Au plaisir …

… d’emmener nos enfants voir le monde …

Le Blog

Une année en Amérique du Sud

En un an de temps (359 jours plus exactement), nous avons parcouru l’Argentine, le Brésil, le Pérou, la Bolivie et le Chili. Idéfix, notre camping-car, a parcouru 37.000 kilomètres. Notre itinéraire et le temps que nous avons passé dans chaque pays dépendaient principalement des saisons, des rencontres, des envies, de la magie des lieux, du budget, des enfants, de l’état des routes ou de l’état de notre véhicule. Autant d’éléments qui font qu’un voyage n’est pas l’autre. De fait, nous sommes peut-être passés à côté de certaines choses. Aussi, le hasard nous a peut-être mené justement là où une planification rigoureuse ne nous aurait jamais portés. Toujours est-il que nous avons profité de chaque instant.

Les pays, vus par nos yeux

Inutile de nous demander quel est le pays que nous avons préféré. Chaque pays nous aura laissé tant de bons souvenirs et offert de merveilleux endroits à découvrir. En dehors de ça, quelques petits détails nous ont frappés:

  • Le Brésil (la partie sud en tout cas) est un pays de camionneurs. Ils dévalent les routes à toute vitesse en enfonçant les pédales avec leurs pieds chaussés de tongs. Le diesel, ainsi que le coût de la vie y sont relativement élevés. Les Brésiliens sont chaleureux. Le Brésil a pour réputation (préjugé?) d’être un pays dangereux. Nous n’y avons cependant jamais eu le sentiment d’insécurité. Peut-être parce que nous avons évité les grandes villes … . Nous avons eu un peu de mal avec la langue portugaise. Si nous parvenions tant bien que mal à nous faire comprendre, il était bien rare que nous comprenions avec précision le sens du torrent de mots que notre interlocuteur nous renvoyait.
  • Le Chili est sans doute le pays sud-américain le plus influencé par les États-Unis. Le coût de la vie y est aussi le plus élevé. Le diesel a le même prix qu’en Europe. Les Chiliens que nous avons rencontrés nous ont paru un peu hautains et leur accueil généralement moins chaleureux. Mais quel beau pays!
  • Le Pérou s’est déjà habitué au tourisme. “Vous voulez prendre une photo de moi avec mon lama? Ce sera 2 Sol (monnaie péruvienne)”. Dommage que le majestueux Machu Picchu et les infrastructures liées soient gérés par des entreprises étrangères en quête de bénéfices élevés. Entre deux endroits touristiques les paysages sont pourtant tout aussi surprenants. Les femmes et les enfants sont toujours tout sourire. Les hommes en général sont absents et grincheux.
  • La Bolivie est le pays où nous avons passé relativement peu de temps. Il est pour nous un pays aux paysages authentiques, traversé par des pistes qui ont donné du fil à retordre à Idéfix. Les Boliviens sont assez distants (ils étaient indifférents à notre présence), mais leurs visages s’illuminent dès que l’on s’approche d’eux pour entamer la conversation. Nous aurions voulu y passer plus de temps.
  • L’Argentine est un paradis pour le genre de voyageurs que nous sommes. Nous y avons circulé facilement et y avons campé un peu partout. Les Argentins mettent de côté toutes leurs occupations dès qu’il s’agit de donner un coup de main ou de vous inviter à partager un “asado”. C’est le pays où nous avons passé le plus de temps. Nous l’avons parcouru dans tous les sens. Il est vrai aussi que nous avons de la famille qui y habite. Ce pays a pris une place importante dans notre coeur.
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Les rencontres

On dit que le voyage facilite les rencontres. Cette expression est incomplète. Nous y ajouterons que les rencontres facilitent aussi le voyage. Nos rencontres tant avec les locaux qu’avec d’autres voyageurs nous ont beaucoup apporté. Elles nous ont permis de mieux connaître les pays que nous avons visités, de découvrir des endroits peu connus du grand public, de passer de bons moments, de nous faire de nouveaux amis. Elles ont permis aussi à nos enfants d’apprendre à s’ouvrir d’autant plus facilement vers des enfants qu’ils ne connaissent pas. Nous avons lié tant d’amitiés avec bon nombre de voyageurs qu’il nous tarde de les retrouver en Europe. Autour d’un « asado », par exemple.

