flânés encore un peu dans la ville, très calme d’ailleurs en ce dimanche, nous rentrons au camping.

Salta
Salta

Le camping municipal possède une gigantesque “piscine”. J’aurais tendance à dire qu’il s’agit plutôt d’un étang. Encore faudrait-il qu’il soit rempli pour pouvoir en juger. En tout cas, l’immense dalle de béton qui sert de fond à cette piscine fait parfaitement l’affaire comme terrain de hockey. Nous sortons les sticks de hockey et tapons la balle. En fin d’après-midi, nous nous installons dans Idéfix afin d’écrire nos carnets de route. On a pris un peu de retard…

Salta
Salta

Lundi 16 juillet 2007, nous avons rendez-vous au garage Fiat pour l’entretien d’Idéfix à 8h00 du matin. Pendant que le garagiste remplace l’huile, le filtre à air et le filtre à carburant, Yann passe chez le coiffeur. Nous partons ensuite acheter un petit radiateur électrique qui pourrait peut-être nous servir au Pérou et en Bolivie, afin d’économiser du gaz durant les nuits glaciales.

A notre retour au camping, nous rencontrons une famille de français fort sympathique. Christophe, Martha et leur fille terminent leur périple de un an en Amérique Latine. Nous discutons un peu et échangeons nos expériences de voyage. Inutile de dire que nous notons tout de suite les bons tuyaux et conseils. Nous retenons aussi que la robinetterie de leur véhicule a craqué à cause du gel. Un homme averti…

Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas

Mardi 17 juillet 2007, aujourd’hui nous allons vers Cafayate pour ensuite revenir à Salta par la même route. Si cette route est aussi belle qu’on le dit, il ne peut pas y avoir de mal à la faire deux fois. Nous quittons Salta et empruntons la route 68. Au bout de 130 km nous entrons dans la “Quebrada de Las Conchas”. Le paysage montagneux est magnifique. Certains rochers sont qualifiés de “monument géologique” et ont reçus de jolis noms, tels que “l’Amphithéâtre”, “le Crapaud” ou encore “les Châteaux”. Cependant, si ces monuments amusent surtout les enfants, la dernière partie de la route est de loin la plus prenante. Nous y longeons des versants de montagnes de couleurs variées à l’infini : gris, marron, rouge, ocre, ornés de cactus ou d’herbe verte, flanqués d’un ruisseau d’eau fraîche ou du lit d’une rivière asséchée.

Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas

Il est 15 heures lorsque nous apercevons les premières vignes, signe que nous sommes arrivés à Cafayate. Nous décidons de passer la nuit ici et de rebrousser chemin demain.

Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Conchas

Mercredi 18 juillet 2007, nous reprenons la route 68 en direction de Salta. Nous ne regrettons pas du tout de devoir faire la même route que hier. Dans ce sens-ci, les angles de vue sont différents. En cette heure matinale, la lumière sur la “Quebrada de las Conchas” est plus belle. Nous dégustons.
Nous arrivons à Salta en début d’après-midi. Nous pourrons donc faire l’école avec les enfants et préparer notre excursion de demain.

DSCN5521.JPG
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Jeudi 19 juillet 2007, Idéfix trépigne. Aujourd’hui, nous allons faire de la piste. Un petit aller-retour, dont nous avons le secret, devrait nous faire découvrir de nouveaux paysages fascinants, et ce en empruntant une piste qui monte par la “Quebrada de Escoipe” jusqu’à 3300 mètres d’altitude pour descendre ensuite vers Cachi.

Route vers Cachi
Route vers Cachi

Au début de la piste les passages sont très étroits. A peine avons-nous réussi à croiser un premier camion, que nous devons déjà étudier la façon par laquelle nous allons traverser le petit torrent qui croise la route en se déversant dans le “Rio de Escoipe”. Un Indiana Jones l’aurait sans doute traversé sans hésitation, mais à notre connaissance, Indiana Jones ne roule habituellement pas en motorhome. Nous bien, mais cela ne nous empêche pas de passer. Les enfants viennent s’asseoir à l’avant afin de ne rien rater du spectacle : “Idéfix qui nage.”.

