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En route pour le Pantanal Nord (Brésil) - 11/06/07 au 14/06/07

En route vers Bonito
En route vers Bonito

Lundi 11 juin 2007, Depuis trois jours nous faisons route vers Poconé, là où débute la route “Transpantaneira”, tracée à travers le Nord du Pantanal. Au rythme de 350 kilomètres et d’une halte dans un “posto” (station service) par jour nous rejoignons Cuiabá, la capitale du Mato Grosso. Nous comptons faire un saut dans cette ville afin de prendre quelques Reales pour payer nos excursions, afin d’obtenir tous les renseignements nécessaires auprès de l’office de tourisme, et également afin de faire réparer notre téléobjectif qui soudainement semble montrer quelques ratés d’ordre mécanique.

Une station service pour passer la nuit ...
Une station service pour passer la nuit ...

Il se peut cependant que nous ayons légèrement sous-estimé ce “petit” saut en ville. Cuiabá est en fait une assez grande ville, où il n’est pas question de se garer sur le côté de la route tel que nous le faisons habituellement dans les petits patelins lorsque nous devons entrer dans une épicerie. Il s’agit donc de trouver une bonne place de parking pour Idéfix dans cette ville inconnue.

Sitôt dit, sitôt fait. Sophie reste dans le motorhome avec les enfants pendant que je pars accomplir mes trois épreuves du jour. Je me rends vite compte que je suis mal embarqué pour remporter la première. J’ai pourtant bien en main l’adresse de l’office de tourisme; Praça da Republica 131 (merci monsieur Routard), mais la place en question est entourée tout au plus d’une dizaine d’édifices, tous sans numéro. Un court interrogatoire (court, car en portugais, donc j’économise mes mots) me fait conclure que l’office de tourisme n’existe pas.

Tant pis. J’arpente à présent les rues afin de trouver un revendeur de matériel photo Canon. En passant, j’aperçois une banque avec des automates acceptant les cartes Maestro/Eurocard. J’y repasserai tout à l’heure, juste avant de rejoindre Idéfix, Sophie et les enfants. D’ailleurs, il me revient subitement en mémoire que ces derniers m’avaient confié comme mission optionnelle de leur ramener une glace. Après une heure de visite ciblée de la ville je me rends à l’évidence. Je n’accomplirai pas la mission numéro 2 non plus. De ce fait, j’annule aussi la mission complémentaire.

Je passe donc à la banque et espère ainsi remporter au moins le prix de consolation grâce à la réussite d’une seule épreuve sur quatre. J’insère la carte bancaire. Super, cette automate parle anglais! J’ai failli l’embrasser. Soudain mon sang se glace. L’appareil vient d’avaler la carte et refuse de la recracher. Un caïman du Pantanal m’aurait avalé la main, je n’aurais pas paniqué plus qu’en ce moment précis. J’ai beau supplier la machine, même en portugais, rien n’y fait.

Il me reste une lueur d’espoir. Il est 17 heures mais la banque est toujours ouverte. Je cours vers un employé de la banque et lui explique avec mes mains (dieu merci, il m’en reste deux) ce qui est arrivé à ma ‘tarjeta’. Celui-ci disparaît aussi vite que la carte bancaire est disparue dans la machine, mais dans un couloir obscur de son bureau cette fois. Dix minutes plus tard il revient. Il marche d’un pas lent et lourd. Je suis en sueur. Lui, il semble avoir le sang froid. Sa pêche fut fructueuse. Il me remet la carte bancaire qu’il a réussi à repêcher dans les entrailles de la bête. Le cauchemar est terminé.

Deux minutes plus tard, j’obtiens enfin un peu de liquide à l’aide d’une autre carte et dans une autre machine, puis je fonce rejoindre les miens. “Allez zou. On met les voiles! Le Pantanal nous attend …”