Les enfants

Le but premier de notre voyage était de passer du temps avec nos enfants. Pourtant, ils n’ont rien demandé. Alors, comment ont-ils vécu cette expérience? A en croire leur propre réponse à cette question, il apparaît que certains endroits resteront gravés à tout jamais dans leur mémoire. Ils adorent parler du Pantanal, des chutes d’Iguazu, des baleines de la péninsule de Valdès, des Incas, des petits copains qu’ils se sont fait tout au long du voyage et même des nouveaux amis de maman et papa.
Maman et papa ont vu évoluer leurs enfants en les suivant 24 heures sur 24. Bien-sûr, ce n’est pas une partie de plaisir tous les jours. Ils ont eu leurs petits caprices et leurs petites disputes. Ils ont eu leurs coups de cafard aussi, surtout durant les trois premiers mois. Yann a appris à lire, à écrire et à calculer avec Sophie. L’apprentissage a démarré sur les chapeaux de roues et Yann progressait très rapidement. Vers la fin du voyage, sa concentration baissait un peu, car il aurait bien aimé faire les petits bricolages et autres jeux d’apprentissage que Damien faisait faire à Pauline. Le temps des classes était aussi le temps de passer au Néerlandais afin qu’ils maîtrisent mieux leur langue scolaire. Si, dans l’ensemble, nous pensons que leur apprentissage scolaire s’est bien passé, nous avons surtout été frappés par leur éclosion sur d’autres plans. Timide de nature, Yann a appris à se diriger plus facilement vers les autres enfants, tout comme Pauline d’ailleurs. Tous deux sont devenus très complices et fidèles compagnons de jeu. S’il est vrai qu’un DVD peut aider à les occuper de temps en temps en fin d’après-midi, ils réussissent néanmoins à s’occuper seuls en s’inventant des jeux avec les accessoires les plus simples: quelques lattes en bois pour faire un bateau, des bouteilles en plastique, des branches d’arbre pour faire des arc-à-flèche, ou des cailloux pour faire un feu imaginaire. Tous ces accessoires sont stockés dans le camping-car pour au cas où les enfants voudraient les partager avec des petits copains de fortune qu’ils croiseront peut-être en chemin. Le reste du temps, Yann dévore les livres et Pauline bricole, telle une vraie petite fille, avec les affaires de maman. Mais ce qu’ils préfèrent, par dessus tout, c’est de jouer « un jeu à quatre », c’est à dire un jeu de société avec maman et papa. Sans oublier les petits câlins …

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Le camping car

Même après 359 jours de voyage, nous sommes toujours satisfaits du choix de notre « maison roulante ». Il est vrai que nous avons dû éviter certains endroits insolites parce qu’ils étaient difficilement accessibles avec un véhicule qui ne soit pas un 4×4. Notre Idéfix a l’arrière-train assez bas au sol, ce qui fait que nous sommes restés accrochés quelque fois ou que nous avons dû manoeuvrer délicatement pour monter, par exemple, sur des rampes d’accès de ferry et autres. Mais jamais cela ne nous a empêché d’aller là où nous le désirions.
Ces petits désagréments ne représentent rien de très important à côté du bénéfice du confort et de l’espace de vie que notre véhicule a offert à notre petite famille. Les enfants ont besoin d’espace pour pouvoir jouer et pour pouvoir travailler pour l’école. La disposition de la cellule privilégie l’espace de rangement, ce qui n’est pas négligeable vu la quantité (trop sans doute) de matériel (outils, jeux, livres scolaires, médicaments, romans et vêtements) que nous avions emmené.

Si le véhicule porteur Fiat a connu quelques problèmes d’ordre mécanique (Quel voyageur n’en a pas?), l’équipement de la cellule habitable (Hymer), lui, n’a pas bougé. Tout fonctionne toujours comme au premier jour. Nous avons entendu des voyageurs nous conter comment toutes leurs armoires s’effondraient au bout de 1000 km de pistes. Nous ne sommes pas mécontents d’avoir opté pour la qualité allemande.