Route vers Cachi
Route vers Cachi

Un peu plus loin, nous traversons un vieux pont en fer recouvert de planches de bois, qui pourrait parfaitement servir de décor au prochain film de l’aventurier cité ci-dessus.
La route grimpe, les montagnes nous envahissent. Nous savourons le spectacle et les enfants se réjouissent de voir des petits torrents, des rivières asséchées, des cactus (comme dans Lucky Luke) et des ponts qui font sauter maman et papa sur leur appareil photo.

Route vers Cachi
Route vers Cachi

Par contre, cela fait presque quatre heures que nous roulons et nous n’avons pas encore atteint les deux tiers du chemin à faire jusqu’à Cachi. Nous sommes à une altitude de plus ou moins 3300 mètres, point culminant de notre itinéraire du jour. Nous décidons de déjeuner ici et de rebrousser chemin car nous sommes déjà largement satisfaits de notre exploration.
Lorsque nous arrivons au camping vers 16 heures, nous décidons d’offrir un bon bain à Idéfix. Nous branchons le tuyau d’arrosage et lui faisons sa toilette. “Tiens, nous avions oublié qu’il avait cette couleur-là avant…”

Vendredi 20 juillet 2007, nous quittons Salta définitivement et débutons notre route vers le Chili. Nous comptons la faire en trois étapes. La première étape est Yala, qui se situe à 1400 mètres d’altitude. La deuxième étape sera Tilcara à 2500 mètres d’altitude. La troisième étape sera Susques à 3660 mètres d’altitude. Ensuite, nous emprunterons le passage inévitable appelé “Paso de Jama”, à 4400 mètres d’altitude pour finalement arriver à San Pedro de Atacama au Chili.

 

Quimili (Argentine) - 11/07/07 au 12/07/07

Mercredi 11 juillet 2007, c’est l’anniversaire de papa, bonpapy.
A Quimili, un trou perdu entre les champs de coton, se trouve une petite école : “la escuela San Fransisco de Asis”. Baudouin et Véro nous en avaient parlé et nous avaient suggéré d’y faire un petit saut afin de saluer la sœur Anadélia et le père Eugenio à qui ils ont rendu visite il y a deux ans. Nous expliquons aux enfants que cela leur permettra peut-être de faire connaissance avec les enfants et de voir comment fonctionne une petite école de village en Amérique Latine.

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Nous nous garons en face de la cour d’école. La cour est déserte car il n’y a pas de cours l’après-midi. Un villageois vient à notre rencontre et nous aide à chercher la “hermana”. Elle est absente. Une autre villageoise nous rejoint et entreprend de téléphoner à sœur Anadélia. J’ai sœur Anadélia au bout du fil et je lui explique que nous sommes de la famille de Baudouin et Véro “de Bélgica”. A ces mots, sa voix se remplit d’enthousiasme, elle me dit qu’elle est à cent kilomètres d’ici mais qu’elle arrive tout de suite pour nous accueillir. Une heure et demie plus tard, sa voiture apparaît et longe notre motorhome en klaxonnant. Les présentations sont accompagnées de grandes accolades. Quel accueil ! Sœur Anadélia nous explique qu’il a gelé la nuit dernière et qu’il est hors de question que nous dormions dehors cette nuit. Elle nous offre une chambre dans sa maison située à côté de l’école.

Quimili
Quimili

Vers dix-neuf heures nous l’accompagnons au village afin de suivre la messe célébrée par le père Eugenio. A la sortie de l’église le père vient à notre rencontre et nous invite à prendre l’apéritif chez lui. Sœur Anadélia lui explique que nous l’avons invité à partager notre repas dans Idéfix ce soir. Là-dessus père Eugenio nous invite plutôt à profiter d’une “parilla” chez lui. Nous acceptons l’invitation. Tout le monde met la main à la pâte. Les enfants suivent le père à la cave, lampe de poche en main, car il y a une panne de courant dans le village. Un peu plus tard, nous nous retrouvons tous à table autour d’un délicieux “chorizo caseiro” et d’une agréable bouteille de vin dans une ambiance accueillante et chaleureuse.

Après le repas, nous rejoignons nos chambres dans la maisonnette de sœur Anadélia. Il fait glacial et il n’y a pas de chauffage. La nuit dernière, le gel a fait sauter une canalisation. Il n’y a donc pas d’eau courante non plus. Sœur Anadélia nous propose une couverture supplémentaire, toute heureuse de pouvoir nous héberger chez elle.

Jeudi 12 juillet 2007, nous nous levons vers huit heures trente, il y a –1,5 C° dehors. Nous entendons les enfants arriver à l’école. Ils ne jouent pas sur la cour de récréation car il fait trop froid. Sœur Anadélia est fort sollicitée, soit par l’école, soit par les voisins. Elle essaie également de faire avancer la réparation de sa conduite d’eau. Une fois de plus, nous la voyons courir dans tous les sens. Elle nous a également invités à manger chez elle à midi. Elle allume déjà son feu pour la parilla à dix heures trente (elle nous explique qu’en Argentine il est de coutume de laisser cuire la viande pendant une heure et demie sur une grille fort élevée, au-dessus d’un petit feu). Je lui propose mon aide, mais elle refuse gentiment, je sens qu’elle est toute heureuse de recevoir du monde chez elle. Elle me dit avec un grand sourire : “Esta una fiesta ! “. Quel bonheur.

Lors de la récréation, nous proposons à Yann et à Pauline d’aller jouer avec les autres enfants mais ils sont trop intimidés et préfèrent faire de jolis dessins pour sœur Anadélia.
Lorsque l’école se termine à midi, un monsieur vient vers moi et offre deux médaillons de la Vierge Marie pour nos enfants. C’est incroyable, je suis réellement touchée par la gentillesse, par la spontanéité et par la générosité des personnes que nous avons la chance de rencontrer ici.

Sœur Anadélia vient nous chercher pour passer à table. Nous apportons le dessert (le gâteau au chocolat préparé la veille pour l’anniversaire de Damien) et une bouteille de vin. Nous mangeons ce midi la meilleure parilla depuis notre arrivée sur ce continent. La viande est absolument délicieuse. Nous passons un bon moment de convivialité.

Quimili
Quimili

Nous sommes jeudi, demain soir sœur Anadélia quitte Quimili pour deux semaines car ce sont les vacances scolaires. Nous pensons donc qu’il est plus sage de reprendre tout doucement la route. Yann est déçu, il aurait aimé rester plus longtemps. Essentiellement parce qu’il peut jouer au basket sur la cours de récréation mais je suis certaine qu’il a également senti cette chaleur humaine et cette générosité malgré que nous soyons dans une région très pauvre. Nous expliquons à Yann et Pauline que de nombreux enfants arrivent à l’école l’estomac vide. Sœur Anadélia et quelques mamans bénévoles cuisinent ou s’organisent pour essayer de donner au moins un repas par jour aux enfants. Ce n’est pas facile car le gouvernement ne donne que 0,60 pesos argentin par enfant et par jour.
Nous remercions sœur Anadélia maintes fois pour tout. Elle insiste pour que nous revenions chez elle dans quelques mois et nous dit en riant qu’elle nous téléphonera d’ici quelques semaines pour nous demander où nous restons. Quel sacré petit bout de femme!

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Nous quittons cet endroit comme nous y sommes venus, par le chemin de terre, mais cette fois, les personnes que nous croisons nous saluent et nous disent au revoir.
Nous avons 170 kilomètres à faire pour rejoindre la route numéro 16 et mettre le cap sur Salta.

Malheureusement, la route est en si mauvais état, parsemée de trous profonds, alternant terre, cailloux et asphalte détérioré que nous mettons quatre heures pour en arriver à bout. C’est vers 19h30, dans le noir complet, que nous nous arrêtons à la première station service que nous rencontrons à Pampa de Los Guanacos.

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Misiones (Argentine) - 08/07/07 au 09/07/07

Dimanche 8 juillet 2007, nous sommes à San Ignacio, situé dans la province de Misiones, où l’on peut visiter des ruines de missions jésuites datant du dix-septième siècle. Il pleut depuis hier soir. Nous mettons nos bottines et KW et partons à pied vers les ruines de San Ignacio Mini. Ce site est classé par l’Unesco comme Patrimoine Mondial de l’Humanité. Cette mission de jésuites fût construite en 1632 et plusieurs milliers d’indiens y vécurent pendant près d’un siècle.

Misiones
Misiones

C’est une belle occasion pour donner un petit cours d’histoire aux enfants et de leur expliquer la colonisation, l’influence des espagnols sur la vie des indiens, l’arrivée et l’aide des jésuites, mais également la guerre guaranatique (les Guaranis, indiens s’opposant à l’artillerie espagnole) après laquelle les indiens chrétiens furent chassés des missions et contraints de retourner vivre dans la forêt.