Nous ne sommes pas mécontents non plus des équipements supplémentaires que nos avions prévus.

  • Le réservoir de gaz GPL: La plupart du temps une simple bonbonne de gaz (mélange butane/propane) argentine était branchée, mais nous étions bien contents de pouvoir remplir notre réservoir de gaz GPL (80 litres) au Chili afin de parer aux nuits de gel dans l’Altiplano, où nous avons passé deux mois sans devoir nous soucier de trouver du gaz.
  • Le convertisseur 12V-220V nous a paru bien pratique pour recharger les batteries des différents appareils électroniques (caméra, appareil photo) et pour l’alimentation de l’ordinateur portable. Sans quoi, nous aurions dû changer tous les adaptateurs de ces appareils afin qu’ils fonctionnent au 12 Volt.
  • Le panneau solaire nous a permis de faire du camping sauvage plusieurs jours de suite à différentes reprises. Par exemple, durant 15 jours sur la plage de Pardelas (Péninsule de Valdès). Cet argument suffit pour en illustrer l’importance.
  • Lorsque nous avons remplacé notre premier pneu (éclaté sur les pistes de Bolivie), nous étions soulagés de savoir qu’il nous restait encore un autre pneu de réserve.
  • Notre réservoir d’eau, agrandi jusqu’à 160 litres, nous permettait d’avoir une autonomie en eau d’environs 5 jours. Nous évitions de prendre des douches, lorsque nous risquions de tomber à sec. Il nous semble qu’un réservoir de 100 litres eut été trop juste pour nous quatre.
  • La plaque de protection du carter, sous le châssis. A différentes reprises, nous avons heurté de grosses pierres. Sans la tôle de protection le carter aurait été endommagé.

Les petits bobos d’Idéfix

  • Le pare-brise a pris un gros caillou dans les premiers jours de voyage. Un mois après, il était fêlé sur toute la largeur. Mais grâce à l’application du kit pare-brise il a tenu le coup jusqu’au bout.
  • Le porte-à-faux a touché le sol plusieurs fois, mais sans causer de dégâts.
  • Le train avant, du côté gauche, donne des bruits inquiétants sur les pistes. Les divers diagnostics nous ont poussés à faire diverses tentatives de réparation: remplacement de la « rotula » (Atelier Fiat à Salta), remplacement de l’amortisseur gauche (Atelier Fiat à Cordoba), remplacement de la « Casoletta » (Repuesto Fiat et Atelier Michelin à Commodoro Rivadavia.). Et le problème n’est toujours pas résolu. Il ne nous a cependant jamais empêché de rouler.
  • Les jauges des réservoirs d’eau ne fonctionnent pas toujours correctement. Sans doute les électrodes sont-ils encrassés.
  • Coupure du 12 Volt sur le salar d’Uyuni. Nous n’avons jamais trouvé la cause. Le problème ne s’est produit qu’une seule fois et s’est résolu tout seul.
  • Un jour, nous avons perdu tout le liquide de refroidissement parce que le radiateur était percé (par un caillou??). Il a été ressoudé dans un atelier Fiat à Puerto Madryn.
  • La serrure de la portière du côté conducteur s’est bloquée. (Réparation maison avec l’aide de Carlos.)
  • Perte de puissance: le tube d’arrivée d’air au moteur a lâché. (Réparation maison, il a suffi de resserrer la bague.)
  • 1 pneu crevé, 1 pneu à remplacer d’urgence. Nous avons trouvé des pneus Michelin à Salta et à Commodoro Rivadavia.
  • Découverte d’une vis tombée du bloc moteur et restée posée sur la plaque de protection du carter. (Réparation maison. Le plus dur a été de trouver l’endroit d’où provenait la vis.)
  • Un jour, le moteur s’est mis à vibrer et ne donnait presque plus de puissance. L’atelier Fiat à Bariloche a diagnostiqué, à l’aide de l’ordinateur, un faux contact sur l’un des injecteurs. Ce fut vite réparé.
  • Réparation maison du robinet mitigeur de l’évier.
  • Nous avons remplacé 3 ampoules dans la cellule.
  • Nous avons remplacé le fusible de la pompe à eau le dernier jour de notre séjour en Amérique latine.
  • La direction commence à faire du bruit. Il doit y avoir un peu de jeu sur la crémaillère de la direction. Nous la ferons vérifier en Belgique.
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Nos coups de coeur