La visite des ruines vaut la peine et ça nous permet de mieux imaginer la vie dans les “reducciones”. Le site semble enchanté avec ses arbres centenaires au milieu des habitations, avec le calme et les belles couleurs. Dommage qu’il pleuve car si les rayons du soleil pouvaient illuminer tout cela, ce serait vraiment très joli.

Misiones
Misiones

Lundi 9 juillet 2007, c’est la fête nationale en Argentine. Nous prenons la route vers Posadas dans l’espoir d’y trouver du LPG, un cybercafé et une lavanderia. Nous y passons quelques heures, tournons en rond en ville avec l’ordi sur les genoux en espérant trouver une connexion wi-fi. Vers 15 heures nous décidons de continuer notre route vers Corrientes car nous n’avons rien trouvé à Posadas. Et pour cause, quasi tout est fermé car c’est un jour férié.

Mardi 10 juillet 2007, c’est l’anniversaire de Damme.
Aujourd’hui nous reprenons la route qui nous mène tout doucement vers Salta. Nous nous arrêtons à Corrientes et y trouvons un cybercafé et un supermarché. Après une bonne heure d’internet et de nombreux messages de salutations pour Damien nous repartons. Ce soir, nous aimerions arriver à Avia Teraï, petit village situé au croisement de la route vers Salta et celle qui mène vers Quimili. Vers 17 heures nous sommes à quarante kilomètres de là, mais le réservoir d’essence est presque vide. Pas de problème, nous longeons une ville et nous nous arrêtons à une pompe à essence … plus de Diesel. Le pompiste nous indique une autre pompe à un kilomètre de là… plus de Diesel. Nous voyons une enseigne d’une troisième pompe au loin… la pompe est fermée. Aie aie aie, il nous faut de l’essence. Un homme nous indique une autre pompe à l’entrée de la ville. Nous croisons les doigts mais, là non plus il n’y a pas de Diesel. Nous faisons une tentative supplémentaire vers une cinquième pompe… du Diesel ! Ah, on respire un bon coup, on fait le plein et c’est reparti.

Nous fêtons ce soir l’anniversaire de Damien… sur une pompe à essence. Il n’y a rien à faire, nous nous trouvons dans une région relativement pauvre et il n’y a rien d’attrayant dans le coin. J’ai prévu un bon petit apéritif, une bonne bouteille de vin argentin et un succulent poulet grillé au four.

Il y a quelques semaines nous avions dit aux enfants, en blaguant, qu’un jour on mettrait la musique à fond dans le motorhome lorsque nous serions sur une pompe à essence. Ainsi nous pourrions, à notre tour, réveiller les camionneurs qui souvent font beaucoup de bruit. Evidemment, ce n’est pas entré dans l’oreille d’un sourd. Ce soir, les enfants ont décidé de mettre en action nos paroles. Ils allument la radio, mettent le volume à fond et nous voilà tous les quatre en train de danser, de sauter, de chanter et d’hurler comme des fous. Quels sourires sur les visages des enfants, quel beau moment de complicité et de bonheur.

 

Nous quittons le Brésil (Brésil) - 05/07/07 au 06/07/07

Jeudi 5 juillet 2007, la route est difficile. Les trous et les ornières de la Transbrasiliana nous empêchent de rouler vite et nous donnent des frayeurs par moments. Nous faisons étape sur une station service, à mille mètres d’altitude, après avoir parcouru moins de kilomètres que prévu.

Vendredi 6 juillet 2007, en début d’après-midi nous atteignons la frontière entre le Brésil et l’Argentine, à hauteur de Bernardo de Irigoyen. Arrivés dans la petite ville de Barracao, il nous faut une dizaine de minutes avant de trouver le poste de douane. Nous passons la douane brésilienne sans qu’on nous demande quoi que ce soit. Nous faisons demi-tour, car il nous faut des cachets sur nos passeports et sur le carnet de passage d’Idéfix. Une heure plus tard nous atteignons la barrière de la douane argentine. Le douanier, méticuleux, met un temps bête à exécuter ses démarches administratives. Nous nous demandons même s’il ne consulte pas son manuel “Tamponner un passeport pour les nuls” derrière son guichet. De plus, il semble ne jamais avoir entendu parler d’un carnet de passage en douane. Encore une heure plus tard, tout est en règle et nous pouvons passer. Nous voilà de retour en Argentine. Le passage de douane nous a fait perdre deux heures, mais aussi quatre bananes, trois oranges et deux citrons suite au contrôle sanitaire. Ce dernier a été instauré récemment pour cause de la fièvre aphteuse qui règne dans la région. Soit, trop heureux de recevoir des explications claires en espagnol, nous léguons le contenu de notre corbeille à fruits à la gentille dame et entrons dans la province argentine de Misiones. Nous roulons pendant cent trente kilomètres dans une forêt dense, sans croiser le moindre camion ni village. Exténués par cette journée, nous nous arrêtons là où la civilisation reprend son droit, à Eldorado, et logeons sur une station service.

Morretes et Antonina (Brésil) - 01/07/07 au 05/07/07

Porto de Cima
Porto de Cima

Dimanche 1 juillet 2007, petite matinée tranquille: bonne grasse mat, petit déjeuner à l’auberge et mini match de hockey avant de prendre la route vers Morretes. Mais cette fois-ci en motorhome. Notre guide parle de plusieurs balades sympas à faire dans les environs et nous avons été séduits par le village et la flore de la région lors de notre excursion en train. L’office de tourisme nous a conseillé deux campings. Nous décidons d’aller voir à quoi ressemble celui qui est le plus proche du village. Il y a six kilomètres de piste à faire mais maintenant, tant Idéfix que nous, sommes rôdés et en plus, c’est tellement jolie que nous sommes contents de ne faire que du trente kilomètre à l’heure et de pouvoir admirer la nature. Nous ne repérons pas tout de suite le camping et nous nous arrêtons dans un petit restaurant perdu en plein milieu de la nature. Le coin est très mignon, il y a une chapelle aux couleurs bleues et blanches, un petit ruisseau, une roue à eau, des petits ponts,… Nous nous arrêtons à ce petit restaurant afin d’y demander la route et nous voilà, tout à coup, assis à table dégustant un “barreado” dans les règles de l’art, avec de la farine de manioc et des rondelles de bananes… c’est délicieux!

Morretes
Morretes

Après ce bon petit repas, nous partons à pied à la recherche du camping. Pour finir, nous nous rendons compte que ledit “camping” est tout simplement un bel emplacement le long du Rio Marumbi. Plusieurs personnes nous ont dit que nous pouvons nous installer ici et nous décidons donc d’y passer la nuit. Ce sera du camping semi-sauvage. Yann et Pauline sont ravis de notre emplacement. A peine arrivés, ils partent escalader les pierres au bord de la rivière. Nous les rejoignons et à peine quelques minutes plus tard, Yann glisse et se retrouve les pieds dans l’eau. Damien, rebroussant chemin pour aider Yann… glisse et… se retrouve également avec chaussures et pantalon dans l’eau. Pauline et moi sommes prises d’un fou-rire et rejoignons la berge prudemment tout en gardant nos pieds au sec.
Après cela, les enfants nous réclament leur heure de classe. A la tombée de la nuit, les quelques brésiliens, venus passer leur dimanche après-midi au bord de l’eau, sont tous partis et seul le bruit de la petite cascade nous accompagne tout au long de la soirée et de la nuit.

Lundi 2 juillet 2007, quelques nuages couvrent le ciel et nous prenons la route vers São João de Graciosa qui ne se trouve qu’à quatorze kilomètres de Morretes. Nous y empruntons la “Serra da Graciosa”. Une route pavée, construite en 1873, gravit la montagne à travers la jungle tropicale sur vingt kilomètres. Ce parc national réunit la plus complète variété des fleurs et essences végétales originelles de la “Mata Atlantica”, forêt atlantique à la végétation exubérante qui recouvre la serra do Mar. Idéfix emprunte la route pavée avec facilité mais celle-ci devient de plus en plus sinueuse et au fur et à mesure que les kilomètres passent, les gouffres le long de la route deviennent de plus en plus impressionnants. Le ciel se couvre de gros nuages gris. Des panneaux signalent “attention, chaussée glissante en cas de pluie” … Serais-je quelque peu “maman-poule”? Car lorsque Damien propose de faire un petit arrêt, je suggère plutôt de continuer jusqu’au bout et éventuellement de nous arrêter sur le chemin du retour … autant éviter la pluie sur ces pavés …