Il y a des endroits et des moments forts qui ont marqué cette année de voyage et d’aventure. La manière à laquelle on vit ce voyage, les choses ressenties, sont modelées par le climat, l’humeur du jour, la compagnie, les petits désagréments qui peuvent se transformer en éclats de rire comme en cauchemars, la beauté de la nature, l’attitude des enfants, etc…

Ainsi, le Top 6 (dans l’ordre chronologique) de nos coups de coeur est le suivant:

  • Le Pantanal (Brésil): Le spectacle des animaux aux abords de la piste, dite « Transpantanera », est fascinant. Les enfants en parlent encore.
  • Le Paso de Jama et le désert d’Atacama (Chili): Paysages étonnants et colorés de l’Altiplano, survolés par des flamants roses. Malheureusement, Yann a souffert de l’altitude lors du passage du col (4.856 mètres) de Paso de Jama.
  • Le Salar d’Uyuni et les pistes qui y mènent (Bolivie): Passer une nuit sur le salar illuminé par la pleine lune représente déjà un moment insolite. Y manger à la lueur des bougies à cause d’une panne de courant y apporte une touche supplémentaire. Et puis les 640 km de pistes que nous avons parcourus, parfois à travers sable et rivières, font que l’aventure restera mémorable.
  • La péninsule de Valdès (Argentine): Nous avons passé 15 jours en bivouac sur une plage magique. Nous étions omnibulés par le ballet des baleines.
  • Le lever du soleil sur la glacier Perito Moreno (Argentine) : Les bruits des craquements provoqués par ce géant, les variations des couleurs sur le glacier au fur et à mesure que le soleil se lève, la solitude, le sifflement d’un petit oiseau qui passe, le calme, la force que représentent les tonnes d’eau glacée et tant d’autres choses rendent cet endroit, à ce moment précis de la journée, absolument magique !
  • La Carretera Austral (Chili): Drôles de sensations que d’arpenter les pistes, les corniches et les pentes raides de cette route mythique. Les paysages sont fabuleux. Nous nous sentons isolés du monde. Jusqu’à ce qu’une journée de rodéo nous plonge dans une ambiance délirante d’authenticité.
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Nos coups de gueule

Puisque tout ne peut pas être rose et rêve tous les jours non plus, voici le Top 6 de ce qui nous a quelque peu déçu ou ennuyé pendant le voyage:

  • L’amende infligée par la police de Entre Rios lors de notre cinquième jour de voyage.
  • Le cybercafé à Ushuaia, où le patron infect nous a refusé l’accès parce que nous avions deux enfants avec nous.
  • Les nombreux lieux qui sont considérés par la population comme décharges publiques. Et là où il y a réellement des décharges publiques, on voit des milliers de sacs en plastique s’envoler à des kilomètres à la ronde. Déjà vu un “arbre à sacs”? C’est pas très joli.
  • Au Chili, le projet de construction d’un gigantesque barrage hydro-éléctrique dans la région de la Carretera Austral, signifierait la perte des merveilles naturelles de cette magnifique région. Nous n’avons pas les éléments exacts qui nous permettent de mesure l’impact sur la faune, la flore et sur les terres dont vivent les locaux, mais nous aimerions soutenir l’idée du mouvement “Patagonia chilena, sin represas”.
  • Les barrages (sur les routes, cette fois), dans la province de Cordoba, nous ont permis de constater à quel point l’équilibre économique d’un pays peut être fragile.
  • Les quelques soucis administratifs belges qui nous ont cassé les pieds.

La suite

Le chapitre sud-américain est clôturé. Nos plans pour la suite restent inchangés, nous organisons notre transfert vers l’Australie. A notre retour définitif, en été 2009, nous continuerons notre vie “normale”. Nous reprendrons nos métiers respectifs et les enfants rejoindront leurs copains de classe. Mais quelque chose en nous aura changé. Ça, c’est certain…