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Arrivés en bas de la Serra da Graciosa, nous prenons la route en direction de Porto de Lima car il y a le “Parque estadual do Marumbi”. Un grand panneau au début d’une piste nous indique l’entrée du parc. Il n’y a pas plus d’information. Nous nous engageons sur la piste rouge. La nature est très jolie, il y a de nombreuses variétés de fleurs que nous n’avions pas encore vues. Nous longeons quelques habitations, des pousadas qui semblent vides, une rivière. Le chemin devient de plus en plus étroit et boueux. Il n’y a toujours aucune entrée ‘officielle’ pour ce parc ni un endroit où garer Idéfix afin d’aller à la découverte des lieux à pied. Finalement, nous nous arrêtons car la piste devient impraticable pour Idéfix. Nous profitons du calme et du cadre ‘tropical’ pour y déjeuner avant de rebrousser chemin. Quelque peu déçus de n’avoir pu se promener dans ce parc, nous trouvons néanmoins un endroit sympa où loger. La pousada Dona Siroba propose également des emplacements de camping et ce au pied du Marumbi.

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Mardi 3 juillet 2007, il fait beau, mais nous n’avons pas envie de sortir Idéfix. Sophie fait un peu de ménage pendant que je rince et vérifie les réservoirs d’eau. Les enfants dessinent au bord de la piscine, à défaut de pouvoir y plonger, l’eau étant trop froide et surtout, pas très propre. Yann se met à jouer au ballon avec un petit garçon brésilien dont le papa travaille à la pousada. Ils ne se comprennent pas mais ils prennent un plaisir fou à jouer au foot et au volleyball. Le petit garçon s’appelle Luis. En guise d’heure de classe Sophie sort les pinceaux et la peinture. Nous nous amusons à mélanger les couleurs pour faire des ‘couleurs magiques’ et à peindre les palmiers qui nous entourent.

Le soir, à l’heure de l’apéritif, nous observons les étoiles. Cela faisait deux semaines que Yann nous demandait de lui expliquer à quoi sert le petit livre que nous avait offert Jean-Philippe juste avant notre départ. Nous expliquons donc à Yann et Pauline comment reconnaître la “Croix du sud” et le “Centaure” dans le ciel de l’hémisphère sud. Ils écoutent et observent avec beaucoup d’intérêt.

Au souper, Yann éclate en sanglots. Il se rend compte que nous repartons demain et qu’il ne reverra probablement plus son copain Luis. Nous le consolons. Mais son chagrin et sa sincérité nous bouleversent.

Serra da graciosa
Serra da graciosa

Mercredi 4 juillet 2007, nous quittons la pousada et retournons à São João de Graciosa où nous trouvons enfin un sentier où nous pouvons nous balader en pleine forêt. Nous empruntons le sentier armés de notre appareil photo, de notre caméra et d’un bon répulsif anti-moustique. Les rayons du soleil passent difficilement à travers les feuillages de cette forêt dense et nous en sommes heureux car nous pouvons nous promener à l’ombre. Les enfants s’amusent, grimpent sur les pierres, sautent au-dessus des branches, passent en-dessous de troncs d’arbres couchés sur le sentier. Ils sont tellement excités. Impossible de les calmer… au grand dam de Damien et moi car nous aurions aimé apercevoir des animaux, mais avec tant de bruit, les quelques animaux que nous aurions pu voir ont certainement fui… sauf un colibri.

Assoiffés par l’envie de voir de nouvelles choses, nous partons visiter Antonina, une petite ville coloniale située en bord de mer. Comme d’habitude, nous nous arrêtons à l’office de tourisme afin d’avoir un maximum d’informations et comme trop souvent, ici au Brésil, ils n’ont pas grand chose à nous donner et la seule chose qu’ils savent dire est dans un portugais hyper rapide. Ne voient-ils donc pas que nous sommes des ‘gringos’? Pourquoi ne ralentissent-ils jamais le débit de leur langage? Mais, comme nous dit Yann, nous avons toujours de la chance et nous finissons par trouver la plage. C’est une plage toute petite mais toute mignonne, avec ses petites barques amarrées en bord de mer, ses quelques palmiers et une jolie vue sur la baie.

Antonina
Antonina

N’ayant pas trouvé de camping dans les environs de ce petit village, nous retournons loger à la pousada Dona Siroba. De toute manière, nous devons repasser par Porto de Cima et Morretes pour quitter la région.